Deux novellas : L’enjoliveur de Robert Goolrick et CAT 215 de Antonin Varenne

enjoliveurOn ne peut que lire d’une traite cette novella atypique de Robert Goolrick. Surtout quand on sait que l’auteur l’a écrite spécialement pour son public français. Un petit cadeau bien emballé. Jolie couverture, papier de qualité, illustrations « old fashioned » au diapason, un bel écrin pour une petite douceur qui fleure bon les saveurs de l’enfance avec ce petit côté nostalgique qui prête à sourire. Et une bonne façon pour moi de partir à la découverte de l’auteur de Arrive un vagabond et La chute des Princes qui attendent encore sur mes étagères…

 

Flash-back. Les années 50, l’insouciance des jeux entre copains, le danger qu’on apprivoise en jouant les petits caïds, les enjoliveurs perdus transformés grâce à une imagination débordante, la vieille Buick 1943 d’une grande-mère fantasque et charismatique… et l’accident qui aurait pu être dramatique. 

 

 Il ne faut pas grand-chose pour faire exploser votre univers.

 

Un petit récit tout simple qui dévoile petit à petit des thèmes plus profonds. Un texte à tiroirs, malin, poignant et drôle. Tendre et ironique. Sur l’enfance bien sûr mais aussi sur ce monde des adultes parfois bien cruel. Peut-être anecdotique, sûrement pas mémorable mais un délicieux moment de lecture qui me fait dire que j’ai attendu bien trop longtemps pour découvrir cet auteur. A savourer.

 

L’avis d’Antigone

 

Éditions Anne Carrière (Mai 2016)

67 p.

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Marie de Prémonville

Illustrations de Jean-François Martin

 

Prix : 12,00 €

ISBN : 978-2-84337-824-9

 

 

CAT215Étonnante nouvelle. Saisissante dans sa façon de retranscrire la moiteur et de faire ressentir une menace insidieuse qui ne dit pas son nom…

 

Marc est un jeune mécanicien. Il « répare des choses inutiles depuis toujours ». La Guyane, il connait, il y a déjà vécu. Un « pays incontrôlable ». L’enfer vert, les orpailleurs, les trafiquants de tous bords… Julo, son ancien patron pas des masses réglo, le rappelle à ses côtés pour une mission peu banale : réparer avant son déplacement une pelleteuse Caterpillar dont le moteur est tombé en panne. L’occasion pour lui d’arrondir les fins de mois difficile en métropole. Sur place, il retrouvera pour l’aider dans sa tâche un ancien légionnaire énervé et porté sur la bouteille et un brésilien aussi taiseux qu’énigmatique…

 

Ici, quand on veut dire d’un homme qu’il a perdu la raison,

on dit qu’il est parti droit devant lui.

 

Tout est affaire d’ambiance dans ce court roman. Ça transpire, ça suinte. On s’épie, on se jauge… La folie guette. Sans comprendre réellement les enjeux d’une telle aventure, on ne peut que percevoir le malaise qui grandit au fur et à mesure des pages. Un étrange huis-clos au beau milieu de l’immensité de la forêt équatoriale. Une histoire de mecs face à une nature qui quoiqu’il arrive dicte sa loi. Oppressant. Étouffant même. A mi-chemin entre le roman noir et le roman d’aventure, une lecture courte qui claque… jusqu’à la fin !

 

Éditions La Manufacture des Livres (Mai 2016)

95 p.

 

Prix : 9,00 €

ISBN : 978-2-35887-134-1

 

 

Étunwan. Celui qui regarde – Thierry Murat

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« Qu’est-ce qu’une image, sinon un fac-similé de la réalité ? Cela ne sert à rien de vouloir à tout prix représenter les choses telles qu’elles sont. Il faut les mettre en scène ; les sublimer.

Si on se contente de retranscrire le réel, même dans le meilleur des cas, on n’obtient qu’une pâle copie des sensations que nos yeux ont perçues.

Alors il ne faut pas uniquement montrer. Il faut raconter avec le regard. »

 

J’aime profondément le dessin de Thierry Murat. Ce côté sobre et épuré, cette capacité à restituer les émotions, cette sensibilité toute personnelle pour donner à voir ce qui ne se dit pas. Il n’a pas son pareil pour dépeindre les grands espaces, les terres arides, les ciels changeants. Et il lui suffit pour ça de presque rien… Une gamme de couleurs assez restreintes, des tonalités ocres et sépias qui rendent l’atmosphère suffocante ou envoûtante… Si peu.

 

En tout, Thierry Murat maîtrise l’art de l’épure. C’est quelque chose qui me fascine, tout comme en littérature. L’économie de moyens, arriver à rendre un dessin si minimaliste aussi hypnotique. Faire qu’il soit en harmonie parfaite avec le texte.

Jusqu’à maintenant, Thierry Murat s’associait toujours à un scénariste ou adaptait un roman. Étunwan est le premier livre qu’il signe seul. Un récit qui visiblement lui tenait à coeur. Son point de départ est sensiblement le même que dans L’odeur des garçons affamés de Frederik  Petters et Loo Hui Phang lu il y a quelques mois. Nous sommes en 1867 au lendemain de la guerre de Sécession et les grandes terres sauvages de l’Ouest sont la cible de l’homme blanc. De nombreuses expéditions sont lancées pour étudier, cartographier et photographier les lieux. Des expéditions qui sont le début du génocide amérindien que l’on connait…

 

Joseph Wallace, 33 ans, est photographe et rejoint l’une de ces expéditions dans les Rocheuses. Loin de sa petite vie bourgeoise à Pittsburgh, il laisse derrière lui famille et enfants pour photographier le relief, la végétation et aider en cela à cartographier la région. Sa mission s’arrête là. En théorie… Car Joseph Wallace va rencontrer les natifs de ces terres, les Indiens Sioux Oglalas. A leurs yeux, il est « Étunwan », Celui-qui-regarde et révèle… Car il est bien question de regard ici. Celui qui change au contact de l’Autre. Celui de l’Artiste dans son rôle essentiel de témoin des évolutions du monde. Celui qu’on retourne sur soi pour enfin se connaître… Et Joseph Wallace ne sera plus jamais le même…

 

Peut-être est-il vain de vouloir à tout prix saisir les choses et d’en arrêter, même l’espace d’un instant, le mouvement – ou même de donner l’illusion de cet arrêt – parce qu’au bout du compte tout continue sans nous, inévitablement.

 

Je suis admirative oui. Thierry Murat nous raconte une histoire. Sous des allures de western, il nous donne à voir l’essentiel de l’âme humaine à travers l’oeil du photographe si justement surnommé « l’attrapeur d’ombre » chez les Sioux. Et il capte le vrai. Le beau. Tout en s’interrogeant sur la création artistique et la faculté qu’à celui qui « regarde » de changer les choses… Somptueux !

 

Une petite merveille que j’ai grand plaisir à partager avec Jérôme et Mo’

 

L’avis de Yaneck

 

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Éditions Futuropolis (Juin 2016)

158 p.

 

Prix : 23,00 €

ISBN : 978-2-7548-1197-2

 

 

BD de la semaine saumon

C’était ma BD de la semaine…

…aujourd’hui chez Jacques

 

Histoire du garçon qui courait après son chien qui courait après sa balle – Hervé Giraud

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On est obligés de vivre sans tout comprendre de tout, se contenter de voir revenir les chiens de leurs courses éperdues et la fièvre tomber, voir les roses défleurir et se faner, en faire des bouquets avant qu’elles ne disparaissent. Ce n’est pas la peine de faire allégeance à des fées, des anneaux maléfiques, des orcs, gobelins ou Dark Vador, pour empêcher qu’arrivent les choses qu’on ne voudrait pas, rien ne fonctionne. Je sais, j’ai essayé. Alors j’ai pris ma pelle et mon seau et je me suis débrouillé. Et puisque cela n’a pas vraiment fonctionné, je n’ai plus qu’à faire un trou pour enterrer mon chagrin dedans et moi avec.

 

A deux, on est plus forts, c’est bien connu. Et à trois, on est forcément indestructibles. Lui, Cali et Rubens le chien avancent dans la vie comme une entité. Et elle est plutôt belle la vie, linéaire et sans mauvaises surprises, sans accrocs, sans grains de sable qui viendraient enrailler la machine. Lui passe son temps à rêver, Cali sa sœur jumelle pallie à ses petits oublis et permet au duo de rester dans les clous, Rubens, lui, passe son temps à courir derrière sa balle…

 

Jusqu’au jour où Rubens disparait. Il a couru un peu trop vite, un peu trop loin. Il lui arrive de fuguer oui, mais là, il ne revient pas. Premier grain de sable…

 

Jusqu’au jour où Cali se retrouve à l’hôpital pour un mal trop grand pour elle. Un mal qui la ronge de l’intérieur et s’insinue partout. Un mal qui terrasse ses parents autant qu’il la diminue. Et arrivent les silences, les larmes qu’on ne prend plus la peine de cacher, les questions sans réponses, la vie entre parenthèses. Deuxième grain de sable…

 

Je suis souvent le nez au carreau, inerte ; sans ma sœur, je suis en vie mais sans envie, elle est ma boite à idées. Elle seule saurait mettre un bon coup d’accélérateur pour faire exploser en le pénétrant le nuage de morosité, faire valser de la couleur sur tout cela ou transformer le ciel en canon à neige, qu’il en tombe à gogo, qu’on puisse entendre nos pas crisser, qu’on parte elle et moi en tournoyant vers une aventure et un arc-en-ciel qu’elle aura imaginés, qu’elle me tende sa main glacée et éclate de son rire qui me manque tant sous son bonnet de grosse laine vert et orange à pompon et oreillettes.

 

Dans son imaginaire d’enfant, le jeune frère érige des barrières face à la douleur pour qu’elle ne le détruise pas comme elle anéantit ses parents. Il doit y avoir une solution pour faire revenir le soleil, les rires… et Cali. Il doit y avoir une solution pour que son petit monde se remette à tourner dans le bon sens. Retrouver Rubens. Oui. Elle est là la solution. Quand il a disparu, le malheur a pris ses quartiers dans leur maison. Retrouver Rubens c’est guérir sa sœur… Une évidence.

 

Il faut remettre de l’ordre dans le chaos qui nous met en état de sidération : je suis, donc je peux. Retrouver le chien est de l’ordre du possible, il suffit de chercher : si je réussis à ramener Rubens à la maison, interagir avec le destin et participer à la restauration des choses, alors le hasard biologique des maladies, tumeurs et autres véroles verront de quel côté est la Force, il ira se faire pendre ailleurs.

 

Mince, ce roman… Dès les premières lignes, dès les premières pages, j’ai été prise en otage… Il chamboule ce roman, il détruit tout sur son passage tant il est triste et beau. Profondément triste et profondément beau. Je découvre la plume d’Hervé Giraud. Elle m’interpelle, elle vient me chercher, elle me bouscule et me réveille. J’aurais du mal à apposer une étiquette sur cette lecture. Littérature jeunesse ? Peut-être oui, mais tellement plus que ça. L’écriture a quelque chose d’atypique et d’hypnotisant. Du jamais lu en ce qui me concerne. Une capacité à faire naître la lumière dans les moments les plus sombres. L’émotion pure au cœur d’une vie qui se délite. Le mot qu’il faut, la petite touche d’humour, de doux et de moelleux, le beau quand l’espoir semble se carapater…

 

Je suis admirative oui, admirative et bien embêtée parce que je ne sais pas entre quelles mains glisser ce roman qui m’a mise KO… Et cette image que je n’oublierai pas, magnifique et poignante, des jumeaux enlacés dans un hamac au cœur de la nuit comme un dernier pied de nez au destin cruel qui veut les séparer… Lisez le, oui, lisez-le, c’est une pépite… Une pépite à part que je partage avec Jérôme, comme chaque mardi ou presque…

 

L’avis de Pépita

 

Éditions Thierry Magnier (Mars 2016)

128 p.

 

Prix : 10,50 €

ISBN : 978-2-36474-838-5

 

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Prix du meilleur roman des lecteurs de Points… le bilan !

IMG_4842Des heures de lecture et de très belles découvertes… C’est ce que je retiendrai de cette expérience de jurée pour le Prix du meilleur roman des lecteurs de Points. Douze romans reçus entre août 2015 et juin 2016, un jury composé de 40 lecteurs et de 20 libraires, sous la présidence de l’écrivain Philippe Delerm… et un gagnant qui sera dévoilé très prochainement. Hâte de savoir qui succèdera à « Mudwoman » de Joyce Carol Oates, le lauréat de la précédente édition.

 

Douze romans donc. Seulement trois écrits par des femmes, quatre premiers romans, quatre romans français et de nombreux romans écrits par des auteurs américains ou sud-américains. Une sélection éclectique où il difficile de ne pas trouver son compte et la satisfaction pour moi d’aller à la rencontre d’auteurs et d’univers à priori assez loin de mes lectures habituelles.

 

Je n’avais lu aucun livre dans cette sélection mais j’ai eu le grand bonheur d’y voir figurer Cécile Coulon et Hubert Mingarelli… qui sans surprise font partie de mes chouchous…

 

Je n’ai pas souhaité écrire des billets au fur et à mesure de mes lectures, une façon peut-être de garder intactes mes impressions, de nuancer aussi des avis trop « à chaud ». Voici donc mon classement « inversé »… du roman qui m’a le moins plu à celui qui pour moi mérite de gagner ce prix….

 

 

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12. La Vie Amoureuse de Nathaniel P. d’Adelle Waldman

 

Un des tous premiers romans reçus et donc un des tous premiers lus. Un roman que j’imaginais léger et drôle et qui m’est finalement tombé des mains au bout d’une petite centaine de pages. Le seul abandon de cette sélection… Impossible de rentrer dans ce roman que j’ai trouvé aussi inconsistant et antipathique que son héros. Je n’ai trouvé aucun intérêt à ses atermoiements amoureux et j’ai fini par soupirer d’ennui… Mauvaise pioche…

 

 

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11. Métamorphoses de François Vallejo

 

Le sujet me faisait un peu peur mais m’intéressait. Celui d’une femme qui découvre la conversion de son frère à un islam radical. Et finalement, un flop retentissant… Je crois que ce qui m’a le plus gênée dans ce roman c’est la narration. Un style froid, sans aucune envergure qui n’a pas dû m’aider à ressentir une quelconque empathie pour les personnages. Un roman que j’ai trainé comme un boulet et que j’ai eu bien du mal à terminer. Un auteur que j’avais pourtant envie de découvrir, d’où ma grande déception…

 

 

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10. Les Partisans d’Aharon Appelfeld

 

J’étais ravie de pouvoir découvrir cet auteur israélien. D’autant plus ravie que ce roman se passait pendant une période que j’affectionne en suivant des résistants juifs tentant de survivre en territoire occupé. Il y a une souffle et une puissance indéniable dans ce roman, des personnages inoubliables même, une vraie lumière dans certains passages de toute beauté. Et pourtant… Les nombreuses références à la littérature juive, très pointues, m’ont perdue, mon intérêt se réveillant quand l’auteur s’attardait enfin sur les parcours individuels des combattants. Une lecture en dents de scie que je vais malheureusement vite oublier…

 

 

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9. Les réputations de Juan Gabriel Vasquez 

 

J’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce roman. L’écriture est belle et ample. Et puis ce thème. L’histoire de ce célèbre caricaturiste politique colombien qui a longtemps détenu sous ses crayons le pouvoir de faire ou de défaire une réputation. Un pouvoir qui a peut-être mené il y a 28 ans de cela à la mort d’un député… Un roman qui soulève nombre de questions mais dont il me reste finalement peu de choses aujourd’hui.

 

 

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8. Academy Street de Mary Costello

 

Un premier roman irlandais que j’ai lu quasi d’une traite. Un roman empreint d’une certaine langueur à l’image de son héroïne que l’on suit de ses 7 ans à sa mort entre son Irlande natale et les États-Unis où elle fera le reste de sa vie. Si la langue est belle, Mary Costello (dont je lirai pourtant volontiers les prochains romans) n’a pas réussi à me passionner avec le destin de Tess. Effacée, presque transparente, semblant observer sa vie plutôt que de la vivre, elle finit par inspirer au lecteur un certain agacement…

 

 

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7. Retour à Little Wing de Nickolas Butler 

 

J’avais entendu le tout et son contraire sur ce premier roman américain qui a récolté le prix Page/America en 2014. Notamment que c’était une bluette sans intérêt, guimauve à souhait, aux personnages ultra caricaturaux. Et bien moi j’ai marché. J’ai même beaucoup aimé suivre cette bande de potes aux parcours et aux chemins si différents. C’est peut-être bourré de bons sentiments et de clichés tous plus éculés les uns que les autres, c’est peut-être ultra naïf aussi… mais sur moi ça a fonctionné. Résultat, j’ai dévoré ce roman en étant ravie de retrouver ses personnages à chaque fois que je le reprenais. Le genre de lecture pas prise de tête qui fait du bien, je prends !

 

 

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6. Scipion de Pablo Casacuberta

 

Typiquement le genre de roman que j’aime découvrir. Un héros extrêmement attachant, un humour et une finesse d’écriture et une histoire pas banale. Aníbal ne touchera l’héritage de son célèbre historien de père que s’il suit ses traces en publiant lui aussi un livre d’histoire contemporaine dans une maison d’édition réputée. Un ultime pied de nez depuis l’au-delà d’un père dont l’ombre plane encore au-dessus de sa tête… Des passages sublimes sur l’acte de création et l’écriture, une vision intéressante des relations père-fils et un livre qui se dévore !

 

 

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5. Hérétiques de Leonardo Padura

 

D’abord effrayée par la taille de ce pavé, je me suis surprise à plonger corps et âme dans ce roman-monde absolument passionnant. Une fresque foisonnante qui traverse les époques sans jamais perdre le lecteur, un roman symphonie qui nous emmène sur les traces d’un tableau de maître en déroulant le fil de l’Histoire avec un grand H. Les trois parties sont certes inégales et on peut y trouver des longueurs. Il reste que ce roman m’a fait découvrir une plume qu’il me tarde de relire à nouveau…

 

 

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4. Passent les heures de Justin Gakuto Go

 

Un premier roman que j’ai littéralement dévoré ! L’histoire d’un homme qui apprend qu’il est peut-être l’héritier d’une grande fortune ayant appartenu à Ashley Walsingham, un alpiniste disparu en 1924. Mais le temps lui est compté pour prouver sa filiation. C’est le début d’une véritable course contre la montre qui l’emmènera dans toute l’Europe sur les traces d’un homme peu banal et d’une histoire d’amour qui l’est tout autant… Passionnant et totalement romanesque, les passages évoquant la première guerre mondiale sont édifiants de réalisme et la quête de Tristan devient très vite la nôtre…

 

 

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3. La Route de Beit Zera d’Hubert Mingarelli

 

Je n’ai pas été surprise d’aimer autant ce roman. On y est comme dans une bulle, un peu hors du temps, un peu ailleurs. Les mots d’Hubert Mingarelli nous imprègnent et restent, longtemps. Il ne se passe finalement pas grand chose dans ce roman, tout est affaire d’ambiance, entre non-dits et silences. Et c’est tout ce que j’aime en littérature. L’épure érigée au rang d’art… Juste l’essentiel, l’histoire toute simple d’un homme qui vit seul avec son chien et ce petit garçon, presque mutique, qui les rejoint presque chaque jour… Triste et beau. Profond et bouleversant…

 

 

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2. Le Cœur du Pélican de Cécile Coulon

 

Fascinante Cécile Coulon. Une écriture au scalpel, précise, cinglante et cruelle. Ce roman m’a happée comme rarement. Je l’ai lu d’un souffle, je l’ai fini essoufflée… Il y a du génie chez cette jeune auteure, une audace sans limite, des fulgurances d’écriture qui laissent bouche bée et une profonde connaissance de l’âme humaine… J’ai suivi ce prodige de la course à pied, son ascension et sa chute. Au rythme de son cœur qui bat… Je l’ai aimé et détesté. Et je crois que je ne l’oublierai jamais… Brillant !

 

 

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1. Ciel d’acier de Michel Moutot

 

Un premier roman français absolument passionnant qui a le souffle et l’envergure d’un grand roman américain. Un pavé que je n’aurais probablement jamais lu sans le prix et qui m’a totalement subjuguée… Un roman qui débute juste après l’effondrement des Twin Towers et revient sur l’histoire fascinante de ces générations de Mohawks qui ont bâti l’Amérique. Il aurait pu être mon numéro 2, il est finalement mon numéro 1… L’auteur est reporter à l’Agence France Presse, spécialiste des questions de terrorisme international. Son Ciel d’acier m’a emmenée loin, très loin… et de bien belle façon !

 

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J’aime profondément mon top 3. Je l’aime et je suis quasi persuadée que le gagnant sera l’un d’eux… Ils le méritent tous, du moins à mes yeux, tant ils m’ont fait vibrer… Un classement qui ressemble beaucoup à celui d’Eva, avec qui j’ai eu entre autres la chance de partager cette belle expérience. C’est avec une impatience non dissimulée que j’attends le verdict !!

 

Louise, le Venin du scorpion – Chantal Van den Heuvel / Joël Alessandra

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Le hasard a fait cette année que j’ai lu plusieurs biographies romancées de femmes. Certaines dont je connaissais l’histoire dans les grandes lignes, d’autres dont je découvrais au contraire la vie souvent tumultueuse.

 

Karen BlixenCass Elliot, Pocahontas… Des destins atypiques, des portraits de femmes fortes souvent en avance sur leur époque, des femmes prenant tous les risques pour vivre leur vie rêvée, en dépit des conventions, des carcans sociaux et des hommes…

 

« La morale, je m’assieds dessus.

En croisant haut les cuisses. »

 

Louise Brooks est de ces femmes là. Fatale, moderne, indomptable, libre à l’excès. Féministe jusqu’au bout des ongles, elle laissera une marque indélébile qui fera d’elle une véritable star des années folles. Coupe à la garçonne, regard intense et charbonneux, adepte de tous les plaisirs qu’elle assume sans complexes, incorrigible fêtarde, Louise Brooks l’insoumise fascine tant elle se fiche des conventions. Sûre de ses charmes et de son emprise sur les hommes, elle collectionne les amants et les succès au cinéma qui voit en elle une véritable égérie. Jusqu’à l’arrivée du parlant et son refus de se plier aux nouveaux diktats des studios. Éternelle rebelle, Louise Brooks se retirera de la scène jusqu’à ce que la Nouvelle Vague lui redonne la place qui est la sienne, celui d’une icône du 7e art…

 

« Vous êtes Lilith, la démone, celle par qui le péché arrive. »

 

Éblouissante et fascinante Louise Brooks. Le personnage romanesque par excellence. Symbole d’une époque, incarnation d’un style, tempérament de feu, la scénariste la dépeint sous toutes ses facettes et donne vie à celle qui incarna à l’écran l’inoubliable Loulou. Personnalité complexe, à la fois forte et fragile, elle arrive à capter sa bivalence et la rend extrêmement attachante. Son ascension, puis sa chute, sont vertigineuses. Son charisme et son intelligence forcent le respect.

 

Quant au dessin de Joël Alessandra que je découvre, je l’ai apprivoisé petit à petit. Si je l’ai trouvé au départ assez terne et peinant à restituer la flamboyance de l’icône, j’ai fini par apprécier ce petit côté désuet et élégant que lui confèrent les tonalités ocres. Une belle association pour un bien bel album…!

 

 

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« Ceux qui l’ont vue ne pourront jamais l’oublier, elle est l’actrice moderne par excellence, parce que, à l’instar des statues antiques, elle est en dehors du temps…

Elle est l’intelligence de la technique cinématographique, elle est l’incarnation la plus parfaite de la photogénie… »

Henri Langlois

 

L’avis de Un amour de BD

 

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Éditions Casterman (Mai 2016)

128 p.

 

Prix : 22,00 €

ISBN : 978-2-203-11836-2

 

 

BD de la semaine saumon

C’était ma BD de la semaine…

…aujourd’hui chez moi !

 

La BD de la semaine c’est aussi chez…

 

nathalie  jacques  mylène  zai

          Nathalie                         Jacques                         Mylène                            Maël

 

 

yaneck  bouma  faelys  sabine

          Yaneck                         Bouma                        Faelys                            Sabine

 

 

les jours sucres dargaud  alvin2  charlotte  mo

          Jérôme                         Caro                          Charlotte                         Mo

 

 

sandrine  alvin  trois-fruits

         Sandrine                       Fanny                           Stephie

 

Les grandes jambes – Sophie Adriansen

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Dans la cour du collège, les paires d’yeux sont des mitraillettes. Aucune faute de goût ne passe inaperçue. Les jugements sont immédiats, les conclusions définitives. Les blagues fusent, souvent gratuites, parfois cruelles. Je suis désormais habituée aux « sauterelle », « grande perche », « girafe ». Heureusement que je ne m’appelle pas Sophie ! »

 

A l’adolescence, Marion a poussé comme un champignon, beaucoup trop vite. Dans la jungle du collège, difficile de passer inaperçue avec ses grandes guiboles, d’autant que trouver des pantalons à sa taille relève du parcours du combattant. Non seulement elle dépasse une grande partie de ses camarades de classe mais elle arbore à son grand désespoir un look de pêcheur de moules : ses jeans lui arrivent tous au-dessus des chevilles et dévoilent ses chaussettes…  Difficile dans ces conditions d’avoir confiance en soi quand le reflet renvoyé par le miroir de correspond pas aux « normes ». Encore plus difficile d’attirer le regard du beau Grégory…

 

Obsédée par les proportions et l’extrême diversité des corps humains, Marion se sert de ses différentes observations dans ses cours de dessin auxquels elle se rend le mercredi soir. Des connaissances et un talent qui lui seront d’une grande utilité quand un projet de classe l’emmènera à étudier l’école flamande. Un exposé sur La Ronde de Nuit de Rembrandt, un voyage scolaire à Amsterdam pour visiter le Rijksmuseum et la maison d’Anne Frank, une passion partagée… seront l’occasion pour Marion de prendre enfin confiance en elle, de relativiser l’importance des complexes qui lui bouffent la vie et, peut-être, de se rapprocher de Grégory…

 

« L’art n’est pas la vraie vie, d’accord ;

mais contrairement à ce que je croyais, l’art peut changer le présent. »

 

Le nouveau roman de Sophie Adriansen est une réussite. Son héroïne est criante de vérité, rongée par ses complexes, obnubilée par sa taille, elle souffre du regard des autres et vit très mal les difficultés qu’elle a à s’habiller. Le problème pourrait paraître anodin voire anecdotique, il ne l’est pas pour l’adolescente qui cherche par tous les moyens à se fondre dans la masse pour être enfin « normale ».

Le « plus » de ce roman qui aborde des thématiques adolescentes qu’on rencontre souvent en littérature jeunesse (l’identité, les complexes, l’image et l’estime de soi…) tient dans l’originalité de son traitement et cette capacité de l’auteure à donner de l’importance à des thèmes apparemment sous-jacents. Ce voyage à Amsterdam ouvre de nombreuses portes à l’héroïne mais aussi au jeune lecteur qui s’intéressera sans s’en rendre compte à l’Art dans ce qu’il a de plus pur et de plus beau. Remarquables, les passages évoquant la peinture ou se déroulant au sein du musée sont d’ailleurs parmi les plus beaux du roman, difficile après les avoir lus de ne pas avoir envie d’en savoir plus sur Rembrandt, difficile aussi de ne pas ressentir la passion de l’auteure qu’elle sait si bien retransmettre. La petite parenthèse sur Anne Frank est elle aussi très émouvante…

 

Les grandes jambes… Ou comment l’Art et l’Histoire peuvent transformer le regard sur sa propre vie d’une jeune fille au départ centrée sur elle-même… A découvrir !

 

Une nouvelle pépite jeunesse à glisser dans toutes les mains que je partage avec Jérôme, comme chaque mardi ou presque…

 

Les avis d’Antigone et de Fanny

Le blog de Sophie Adriansen

 

Et j’y suis. Moi, toute petite, face au tableau monumental. Le grand œuvre de Rembrandt. Nous voici en tête à tête. j’ai tellement attendu ce moment !

Après avoir considéré la toile dans son ensemble, je me laisse absorber par ses dimensions impressionnantes. Je franchis le sobre cadre de bois sombre, je plonge à l’intérieur, je fouille chaque recoin. Je suis dans cette rue, je me promène entre ces gens, les miliciens et les autres, je joue avec ces enfants, je les touche des yeux. Ils parlent une langue que je comprends. Nous communiquons. je ris avec eux. Ils rient avec moi (…) J’entends même la musique, et je sens la poudre qui s’échappe des canons des fusils. le bruit du musée a totalement disparu. »

 

Éditions Slalom (Juin 2016)

124 p.

 

Prix : 10,90 €

ISBN : 978-2-37554-002-2

 

 

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Challenge Coupe d’Europe des Livres : mon équipe !

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La bonne idée du mois est signée Cajou !

Un petit challenge visant à créer notre équipe parfaite de 11 livres pour ce mois de Coupe d’Europe.

 

Étant donné que je ne risque pas d’être collée à mon écran, j’ai joué le jeu et composé mon équipe de vainqueurs. Soyons honnêtes, beaucoup risquent de rester sur le banc de touche… mais j’espère bien marquer quelques buts !

 

Le gardien de but

THE roman que je veux lire à tout prix, celui qui n’a pas le droit de passer à travers les mailles du filet des profondeurs de ma PAL…

 

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Les attaquants

Les 4 romans de ma PAL que je veux ABSOLUMENT lire…

 

  maraudeur  marguerite  Tout-Jamais-Dit  les-petites-reines

 

Les milieux de terrain

Les 3 romans de ma PAL qu’il serait temps de sortir de là…

 

henri pick_  norman jail  mijaurées

 

Les défenseurs

Les 3 romans que je n’ai pas encore dans ma PAL mais que je voudrais m’offrir sans attendre le Mercato…

 

années sauvages  paquebot arbre  legarcon

 

Aucun réserviste sur le banc, j’ai déjà les yeux plus gros que le ventre et je me connais, d’autres lectures risquent de se rajouter à cette liste déjà bien ambitieuse d’ici le 10 juillet, date de fin du challenge. Il sera toujours temps après de penser à ma PAL de vacances qui risque fort d’être conséquente avec des pavés, quelques classiques incontournables que je me garde sous le coude… et sûrement quelques romans de la prochaine rentrée. J’ai bon espoir, l’année dernière j’avais bien réussi à engloutir Confiteor en une semaine, un exploit !

 

Et vous, quelle serait votre équipe idéale ?

 

Les beaux étés 2. La Calanque – Zidrou / Lafebre

CouvertureJ’ai retrouvé dans ce second volet de la série des Beaux étés tout ce que j’avais adoré dans le premier tome… Des petits riens qui font du bien, des sourires, du doux, du moelleux…

Il est lumineux cet album. Il ne s’y passe pas grand chose et pourtant on est captivés du début à la fin. En amour avec cette famille belge et ses enfants qui partent en vacances. C’est tout. Et l’essentiel est là…

 

Alors que le premier tome se passait en 1973 en Ardèche, dans ce second tome les deux comparses nous emmène en 1969 dans les Calanques près de Marseille. Les enfants sont plus jeunes, le petit dernier est en route et les parents filent un amour que rien ne semble pouvoir ternir. J’aime cette idée de feuilleter cet album de famille dans le désordre, de ne pas suivre un ordre chronologique. On cerne mieux les personnages, leurs désirs, leurs sentiments, leur évolution. On comprend bien certains détails aussi. Et on les aime encore plus…!

 

La route des vacances avec la famille Faldérault, c’est toujours un peu folklorique. Un timing largement dépassé, des petites routes de traverse qui rallongent le trajet mais donnent de jolies perspectives de rencontres, du champagne pour fêter les 100 000 km de Mam’zelle Estérel, la 4L rouge, des pauses pipi à rallonge, des pique-niques dans des coins de rêves, du camping sauvage au beau milieu d’un potager… Et au bout de la route, le petit coin de paradis…

 

Délicieusement régressif et hautement réjouissant, le second opus des Beaux étés tient toutes ses promesses. Plus léger mais toujours émouvant et drôle, il nous offre de belles pages d’un album familial dont on prend un grand plaisir à tourner les pages. De la bonne humeur, des moments de joie simple, des rires et des souvenirs d’enfance qui ne manquent pas de ressurgir. Oui, elle fait du bien cette balade régressive. C’est doux et moelleux. A l’image du dessin tendre et rond de Jordi Lafebre dont je suis toujours aussi folle…

 

Une lecture doudou que je partage avec grand plaisir avec Jérôme

  

L’avis de Jacques

 

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Éditions Dargaud (Juin 2016)

56 p.

 

Prix : 13,99 €

ISBN : 978-2-505-06532-6

 

 

BD de la semaine saumon

C’était ma BD de la semaine…

…aujourd’hui chez Stephie

 

 

Histoires à ne pas mettre entre toutes les mains – Julie Bray

Histoires-a-ne-pas-mettre-entre-toutes-les-mains-9782290020715-30« Je peux ainsi continuer pendant des heures. A jouer avec des variantes, à introduire des subtilités. A accentuer les caresses, à imaginer des scènes, à inventer des conversations.

Ces caresses, ces scènes, ces conversations – les vôtres -, je vous les offre maintenant dans les prochaines pages. Qu’elles soient réalités ou fantasmes, moi-même je l’ignore, mais cela importe peu, en fait, puisque le plaisir est au rendez-vous. A vous de savoir en tirer profit… »

 

Julie Bray l’annonce dès la première nouvelle où elle se met elle-même en scène : les histoires qui composent ce recueil sont les anecdotes de ses lectrices qu’elle reçoit régulièrement dans sa boite mail. Une compilation d’instants coquins voire franchement hot qui dépassent rarement les quelques pages. Les femmes qui s’y racontent vont directement à l’essentiel et évoquent sans tabous le moment « muy caliente » qui les a fait chavirer…

 

De fait, le lecteur n’a pas vraiment affaire à des nouvelles, plutôt à des confessions intimes, le genre de confidences que que l’on pourrait glisser à l’oreille d’une amie chère après quelques verres de mojitos…

Une particularité, beaucoup de femmes dans ces histoires. Trop. Beaucoup trop. Non seulement elles racontent par le menu leurs parties de jambes en l’air mais les messieurs s’y font rares, ces demoiselles arrivant très bien à se contenter seules ou avec l’aide d’une bonne copine. Pas franchement les histoires qui m’ont le plus émoustillée je dois dire même si je reconnais que ce n’est pas non plus déplaisant à lire.

 

Quand les hommes font leur apparition, pas de grande variété dans les situations proposées mais en même temps difficile de ne pas tourner en rond… Quelques parties à trois ou à plusieurs, de l’échangisme entre adultes consentants, des quick sex dans des endroits complètement improbables, quelques petits coups de canif dans les contrats de mariage… Rien de nouveau sous le soleil.

 

Ce qui sauve ce recueil du côté répétitif, c’est justement l’aspect « confessions intimes ». Les histoires sont tellement courtes qu’il serait dommage de les enchaîner. Mieux vaut y piocher de temps en temps pour éviter de se lasser trop vite, pour faire durer le plaisir. D’autant que les héros des différentes histoires ne se perdent pas en atermoiements inutiles et on les remercie…!

 

Les avis de Anne-Véronique, Jérôme

 

Éditions J’ai Lu (Juin 2014)

125 p.

 

Prix : 5,60 €

ISBN : 978-2-290-02071-5

 

 

mardi-c-est-permis

Tous chez Stephie !

 Et vous, qu’avez-vous lu d’inavouable ce mois ci…?

 

L’ours qui jouait du piano – David Litchfield

ours piano

 

« Ce matin-là, au cœur de sa forêt, l’Ours découvre une chose étrange, très étrange. 

« Qu’est-ce que c’est que ça ? » se demande-t-il.

Tout doucement, il s’approche.

Et il pose sa grosse patte dessus.

 

VLOOOONK !

 

Quel bruit terrifiant ! »

 

Intrigué, l’Ours revient régulièrement. Les jours passent, les mois défilent, les saisons se succèdent, les années se suivent. Et jour après jour, l’Ours se rapproche un peu plus de l’instrument. Lentement, il l’apprivoise. Et petit à petit, les bruits se font sons, le désordre se fait musique… Et l’Ours s’évade, loin, très loin, bercé par les notes qui naissent sous ses doigts. Des mélodies qui peu à peu attirent les autres ours de la forêt, hypnotisés par ces sons encore jamais entendus dans leur contrée. Et tous les soirs, la clairière se change en salle de concert…

 

Jusqu’à ce jour, où une petite fille et son papa se joignent au spectateurs. Ils n’en reviennent pas. Les sons qu’il arrive à sortir de ce piano sont si extraordinaires ! Il aurait un succès fou à la ville ! L’Ours est face à une grande décision… Saura-t-il vivre loin des siens et de sa forêt ? Est-il prêt pour cette nouvelle vie…?

 

Magnifique album ! Une ode à la musique et à l’amitié sublimée par des illustrations d’une grande tendresse qui laissent baba d’admiration..!

Et comme il est attachant cet ours… Sa découverte de la musique lui ouvrent des portes vers un ailleurs insoupçonné, un monde enchanteur dans lequel il s’évade seul avant que d’autres le rejoignent. Mais la musique se partage, et l’Ours ne saura résister à cette envie de découvrir le vaste monde. Le succès est au rendez-vous et l’Ours, passionné, se produit chaque soir avec grâce à Broadway puis sur toutes les plus grandes scènes du monde… Loin des siens et de sa forêt… Il finira par abandonner les lumières de la célébrité pour finalement retrouver ses racines, sa forêt, ses amis. Auprès d’eux, il redevient lui-même. Et c’est pour eux, et pour eux seuls, qu’il jouera maintenant… Là où il se sent chez lui.

 

Difficile de ne pas tomber sous le charme ! David Litchfield, dont c’est là le premier album, nous en met plein les yeux ! Les illustrations pleine page donnent toute la mesure de son talent, les couleurs sont subtiles et douces, l’ambiance et la lumière travaillées, les cadrages impeccables… Un album qu’on prend plaisir à feuilleter et à partager, encore et encore, pour le plus grand plaisir des petits et des grands !

 

Les avis de Bouma, Jérôme, Laël, Livresse des mots, Nahe, Saxaoul

 

Le site de David Litchfield

 

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Éditions Belin jeunesse (Janvier 2016)

40 p.

 

Prix : 12,90 €

ISBN : 978-2-7011-9670-1

 

 

 

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