Métal Mélodie – Maryvonne Rippert

Metal mélodieIl y a de tout dans la littérature dite « de jeunesse ». Des petits livres sympathiques qu’on lit avec le sourire, des romans quelque peu insipides aux thèmes convenus que les ados dévorent, des livres qu’on survole et qu’on oublie vite… Et puis il y a les romans comme Métal Mélodie, des romans forts, justes et bien écrits, qu’on ne peut pas lâcher avant de les avoir finis. Ce livre est une vraie découverte pour moi, je ne m’attendais pas à ressentir de tels sentiments à sa lecture. Maryvonne Rippert est un auteur de talent que j’aurais plaisir à suivre…

 

Luce a 16 ans, l’âge de tous les excès, de toutes les révoltes, de toutes les colères. Élevée seule par sa mère depuis le décès brutal de son père quand elle n’avait que cinq ans, Luce cohabite plus qu’elle ne vit avec Inès dont elle était pourtant si proche auparavant. Petit à petit, le lien s’est distendu entre la fille et la mère. Des disputes, des incompréhensions, il y en a, c’est sûr, et le style de vie qu’adopte Luce ne fait rien pour arranger les choses : Luce s’habille de noir, écoute de la musique métal, cultive un look gothique et s’entoure d’amis peu fréquentables. Que peut bien y comprendre Inés, elle si stricte dans ses petits tailleurs, si rigide parfois ?

Quand elle rentre chez elle ce soir là, Luce est loin d’imaginer ce qui l’attend. Inès est partie, comme ça, sans prévenir. La lettre qu’elle laisse annonce qu’elle sera absente quatre mois pour des raisons professionnelles, qu’elle sera en Australie et qu’elle a tout organisé pour qu’elle ne manque de rien. « Je te donnerai des nouvelles. Mais pas par téléphone, ni avant quelque temps. J’ai vraiment besoin de prendre du recul. » Pour Luce, c’est le coup de massue : elle qui rêvait d’indépendance, elle va se retrouver livrée à elle même, seule, comment sa mère a-t-elle pu lui faire ça ? Colère, chagrin, incompréhension, Luce passera par tous les sentiments avant de se réjouir de cette liberté inespérée et d’organiser une grosse fiesta…

Pourtant, Luce ne peut s’empêcher de s’interroger : pourquoi sa mère est-elle partie si vite ? Pourquoi ne donne t-elle pas de nouvelles ? D’ailleurs, que sait-elle réellement de sa mère ?

Aidée par son beau voisin Léo et par Moony, une SDF qui se met à squatter chez elle, Luce va mener son enquête et découvrir que sa mère n’est pas en Australie mais en Espagne. Luce ira de surprise en révélation en découvrant le passé de sa mère, d’une femme qu’elle ne connaissait pas…

 

Ce roman est une réussite totale, un vrai coup de coeur ! On suit Luce dans sa quête, tour à tour ado tête à claques et jeune femme attachante. Le départ d’Inès est l’occasion pour Luce de de révéler, de grandir, de se poser des questions sur elle, sur sa mère et sur leur relation à toutes les deux. Elle doit obtenir des réponses, comprendre, savoir qui est cette femme qui partage son quotidien…

J’ai particulièrement aimé la deuxième partie du roman qui m’a donné l’envie irrépressible de courir m’acheter un billet pour l’Espagne ! On s’y croirait, Maryvonne Rippert arrive à créer une atmosphère, à rendre l’ambiance de ce pays où tout est couleurs, musique, chaleur…

Mention spéciale aux personnages secondaires qui gravitent autour de Luce ! Tous apportent quelque chose au récit, certains m’ont énervés, d’autres m’ont émus. J’ai été conquise par le personnage de Moony la fille de la rue, Titi le gitan laconique dans son bistrot andalou, Esteban le clarinettiste amoureux… Quel plaisir ! Et que dire du dénouement…

Métal Mélodie est un beau roman, sensible, pudique, poétique et juste que je n’oublierai pas de sitôt !

 

Lu et aimé par Stéphie, Théoma, Laure, Clarabel, Lael, Marie, Lancellau…, entre autres ! Qu’attendez-vous ?

 

Premières phrases : « Lorsque Luce descendit du train, la chaleur lui explosa au visage. Une chaleur dure, sèche, sans compromis, qui lui pesait sur la nuque alors qu’elle déposait à grand-peine son sac sur le quai. Pourtant, il était à peine 9h30 du matin. Dix-huit heures de voyage – sans compter les correspondances – la déversaient, tête bourdonnante, pensées hébétées, abrutie de sommeil, dans la gare de Grenade. »

 

Au hasard des pages : « Les hommes reprirent le refrain à pleine voix. C’était un grondement sauvage, lancinant, qui donnait envie de courir droit vers les sommets enneigés de la Sierra Nevada, de relever la tête, de se dresser tout debout contre la médiocrité, la bassesse, les petites inquiétudes minables. Libre enfin ! Un souffle de jasmin caressa Luce. Elle ferma les yeux, enivrée d’une émotion qu’elle n’avait jamais connue. Une exultation douloureuse, la vie qui pulse dans les veines, l’instant qu’il faut retenir. Pour la première fois depuis des mois, pour la première fois de son existence peut-être, épuisée, le dos cassé, les mains flétries d’avoir trop trempé dans l’eau, elle sentit son âme s’alléger. La révélation lui fit redresser les épaules. Sa place était ici maintenant. Et c’était un cadeau absolu. » (p. 135)

 

Éditions Milan (Février 2010)

Collection Macadam

210 p.

 

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14 commentaires sur “Métal Mélodie – Maryvonne Rippert

    • Je sais que tu n’y croiras toujours pas mais je n’ai pas encore commencé les Blue Cerises… J’ai la saison 1 au CDI, va falloir que je me lance ! 😉

  1. Je voulais le lire depuis longtemps mais là tu m’as convaincue! Il faut juste que je mette la main dessus. De toute façon, toute la collection macadam est superbe, je ne suis jamais déçue.
    Quant aux Blue Cerise, qu’attents-tu??^^ C’est GENIAL!! Je n’ai pas encore lu la saison 2 mais j’ai hâte!

    • Jette toi sur Metal Melodie d’urgence ! Il ne sera pas souvent rangé sagement sur tes étagères ! 🙂 Quant aux Blue Cerises, j’ai la saison 1 à saisir dans ma dernière commande…, et donc à lire !!

    • Je crois savoir qu’ils sont en rupture de stock ! L’éditeur n’avait pas du prévoir cet engouement ! Je lirai ton avis avec plaisir !!

  2. Je suis en train de le lire et je suis entièrement d’accord avec toi. Ce roman tranche avec la production jeunesse actuelle, il a le courage d’aborder des thèmes forts sans lourdeur et il est très bien écrit. Il vient de recevoir le prix des Dévoreurs de livres (niveau 3e).

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