Le jeudi, c’est citation ! (13)

Jeudi citation

 

« Fils aînés de l’antiquité, les Français, Romains par le génie, sont Grecs par le caractère. Inquiets et volages dans le bonheur, constants et invincibles dans l’adversité ; formés pour les arts, civilisés jusqu’à l’excès durant le calme de l’Etat ; grossiers et sauvages dans les troubles politiques, flottant comme des vaisseaux sans lest au gré des passions (…) ; vains, railleurs, ambitieux, à la fois routiniers, et novateurs, méprisant tout ce qui n’est pas eux ; individuellement les plus aimables des hommes, en corps les plus désagréables de tous ; charmants dans leur propre pays, insupportables chez l’étranger… »

 

Si c’est Chateaubriand qui le dit…!

 

Sur une idée de Chiffonnette !

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Tag auteurs

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Un tag qu’on croise partout en ce moment sur les blogs et qui est arrivé chez moi grâce à HérissonDounzzz et Val

Le principe me direz-vous ? Lister en moins de 15 minutes les 15 auteurs qui nous ont marqué, ceux qui nous viennent à l’esprit spontanément, ceux qu’on aime, tout simplement !

Alors, top chrono, c’est parti ! En vrac et dans le désordre… :

 

1- Albert Cohen

(Pour Belle du Seigneur, évidemment, une claque…!)

 

2- Jane Austen

(Je crois que j’ai tout lu, en VO dans le texte bien sûr.. J’aime son humour, par dessus tout !)

 

3- Toni Morrison

(Une femme qui me touche énormément, une plume magnifique et émouvante, des romans incontournables comme Beloved, Sula ou encore The bluest eye…)

 

4- Christian Bobin

(Un écrivain qui m’a accompagné pendant presque toute mon adolescence et que je chéris tout particulièrement… J’ai du couvrir un carnet entier de citations provenants de ses livres…)

 

5- J.D Salinger

(Son roman L’attrape-coeurs (The catcher in the rye) m’avait bouleversé… J’ai aussi adoré ses Nouvelles)

 

6- Charles Baudelaire

(Parce que je l’aime d’amour !)

 

7- Paul Eluard

(Capitale de la douleur, un titre superbe, des poèmes qu’on ne peut pas oublier) 


8- Laurent Gaudé

(Mon chouchou parmi les nouveaux auteurs, j’admire son écriture, son univers, un auteur qui arrive à me faire pleurer !)

 

9- Vladimir Nabokov

(Que ceux qui n’ont pas lu Lolita réparent cette erreur au plus vite !) 


10- Roald Dahl

(Parce que j’ai eu énormément de plaisir à le découvrir enfant et que j’en ai tout autant à le faire découvrir à mes élèves maintenant… Incontournable !)


11- Marie-Aude Murail

(Je ne m’en lasse pas !)

 

12- Hans Christian Andersen

(Pour La reine des neiges, La petite sirène, La petite fille aux allumettes…, entre autres ! Des contes qui ne se démodent pas) 


13- Edgar Allan Poe

(Pour ses Histoires fantastiques, un de mes premiers chocs de lecture qui me donne encore des sueurs froides…)

 

14- René Barjavel

(Mes premiers pas dans l’univers de la science-fiction, La nuit des temps, Le grand secret, Ravage, lus sous la couette à l’adolescence) 


15- J.K Rowling

(Pour Harry bien sûr, who else ?)

 

Ouf ! Et selon le principe, je tague en retour 15 autres personnes, à vous de jouer !

 

Blueverbena, Sara, Stephie, Fanny, Faelys, Lancellau, Leiloona, Irrégulière, Lael, Hathaway, Dolly, La dame du CDI, Kalistina, Mirontaine, Chiffonnette, Pimprenelle

 

Rhooooo, zut, un tag de trop ! Tant pis, dans le lot y’en a sûrement qui l’ont déjà fait ! 😉

 

EDIT du 11 novembre : bon, je copie…, et je rajoute quelques explications !

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Je suis morte (apprendre) – Nicolas Nemiri / Jean-David Morvan

Je-suis-morte.jpgParue en 2003, j’ai eu envie de me replonger dans cette BD qui à l’époque m’avait fait grande impression. Une histoire à laquelle on s’attache très vite et qui nous fait pénétrer un univers très proche du nôtre, une héroïne qu’on ne peut pas oublier et qui nous hante encore même l’album refermé…

 

Aster est une petite fille comme les autres, du moins en apparence. Elle ignore tout des circonstances de sa naissance, pourtant, à l’époque, des milliards de personnes y ont assisté en direct… Lors de sa première rentrée scolaire, la directrice a été prévenue de sa « particularité », très vite, elle est mise à l’écart, rejetée par ses camarades de classe.  Elle inspire la peur, le rejet, mais elle attire aussi. Les années passent, Aster grandit. Son père réfrène toujours toute marque de tendresse envers sa fille, Aster ne comprends pas cette absence d’amour, cette distance entre eux : « Maman, pourquoi papa il m’aime pas ? » Un jour où elle s’isole dans la cour de récréation, elle est prise en photo par une horde de journalistes. Suite à cet évènement, la directrice de l’école annonce à la mère d’Aster qu’ils ne peuvent pas la garder. Quel est donc ce secret qui entoure Aster ? Que lui cache t-on ? De quoi veut-on la protéger ?

 

« Ca y est, je suis née. Mais… dans le temps d’un de vos battements de paupières… je suis morte. »

 

Difficile de résumer cette histoire sans en dévoiler l’essentiel. « Je suis morte » se passe dans un monde très proche du nôtre, le décor nous est familier mais très vite le lecteur devine que l’univers dans lequel évolue Aster est peut-être notre futur. Science-fiction, anticipation, c’est bel et bien de ce genre qu’il s’agit mais ici point d’effets spéciaux ou de gadgets sophistiqués, tout est savamment distillé, le lecteur apprend et comprend en même temps qu’Aster ce qui fait d’elle une exception. Aster est en effet l’une des dernières mortelles dans une humanité devenue immortelle grâce aux progrès de la science. Petit à petit, elle découvre que tous ceux qui l’entourent sont immortels, et qu’elle, elle va mourir !

L’histoire nous est racontée par Aster elle-même, procédé qui permet très vite de s’identifier à cette petite fille, à se poser les mêmes questions qu’elle. Elle assiste aux disputes de ses parents, capte certains regards empreints de pitié. J’ai été très touchée par le personnage du père qui n’arrive pas à assumer la situation, bien trop douloureuse à vivre : comment « avouer l’horreur à une petite fille ? » Loin d’être indifférent à sa fille comme on pourrait le penser, son père est profondément bouleversé par sa condition : « Je n’arrive pas à me dire que je lui ai donné la vie en l’engendrant, tu comprends. J’ai au contraire l’impression de l’avoir tuée. » Est-elle le fruit d’une expérience ? Le fait est que dans le monde d’Aster, plus aucun enfant n’est conçu « à l’ancienne »…

A la fin de ce premier tome, Aster est devenue une adolescente remplie de révolte. Même si à mon sens ce premier tome se suffit à lui-même, j’ai hâte de lire la suite pour voir comment va évoluer le personnage d’Aster. Une très bonne surprise, un dessin entêtant et lumineux plutôt original pour un scénario qui l’est tout autant !

 

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Éditions Glénat (Septembre2003)

Collection La loge noire

48 p.

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Tome 2 paru en janvier 2008

Je suis morte (Comprendre)

 

C’était ma BD du mercredi!

Chez Mango et chez plein d’autres…!

 

palseches

Cette BD participe au challenge « Pal sèches » organisé par Mo’ la fée

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La carte et le territoire – Michel Houellebecq

La-carte-et-le-territoire-copie-1.jpgLes romans de Michel Houellebecq sont toujours parmi les plus attendus de la rentrée littéraire. Personnellement, ma première et seule rencontre avec l’écrivain remonte aux Particules élémentaires et j’avais gardé en mémoire l’image d’un écrivain sulfureux et scandaleux, image largement reprise dans les médias…  Quand Priceminister a proposé ce match ludique entre Houellebecq et Despentes, ma curiosité m’a poussé à retenter l’expérience.

 

Jed Martin est un artiste quelque peu solitaire, renfrogné, passant tous ses Noëls avec son père vieillissant, un rituel immuable. Vie vide, vide d’évènements, vide de sens, malgré quelques rencontre amoureuses marquantes mais qui ne dureront pas. De simple photographe, Jed Martin est propulsé artiste planétaire grâce à une idée révolutionnaire ou jugée comme telle : photographier la carte plutôt que le territoire, faire de simples cartes Michelin des oeuvres d’art, les représentations du réel devenant plus belles que le réel lui-même. Cette notoriété est aussi soudaine qu’incroyable mais l’artiste arrête néanmoins cette série de photographies et se retire du devant de la scène pendant plusieurs années, années qu’il met à profit pour renouer avec ses premières amours, la peinture. Sept ans plus tard, il fait son « come-back » avec une série de tableaux représentant quarante-deux professions-type complétée par une autre série de tableaux basés sur le fonctionnement de l’économie d’entreprise… Le catalogue de cette exposition est réalisé par Michel Houellebecq lui-même que Jed Martin rencontre à plusieurs reprises. Pour le remercier de son travail, il lui propose de réaliser son portrait, cette oeuvre deviendra la pièce maîtresse de l’exposition, atteignant des cotes astronomiques sur le marché de l’art.

 

Il me sera bien difficile de juger de la qualité littéraire d’un tel roman. Je dois avouer qu’à plusieurs reprises je n’étais pas loin d’abandonner ma lecture. Tout d’abord, en dépeignant le monde de l’art, Houellebecq a bien souvent perdu la néophyte que je suis. Passé cette première réticence, je n’ai pas réussi à rentrer dans l’histoire, incapable de ressentir une quelconque sympathie pour le personnage de Jed Martin. Autre source d’agacement : la mise en scène en tant que personnages de « personnalités » telles que Frédéric Beigbeder ou encore Jean-Pierre Pernault… On croisera aussi Patrick Le Lay, Julien Lepers, Claire Chazal ou encore Pierre Bellemare… Le summum est bien sûr atteint quand Jed Martin, qui est déjà en soi un genre d’avatar de l’auteur, rencontre Houellebecq lui-même…: là je frôlais l’overdose. Alors oui, on peut parler de recul de l’auteur sur lui-même, de second degré, d’auto-dérision, d’ironie. On peut aussi penser que Houellebecq joue le jeu des médias en se dépeignant tel que ceux ci ont tendance à le représenter, tels que nous autres lecteurs l’imaginons peut-être : ermite solitaire, maniaco-dépressif, alcoolique, fuyant ses pairs et les gens en général. Si pour certains critiques, Michel Houellebecq fait preuve d’une certaine modestie en se mettant en scène de la sorte, je n’ai pour ma part pas pu m’empêcher de penser exactement le contraire…

A se demander ce qui m’a poussé à poursuivre ma lecture. Car malgré tout, je ne peux pas nier que La carte et le territoire est un roman ambitieux et complexe et en soi digne d’intérêt. Le style en lui-même ne m’a pas déplu, l’écriture est d’ailleurs assez plaisante. Pourtant, je me suis ennuyée les deux tiers du roman, je ne me suis réveillée qu’au moment où Houellebecq met en scène son propre assassinat, son propre enterrement… Mégalomanie ou incroyable génie, roman magistral ou savante imposture, je vous laisse le soin de vous faire votre propre opinion. Personnellement, la mienne est faite…

 

EDIT 13h00 : Le Prix Goncourt 2010 vient d’être attribué à Michel Houellebecq pour La carte et le territoire par 7 voix contre 2 à Virginie Despentes qui à elle reçu le Prix Renaudot pour Apocalypse bébé…! Grand favori, Michel Houellebecq n’avait encore jamais reçu ce prix, pour lequel il était régulièrement cité depuis 10 ans.

 

Les avis de Stéphie, Yspaddaden, George, Hérisson, Neph, Leiloona, Emeraude… et sûrement plein d’autres…

 

Premières phrases : « Jeff Koons venait de se lever de son siège, les bras lancés en avant dans un élan d’enthousiasme. »

 

Au hasard des pages : « Repensant aux exhortations de Franz il rédigea un mail de relance à Houellebecq, puis se prépara un café. Quelques minutes plus tard, il se relut avec écoeurement. « En cette période de fêtes, que je suppose vous passez avec votre famille… » Qu’est-ce qui lui prenait d’écrire des conneries pareilles ? De notoriété publique Houellebecq était un solitaire à fortes tendances misanthropiques, c’est à peine s’il adressait la parole à son chien. « Je sais que vous êtes très sollicité, c’est donc en vous priant d’accepter mes excuses que je me permets d’insister à nouveau sur l’importance qu’aurait, à mes yeux comme à ceux de mon galeriste, votre participation au catalogue de ma future exposition. » Oui, ça c’était mieux, une dose de flagornerie ne nuit jamais. « Je vous joins quelques photographies de mes tableaux les plus récents, et me tiens à votre entière disposition pour vous présenter mon travail de manière plus complète, où et quand vous le souhaiterez. Je crois savoir que vous vivez en Irlande ; je peux parfaitement m’y rendre si cela vous est plus commode. » Bon, ça ira comme ça, se dit-il, et il cliqua sur la touche envoyer. »  

(p. 127-128)

 

Éditions Flammarion (septembre 2010)

428 p.

 

1pourcent

7/7

Challenge réussi…! En route pour les 2% ?

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Le jeudi, c’est citation ! (12)

Jeudi citation

Chez Chiffonnette

 

Bon, en ce moment je « lis » le dernier Houellebecq, péniblement je dois dire…

Je n’irai pas jusqu’à dire que cette lecture a inspiré

mon choix de citation du jour…, quoique…!

 

« Il y a des écrivains ravalés, dangereux loustics, farceurs au quarteron, sombres mystificateurs, véritables aliénés, qui mériteraient de peupler Bicêtre. Leurs têtes crétinisantes, d’où une tuile a été enlevée, créent des fantômes gigantesques, qui descendent au lieu de monter. »

 

Extrait des Poésies de Lautréamont


Lautreamont.jpg

(1846-1870)

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Murena 1. La pourpre et l’or – Jean Dufaux / Philippe Delaby

Murena1.jpgVoilà une série que j’avais hâte de débuter, et dont je possède pourtant depuis longtemps les quatre premiers tomes ! Il va très vite falloir que je me procure les tomes suivants, d’autant plus que le tout dernier doit paraître dans les jours prochains. Une série au succès incontestable dont je viens grossir le rang des fans ! Un premier tome de qualité à la couverture superbe qui nous plonge en pleine antiquité romaine.

 

Rome, mai 54. Claude, à la tête de l’empire depuis l’assassinat de son neveu Caligula, assiste impassible à des combats de gladiateurs. Les gradins sont presque vides, Lucius Murena, un patricien proche de la cour, regarde la scène d’un oeil distrait. A la fin du combat, seul un esclave est encore en vie, un Nibien, dont Claude fera cadeau à son fils sous la pression de ce dernier pour lui accorder sa grâce : Claude se rend compte qu’il a quelque peu négligé Britannicus, fils d’un premier lit, au profit de son fils adoptif, Néron. Ce dernier est poussé vers le trône par la vénale et ambitieuse Agrippine, quatrième épouse de Claude. Avide de pouvoir, elle a réussi à convaincre son mari de le faire passer avant son fils naturel dans l’ordre de succession. Informé par Pallas l’affranchi que celui ci est peut-être en train de changer d’avis, elle met tout en oeuvre pour que Néron devienne le prochain successeur au titre de César…

 

Voilà une série qui démarre sur les chapeaux de roues ! Complots, trahisons, conspiration, ambition, violence, luxure, voilà le lecteur au coeur d’une époque sans pitié où on règle ses comptes à coups de poignard ou à grand renfort de poison…! La lutte pour le pouvoir est bien sûr au centre de l’intrigue et la part belle est faite aux femmes dans ce premier opus.

Agrippine est absolument fascinante, froide, calculatrice, presque inhumaine dans sa quête impitoyable du pouvoir : prête à tout pour propulser son fils sur le trône, elle semble dénuée de tout sentiment, ni même d’amour pour son fils, simple instrument pour accéder à ses fins.

J’ai beaucoup aimé également le personnage de Lollia, maîtresse de Claude dont il semble très amoureux. Pour elle, il est prêt à répudier Agrippine et à l’épouser enfin. Mère de Lucius Murena, elle fera les frais de la vengeance d’Agrippine. Ce dernier est sans aucun doute un des personnages clés de l’intrigue : ami de Néron, il est au courant de la liaison de sa mère avec l’empereur et craint la colère d’Agrippine à juste titre. Nul doute que son personnage prendra de l’ampleur dans les tomes suivants…

 

Vous l’aurez compris, ce premier tome m’a conquis et justifie les critiques élogieuses qui ont été faites à son sujet ! Les dessins sont beaux, précis, sobres et rendent admirablement bien la cruauté de l’époque. Le tout est envoûtant et réellement captivant ! Une bande dessinée très documentée sur un pan de l’Histoire que j’avoue connaître peu, une très belle réussite !

 

Les avis d’Anne-Sophie, Faelys, Sentinelle.

 

Éditions Dargaud (Juin 2001)

48 p.

 

Murena01ap_1829.jpg

 

C’était ma BD du mercredi !

Tous les billets du jour chez Mango !

 

palsechesCette BD participe également au challenge « Pal Sèches »

organisé par Mo’ la fée !

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Grandir – Sophie Fontanel

GrandirVoilà un livre qui me tardait énormément de lire ! Tant de jolis articles, tant de critiques enthousiastes, Grandir a trouvé son public et ne cesse de séduire. Bien sûr, comme beaucoup, je connaissais le nom de Sophie Fontanel qui pour moi rimait surtout avec humour. C’est donc avec une grande curiosité que j’ai commencé ma lecture de ce texte qui s’apparente plus à un témoignage qu’à un roman.

 

La narratrice est une femme active, moderne. Souvent pressée, elle vit à cent à l’heure. Sa mère est âgée, fatiguée, vulnérable et fragile mais refuse de s’apitoyer sur son sort, par coquetterie sans doute, par peur de gêner sûrement aussi, d’être un poids, un fardeau… Pourtant cette maman a besoin d’aide, au quotidien, pour des broutilles parfois, pour l’essentiel souvent. Bien sûr, vieillesse rime avec petits tracas, gros soucis, angoisses : elle tombe, elle se fait mal, elle oublie, elle change, inexorablement. Que faire devant l’inéluctable ? Il faut « grandir, » accepter cette chose incroyable qu’un jour ses parents re-deviennent des enfants, être là pour eux sans être envahissants, répondre à des coups de fil paniqués, rassurer, s’oublier…

 

J’ai été très touchée par ce texte d’une grande sensibilité et d’une grande pudeur. Bien plus qu’une déclaration, c’est un véritable cri d’amour d’une fille pour sa mère. Ce texte est plein de vie, plein d’espoir et surtout plein de tendresse. Contrairement à l’idée que je m’en faisais, j’ai trouvé que ce livre n’avait rien de larmoyant : il est juste, les anecdotes se suivent, les petites histoires du quotidien se succèdent et on ne peut s’empêcher de sourire. Le lien qui unit les deux femmes est fort, il ne cesse de se renforcer au fur et à mesure que les rôles s’inversent : s’il est difficile pour la mère d’accepter de devenir « dépendante », il est tout aussi difficile pour la narratrice d’accepter de « grandir »…

Cette lecture a été un vrai cadeau, une très jolie découverte ! L’écriture de Sophie Fontanel vient du coeur, elle est limpide, sobre et pudique. Je ne peux que vous conseiller, si ce n’est pas déjà fait, de lire ce très joli texte !

 

Un grand merci à Stéphie pour le prêt, son avis m’avait vraiment donné envie de faire cette première rencontre avec l’auteure !

Les avis de Papillon, Keisha, Cathulu, Antigone, Karine

 

Premières phrases : « Ces temps-ci, quand je pense à ce que j’essaie de sauver, je ressens un tel besoin d’aide que ça me fait trembler. Aider quelqu’un, je le sais maintenant, c’est avoir aussitôt soi-même besoin de secours. »

 

Au hasard des pages : « Maintenant qu’elle oublie tant de choses, elle peut savourer les joies de l’improviste. Je dis que je viens, et puis je viens, mais elle, elle avait oublié que je venais, et pour un peu elle m’applaudirait. Chaque visite est un coup de foudre. Chaque personne, une rencontre nouvelle. Chaque biscuit salé, un mets à tester. La manière dont une fleur s’ouvre : du jamais vu. La manière dont le soleil lui lèche les pieds : un miracle. « Tu trouves pas quand même absolument fabuleux d’en connaître un peu moins ? » elle me dit. Mais qui est ce génie qui m’enseigne la vie ? J’en arrive à penser que seule l’immobilité donne des ailes aux humains. A voir les autres tant s’agiter et ne rien comprendre. » (p. 35)

 

Éditions Robert Laffont (Août 2010)

144 p.

 

1pourcent6/7

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Le jeudi, c’est citation ! (11)

Jeudi citation

Fidèle au rendez-vous initié par Chiffonnette, j’ai remis la main sur le premier roman de Jean-Paul Enthoven. De ce roman ne me restait que des impressions, une histoire d’amour qui tourne mal, une écriture fine et précise, une douce musique… L’histoire est somme toute assez banale : le narrateur est quitté par Aurore, femme fatale, belle mais aussi perverse et vénale. Elle a tout simplement disparu. Le narrateur, abattu mais orgueilleux, veut connaître la vérité. Il revient sur sa rencontre avec Aurore et cherche à percer son mystère.

 

« Avant de la rencontrer, je ne savais pas que l’amour était un chaos. Un mauvais sort. Une expérience de la solitude. Une combinaison singulière de tourments, de drogues et de désirs qui dérègle l’esprit. Je considérais souvent le destin indigent de ceux qui avaient choisi d’y sacrifier leur vie. J’étais intrigué par leur fébrilité. Par leur panique. Par la monotonie despotique de leur obsession. Je comprenais mal ce qui les retenait dans ce séjour navrant. Et je les plaignais de réclamer leur agonie comme s’il se fût agi d’une extase. Auprès d’Aurore, et en peu de temps, j’avais pourtant cessé de voir les choses sous cet angle. Quelqu’un, dans ma volonté, en avait décidé à ma place. J’avais eu besoin, alors que rien ne m’y obligeait, de me risquer dans un complot organisé contre et par moi-même. De m’y affronter à un ennemi flatteur. La vie, dans ses aspects les plus funestes, s’ordonne ainsi autour des passions qu’on y a d’abord répandues. Et on reçoit comme une fatalité ce qui, de fait, n’est que l’accomplissement d’un désir plus secret. » (p. 16-17)

 

« L’amour donne l’illusion de connaître ceux que l’on aime tandis que le mépris où l’on pourrait les tenir, si on ne les aimait pas, procure tristement une meilleure intuition de ce qu’ils sont. » (p. 185)

 

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Aurore, Jean-Paul Enthoven

Éditions Grasset (Janvier 2001)

218 p.

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Le Grand Loin – Pascal Garnier

Le-grand-loin.jpgPlusieurs raisons m’ont poussé à lire ce roman. La première est que l’auteur, Pascal Garnier, est décédé en ce début d’année à l’âge de 61 ans. La seconde est que je n’ai lu de cet auteur que quelques titres destinés à la jeunesse, Dico Dingo, La gare de Rachid ou plus récemment Derrière l’écran. Auteur de plus d’une soixantaine de romans, je me suis procuré son dernier livre Le Grand Loin… J’avais hâte de découvrir la plume de cet auteur que nombreux comparent à Simenon, entre autres. Sans compter que Pascal Garnier a obtenu le Grand Prix de l’Humour Noir en 2006.

 

Marc fait partie de ces hommes qu’on remarque à peine. Vie banale, quotidien monotone, journées qui s’écoulent et se ressemblent toutes. Il en est venu à détester sa vie, qui l’insupporte de plus en plus. Une fois par an, pour son anniversaire, il rend visite à sa fille Anne, 36 ans, internée dans un hôpital psychiatrique. Sur un coup de tête, il part la retrouver, même si ce n’est pas le jour, même si ce changement dans ses habitudes risque de la perturber. Quand il revient la seconde fois, il a une idée en tête : partir loin, très loin, en emmenant Anne avec lui. Direction la mer pour commencer, le Touquet. Marc ne prévient pas sa femme de son départ, et ni lui ni Anne ne veulent rentrer. Le voyage les mènera plus loin, bien plus loin… Accompagnés du chat Boudu tellement gros qu’il ne lui manque qu’une poignée pour le transporter, les voilà lancés dans une cavale imprévue en camping-car, sur leur route, un incendie inexpliqué, quelques cadavres aussi…

 

J’ai reposé ce livre perplexe… Dire que cette lecture m’a désarçonnée est un euphémisme, je ne m’attendais pas du tout à ressentir de tels sentiments ! J’ai aimé le style de l’auteur, sobre, efficace, parfois lapidaire, et il est vrai, non dénué d’humour. Les personnages sont convaincants, pour ma part je n’avais jamais rencontré en littérature des « héros » si peu conventionnels… Le tout se lit facilement, un sourire crispé aux lèvres, les scènes se suivent et l’auteur nous emmène là où on n’imaginait pas arriver. Néanmoins, je dois avouer que cette lecture m’a mise mal à l’aise, et cette impression est allée crescendo à mesure que la cavale s’est transformée en road-movie glauque et malsain. C’est noir, morbide, le lecteur devient spectateur de cette chute inéluctable où les personnages s’embourbent inexorablement. Une lecture qui remue, qui secoue et qui dérange. Une lecture qui laisse peu de place à l’espoir et me laisse un goût amer…

 

Les avis de Cuné, Cécile, Esmeraldae, Yv, Cathe

 

Premières phrases : « – Moi aussi je connais Agen ! Les convives s’étaient figés en se tournant vers Marc, la fourchette en suspens. Il avait prononcé ces paroles d’une voix si forte que lui-même en avait été surpris. C’est que depuis le début de la soirée, il n’avait pas réussi à en placer une. »

 

Au hasard des pages : « Il avait besoin de combler un vide, un vide qui s’était creusé en lui sans qu’il s’en aperçoive et dans lequel il lui semblait avoir plongé en partant avec Anne. Au départ l’idée de cette fugue l’avait amusé, mais l’idée seulement. A présent qu’il y était, c’était autre chose. Depuis des années, il ne se satisfaisait plus que d’idées qu’il ne réalisait jamais : apprendre l’italien, visiter Saint-Pierre-Et-Miquelon, porter un chapeau à large bord… Rien que de bonnes idées, mais de là à les mettre en pratique… » (p. 54)

 

Éditions Zulma (Janvier 2010)

157 p.

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Le sang du dragon 1. Au-delà des brumes – Jean-Luc Istin / Guy Michel

Le-sang-du-dragon.gifVoilà une couverture qui annonce la couleur ! Premier tome d’une série qui en compte actuellement cinq, j’ai littéralement plongé dans cet univers d’héroic fantasy pourtant assez éloigné de ce que je peux lire habituellement en BD. Un dessin très travaillé, des planches magnifiques, des personnages un brin caricaturaux mais néanmoins captivants, tous les ingrédients sont réunis pour donner envie de poursuivre cette découverte.

 

Nous sommes en 1707. Le capitaine Hannibal Mériadec, pirate de son état, tente de constituer une équipe pour partir à la recherche d’un trésor. Jusque là, rien de bien original me direz-vous, l’intrigue a l’air somme toute assez classique… Ce qui l’est moins, c’est que ce fabuleux trésor est celui d’un pirate korrigan, le célèbre Mell-Talec, trésor amassé à l’aide d’une carte magique, celle des mondes du Sidh. C’est donc sur la base d’une simple légende que le capitaine Hannibal Mériadec tente de convaincre une bande de flibustiers de l’aider dans sa quête, leur promettant la fortune. La plupart sont sceptiques mais Hannibal a une botte secrète : il a kidnappé Elween et son jeune frère, qui appartiennent tous deux au peuple des elfes habitant la forêt de Scissy près du mont Saint-Michel. Contrainte de leur montrer le chemin jusqu’à leurs terres, Elween leur ouvre la voie jusqu’à l’île de Chausey où le capitaine vient chercher la fameuse carte des mondes du Sidh détenue par dame Eloam. En échange de la vie de son fils qu’il détient en otage, le capitaine repart donc avec la carte magique. L’aventure peut commencer…

 

J’ai été séduite par ce premier tome qui laisse augurer le meilleur pour la suite ! Un brin de piraterie, un soupçon de légendes bretonnes, un peu de magie, des elfes, des « vohreens », sorte de lutins cannibales… le mélange est assez détonnant ! Même si l’action proprement dite n’est pas encore réellement au rendez-vous, le décor est mis en place et plusieurs allusions ici et là titillent la curiosité du lecteur, car si l’objectif avoué du capitaine est de trouver le trésor, il est aussi question de vengeance… Alors, que cherche vraiment le capitaine ? J’attends beaucoup d’un des personnages féminins de cette histoire, la jeune Elween. Pour que le capitaine laisse la vie sauve à son frère, elle lui propose un marché : elle les accompagne dans leur quête en échange de sa libération, ce qui promet des nombreux rebondissements !

Concernant le dessin en lui-même, j’ai été bluffée par certaines planches, l’image allant jusqu’à occuper une pleine double page : c’est le cas notamment d’un dessin magnifique du Mont Saint-Michel plongé dans les brumes ou du village des elfes foisonnant de détails. Le couleurs sont belles, l’image déborde souvent du cadre, l’ensemble est vraiment très agréable à l’oeil et on ne peut que reconnaître le talent de l’artiste.

Bref, un début prometteur pour une série dont je lirai très certainement la suite !

 

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Éditions Soleil Productions (Août 2005)

Collection Soleil Celtic

49 p.

 

C’était ma BD du mercredi!

Lien vers tous les autres billets du jour chez Mango !

 

Et je poursuis ma participation au challenge « Pal sèches » organisé par Mo’ la fée !

palseches

4/+36

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