Le Port des Marins Perdus – Teresa Radice / Stefano Turconi

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« Comment peut-on dire que l’on sait quelque chose de l’existence, si on ne l’a pas appris de la mer ? Il n’y a que sur la mer, qui ne connaît jamais la paix, que j’avais l’impression de trouver la paix.

Sur cette immensité liquide, les malheurs des hommes sont éphémères et insignifiants…

La mer se fiche de nos attentes quand elle déferle sur les navires et les dévastent. Elle n’entend pas nos prières quand elle nous entraîne dans les profondeurs et nous garde, nous privant d’un nom… et d’une sépulture. »

 

J’ai fait un beau voyage…

 

Pendant plus de 300 pages je me suis émergée dans ce roman graphique qui recèle bien des surprises. J’ai une tendresse particulière et assez inexpliquée pour les histoires de marins. Sûrement cette impression de grand large, cet infini de possibles, cet horizon qui cache souvent tant de secrets… Cet univers immense qui allie la quiétude d’une mer d’huile à celle d’éléments aussi déchainés que le cœur des hommes qui s’y débattent. Mélancolique et romantique en somme. Surtout quand le tout est auréolé d’un soupçon de mystère…

 

La force de cet album réside dans l’alliance parfaite entre la puissance romanesque du texte et l’absolu splendeur du dessin au crayon à papier. Impressionnant de maîtrise. Délicat et envoûtant. A s’en écarquiller grand les mirettes pour en percevoir tous les détails… Et puis ces personnages. Des gueules. Des bouilles d’anges. Des expressions riantes ou dramatiques. Des vagues réminiscences du merveilleux Trois ombres de Pedrosa dans certaines trognes d’ailleurs, c’est dire l’intensité de l’émotion parfois (mon cœur fond pour le géant amoureux Nathan Mc Leod… ♥)

 

Et puis il y a Abel. Cet adolescent amnésique repêché par William Roberts, premier officier de l’Explorer, sur les côtes du Siam. Un passé en lambeaux et d’étranges facultés pour la vie en mer. Le jeune homme prend place au milieu de l’équipage, tel un poisson dans l’eau, bientôt la mascotte de ces hommes bourrus au cœur tendre, alors que le capitaine Stevenson a quitté le navire pour une sombre histoire de trésor et de trahison… Arrivé en Angleterre, Abel sera hébergé à l’auberge tenue par les trois filles du capitaine disparu. Il y aura cette autre femme aussi, belle et énigmatique, peut-être une des clés de l’énigme. L’occasion inespérée de démêler les fils du passé…

 

Magnétique. Il faut prendre le temps de se couler dans cette histoire. Savourer les vers élégants des poètes anglais qui imprègnent ces pages, avec en fond sonore la merveilleuse complainte de Coleridge. Admirer la façon dont le puzzle se re-constitue. Assurément un bien bel album, à ne pas manquer…! Pas étonnant qu’il ait récolté le prix du meilleur roman graphique au festival de Lucca 2015.

 

Un coup de cœur que je partage avec Jérôme qui relance admirablement le rendez-vous incontournable de la BD de la semaine !

 

Les avis de Livresse, Lunch, Tamara, Yvan

 

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Éditions Glénat (Juin 2016)

Collection Treize Étrange

320 p.

Traduit de l’italien par Frédéric Brémaud

 

Prix : 22,00 €

ISBN : 978-2-344-01475-2

 

 

BD de la semaine saumon

C’était ma BD de la semaine…

…aujourd’hui chez moi !

 

La BD de la semaine c’est aussi chez…

 

port marins perdus   enna   moka

           Jérôme                         Enna                                             Moka

 

 

mylène1   jardin minuit   nathalie  charlotte

             Mylène                         Mylène                        Nathalie                      Charlotte

 

 

lucie   yaneck   caro   estelle

            Bouma                          Yaneck                        Caro                          EstelleCalim

 

 

beaux-etes   Couverture   mael  adoption   

            Hélène                           Hélène                               Maël                           Stephie
                       

 

Songe à la douceur – Clémentine Beauvais

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« L’absence d’Eugène commence à bien connaître le jardin. Elle grignote les feuilles de menthe, épouvante les mésanges.

Elle est sans-gêne, l’absence d’Eugène.

Tatiana a épuisé son quota de questions.

Encore un « Il n’est pas là, Eugène ? » et Lensky comprendra que ce n’est pas de la politesse mais de la passion.

Après le lendemain, le surlendemain, et le sur-lendemain d’espérance inhumaine, Tatiana se met à attendre l’arrivée désormais quotidienne de l’absence d’Eugène. »

 

Tatiana a 14 ans et des rêves plein la tête. En perfusion, les histoires d’amour belles et tristes dont elle s’abreuve jusqu’à plus soif. Quand elle croise Eugène, un peu par hasard et par désœuvrement, celui ci prend à la légère ses battements de cils et de cœur qui s’emballe. Du haut de ses 17 ans, arrogant et nonchalant, le jeune homme prend la pose pendant que Tatiana se meurt d’amour en secret, comme toute héroïne romantique qui se respecte. Ils se rapprochent, s’effleurent, se content délicatement fleurette, « maladroits comme des feuilles, Tatiana friable, Eugène fanfaron (…) elle traversière, lui basson ». Il lui brisera le cœur en haut d’un escalier en répondant de façon abrupte à ses timides et maladroites tentatives de déclaration enflammée…

 

Tatiana a 24 ans et la tête sur les épaules. Quand elle recroise Eugène, le destin facétieux s’en mêle et fait à nouveau résonner les amours malheureuses du passé. Si la jeune fille a depuis mis au rencart sa naïveté d’adolescente, elle ne peut empêcher les sentiments de ressurgir. Face à elle, l’adolescent inconsistant est devenu un homme qui assume ses erreurs et pense enfin savoir ce qu’il veut. Elle. Entière. Tout le temps. Rien qu’à lui. La parade d’amour a des allures de ballet et les deux amants se cherchent plus qu’ils ne se trouvent vraiment. Certaines heures douloureuses ne s’effacent pas quand d’autres questions méritent des réponses…

 

♦ ♦ ♦ ♦ ♦

 

Un numéro de funambule. Clémentine Beauvais se joue du vide et des conventions du roman adolescent en rendant un vibrant hommage à l’œuvre de Pouchkine qu’elle réinterprète avec virtuosité. La forme peut surprendre mais séduit instantanément. Des vers pour dire l’amour et l’attente, le désir et les regrets étouffés, une évidence finalement… Incroyablement moderne, on se glisse avec bonheur dans cette histoire d’amour qui n’a finalement rien d’original. Parade amoureuse, cœurs qui s’emballent, papillons dans le ventre, atermoiements, hésitations et timides pas en avant. Le temps passe et l’histoire semble se répéter. Mais le passé laisse des traces et la vie n’offre pas tant que ça de secondes chances…

 

Songe à la douceur est un beau roman, atypique et audacieux. Vibrant et réjouissant tant il mêle avec bonheur émotion et comédie. Je me demande comment les (grands) adolescents à qui il se destine accueilleront cet OVNI. Assurément, ils n’auront jamais rien lu de pareil. Certains seront sensibles à la jolie petite musique qui se dégage de ces pages. D’autres resteront en retrait. J’ai pour ma part tourné les pages avec gourmandise et sourire aux lèvres, regrettant presque de ne pas avoir lu « l’original » pour en percevoir toutes les subtilités. Ces deux histoires d’amour qui n’en font qu’une ont eu de biens jolis échos dans mon cœur de midinette…

 

Une pépite jeunesse qui relance avec éclat le rendez-vous-chouchou que je partage avec Jérôme, comme chaque mardi ou presque. Une lecture à qui nous avons logiquement voulu associer la jolie Moka, qui avait si bien parlé de Eugène Onéguine le mois dernier…

 

Le blog de l’auteure 

 

 

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  Éditions Sarbacane (Août 2016)

Collection Exprim’

248 p.

 

Prix : 15,50 €

ISBN : 978-2-84865-908-4

 

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Sous la vague – Anne Percin

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« Tout reprendre, tout détricoter et retricoter ensuite dans le bon ordre et avec patience. Raccommoder les lambeaux de ce qu’était devenue sa vie, remettre les choses à leur place, reconstituer la logique des évènements, leur lente dégradation, puis l’effet de cette dégradation elle-même dans son esprit, comme une contamination par un virus, avec mutation et progression, enfin démêler les rêves des états de conscience éveillés, expliquer le rôle de chaque élément (…) »

 

Bertrand Berger-Lafitte fait partie de ces personnages hors-cadre que j’adore rencontrer. Apparemment lisse et sans aspérités, loin de tout, déconnecté du monde et de tout ce qui peut bien graviter autour de lui, préférant de loin se focaliser sur les petits détails et les incongruités du destin qui finalement feront la différence… L’anti-héros par excellence. Et pourtant, si on gratte un peu le vernis, on découvre un personnage des plus attachants, de ceux qui ont finalement peut-être tout compris et ont choisi le meilleur moyen de survivre « sous la vague »…

 

Mars 2011. Bertrand Berger-Lafitte est directeur général d’une entreprise familiale de cognacs principalement exportés au Japon. Alors qu’un tsunami gigantesque dévaste l’île et voit le marché des spiritueux péricliter, le petit patron regarde un brin dépassé sa petite vie tranquille et ordonnée bousculée par ceux qui auraient dû le soutenir. Son ex-femme travaille dans l’ombre à son éjection du fauteuil de directeur général avec l’aide d’un de ses collaborateurs avec lequel elle s’envoie en l’air, et sa fille Olivia, paresseuse et frivole, se retrouve enceinte d’un de ses ouvriers syndicaliste… Heureusement, il y a l’indéboulonnable et précieux Eddy. Chauffeur personnel et finalement celui qui connait le mieux Bertrand. Pas un ami non… Mais une ombre bienveillante et protectrice, du moins en apparence. Un géant énigmatique adepte des tatouages, des grosses bagouzes, de la gonflette et de la fumette. Un ange gardien discret au passé impénétrable qui supporte sans sourciller les bizarreries de son patron qui a tendance à se se réfugier dans un monde fantaisiste visiblement le seul à même de panser ses blessures les plus profondes…

 

« Le chaos est un état qui ne peut pas durer. »

 

Elle est forte Anne Percin… Doucement, l’air de rien, elle nous attire dans sa toile et il devient impossible de se détacher de cette douce folie qui imprègne les pages. L’humour est subtil, les dialogues légers mais lourds de sens, l’atmosphère douce-amère. Le lecteur curieux se mue en témoin indulgent et attendri face au désarroi intime de cet anti-héros finalement bourré de charme. Si tout semble glisser sur lui, il finira par amorcer une lente reconstruction qui a tout d’une véritable révolution personnelle. Une renaissance qui donne le sourire tant la plume d’Anne Percin sait rendre attachants ces caractères inattendus et si modernes, le si charismatique Eddy en tête (à mon sens le vrai héros du roman)… Une vraie réussite !

 

Première lecture de cette rentrée littéraire que je partage avec mes âmes damnées Jérôme et Moka. Et tenez-vous bien on remet ça dès demain ;-)

 

Les avis de Cathulu et Jostein

 

Du même auteur sur le blog : Le premier étéLe jour du clip / Je porte la culotteMa mère, le crabe et moi

 

Éditions du Rouergue (Août 2016)

Collection la Brune

208 p.

 

Prix : 18,80 €

ISBN : 978-2-8126-1103-2

 

La Carrière du Mal – Robert Galbraith (J.K. Rowling)

carrière du malAutre petit plaisir des vacances… Lire un bon gros polar bien épais et, cerise sur le gâteau, avoir la certitude de le dévorer en moins de deux.

 

Quel plaisir de retrouver ce bon vieux Cormoran Strike et son acolyte Robin…! Je ne pensais pas que c’était possible mais ce troisième tome est sans conteste le meilleur de l’auteur. Suspense impeccable, intrigue diablement tordue et sacrément bien ficelée, kyrielle de personnages aussi barrés les uns que les autres, rythme haletant sans aucun temps mort… le lecteur est pris dans les mailles du filet dès les premières lignes mettant en scène un psychopathe aussi flippant que réaliste.

 

L’enquête est passionnante et à le mérite de nous emmener hors des sentiers battus, dans le monde pervers des fétichistes et détraqués en tous genres (mention spéciale à la « voix » du serial-killer que l’on entend dans de nombreux chapitres… glaçante…). Une enquête qui plongera encore davantage Cormoran Strike dans un passé qu’il aimerait voir enterré…

 

Robert Galbraith, alias J.K Rowling, reprend la recette des deux précédents tomes en la rendant encore plus savoureuse. Si l’intrigue tient en haleine en nous emmenant sans arrêt sur des fausses pistes, le duo Strike / Robin est ici encore l’ingrédient miracle. Leur relation complexe et ambiguë est le véritable fil rouge du roman et permet à l’auteur de fouiller davantage la psychologie de ses personnages. Et quand on voit la fin qu’a imaginé son cerveau diabolique (aaaaaaaaaahhhhhhhh !), on se dit qu’elle n’a pas fini de jouer avec nos nerfs !

 

Les amateurs de polars à l’action trépidante feront peut-être le fine bouche. Personnellement, je me suis régalée de bout en bout tant l’auteur a l’art de poser les ambiances et de jouer avec les fils tortueux des vies de ses héros de papier. Rowling-Galbraith prend son temps, travaille ses personnages, fignole ses descriptions et distille ses révélations avec intelligence. Du bonheur à l’état pur ! C’est malin et complètement addictif… Résultat, on tourne la dernière page en se sentant comme orphelin. Pourvu que l’attente ne soit pas trop longue avant le prochain tome !

 

Mes avis sur L’appel du coucou (tome 1) et Le ver à soie (tome 2)

 

Les avis enthousiastes de Bladelor, Eva, Saxaoul et Sylire

 

« Il n’était pas homme à se bercer de pieux mensonges. Il aurait pu se raconter que Robin représentait pour lui les joies simples de l’amitié et Elin les plaisirs plus tortueux de la relation amoureuse. Mais il savait que la vérité était plus complexe, surtout depuis que Robin avait retiré sa bague de saphir. A la minute où ils s’étaient rencontrés, il avait mesuré la menace que Robin allait faire peser sur sa tranquillité d’esprit, mais il n’était pas question de compromettre la meilleure relation de boulot qu’il ait connue de toute sa vie. Non, ce serait du sabordage, ni plus ni moins, surtout après ces années de passion destructrice, après ces mois de sacrifices et les obstacles qu’il avait surmontés pour créer son agence. »

 

Éditions Grasset (Mars 2016)

608 p.

Traduit de l’anglais par Florianne Vidal

 

Prix : 21.50 €

ISBN : 978-2-246-86124-9

 

 

pavé de l'été

 

6 ans !

6 bougies

 

Et oui, 6 ans déjà…!

 

6 ans de lectures, 6 ans de partage, 6 ans de rencontres rares et précieuses…

6 ans de papotage, 6 ans de pépites, 6 ans de rendez-vous incontournables…

6 ans de visites silencieuses, timides ou discrètes, 6 ans de belles amitiés, 6 ans de complicité…

6 ans de passion, 6 ans de douce folie, 6 ans de coups de ♥

 

Alors à tous, sans qui ce blog ne serait rien…

grand-merci

L’année dernière, Petite Noisette et Marion recevaient un p’tit colis surprise « made by Noukette ». Cette année encore, je serais ravie de gâter deux d’entre vous après tirage au sort parmi les commentaires de ce billet… Deux personnes qui risquent donc de trouver un petit quelque chose dans leur boite aux lettres courant septembre (ou à Noël tout est possible :-D ). Une BD coup de cœur, un roman de la rentrée littéraire, un album pépite… le suspense est entier !

 

En attendant, je vous souhaite un bel été et de toutes aussi belles lectures !

 

Quant à moi, je file me plonger dans quelques lectures de la rentrée qui s’annonce… ;-)

 

Sauveur & fils (saison 1) – Marie-Aude Murail

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« Est-ce que les secrets qui vous entourent de leurs nuées vous empêchent de vivre, de grandir, d’aimer ? C’était la question qu’il se posait à propos de chacun de ses patients , Ella, Margaux, Blandine, Cyrille, Lucile, Marion, Elodie, Gabin. Ont-ils, avons-nous, besoin de tout savoir ? »

 

Un des petits plaisirs régressifs des vacances : ne faire qu’une bouchée du dernier Marie-Aude Murail ♥

 

J’ai tout aimé dans Sauveur & fils. Marie-Aude Murail n’a pas son pareil pour raconter des histoires et observer à la loupe le monde dans lequel on vit. Dès les premières lignes, elle nous embarque au côté de ses personnages qu’on voudrait ne jamais avoir à quitter. Des personnages qu’on aime d’emblée tant on a l’impression de les connaître intimement. Parce qu’ils sont criants de vérité. Parce qu’ils nous font rire. Parce qu’ils nous émeuvent. Parce qu’ils nous ressemblent aussi…

 

Comme son jeune fils Lazare, j’ai adoré espionner les consultations de Sauveur Saint-Yves, psychologue de son état. Je n’ai pas perdu une miette des confidences de ses patients. Des ados paumés ou en manque de repères, des parents déboussolés qui perdent pied, des familles qui tâtonnent pour trouver un équilibre précaire. Ces ados, je les ai aimés follement, avec leur façon maladroite et parfois dérisoire de grandir, avec leurs contradictions et leur désir d’exister, avec leurs failles, leurs révoltes, leurs rêves, leurs grandes souffrances et leurs secrets qui les empêchent souvent d’avancer…

 

Mais plus que tout, j’ai aimé le charismatique Sauveur Saint-Yves et sa façon bien à lui de permettre à ses patients de tracer leur chemin. Sa façon subtile de mettre des mots sur les maux. Avec professionnalisme et bienveillance. Avec tact et humour. Tout comme l’auteure qui aborde un certain nombre de sujets tabous par le biais des différents patients de Sauveur… Psychologue le jour et parent à temps-plein d’un petit bonhomme qui ne se souvient pas du visage de sa maman morte peu après sa naissance, le papa solo armoire à glace à l’accent antillais en fera fondre plus d’une… D’autant que celui-ci semble cacher de lourds secrets, des secrets qu’il cache aussi à son fils qui ignore tout de ses origines et n’a jamais mis les pieds en Martinique d’où est originaire son père et où est enterrée sa mère… Sauver les autres, oui… mais fuir sa propre histoire peut s’avérer dangereux…

 

Tombée en amour pour ce roman…! Sauveur & fils ne se lit pas il se dévore… Profondément humain, plein de pep’s et terriblement juste, il déborde d’amour et de vie. Assurément une de mes meilleures lectures jeunesse de l’année !

 

Une lecture revigorante, très logiquement estampillée « pépite jeunesse », qui me sort de ma torpeur estivale ! Une lecture que j’ai pris un plaisir fou à partager avec mon complice Jérôme. Vivement la suite !

 

 

Les avis (unanimes) de Bladelor, Cathulu, Cuné, Gaëlle, Nadège, Pépita, Thalie et Za

 

 

Éditions École des Loisirs (Avril 2016)

328 p.

 

Prix : 17,00 €

ISBN : 978-2-211-22833-6

 

 

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Des pavés pour l’été… et lectures à venir…

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L’heure est venue de prendre le large,

le blog se met au vert…

 

Les Vosges, les Alpes puis le Sud de l’Italie…

 

Et un programme plus qu’alléchant…

Profiter de la famille réunie, buller, décompresser, respirer… et lire.

 

Quelques pavés, du culte, un soupçon de jeunesse, du polar

et des auteurs qu’il me tarde de retrouver ou de découvrir enfin…

 

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Petit retour en pointillés fin juillet pour quelques avis sur mes lectures estivales…

Il parait qu’il y aura aussi quelques bougies à souffler… ;-)

 

Retour à la normale attendu courant août avec quelques nouveautés de la rentrée

qui me font déjà de l’oeil mais d’ici là…

 

Belles vacances à tous…!

Soleil

 

(Presque) jeune, (presque) jolie, (de nouveau) célibataire – Stéphanie Pélerin

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« Elle voulait juste réussir à révéler sa vraie identité, à exister par elle-même. Elle porterait la blessure engendrée par cette rupture avec toutes les autres épreuves à travers lesquelles elle s’était malgré tout construite. Elle ne referait donc pas sa vie, elle s’efforcerait juste de la continuer la tête haute. »

 

Apprendre à s’occuper de soi alors qu’on a a passé la plus grande partie de sa vie à s’occuper des autres… C’est peut-être le plus grand défi d’Ivana quand l’amour de sa vie l’abandonne sans aucun préavis après 8 ans d’une histoire confortable mais sans réelle passion. Au pied du mur, la jeune femme n’a qu’un éventail réduit de choix qui s’offrent à elle…

 

Devenir vieille fille et subir jour après jour les sempiternels reproches de sa mère / Sombrer corps et âme dans le chagrin et devenir l’ombre d’elle-même / Relever la tête, carburer à l’optimisme et sortir ses armes de séduction massive… Après quelques légitimes hésitations, Ivana décide de prendre les choses à bras le corps. Et de s’occuper de son corps justement en tentant de le délester des kilos superflus qui se sont accumulés au fur et à mesure des années. Ivana est professeur de français et les vacances scolaires approchent. L’occasion de s’inscrire à un programme de régime et dans une salle de sport, la révolution d’Ivana est en marche… Ne reste plus qu’à se remettre sur le « marché » des célibataires. Sur les conseils d’une amie, Ivana fait ses premiers pas sur « Be my boy », célèbre site de rencontres. Pas certaine qu’elle y déniche la perle rare mais qui ne tente rien…

 

« Il était surtout urgent qu’elle se rencontre elle-même, une bonne fois pour toutes, et qu’elle avance sur un chemin qu’elle seule aurait tracé. »

 

J’ai rencontré Ivana par une froide journée de février. Encore timide, elle s’apprêtait doucement dans l’ombre… C’est émouvant le début d’une histoire, surtout quand on a la chance de l’accompagner un peu. Surtout quand celle qui se jette dans l’arène est une amie chère… Ivana n’est pas Stéphanie mais elle lui ressemble. Elle a sa fougue, son énergie, son charisme et son grain de folie. Elle a cette douceur qu’elle tente vainement de cacher derrière des dehors de guerrière. Elle a cet humour, cette audace et cette répartie que je lui envie souvent. Elle a cette joie de vivre facile même quand tout semble s’écrouler autour d’elle. Elle a sa simplicité et surtout elle est vraie…

 

Ivana est une héroïne diablement attachante. La bonne copine qu’on aimerait avoir. Celle avec qui on partage rires, confidences et mojitos. C’est une héroïne moderne, les pieds bien campés dans la réalité même si elle aimerait secrètement garder la tête dans les étoiles (A défaut, elle croise tout un tas de branquignoles égocentrés aussi pitoyables les uns que les autres qui lui font logiquement préférer les galipettes en solo, on n’est souvent jamais mieux servis que par soi-même…) Une héroïne décomplexée qui assume ses désirs et reste pourtant fragile comme une petite fille. Une femme normale en somme.

 

Évidemment j’ai adoré. J’ai souri aux nombreuses anecdotes reconnues au fil des pages (n’insistez pas vous ne saurez rien…!) et n’ai pu m’empêcher d’imaginer la tête de certains de ses collègues en salle des profs tentant de démêler le vrai du faux… Le cocktail est savoureux. Bien dosé, léger et acidulé en bouche, il allie avec bonheur la douceur et l’amertume tout en gardant un côté pétillant et rafraichissant qui fait du bien. Bravo ma copine… ♥

 

A glisser expressément dans sa valise estivale ou son sac de plage, effet bonne mine assuré !

 

La page Facebook de l’auteure

 

Les avis de Antigone, Charlotte, Emily, Fanny, Géraldine, l’Irrégulière, Jérôme, Laurie, Maël, Marie-Claire, Mylène, Sarah, Saxaoul, Sharon, Stéphanie

 

 

Éditions Mazarine (Juin 2016)

208 p.

 

Prix : 15,00 €

ISBN : 978-2-86374-365-2

 

Jolis albums qui sentent bon les vacances…

On fait le plein de jolis albums à lire, à offrir, à partager… Auteurs et illustrateurs chouchous, chez des éditeurs chouchous… comment résister ?

 

 

méduse

« Je vogue, je flotte, m’évase et dérive, évitant de m’envaser. Je ricoche et j’effiloche mes froufrous au fil des flots. Je trousse mes jupons transparents, pas trop tout de même ! Il ne faut pas montrer mes jolis dessous, juste le frisottis de mon tutu. »

 

Attention les yeux ! Visuellement étonnant, Je suis la méduse vous en met plein les mirettes dès les premières pages. Album grand format, plongée immédiate dans un monde marin fascinant et coloré, conte écologique et poétique qui en dit bien plus qu’il n’en a l’air… je suis sous le charme !

 

La rencontre inattendue entre une méduse mal aimée et une petite fille. Une rencontre qui commence mal et qui finira par une belle histoire d’amitié aussi improbable que sincère. Une amitié teintée de respect et d’admiration…

 

C’est de la dentelle cet album. Tout y est sublime, tout simplement. Ma fille l’adore et s’en inspire pour dessiner tout un tas de méduses partout. On ne s’en lasse pas… ♥

 

Je suis la méduse de Béatrice Fontanel et Alexandra Huart. Éditions Les fourmis rouges, 2016

 

 

♥ ♥ ♥ ♥

 

 

vérité vacances

« Alors, comment se sont passées tes vacances ?
« Vous n’allez sans doute pas me croire, mais… J’ai trouvé un message dans une bouteille. 
Et pas n’importe quel message : une carte au trésor ! 
C’est alors qu’une pie me l’a chipée au vol ! Je l’ai poursuivie jusqu’à un navire qui quittait tout juste le port… »

 

Un régal comme toujours ! Après Je n’ai pas fait mes devoirs parce que… et Je suis en retard à l’école parce que… retour de l’univers déjanté et rocambolesque de Davide Cali et Benjamin Chaud, toujours aussi facétieux ! Savoureux et loufoque, ce troisième opus est du même acabit, on se bidonne !

 

Chasse au trésor pas piquée des vers en vue ! C’est que ces vacances que notre gentil « menteur » racontent n’ont pas été de tout repos ! Une carte au trésor trouvée dans une bouteille à la mer, des pirates énervés, un calamar géant un brin affamé, une balade en sous-marin, un accident de montgolfière, un petit tour dans l’espace et tout autour de la planète… quelle aventure !! Illustrations toujours au top, de l’humour et de l’extravagance à gogo, pirouette finale inattendue… banco !!

 

La vérité sur mes incroyables vacances de Davide Cali et Benjamin Chaud. Éditions Hélium, 2016.

 

 

♥ ♥ ♥ ♥

 

 

j-veux-pas-y-allerQuel bonheur de retrouver l’univers de Csil, je suis fan…! Après le subtil vilain défaut, le poétique Mme Eiffel et le merveilleux Sans ailes… je vois toutes ces bouilles et je craque…! Des tas de petits baigneurs qui voudraient être partout sauf là où ils sont. Devant ce grand bassin et cette eau peu accueillante…

 

C’est effrayant quand on y pense… Se déshabiller devant tout le monde dans le vestiaire, enfiler un bonnet barbare, affronter le regard des autres, se jeter à l’eau dans tous les sens du terme…

 

Et puis à bien y réfléchir, il existe tout un tas de raisons pour ne pas y aller… Des excuses en rimes parce que… c’est bien connu… ça pique les yeux, l’eau ça mouille, sans bouée-canard point de salut, le bonnet ça décoiffe… y en a qui font pipi dans l’eau… où il n’y a même pas de poissons !

 

Drôle et adorable, un album pour dédramatiser avec humour les petites peurs et les angoisses. On adore !

 

J’veux pas y aller ! de Ghislaine Roman et Csil. Éditions Frimousse, 2016.

 

 

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Sexe sans complexe – Bérangère Portalier / Frédéric Rébéna

sexe sans complexe

« Les garçons n’ont pas tous forcément envie de jouer à celui qui pisse le plus loin. Les filles ne rêvent pas toutes d’être une princesse chevauchant une licorne pailletée. Être un homme ou une femme ne revient pas obligatoirement à correspondre aux stéréotypes. Pour certains, c’est même assez flou, voire compliqué. »

 

Un livre d’utilité publique qui comme son titre l’indique aborde le sexe sans complexe. S’il existe pléthore de documentaires sur le sujet à destination des adolescents (et des jeunes adultes), celui ci ne joue clairement pas dans la même cour. L’auteure, Bérangère Portalier, a participé à la fondation de Causette, le magazine “plus féminin du cerveau que du capiton”, et en devenu rédactrice en chef. Un vrai plaisir de retrouver ici la liberté de ton et la patte militante et anti-sexiste du magazine. Dans Sexe sans complexe on appelle un chat un chat, sans aucun tabou… tout en se mettant à la hauteur du lecteur adolescent. Pari osé… mais plus que réussi !

 

Aucune précaution dans le langage utilisé. On dit les choses, sereinement, naturellement en prenant soin au passage de mettre à mal les préjugés et stéréotypes qui ont la vie dure.

 

Rassurant, dédramatisant, déculpabilisant, le texte n’omet rien en s’adressant directement au lecteur par le biais du tutoiement. Toutes les facettes de l’intimité des relations sexuelles sont explorées, avant… pendant… et après. A l’unisson, les illustrations de Frédéric Rébéna, sans équivoque, sont suggestives et délicates, sans aucune vulgarité.

 

Une mine d’informations, des réponses aux questions que certains n’osent peut-être même pas se poser… sans jamais oublier de parler d’amour. Aimer, désirer, fantasmer, faire l’amour… mais s’aimer avant tout, apprendre à se connaître pour mieux apprendre à aimer l’autre. Connaître son corps, le regarder, l’explorer. S’accepter, peut-être la clé finalement d’une vie sexuelle libre et épanouie…

 

Un ouvrage extrêmement documenté, complet et accessible qui ne cache rien. Le parti pris est audacieux et le résultat est en tous points bluffant. A recommander plus que chaudement dès 15 ans…!

 

Une pépite jeunesse différente ce mois-ci que je partage avec Jérôme. Et un petit clin d’œil au rendez-vous inavouable de miss Stephie avant la trêve estivale, c’est ce qui s’appelle faire d’une pierre deux coups ;-)

 

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 Éditions Actes Sud Junior (Juin 2016)

80 p.

 

Prix : 14,00 €

ISBN : 978-2-330-06312-2

 

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By Stephie