La saveur des figues. Moana 1 – Silène

Saveur des figuesJ’ai toujours aimé découvrir de nouveaux auteurs et je n’ai pas été déçue en lisant ce premier roman à destination des adolescents. Un roman d’anticipation original, des personnages attachants, une justesse de ton et d’écriture, La saveur des figues contient tous les ingrédients du succès ! Une suite est annoncée et j’avoue qu’il me tarde de retrouver Moana, l’héroïne de Silène, pour de nouvelles aventures !

 

La Polynésie où vit Moana n’a plus rien à voir avec le décor carte-postale qu’on lui associe aujourd’hui… Suite à la Catastrophe, le monde est recouvert de neige et de glace et les îles Marquises ne font pas exception. Désormais, les hommes ne sont plus que dix millions au lieu de six milliards, il est urgent de repeupler la Terre. Comme toutes les jeunes filles de douze ans, Moana a donc un avenir tout tracé : elle va bientôt devoir se marier et avoir des enfants. Car le monde de Moana est un monde de femmes, l’avenir dépend d’elles. Dans le fare (maison en tahitien) où vit Moana, cohabitent plusieurs générations : sa mère, sa grand-mère mais aussi son arrière grand-mère, Mémine, qui aurait dû être envoyée dans une « maison de souvenir » comme tous les anciens, ces fameuses maisons dont personne ne sait rien et dont personne ne revient jamais… Mémine vit donc cachée et c’est grâce à elle que Moana apprend à connaître le monde d’avant, celui d’avant la catastrophe. Moana a la tête remplie de couleurs, de saveurs et de goûts d’autrefois, elle écoute les récits de son arrière grand-mère et rêve d’une autre vie. Mémine a elle aussi des envies d’ailleurs, elle se doit d’honorer une promesse, son passé l’attend…

 

J’ai beaucoup aimé l’univers créé par Silène. L’aventure dans laquelle s’embarque Moana et Mémine est captivante de bout en bout, la relation forte qui unit la jeune fille à son arrière grand-mère est très joliment décrite. J’ai pour ma part un gros coup de coeur pour le personnage de Mémine, une femme de tête, fidèle, téméraire et féministe ! A 80 ans, elle est le seul lien vivant avec le monde d’avant la catastrophe, par ses récits, elle éveille chez Moana des désirs de changer de vie, de se rebeller contre l’ordre établi et l’on comprend aisément que c’est justement ce que le gouvernement cherche à éviter en envoyant les anciens dans les « maisons du souvenir »… Tous les personnages rencontrés par Moana et Mémine sur leur chemin sont un plus dans le récit : Pierre Petitjean le sauveur des livres, Chris Montagne qui lui cherche à préserver les films d’autrefois, et Alessandro, le meilleur ami. J’ai aimé ces trois figures masculines dans ce monde de femmes, leur vision du monde, l’importance qu’ils accordent à la mémoire et à la transmission, deux thèmes fondamentaux dans ce roman.

 

Vous l’aurez compris, voilà un roman jeunesse prometteur, et je remercie vivement Babélio et son opération Masse critique ainsi que les Éditions du Jasmin pour m’avoir permis de découvrir Silène et son univers !

 

A noter, le blog de l’auteur et un dossier pédagogique réalisé par Silène pour une exploitation de l’oeuvre en classe.

 

Premières phrases : « Il y a une chose que j’aurais pu faire toute ma vie. Malgré les malheurs de ce monde. Malgré la catastrophe qui nous a tous obligés à vivre entre les tropiques pour fuir le froid, à reformer l’humanité en enfantant à tour de bras, à oublier ce que pouvait bien être une jonquille ou un abricot… Une chose que vous allez faire aujourd’hui à ma place : c’est écouter les histoires de mon arrière grand-mère… »

 

Au hasard des pages :  » Le soir, quand Mémine raconte, je ne l’écoute que d’une oreille. Je n’éprouve plus aucun plaisir. Elle choisit pourtant de décrire les fleurs que je préfère, les fruits qui me font le plus envie. Mais pourquoi ? Je ne les connaîtrai jamais. Les oiseaux de paradis, comme des grappes de couteaux, les fleurs de tiaré, blanches comme le lait et si parfumées qu’elles donnent mal au crâne, les fruits de la passion au goût acide et sucré à la fois, les caramboles comme des étoiles jaunes. Jamais nous ne goûterons ces fruits du passé. Jamais nous ne connaîtrons la saveur des figues. Un jour, les enfants de nos enfants, quand le monde sera repeuplé : c’est ce que dit la loi. Et quand elle dit que nous ne devons plus penser au passé, je finis par savoir pourquoi. Parce qu’il n’y a pas d’espoir, parce que cela fait trop mal. Si je ne connaissais pas tous ces souvenirs, je ne souffrirais pas autant. » (p. 66)

 

Éditions du Jasmin (Juin 2010)

219 p.

 

La Saveur des figues : Moana I par Silène La Saveur des figues : Moana I La Saveur des figues : Moana I Silène Critiques et infos sur Babelio.com

importorigin:http://aliasnoukette.over-blog.com/article-la-saveur-des-figues-moana-1-silene-59112721.html

7 commentaires sur “La saveur des figues. Moana 1 – Silène

    • C’est ce que je pensais avant de le lire, en fait il est très différent… C’est un livre vraiment sympa, à découvrir ! 😉

  1. Non c’est de ma faute pour la ronde des albums je pensais aussi à samedi prochain, mais j’ai eu un mail vendredi soir de Liyah, du coup je me suis dit que ça te ferait trop juste 😉
    je ne lis pas ton avis, car je viens de terminer le livre et je n’ai pas encore écrit mon avis 🙂 Dans la semaine surement!

  2. moi j’ai adorée ce livre en plus elle habite (l’auteur) a 10 minute de chez moi =DDDDDDDDDDD

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *