Les juins ont tous la même peau – Chloé Delaume

Les juins...Quel étrange petit roman…, étrange oui, différent, saisissant. Je découvre la plume de cette auteure et je suis soufflée ! Un style très particulier, un phrasé original et percutant, à la fois poétique et brutal, une chose est sûre, le tout ne laisse pas indifférent. Chloé Delaume y parle de son rapport à Boris Vian, de sa naissance aux mots, à la littérature, elle lui rend hommage, à sa façon toute particulière, et c’est beau, très beau ! Un merci chaleureux à ma super libraire qui m’a conseillé ce petit bijou…

 

« Avant L’écume des jours les livres racontaient,

ils ne me disaient pas. »

 

Tout est dit, il y a un avant et un après. Lycéenne, Chloé lit un peu par hasard ce roman que lui prête sa meilleure amie Alice. Alice la prévient, ça ne va pas lui plaire, trop romantique, mais bon, Chloé a l’esprit de contradiction, elle l’emprunte, histoire de voir de quoi ça parle. En une nuit, tout bascule : « Il est tard, je suis tombée au fond de moi, j’ignorais que c’était possible, qu’il y avait un double-fond derrière le derme l’épiderme la chair les os et l’ivoire terne, que ma moelle pouvait grelotter. » La jeune fille découvre la puissance des mots, du verbe, de l’imaginaire débridé, elle rencontre celui qu’elle surnomme Boris Vian Boris et entre en littérature comme on entre en religion, une naissance à la lecture, puissante et dévastatrice. « J’ai compris, physiquement. Les livres n’étaient pas de passifs jeux de rôles, des portails accueillants ni des creusets refuges. Les livres étaient vivants parce que habités en soi. Habités par une langue, un dialecte singulier, les personnages au fond et l’intrigue en surface n’étaient donc qu’un prétexte pour qu’elle puisse se lover. » De ce jour, Chloé n’a qu’une envie : être elle-même un personnage de fiction, une métaphore. La révélation est telle que de Boris Vian, elle veut tout savoir, tout lire. Sur son cahier à spirales, elle trace sobrement le mot Enquête, y consigne tout ce qu’elle peut apprendre, paroles et citations, éléments biographiques ou autres. Avide, Chloé lit tout, récits et romans, recueils poétiques, nouvelles, écrits sur le jazz, textes et chansons, obnubilée par cette phrase qu’elle se répète sans cesse, je veux une vie en forme de toi. Mais peut-on réellement connaître un mort ? Qu’importe, Chloé lui parle, elle a tant de choses à lui dire…

 

Bluffant, je n’ai pas d’autre mot ! Chloé Delaume joue avec les mots de façon magistrale, elle en fait ce qu’elle veut. Subtil, poétique, tranchant, son style va droit au coeur et aux tripes. La confession est troublante et la musique des mots étonnante : les alexandrins se faufilent au coeur des phrases et on ne compte plus les trouvailles stylistiques. Voilà une lecture comme je les aime, atypique, exigeante, bouleversante, un gros coup de coeur que j’aimerais partager. J’en ai corné des pages, j’en ai noté des phrases… Une lecture à nulle autre pareille, courte et intense, qui parlera à tous les amoureux des mots. Chloé Delaume est une virtuose, nul doute que je poursuivrai ma découverte de cette auteure !

 

Premières phrases : « Je dis infiniment souvent : je m’appelle Chloé Delaume, je suis un personnage de fiction et. Seulement je n’ajoute pas la vérité première et pourtant je le sais : je suis une maladie. Et pas une maladie de la mort, non, vraiment pas du tout. Je suis la maladie d’un mort. D’un mort extrêmement précis à qui je voudrais bien parler. »

 

Au hasard des pages : « C’est Boris Vian que je voudrais trouver. J’ai des choses à lui dire, oui vraiment tout un tas. Ce qu’il se passe ici, ici en ce moment, dans ce sale espace-temps du produit culturel. Lui dire comment c’est dur, oxydant, harassant, de lutter pour de vrai dans le monde inversé. Lui dire que les limaces ne sont plus du tout bleues mais avec des cheveux toujours ébouriffés. Qu’elles vont à la télé, que leur bave est acide et qu’elles la font sécher, qu’avec elles font des leurres qu’elles qualifient de livres et que tout le monde les croit parce que tout le monde en parle et que plus un cerveau n’est jamais disponible. Lui dire que s’il savait le devenir de son oeuvre il aurait ri sans jaune au nez de ce Grosjean, terrassé oubliettes. Lui dire qu’on est nombreux à s’atteler au travail en sachant parfaitement qu’on restera lettre morte. Que le monde tourne tellement qu’il fait vomir les anges et qu’on n’a plus d’espoir ni en l’immédiateté, ni en la moindre trace que nous pourrions laisser tant nous devons lucides assister aux méfaits gommage décervelage. Je ne sers à rien, Boris. Je voulais te le dire. » (p. 62-63)

 

Éditions Points (Janvier 2009)

77 p.

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Le jeudi, c’est citation ! (28)

Jeudi citationSur une idée de Chiffonnette

 

« L’Esprit n’est point du tout ce qu’il faut en ménage ;

Les Livres cadrent mal avec le Mariage ;

Et je veux, si jamais on engage ma foi,

Un Mari qui n’ait point d’autre Livre que moi. »

 

Molière (1622-1673), Les femmes savantes.

 

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Une scène des Femmes savantes, de Molière.

Gravure par Duclos, en 1772.

D’après un dessin de Jean-Michel Moreau le Jeune

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Petits miracles – Will Eisner

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C’est d’abord la couverture qui m’a attirée vers ce roman graphique dont je n’avais jamais entendu parler auparavant et dont je ne connaissais pas non plus l’auteur, qui pourtant a l’air d’être une figure du genre. Je l’ai d’abord feuilleté et j’ai tout de suite été séduite par le dessin de Will Eisner utilisant toute la palette du gris de tel sorte qu’on se croirait face à des croquis tout justes ébauchés au crayon à papier. Et puis j’ai aimé d’emblée le sujet de cette bande dessinée très différente de ce que je peux lire habituellement : Will Eisner s’inspire de sa propre enfance dans le quartier juif de Brooklyn des années 30 et nous livre quatre récits mettant en scène les membres de sa famille ou ses voisins, des petites anecdotes du quotidien qui sous la plume de l’auteur se transforment en petits miracles…

 

« Défendre l’existence des miracles n’est pas chose facile.

On y croit ou pas.

Moi, j’y crois. »

 

Ne vous y trompez pas : le personnage principal de toutes ces histoires, c’est la rue, la vie d’un quartier. Il s’en passe des choses, tout le monde se connaît, on s’observe, de bloc en bloc. Sous les yeux du lecteur, les rues de New York révèlent tous leurs secrets et fourmillent de petits détails. Quatre histoires de longueur variable, mettant en scène des personnages à priori banals.

Il y a d’abord celle de l’oncle Amos, pauvre mais digne, mi escroc mi mendiant. Un jour, il parvient habilement à se faire prêter une grosse somme d’argent par son cousin Irving, riche directeur d’un magasin. De manipulations en subtiles tractations, l’oncle Amos parvient à s’en sortir mais provoquera du même coup la ruine de celui qui lui avait tendu la main au départ. Fierté et dignité, voilà les valeurs auxquelles croit l’oncle Amos…, du moins c’est ce qu’il ne cesse de répéter. La morale sera sauve, on finit toujours par retomber par où on a pêché…

La deuxième histoire est très courte. Deux cousins se promènent en territoire ennemi, entendez par là un « bloc » qui n’est pas leur quartier, ce qui n’est pas du goût des jeunes dont c’est le territoire. Ils décident de lui jouer un tour : le cousin Mersh devra choisir à l’aveugle un papier dans un chapeau ; s’il choisit le papier où est marqué « coupable », il se fera caser la figure, dans le cas contraire, on lui fichera la paix… Évidemment, « coupable » est écrit sur les deux papiers, qui sera le plus malin ?

La troisième histoire est la plus longue et c’est aussi celle que j’ai préféré. Un jour, un jeune homme apparaît dans le quartier, personne ne le connaît… Aux questions qu’on lui pose, il répond par un charabia incompréhensible, quelle est donc cette langue ? Que cherche ce jeune garçon ? Errant dans les rues, dormant dehors, le garçon intrigue, provoque la pitié des uns, les questions des autres. Quoiqu’il en soit, sa présence ne laisse personne indifférent ou insensible. Miss Melba prend l’enfant sauvage sous son aile, lui trouve un toit et se met en tête de connaître son histoire. Elle vient le voir chaque jour, lui lit des livres, lui apprend à parler et petit à petit l’apprivoise. La présence du jeune garçon dans le quartier est-elle liée à tous ces évènements heureux qui se passent alors ? Est-il à l’origine de ces petits miracles ?  Ce garçon est spécial, miss Melba décide de mener l’enquête…

La dernière histoire met en scène Marvin et Reba. Marvin est le fils de madame Fegel, il est infirme. Reba est la fille de madame Grepps, elle est sourde et muette. Les deux mamans se mettent en tête de marier leurs enfants, qui s’occupera d’eux quand elles ne seront plus là ?  Et puis il y a cette bague de fiançailles, cette bague porte-bonheur un peu magique. Le couple est heureux jusqu’au jour où miraculeusement Reba retrouve l’ouïe et la parole. Les mois passant, Reba sort de plus en plus, s’amuse, danse… sans son mari. Petit à petit, les choses changent et Reba finit par rendre sa bague à Marvin. Ce qui arrivera par la suite est plutôt inattendu…

 

Ces histoires courtes sont très agréables à lire, ce sont des histoires d’enfance au fort pouvoir nostalgique. Le graphisme est très réussi, les dessins sont un vrai plaisir pour les yeux. Toutefois, ces nouvelles ne sont pas un coup de coeur. Peut-être est-ce ce petit côté moralisateur présent dans chaque histoire qui m’a gêné, mais j’avoue que je m’attendais à ressentir plus d’émotions. J’ai souri, oui, mais si j’ai été séduite par l’ambiance douce de ces histoires, elles ne m’ont pas transportée plus que ça. Je pense que je m’attendais à un contenu différent au vu du titre du recueil, ceci explique peut-être cela !

 

Éditions Delcourt (Avril 2001)

Réédition

111 p.

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© Eisner / Delcourt

 

C’était ma BD du mercredi!

Chez Mango et chez les autres !

 

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Participation au challenge Pal sèches

organisé par Mo’ la fée

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La mémoire fantôme – Franck Thilliez

La-memoire-fantome.gifUne éternité que je ne m’étais pas plongée dans un bon polar ! Autant dire que j’ai sauté sur l’occasion quand Pimprenelle a annoncé le nom de l’auteur mis à l’honneur en ce mois de février. Des mois que ce thriller attendait sagement dans ma PAL, l’occasion était trop belle de l’en sortir et de découvrir enfin ce fameux Thilliez dont on dit tant de bien et que je ne connaissais toujours pas !

 

L’affaire à laquelle va être confrontée Lucie Henebelle, jeune lieutenant à la brigade criminelle de Lille, est loin d’être banale, et pour cause… Tout  porte à croire qu’un dangereux serial killer surnommé le Professeur est de retour après un long silence de 4 ans. Le hic c’est que la seule personne susceptible de détenir des informations sur ce Professeur est Manon Moinet…, amnésique. Et là, l’histoire se corse car Manon est la soeur d’une des victimes du tueur en série, une histoire qui non seulement l’avait plongée dans une terrible dépression à l’époque mais la pousse encore aujourd’hui, et ce malgré son handicap, à retrouver l’assassin de sa soeur.

Manon est donc retrouvée en plein orage, perdue, hagarde et complètement désorientée dans des bois à des kilomètres de chez elle : elle porte des marques de cordes aux poignets et aux chevilles et a visiblement été séquestrée, mais pendant combien de temps, mystère… Au creux de sa main ensanglantée, des mots gravés avec un objet très tranchant : « Pr de retour », sur son ventre des scarifications faites de manière à pouvoir être lues dans un miroir, « Rejoins les fous, proche des Moines » et « Trouver la tombe d… ». La victime a réussi à s’échapper mais ne se souvient de rien, et pour cause : depuis une agression subie 3 ans auparavant, Manon est atteinte d’amnésie antérograde, en clair, ses souvenirs ont une durée de vie de 4 minutes, passé ce temps, tout s’efface, puis recommence… Manon est prisonnière de son présent, se souvient de son passé mais est incapable de fixer de nouveaux souvenirs. Sans une organisation rigoureuse, impossible pour elle de mener une vie normale. Pour autant, Manon a toutes ses facultés intellectuelles intactes, elle est même devenue l’égérie d’un programme révolutionnaire : grâce à un appareil très sophistiqué, le N-Tech, Manon peut se « souvenir » de tout ce qu’elle note, cet objet lui est indispensable, tout y est consigné, son planning du jour, les gens qu’elle rencontre, le tout associé à des photos voire même à des enregistrements audio. Mais quel peut bien être le rapport entre Manon et ce tueur en série auteur de six meurtres plus atroces les uns que les autres ? Pourquoi ce kidnapping ? Lucie en est pourtant persuadée : Manon est probablement la clé qui va permettre de résoudre cette énigme…

 

Ce thriller m’a fait passer par tous les états que j’attends quand je lis ce genre de livre : étonnement, incompréhension, bref, je me suis fait baladée de bout en bout et j’adore ça ! Action, suspense, scènes glauques, tout y est ! Non seulement on ne s’ennuie pas une seule minute mais le personnage de Manon est vraiment intéressant : son amnésie est à mon sens le point le plus original de l’intrigue, difficile d’imaginer ce qu’elle peut vivre ! Et puis il y a Lucie, personnage que les lecteurs auront découvert dans La chambre des morts, que je n’ai pas encore lu. J’ai beaucoup aimé son personnage : lieutenant mais aussi maman de jumelles de 4 ans, tiraillée entre son devoir et son rôle de mère. Certes, cela n’a rien de vraiment original mais j’ai un faible pour ces personnages torturés et mal dans leurs baskets, le moins que l’on puisse dire c’est qu’avec Lucie j’ai été servie : fascinée par les cadavres, attirée de façon morbide, malsaine  et incompréhensible par les autopsies, elle cache un bien lourd secret qui l’empêche de mener une vie normale. Secret que j’ai trouvé d’ailleurs un peu tiré par les cheveux mais c’est un détail… Et puis il y a le Professeur, question psychopathe on a rarement vu mieux ! Ces victimes ont subi un vrai calvaire (non, non, je ne détaillerai rien ici !) et ont du en prime tenter de résoudre des énigmes mathématiques particulièrement alambiquées avant de mourir dans d’atroces souffrances ! Car oui, il est bel et bien question de mathématiques ici, elles jouent même un rôle important dans l’intrigue, mais rassurez vous, rien qui puisse gêner ou ralentir la lecture. Et puis il y a le dénouement, la résolution de l’intrigue : inattendue et très efficace ! 

 

Bref, un polar qui vous fera passer à coup sûr un bon moment ! Personnellement, j’ai bien l’intention de lire les autres romans de l’auteur, et le choix sera grandement facilité par les nombreux billets recensés aujourd’hui chez Pimprenelle !

 

Premières pages : « La rumeur rapportait qu’elle les avait tous tués. Une femme, un enfant de quatre ans, des hommes, retrouvés pendus, au fil des années. De génération en génération, la parole s’était répandue, déformée, amplifiée. Jamais il n’y eut de preuve, ni la moindre certitude. On soupçonnait, voilà tout ».

 

Au hasard des pages : « – J’aurais tant aimé donner la vie, j’adore les enfants, plus que tout au monde. Mais peut-on être mère, quand on va récupérer son petit à l’école et que l’on est incapable de le reconnaître ? Quand on ne connaît ni la couleur de ses yeux, ni le son de sa voix ?

Elle désigna son organiseur, tandis que Lucie l’écoutait, touchée par tant de sensibilité.

– On ne peut pas noter les sentiments dans le N-Tech, ni le bonheur, ni les pleurs, ni le vécu. Juste de l’information procédurale. Des mots anonymes, froids, sans substance. L’amnésie c’est vivre seul… et mourir seul. » (p. 107)

 

Éditions Pocket (Octobre 2008)

441 p.

 

Thilliez

Les billets de tous les participants

en cliquant sur le logo !

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Dimanche poétique (1)

Je ne lis pas autant de poésie que je le voudrais, et pourtant elle m’a longtemps accompagnée. Depuis le début de ce blog et mes pérégrinations ici ou là, je suis souvent tombée sur des poèmes, certains ravivent des souvenirs, d’autres sont des découvertes, tous me réjouissent… Aujourd’hui j’ai moi aussi eu envie de  mettre un peu de poésie dans ma vie et dans mes dimanches : je me lance donc dans les « dimanches poétiques » initiés par Celsmoon et repris par Lydie de Bookworm, pour un jour, ou plus, l’avenir le dira !

 

Le choix du jour ? Un de mes chouchous, même si ce n’est pas très original…

 

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La courbe de tes yeux fait le tour de mon coeur,
Un rond de danse et de douceur,
Auréole du temps, berceau nocturne et sûr,
Et si je ne sais plus tout ce que j’ai vécu

C’est que tes yeux ne m’ont pas toujours vu.

 

Feuilles de jour et mousse de rosée,
Roseaux du vent, sourires parfumés,
Ailes couvrant le monde de lumière,
Bateaux chargés du ciel et de la mer,
Chasseurs des bruits et sources des couleurs,

 

Parfums éclos d’une couvée d’aurores
Qui gît toujours sur la paille des astres,
Comme le jour dépend de l’innocence
Le monde entier dépend de tes yeux purs
Et tout mon sang coule dans leurs regards.

 

Paul Eluard (1895-1952)

Capitale de la douleur (1926)

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La Ronde des Livres – Petits monstres ! (7)

Aujourd’hui, une Ronde des Livres spéciale « petits monstres », vous savez ceux qui ne veulent pas dormir, pas manger, bref, ceux qui trouvent toujours le moyen de nous faire tourner en bourrique…? Deux petits albums absolument adorables, très drôles, dans lesquels les enfants (et les parents !) se reconnaîtront à coup sûr !

 

Au-lit-petit-monstre.gif

Bon, ce n’est pas une nouveauté, j’adore Mario Ramos ! Ses livres me font toujours rire et ils plaisent toujours autant à mon fiston, ainsi qu’à la petite dernière qui commence enfin à s’intéresser aux livres après avoir passé un certain temps à les manger et/ou les déchirer…, bref !

Dans Au lit, petit monstre !, « l’enfant-qui-ne-veut-pas-aller-se-coucher » est représenté par un « adorable » petit croco que son père essaye désespérément de mettre au dodo. Bon, évidemment, petit monstre n’a pas du tout, mais alors pas du tout envie de dormir ! Tous les moyens sont bons, et croyez moi, ça sent le vécu ! Pour commencer, petit monstre se carapate dans tous les coins de la maison, refuse de faire un bisou à maman et demande les bras pour monter dans sa chambre. Et là, la lutte continue : petit monstre brosse le robinet plutôt que ses dents (c’est quand même vachement plus marrant!), s’éternise aux toilettes, prend son temps pour choisir l’histoire du soir (pour finalement choisir le même livre que la veille et que tous les autres jours…, évidemment…), fais du trampoline sur son lit, demande à boire, redemande des bisous…. Bon, je ne vous raconte pas la chute, personnellement j’adore ! Mais c’est Mario Ramos, alors forcément, je ne suis pas objective !

Vous l’aurez compris, le livre parfait pour les réfractaires au sommeil et les empêcheurs de regarder le film du soir à l’heure ! Et les illustrations sont toujours autant à croquer !

 

Lu et approuvé par Dolly.

 

Au lit, petit monstre ! Mario Ramos

Collection Pastel de l’École des Loisirs

 

Je-mangerais-bien-un-enfant.jpgLà aussi, gros coup de coeur, rien que le titre me fait marrer ! Et la tête du petit croco, impayable !

Achille est donc un petit crocodile, ses parents, comme tous les parents, sont hyper fiers de lui et l’idolâtrent littéralement. Au petit déjeuner, dans la famille croco, le menu habituel c’est : bananes ! Mais voilà, ce matin Achille ne veut rien savoir, aujourd’hui, il a décidé qu’il voulait manger un enfant ! Papa crocodile file lui chercher une énorme saucisse histoire de lui faire oublier cette vilaine lubie : sans succès… Maman crocodile se met aux fourneaux et lui fait un délicieux gâteau au chocolat : rien à faire, Achille veut manger un enfant ! Énervé, Achille se rend à la rivière et tombe nez à nez avec une petite fille ! Chouette ! Achille réveille la bête féroce qui est en lui et s’apprête à n’en faire qu’une bouchée. Mais voilà, la petite fille se moque de lui et n’a absolument pas peur de lui ! Eh oui, pas sûr que petit croco soit assez costaud pour manger une petite fille…

Vraiment très drôle ! J’aime beaucoup les dessins de Dorothée de Monfreid, colorées et un brin loufoques. L’histoire est complètement décalée, des crocodiles végétariens, on aura tout vu ! Un bon moment de lecture à partager, histoire de montrer aux enfants avec humour qu’il faut bien manger pour bien grandir !

 

Je mangerais bien un enfant, Sylviane Donnio, illustrations de Dorothée de Monfreid

Collection Pastel de l’École des Loisirs

 

Rendez-vous dans 15 jours pour une nouvelle Ronde des Livres

avec Hérisson et Liyah !

Ronde des Livres

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Alabama Song – Gilles Leroy

Alabama-song-folio.gif« Il en est qui se cachent pour voler, pour tuer, pour trahir, pour aimer, pour jouir. Moi, j’ai dû me cacher pour écrire. J’avais vingt ans à peine que déjà je tombai sous l’emprise -l’empire- d’un homme à peine plus vieux que moi qui voulait décider de ma vie et s’y prit très mal. »

 

1918, Montgomery, Alabama. Avec ses frasques incessantes, Zelda scandalise la bonne société. « Belle du Sud », Zelda ne supporte pas d’être mise en cage, il lui faut sortir, danser, séduire. La ville envahie de soldats et d’aviateurs devient un terrain de chasse, le Country Club le lieu idéal pour battre des cils et faire tomber dans ses filets les jeunes officiers si élégants dans leurs uniformes. Sûre de son charme et de son pouvoir sur les hommes, Zelda écume les bals et fait la rencontre du lieutenant Scott Fitzgerald, danseur de talent, dandy coquet, séducteur à l’allure folle. Scott écrit des nouvelles qui seront bientôt publiées dans la presse, il en est sûr, il sera un écrivain à succès. « Du jour où je l’ai vu, je n’ai plus cessé d’attendre. Et d’endurer, pour lui, avec lui, contre lui. » De ce soir, la vie de Zelda ne sera plus jamais la même.

 

Zelda n’a que faire de tous ces ternes prétendants que lui présente son juge de père, peu lui importent les ragots qui peuvent être colportés à son égard, en l’absence de Scott reparti à New York pour lancer sa carrière, elle sort, fume, boit, flirte… La demande en mariage du beau lieutenant se fait attendre, qu’à cela ne tienne, Zelda brûle la vie par les deux bouts, tout en espérant son retour. « J’ai dit à maman que vous seriez demain le plus grand écrivain du pays et après-demain le plus grand écrivain au monde. Maman a dit que j’étais folle. » Zelda a de grands projets, des rêves plein la tête, des rêves de gloire et de succès pour elle et celui qu’elle surnomme Goofo.

 

En 1920, enfin, Scott revient chercher Zelda, contre l’avis de tous ils se marient à New York, cathédrale Saint Patrick, le marié a l’haleine chargée d’alcool, la mariée se sent déplacée dans sa longue robe blanche… Scott et Zelda deviennent le couple le plus en vue de la ville, enfants gâtés, adulés, ivres de succès, de flashs et d’argent, ils sombrent peu à peu dans la décadence, jusqu’à la déchéance. Car il y a le revers de la médaille. Scott se révèle jaloux, arrogant, violent, porté sur la bouteille et sur les hommes. L’amour passion vire à l’amour haine, Zelda se console pour un temps dans les bras d’un aviateur français qu’elle n’arrivera jamais à oublier.

 

Zelda revient sur son passé, les années de gloire, de succès, puis les années noires, les internements multiples en hôpital psychiatrique, la folie, la dépendance aux barbituriques, l’emprise d’un mari autoritaire et jaloux qui muselle son désir d’écrire. Des années folles aux années 40, Zelda retrace cette vie hors du commun, par sa bouche, le lecteur se retrouve témoin du destin hors norme de ce couple mythique.

 

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Whaou ! Quel roman ! Gilles Leroy arrive à nous persuader que c’est bien la voix de Zelda que nous entendons, que c’est bien son journal que nous lisons, ce qui est, il faut bien l’avouer, un pari fort risqué. L’auteur précise bien que nous avons affaire à une oeuvre de fiction : nous n’avons pas entre les mains une biographie de Zelda Sayre mais bel et bien un roman né de son imagination. Malgré cela, l’auteur a fait un gros travail de recherche et de documentation, l’ambiance des années folles est particulièrement bien rendue et on ne peut que s’attacher à ce personnage fascinant qu’est Zelda. Oui, ici Zelda est un personnage de fiction, et peu importe au final ce qui relève de sa biographie ou non. Certains faits sont avérés, d’autres pure fiction, le tout donne en tout cas un roman prenant où l’on ne s’ennuie pas une seule seconde.

Zelda fascine, irrite, émeut, Scott horripile et agace, le couple qu’ils forment est à la fois moderne, avant-gardiste et somme toute terriblement banal : passion, jalousie, frustrations, trahisons, dépendance, tout y est, la célébrité en plus.

Personnellement, j’ai été bluffée. J’ai beaucoup aimé la plume de Gilles Leroy que je découvre avec ce livre, et j’ose dire qu’il mérite son prix Goncourt, une fois n’est pas coutume… Le rythme est enlevé, l’alternance entre les deux époques est très bien vue, voilà un roman fort bien troussé que je vous invite à découvrir si ce n’est déjà fait !

 

Zelda et Scott

« Chacun de notre coté nous nous sommes détruits

mais je n’ai jamais considéré que nous nous sommes détruits l’un l’autre.

Rien n’aurait pu survivre à notre mode d’existence. » F.S Fitzgerald


 

Je file voir l’avis de ma comparse du jour avec qui j’ai fait cette belle lecture commune, Hathaway a-t-elle été conquise ?

Quant aux autres avis, ils pullulent sur le net, entre autres ceux de Karine, Lily, Fashion, Clarabel, Marie, Clara, Delphine, Leiloona, Gio, Amanda, Miss Alfie

 

Premières phrases : « Soudain, notre ville endormie fut envahie de milliers de jeunes gens, des pauvres gars pour la plupart, arrachés à leur ferme, leur plantation, leur échoppe, venus de tous nos États du Sud tandis que leurs officiers frais émoulus de l’école militaire descendaient du Nord, des Grands Lacs et des prairies (jamais depuis la guerre civile on n’avait vu autant de yankees en ville, me dit maman).

 

Au hasard des pages : « Je sais tourner les phrases. J’ai eu un mari écrivain, rappelez-vous. Mais j’ai appris seule, sans son aide – oh ! surtout pas grâce à lui ! Je savais avant lui. Écrire, je savais avant que lui-même n’ait posé le premier stylo sur le premier feuillet du premier carnet. Écrire, je savais et j’ai alimenté tous ses chefs-d’oeuvre, non pas comme une muse, non pas comme matière, mais comme nègre involontaire d’un écrivain qui semblait estimer que le contrat de mariage incluait le plagiat de la femme par l’époux. (…) Que voulez-vous que je ressente ? Piégée, abusée, dépossédée corps et âme, c’est ainsi que je me vis. Cela ne s’appelle pas être. » (p. 137-138 de l’édition originale)

 

Prix Goncourt 2007

Editions Mercure de France (Août 2007)

189 p.

Réédition en Folio Gallimard (Février 2009)

218 p.

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Le jeudi, c’est citation ! (27)

Jeudi citationSur une idée de Chiffonnette

 

« J’aime le péril… les précipices…,

les dés qu’on jette étourdiment en pariant sa vie entière,

et je n’attends même pas qu’ils aient fini de rouler pour décider de ma ruine.

Me perdre, j’aime aussi, à l’occasion.

C’est moi. Rien ne m’en guérira. »

 

Un flamboyant portrait de femme, celui de Zelda Sayre,

ses amours tumultueuses avec Francis Scott Fitzgerald.

 

Une lecture commune avec Hathaway, billets en ligne demain !

 

Alabama song folio

Alabama Song, Gilles Leroy

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La liste 66, Tome 1 : Illinois – Eric Stalner

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Le hasard fait parfois bien les choses vu qu’il a mis cette série sur mon chemin, une série que je n’aurais probablement jamais découverte si je n’avais pas été loin de chez moi et de ma bédéthèque habituelle… J’ai d’abord été attirée par la couverture, très travaillée je trouve : ces ombres qu’on devine, cette belle Cadillac criblée de balles, et ce panneau, indiquant la mythique route 66. Me voici donc embarquée dans un road-movie haletant et diablement efficace qui malheureusement est annoncé en 8 tomes, rien que ça, et dont 5 tomes sont actuellement parus.

 

25 avril 1961, dans une petite ville de l’Illinois. Alex Poliac enterre sa femme Alice morte dans un accident de voiture. Ingénieur dans un institut de recherche technologique, il se retrouve seul avec son fils Rob. Cet homme apparemment sans histoire est pourtant surveillé, sa maison est d’ailleurs truffée de micros. En pleine guerre froide, dans un contexte politique tendu, Alex intéresse fortement la police qui n’a de cesse d’essayer de l’interroger : qui est-il ? Que cache-t-il ? Mystère… Au même moment, un homme terrorise la population : ce serial-killer laisse derrière lui des victimes grimées  en clown n’ayant apparemment aucun lien entre elles. Alex est le seul à savoir que ce tueur est différent des autres, il est également le seul à savoir ce qui relie les victimes entre elles.

Le soir même de l’enterrement de sa femme, Alex s’enfuit de chez lui avec son fils pour retrouver un mystérieux « Oncle Sacha » et une toute aussi mystérieuse « liste 66 » extrêmement convoitée. Au volant d’une Cadillac volée, père et fils prennent la route, une route de tous les dangers…

 

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’on ne s’ennuie pas une seule seconde ! Pour un premier tome qui pose l’intrigue, l’action est au rendez-vous, aucun temps mort dans ce récit ou le lecteur passe son temps à s’interroger sur l’identité réelle du héros, et ce jusqu’aux dernières planches. Alex est un personnage très ambigu, difficile à cerner : père aimant et protecteur, il est néanmoins recherché activement pour des raisons plutôt opaques, gentil, méchant, difficile à dire, et ce n’est d’ailleurs probablement pas le plus important… Avec l’Amérique de Kennedy en toile de fond, on évolue donc dans une ambiance trouble : espionnage, FBI, KGB, chasse aux communistes, tout y est. Cette ambiance sixties est d’ailleurs très bien rendue par le dessin de Stalner : précis, soigné, réaliste, cadrages presque cinématographiques, à défaut d’être vraiment original, l’ensemble est tout à fait cohérent et agréable.

 

Bref, une série prometteuse dont je découvrirais la suite avec grand plaisir !

 

L’avis de Joëlle.

 

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Editions Dargaud (Juillet 2006)

48 p.

 

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Tome 2 : Missouri (Juillet 2007)

Tome 3 : Kansas (Juin 2008)

Tome 4 : Oklahoma/Texas (Août 2009)

Tome 5 : Californie (Août 2010)

 

C’était ma BD du mercredi!

Chez Mango et chez les autres !

 

palsechesParticipation au challenge Pal sèches

organisé par Mo’ la fée

importorigin:http://aliasnoukette.over-blog.com/article-la-liste-66-tome-1-illinois-eric-stalner-67285490.html

Embarquement immédiat… pour le challenge amoureux !

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Irrégulière fait encore des siennes et nous propose depuis hier, Saint Valentin oblige, un nouveau challenge placé sous le signe de l’amour… ce qui n’étonnera pas celles et ceux qui ont l’habitude de se balader de temps en temps sur son blog ! L’année qui vient est donc placée sous le signe de l’amour, et ce jusqu’au 14 février prochain. Le but de ce challenge est simple puis qu’il s’agit de lire des histoires d’amour, et moi les histoires d’amour, j’adore ça ! Évidemment, tout n’est pas aussi simple, il faut lire une histoire dans chaque catégorie sachant que ne sont pas exclus les albums, pièces de théâtre, bande dessinées… tant qu’il y est question d’amour !

 

1. Une histoire d’amour mythique

(Là, j’hésite encore…)

 

2. Une histoire d’amour qui finit mal

(Ce qui ne devrait pas être trop difficile à trouver !)

 

3. Une histoire d’amour qui finit bien

(Je ne sais pas si ma lecture d’hier peut compter mais c’est pile dans le sujet !)

 

4. Un conte, avec un prince charmant et une belle princesse,

qui se marient et ont beaucoup d’enfants

(Plein d’idées d’albums…)

 

5. Un recueil de poèmes amoureux

(Alors là, il y a l’embarras du choix!)

 

6. Catégorie libre, carte blanche pour toute lecture n’entrant pas dans les catégories précédentes 

(Bon, là je crois que mon « Osez »

gagné récemment chez Tamara est tout indiqué !)

 

Alléchant non ? En plus, il est pas beau ce logo ?

Challenge-AmoureuxAlors, tentés ?

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