Moi Iris, ma vie, mes pieds – Marie Bertherat

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Nul doute que nos jeunes ados passeront un très bon moment avec ce petit bouquin. Car en plus d’être intelligent et bien écrit, il est plutôt drôle. Le titre et la couverture donnent le ton d’ailleurs, et on ne peut s’empêcher de penser que cette fameuse Iris pourrait être la petite soeur de cette chère Georgia Nicolson…

 

C’est au début de l’été qu’Iris commence à écrire un journal intime, un confident nécessaire à qui raconter ces énormes soucis d’ado, ou plutôt SON unique et énorme souci. Car voilà, Iris, 12 ans, culminant à 1,54m chausse du 43… Tous les matins au réveil, elle mesure ses pieds à l’aide d’un mètre ruban de couturière, et le pire, c’est que ces derniers n’ont pas l’air d’avoir envie d’arrêter de pousser. C’est la catastrophe !

Ajoutez à cela des parents à la masse, et vous aurez un tableau à peu près précis de la vie d’Iris. Une maman esthéticienne chez Aphrodite qu’elle appelle Mère, belle,  svelte, pimpante et lookée jusqu’au bout des ongles, un père chercheur de pétrole off shore trop souvent en mer sur sa plate-forme. Et quand ils sont ensemble, ce n’est pas la joie.

Alors Iris endure en silence, les moqueries, les plaisanteries douteuses et fait profil bas. Du coup, l’été, elle compte bien le passer enfermée chez elle à regarder des séries débiles à la télé, surtout, ne pas sortir, surtout, ne croiser personne… Heureusement, il y a le jardin derrière la maison où personne ne peut la voir, jusqu’au jour où Iris assiste à l’emménagement de nouveaux voisins. Et pour couronner le tout, dans deux mois, c’est la rentrée, et rien que d’y penser…

 

Voilà un petit roman bien sympathique ! Les difficultés de l’adolescence y sont très bien décrites et Iris est une ado criante de vérité ! Son journal intime est, bien malgré elle, bourré d’humour, jusqu’aux notes de bas de pages qu’elle rédige elle-même. C’est qu’en fait, Iris aimerait bien que quelqu’un le lise son journal et comprenne ce qu’elle doit supporter au quotidien.

L’écriture est simple et efficace et c’est un vrai plaisir de voir évoluer cette jeune fille sous nos yeux. L’ouvrage comporte en prime un petit dossier à destination des adolescents qui tente de dédramatiser cette période difficile pour nombreux d’entre eux où le corps change et où on ne se reconnaît plus.

J’ai fait lire ce petit roman à une de mes élèves, 14 ans, attirée par la couverture et le titre, voici son avis : « J’ai adoré Moi Iris, ma vie, mes pieds », l’histoire est à la fois drôle et passionnante. Iris est une jeune adolescence qui a des problèmes de croissance, ses pieds sont immenses, et en plus, ses parents passent leur temps à se disputer. Iris nous ressemble, à nous les ados. J’ai vraiment beaucoup aimé cette histoire, je vous la conseille ! »

 

Les avis de La sardine, PaulineLire pour le plaisir

 

Merci à Jérôme pour ce sympathique partenariat ! Car vous ne le savez peut-être pas mais il sévit aussi ici, sur le blog Lire pour le plaisir, une mine pour les petits lecteurs de 9 à 12 ans. Un grand merci aux éditions Eveil et découvertes pour l’envoi de ce roman lu d’une traite !

 

Premières phrases : « Ceci est mon journal. Tout ce que j’y écrirai sera PERSONNEL, absolument HONNETE et VERIDIQUE. Pourtant, j’ai décidé de ne pas inscrire TOP SECRET sur la couverture. Cela ne veut pas dire que j’ai envie que n’importe qui lise ce journal. Par exemple, mes parents ou même Moumina, ma grand-mère, que j’aime pourtant énormément. Ou n’importe qui d’autre que je connais et qui me connaît. J’aurais même horreur que cela arrive. Pourtant, je voudrais que quelqu’un le lise. De préférence quelqu’un que je ne connais pas, en tous cas pas encore. Parce que je n’en peux plus d’être seule avec ce truc qui me pourrit l’existence. »

 

Au hasard des pages : « Mère a montré les babies à la vendeuse en lui demandant si elles existaient dans d’autres coloris.

– Rose, bleu ciel, marron, a récité la jeune femme avec un sourire de marchande.

– Va pour le marron, a décidé Mère sans me demander mon avis.

– Quelle pointure ? a fait la vendeuse en posant les yeux sur mes pieds.

Son sourire de marchande s’est aussitôt transformé en grimace de sorcière. Elle a dégainé une semelle graduée de la poche de sa blouse et m’a fait signe de m’asseoir. J’ai posé le pied sur l’empreinte. Elle s’est écriée avec un petit air satisfait.

– C’est bien ce que je pensais ! Pour les babies, il ne faut pas y compter. C’est un modèle fillette, nous les arrêtons au trente-six. Puis, elle a marmonné, sans nous regarder : ça va pas être facile de la chausser.

La (moi) s’est ratatinée sur sa chaise. Mère a demandé :

– Qu’avez-vous dans sa taille ?

Moue, suivie d’un haussement d’épaules de la marchande :

– Pas grand-chose.

Pendant qu’elle allait dans sa réserve, Mère a examiné ses ongles avec attention. Elle s’était fait une french manucure. Le résultat était impeccable, net, brillant. Ça compensait mon imperfection. La vendeuse est revenue avec une boîte sous le bras. Elle l’a ouverte. C’étaient des sandales marron, à grosses lanières de cuir.

– Nous les vendons aux ecclésiastiques, a précisé la femme en fixant Mère avec un air de reproche.

– Aux quoi ? j’ai demandé.

– Aux curés, a répondu Mère, lugubre. » (p. 54-55)

 

Éditions Eveil et découvertes (Juin 2009)

117 p.

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13 commentaires sur “Moi Iris, ma vie, mes pieds – Marie Bertherat

  1. Je peux comprendre cette ado qui chausse du 43 … je ne chausse que du 39 (avant je faisais du 38 mais avec l’âge, mes pieds ont continué à pousser !) mais je trouve parfois mes pieds trop grands 😉 J’ai une amie adulte pour qui c’est l’inverse : elle chausse du 35 et ne trouve que des chaussures de gamine … du coup, je note ce titre, cela a tout pour m’intéresser !

    • Mais c’est très bien 39, non ? C’est ma pointure et ça me va ! 😉 Cela dit, je préfère ça que chausser du 35, pas évident quand même !

  2. Tiens, c’est marrant ça, ma fille s’appelle Iris, elle ne chausse pour le moment que du 18 mais ce livre a l’air sympa.

    Je suis tombée sur votre blog au hasard des clics sur facebook. Je ne sais plus quel était le point de départ du coup peut être l’ANDRA et Stéphanie Dubien.

    De fait, je suis moi-même écrivain (en fait en desosu de 3 romans publiés on dit pas encore écrivain, mais bon). j’ai publié mon premier roman fantasy. Plus sur mon blog dont adresse ci-jointe. 

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