Miroir brisé – Mercè Rodoreda

Miroir briséParfois, il faut savoir prendre des risques… J’ai choisi de lire Miroir brisé pour plusieurs raisons, la première étant son résumé, fort alléchant il faut bien le dire… Mais c’est aussi et surtout la curiosité qui m’a poussé à ouvrir ce roman : Mercè Rodorera est en effet présentée par l’éditeur comme « une grande dame de la littérature catalane », personnellement, je n’en avais jamais entendue parler. Peu publiée en France, ses oeuvres ont néanmoins été traduites dans 29 langues, ce qui n’est tout de même pas rien ! La publication de Miroir brisé en France, écrit entre 1968 et 1974, était donc l’occasion parfaite pour aller à la rencontre de cette littérature espagnole que je connais peu.

 

Miroir brisé, ce n’est pas une histoire, mais des histoires… Véritable saga familiale s’étendant sur trois générations, le roman nous entraîne au début du siècle à Barcelone. Teresa est une femme très belle, c’est d’ailleurs sa beauté qui va lui permettre de s’extraire de sa condition miséreuse. Quand Nicolau Rovira le financier jette son dévolu sur la jeune fille, elle est plus que consciente qu’elle ne pourra jamais aimer ce vieil homme, si riche soit-il. Mais la tentation est trop forte, Teresa se retrouve propulsée dans le beau monde et parade au bras de son mari, pas dupe pour autant… Quand celui ci décède, elle se retrouve à la tête de son immense fortune et finit par se remarier avec Savador Valldaura, un homme à jamais marqué par le suicide de Barbara, une jeune violoniste de talent dont il était tombé éperdument amoureux. Quand il rencontre Teresa, alors veuve, il est immédiatement séduit par sa fraîcheur et sa gaieté. Leur mariage ne sera malheureusement pas de tout repos malgré la naissance de leur petite fille Sofia. Dans cette grande bâtisse offerte à Teresa, le destin va se révéler bien capricieux…

 

A aucun moment je n’ai réussi à entrer complètement dans cette histoire. J’aime les sagas qui s’étalent sur plusieurs années, mais là j’avoue que je me suis vite retrouvée perdue au milieu de cette multitude de personnages que finalement on n’arrive jamais à connaître vraiment. Il faut avouer que le style de l’auteur n’aide pas du tout à ressentir de l’empathie ou même une simple connivence avec les personnages. D’un chapitre à l’autre, l’histoire fait des bonds dans le temps, laissant parfois dans le flou un grand nombre d’années, au lecteur donc de combler les vides et de faire des suppositions… Un roman, c’est avant tout des mots, et les mots de Mercè Rodoreda ne m’ont pas touchée. Pourtant, l’histoire a tout pour plaire : une famille, des secrets, des amours illicites et tragiques, des enfants illégitimes, un destin funeste pour nombre de personnages… Et pourtant, ça ne suffit pas. Les personnages restent à jamais des figures de papier, aucune consistance, aucun relief, j’ai suivi leurs aventures en baillant me forçant presque à tourner les pages, tout juste curieuse du sort qui leur était réservé, me désintéressant totalement du dénouement de l’histoire. J’ai terminé ce roman avec difficulté, c’est long, c’est lent, laborieux…

Il ne m’en restera rien. Dommage, cette première incursion dans la littérature catalane se solde donc par un échec retentissant, je suis preneuse de toute idée d’auteur ou de titre capable de me la faire connaître sous un meilleur angle !

 

Peut-être que ce n’était tout simplement pas le bon moment…

Je remercie toutefois les éditions Autrement et l’opération Babéliode Babélio pour cette découverte. Quoiqu’il en soit, si quelqu’un parmi vous souhaite se faire un avis sur ce titre, je me ferai un plaisir de le lui envoyer. N’hésitez pas à me le signaler en commentaire, qui sait, il pourrait vous plaire…

 

L’avis de Kathel qui elle non plus n’a pas réussi à entrer dans ce roman…

 

Premières phrases : « Vilenç aida monsieur Nicolau Rovira à monter dans la voiture. « Oui, monsieur, à vos ordres. » Après, madame Teresa monta. Ils faisaient toujours comme ça, lui d’abord, elle ensuite, parce qu’au moment de descendre ils devaient le soutenir à eux deux. C’était une manoeuvre délicate et monsieur Nicolau avait besoin de beaucoup d’attentions. »

 

Au hasard des pages : « Elle n’avait jamais bien aimé sa mère. Quand elle la voyait avec ses châles semés de strass et ses bas résille, elle avait envie qu’elle quittât la maison et ne revînt plus jamais. Un jour où elle l’avait réprimandée et l’avait secouée pour la faire sortir d’un parterre près des châtaigners, elle pensa qu’elle devrait la tuer (…) « Moi, pensait-elle, je ne serai jamais comme mes parents, parce que j’ai le coeur sec. » (p.81)

 

Éditions Autrement (Septembre 2011)

Collection Littératures tinta blava

338 p.

 

Rentrée littéraire 20119/14

 

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6 commentaires sur “Miroir brisé – Mercè Rodoreda

  1. Moi j’ai bien aimé ce roman, en fait j’ai eu du mal à rentrer dans ces histoires au début j’ai eu envie de l’arrêter et puis peu à peu pour moi la magie a opérer, j’ai peu à peu compris l’intérêt de cette histoire qi raconte comment les problèmes de communication dans un couple, entre les hommes et les femmes, entre les classes sociales, gangrènent toute une génération. Les adultes embourbés dans leur secret, qui n’osent pas dire au nom de la sacro-sainte famille, du rang social à maintenir….. Et la condition des domestiques, surtout des femmes qui trouvent normales que le « maitre » se glisse dans leur lit le soir. Tout le monde ferme les yeux, Les secrets sont  bien gardés dans cette histoire et les enfants en meurt. La fin est dramatiqu. J’ai adoré ce livre !

    • Mince, ton commentaire me fait presque regretter de ne pas avoir persisté… Je ne sais pas, quand j’ai du mal à entrer dans un livre, c’est rare que je m’acharne…

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