La photo – Marie Desplechin

la-photo.gifSuite de la « semaine Marie Desplechin » sous la houlette de Stéphie. Parmi les livres empruntés à la médiathèque pour l’occasion, celui ci m’a fait de l’oeil pour plusieurs raisons. D’abord cette collection chez cet éditeur belge m’était inconnue ; après quelques recherches, je pense pouvoir dire sans me tromper qu’elle n’existe plus aujourd’hui, et c’est fort dommage. Le principe de cette collection « Carnets littéraires » est intéressant puisqu’il s’agit de lier l’écrit et l’illustration de façon à ce qu’un dialogue écrivain-illustrateur-photographe s’instaure. Ici, c’est Eric Lambé qui met en images le texte de l’auteur et ma foi, le tout est plutôt réussi.

 

Il ne se passe passe grand chose en réalité dans ce court texte, du moins en apparence… Plusieurs voix, tour à tour, se font entendre. Toutes ces personnes se connaissent, de près ou de loin, certaines ont un passé commun, d’autres sont de simples connaissances, certaines se rencontrent pour la première fois, mais toutes « partagent » quelque chose, cette fameuse photo. Sur cette photo prise par Marc, il y a Serena, Peter, Yasmina et Mélanie, et cet inconnu qu’on devine en arrière plan. Tour à tour, chacun des protagonistes de cet instantané prennent la parole et dévoilent un peu plus à chaque fois les liens qui les unissent… ou les désunissent. Chaque personnage a son histoire, ainsi que sa propre vision de celle des autres. Amitiés, amours, déceptions, petits bonheurs, cette photo reflète un peu tout cela, et bien plus encore.

 

J’ai aimé me plonger dans l’ambiance particulière de ce court récit. J’ai aimé ces monologues, ces différences de tons, ces divergences ou au contraire ces ressemblances qui apparaissent à la lecture. Petit à petit, le lecteur découvre les différentes histoires et reconstitue l’histoire commune, les pièces du puzzle s’assemblent une à une. Quelques réflexions que j’ai trouvées fort pertinentes sur l’écriture, la musique, l’art en général. Un roman intime et intimiste qui se lit tout seul.

 

Premières phrases : « Regardez-moi, sur cette photo, je suis au centre. J’aime beaucoup la jupe que je porte, qu’en pensez-vous ? Je suis habillée par un ami, il m’envoie ses vêtements de Milan, avant de présenter ses collections. Il m’envoie des vêtements, il aime savoir que je les porte, tout cela a un côté indéniablement pratique, je n’ai pas à me soucier d’en acheter, puisque j’ai un ami qui me les offre. Le soleil arrive par la gauche, c’est un après-midi de juin, dans un jardin, près de Trouville. J’aime assez Trouville, outre qu’on y mange bien. Un ami m’invite parfois dans sa maison le dimanche midi, nous déjeunons en famille. Cette fois, j’ai amené Peter. »

 

Au hasard des pages : « Je ne suis pas d’accord avec cette photo. Je ne suis pas obligé d’être d’accord. Cet imbécile de Marco a voulu me la donner, je l’ai envoyé balader. Je ne sais pas ce qu’il veut que j’en fasse, les photos, non merci, qu’il se les garde, elles puent la mort. Tous les gens qui sont sur les photos finissent par mourir et les photos restent. Je lui ai dit, tes albums de famille, c’est un cimetière, tu ferais mieux de t’occuper de ton jardin. je lui ai dit, ce ne sont même pas de oeuvres d’art, comme les tableaux par exemple, les tableaux, ça c’est quelque chose. Photographe, c’est bon pour les branleurs. » (p.109)

 

L’avis de Malice

 

Éditions Estuaire (Octobre 2005)

Collection Carnets Littéraires

Réédition aux éditions Points (Juin 2007)

 

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2 commentaires sur “La photo – Marie Desplechin

  1. Merci pour le lien, en effet ces petits livres sont délicieux j’ai lu celui ci dans la version poche mais pour le sac à main je l’ai lu dans cette version délicate qui sont ses petits livres. Malheureusement, ces petits livres sont rares à trouver. En tout cas ton billet est très joli, se rapproche bien du souvenir que j’en ai 😉

    • De rien pour le lien, je me suis rendue compte qu’il y a avit peu d’avis sur la toile sur ces écrits pour « adultes », mis à part Dambé. C’est sympa de faire connaître ces titres là ! J’ai lu Le sac à mains aussi, chronique à venir dans la semaine ! 😉

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