La septième vague – Daniel Glattauer

la septièmeC’est terrible, cette fois, c’est vraiment la fin ! J’ai pris un plaisir fou à suivre l’histoire d’Emmi et de Léo, je me suis attachée à eux, et j’ai eu beaucoup de mal à les quitter ! Il y a quelques jours, je découvrais enfin Quand souffle le vent du Nord qui avait rendu hystérique une grande partie de la blogosphère féminine l’année dernière. Finalement, aucun regret, j’ai pu enchaîner dans la foulée le second tome, j’avoue que je me demande encore comment j’aurais pu attendre si longtemps pour connaître la suite ! La fin du premier tome m’avait littéralement laissée sans voix, complètement exsangue et frustrée ! La suite m’a comblée, même si je lui dois une nuit très courte…

 

 

Léo est parti, aucun signe de vie depuis des mois… A chacun de ses mails, Emmi reçoit invariablement la même réponse : l’adresse mail a été modifiée, le destinataire ne peut plus recevoir de mail sur cette boite. Jusqu’au jour où après plusieurs réponses automatiques, Emmi reçoit un mail de Léo, aussi bref qu’inattendu : il est de retour de Boston. Après l’échec de leur « premier et dernier rendez-vous », leur relation virtuelle avait pris fin de façon brutale, Léo a fui, pour épargner le mariage d’Emmi, pour préserver cette expérience intime et unique qui les bouleversait tous les deux. Que faire maintenant ? Emmi a repris le cours de sa vie avec Bernhard dans l’ignorance de sa part de responsabilités dans le départ de Léo… Quant à Léo, il a démarré une relation avec une certaine Pamela qui s’apprête à venir partager sa vie et son appartement. En rester là serait la plus sage des décisions… oui, mais… Emmi exprime un dernier voeu : se rencontrer enfin, juste une heure, se voir, se sentir, se toucher, juste une fois, une seule, offrir à leur histoire un « digne épilogue »

 

Emportée par la septième vague ! Les répliques sont toujours aussi savoureuses, souvent jubilatoires même, et puis, la rencontre a enfin lieu, alléluia ! J’avoue que j’avais un peu peur de ce tournant dans leur histoire, de la nouvelle dimension que ça donnerait au récit, j’avais tort, c’est toujours aussi jouissif ! Le lecteur n’assiste en fait jamais vraiment à la rencontre, ce qui à mon sens est fort bien vu ! Le roman n’étant toujours constitué que de mails, ce sont Emmi et Léo eux-mêmes qui en parlent finalement le mieux, après coup, déçus, heureux, frustrés ou comblés, plein de questions, de doutes, ou de certitudes d’ailleurs… Je n’aurais jamais pensé dire cela mais j’ai adoré Emmi dans ce tome, elle m’a bluffée ! De là à dire que Léo m’a déçue, non, c’est juste que finalement ici il ne tire plus vraiment les ficelles, Emmi mène la danse et ça lui va plutôt bien ! Léo reste fidèle à lui-même, touchant, émouvant, piquant, drôle et absolument adorable quand il est ivre ! Emmi sait enfin ce qu’elle veut et je lui tire mon chapeau ! Quant à la fin, le tout dernier chapitre est à mon sens de trop et m’a même un peu agacé, mais ce sera mon seul petit bémol…

 

Les avis hystériques de Stéphie, Leiloona, Fanny, Dasola, Pimprenelle, Clara, Cynthia, Antigone, Tamara, Keisha, Fashion, Cathulu, Cuné, Cécile, Bladelor

 

Premières phrases :

« Trois semaines plus tard

Objet : Bonjour.

Bonjour.

 

Dix secondes plus tard

REP :

ATTENTION. ADRESSE MAIL MODIFIEE. LE DESTINATAIRE NE PEUT PLUS REGARDER CETTE BOITE. LES NOUVEAUX MESSAGES SERONT AUTOMATIQUEMENT EFFACES. LE MANAGER DU SYSTEME EST A VOTRE DISPOSITION POUR PLUS D’INFORMATIONS. »

 

Au hasard des pages :  

« Sept heures plus tard

Objet : Cher journal

Bonsoir Emmi, tu dois déjà dormir. Il est deux ou trois heures je pense. En ce moment, je ne bois pas du tout d’alcool, donc je ne le tiens pas. Ce n’est que mon troisième verre, et je vois déjà flou. D’accord, c’est un gros verre, je l’admets. Le vin a 13,5% d’alcool, c’est écrit sur l’étiquette, ils sont déjà dans ma tête, les autres soixante ou soixante-dix pour-cent sont restés dans la bouteille. Je les bois, il n’y a plus d’alcool dedans. Tout dans ma tête. Mais c’est déjà la deuxième bouteille je l’admets.

Chère Emmi, il faut que je t’avoue quelque chose, tu es la seule femme à qui j’écris, à qui j’écris comme cela, comme je suis, comme j’en ai envie. Tu es mon journal, mais tu ne te tiens pas tranquille comme un journal. Tu n’as pas cette patience. Tu te mêles de tout, tu ripostes, tu me contredis, tu me troubles. Tu es un journal avec un visage, un corps et une stature. Tu crois que je ne te vois pas, tu crois que je ne sens pas ta présence. Erreur. Erreur. Quelle erreur. Quand je t’écris, je t’attire tout près de moi. Cela a toujours été ainsi. Et depuis que je te connais « personnellement », tu le sais, depuis que nous nous sommes assis l’un en face de l’autre, depuis, heureusement, personne n’a pris mon pouls, depuis…, je ne te l’ai jamais dit, je ne voulais pas te le dire, à quoi bon ? » (p. 152-153)

 

Éditions Grasset (Avril 2011)

352 p.

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17 commentaires sur “La septième vague – Daniel Glattauer

    • Je n’irai pas jusque là, non…! Mais c’est pile poil la lecture qu’il me fallait en ce moment, légère et addictive ! 😉

  1. J’ai tellement aimé la fin du 1 que je ne suis pas pressée de lire la suite. Mais je le ferai quand même, histoire de voir comment l’auteur a peu s’en sortir. Je redoute que la suite ne soit qu’artificialité alors que le premier tome n’était que spontanéité. Enfin, j’espère qu’il arrivera bientot chez moi quand même !

    • Moi la fin du 1 m’a déstabilisé !!!!! Arggggggg ! Cela dit, c’est vrai qu’elle est plutôt bien trouvée et que l’histoire aurait pu s’arrêter là… Le tome 2 est très bon aussi, forcément différent par contre, je ne suis pas sûre que tu aimes la fin ce coup ci…

    • Oui, lire les deux d’affilée n’était pas une mauvaise idée ! Ce n’est pas réellement la fin en elle-même qui m’a déçue mais plutôt le changement de langage utilisé…, mais bon, ce n’est qu’un petit bémol ! 😉

    • Ah mais non alors…. Bon, je conçois que le suspense était assez mince mais quand même !! Allez, un peu de patience, tu vas bientôt pouvoir retrouver Léo…! 😉

    • Pas dit que tu aimes celui ci alors vu que la même recette est utilisée… Moi j’ai vraiment été emballée, impossible de le lâcher ! 😉

  2. J’étais vraiment très enthousisate à l’idée de découvrir ce livre vu tout le bien que j’en avait entendu, sans compter du premier tome (que je n’ai pas lu…), alors quand je l’ai découvert à la bibliothèque autant dire que je me suis ruée dessus !

    Au final, c’est une grosse déception. C’est trop sentimental pour moi : c’est crédible, beau, mais Emmi est totalement le genre de fille amoureuse que je ne supporte pas. Elle est tellement présente qu’elle m’a étouffée ! A tel point que j’ai lu ce roman à deux voix comme si on voyait toute l’histoire de son côté…

    C’est très bien écrit, on croit réellement à cette histoire, mais je ne l’ai pas aimé… Tant pis.

  3. Pfiou trop déstabilisant …, j’ai acheté le tome 1 avant hier et comme je reste sur ma faim et sur la fin de si bon matin , je vais filer acheter la septieme vague . Trop curieuse de connaitre la suite de cette histoire dans « ce monde extérieur »

    • j’ai moi aussi enchaîné la lecture des deux, trop impatiente de connaître la suite même si cette fin était finalement plutôt bien trouvée !

  4. J’ai lu « quand souffle le vent du nord » mais en matière de roman épistolaire axé sur les nouveaux moyens de communiation, je vous conseillerais plutôt Net plus ultra, compilation de mails écrits par un groupe de trentenaires pendant près de trois ans ! Moins construit sûrement, tous les sujets étant brassés (la musique, la politique, le sport, le travail, la quête sentimentale…) mais à mon avis plus drôle! Ce sont les mails réels que les amis se sont envoyés (du boulot) et qui ont été conservés. Chacun s’y reconnaîtra un peu à la fois par les thèmes abordés que par la pratique du mail et ses conversations groupées. Il ne reste qu’ UN exemplaire (!) à commander aux auteurs pour 10 euros. Voici un article qu’on a eu à l’époque qui explique un peu la démarche http://www.fragil.org/focus/289. A votre disposition si vous êtes interessé(e) !

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