1 mois déjà !

Ayé !!! « Bébé-blog » a 1 mois !! Bon, il faut vous l’avouer, la date officielle de création de ce blog est en fait le … 07 septembre 2009 ! C’est vrai, j’ai traîné, j’ai attendu avant de me lancer, mais depuis ce fameux premier billet…, on ne peut plus m’arrêter ! J’ai adoré découvrir les blogs des uns et des autres, j’y ai fait de jolies rencontres, j’y ai pioché un tas d’idées… Un premier petit bilan s’impose !

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Un mois de lectures c’est :

– 23 livres lus soit 4232 pages avalées !

– 1828 pages vues par vous

– 531 visites

– 149 commentaires…

 

Un mois de lectures c’est aussi :

 

Travail soigné Une lecture choc !              A Melie sans melo Un chouette moment de détente !

blankets Une jolie découverte BD !   Firmin Un abandon…

 

Un mois de lectures et trois rendez-vous désormais incontournables :


Challenge-BD-logoLa BD du mercredi chez Mango

Jeudi citationLa citation du jeudi chez Chiffonnette, qui me permet de replonger avec délice dans mes romans cultes !

logo-ogawa  logo-mamLes découvertes d’auteurs chez Pimprenelle : en août Yoko Ogawa, à venir en septembre Marie-Aude Murail

 

 

Un mois de lectures c’est aussi des challenges :

 

ChallengeAlbums Le challenge Je lis aussi des albums à l’initiative de Hérisson avec comme objectif de lire 24 albums d’ici fin décembre 2010 (je sais, j’ai pris le niveau Big Challenge mais bon…, on y croit !)

1pourcent Le challenge 1% littéraire 2010 repris cette année par Schlabaya : la rentrée littéraire voyant arriver dans nos librairies 701 nouveaux romans, le but est donc d’en lire au moins 7, c’est raisonnable…

 

Un mois de lectures c’est aussi des blogs « amis » :

 

Courrez vite chez Stéphie du blog Mille et une pages, elle est en grande partie responsable de la création de ce blog !

Filez aussi chez Sara du blog Les livres de Sara dont j’aime vraiment beaucoup la plume… et l’humour !

Faites un tour chez Blueverbena du blog Blueverbena’s, ma copine à moi, qui s’est elle aussi lancée dans l’aventure il y a peu et dont j’aime beaucoup les billets ! (fin de l’hommage !!)

 

Et bien sûr, un grand merci à ceux qui de temps en temps, derrière leur écran, viennent faire un petit tour chez moi…

Dans quelques jours, c’est la rentrée…, pas littéraire celle là ! Sûrement l’occasion d’inaugurer une nouvelle rubrique sur ce blog, mais Chut !… C’est une surprise !

 


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Le Jeudi, c’est citation ! (2)

Jeudi citation

Deuxième participation à cette chouette initiative de Chiffonnette ! Cette fois, je vous laisse découvrir un extrait d’un de mes grands coups de coeur de lecture, un pavé qu’il faudrait que je relise tellement il m’avait marqué à l’époque, sans parler de l’adaptation au cinéma avec James Dean…! 

Ce chef d’oeuvre, n’ayons pas peur des mots, c’est A l’Est d’Eden de John Steinbeck, paru en 1952…, une fresque qui retrace l’histoire de deux familles, les Trask et les Hamilton, mais qui permet aussi à l’auteur de nous raconter l’histoire de son pays. Vous n’oublierez pas de sitôt Adam et Charles, demi-frères si différents, Cathy, la femme d’Adam et les jumeaux Caleb et Aaron…

 

« Je ne sais pas ce que nous réservent les années à venir. De monstrueux changements se préparent, des forces dessinent un futur dont nous ne connaissons pas le visage. Certaines d’entre elles nous semblent dangereuses parce qu’elles tendent à éliminer ce que nous tenons pour bon. Il est vrai que deux hommes réunis soulèvent un poids plus aisément qu’un homme seul. Une équipe peut fabriquer des automobiles plus rapidement et mieux qu’un homme seul. Et le pain qui sort d’une fabrique est moins cher et de qualité plus uniforme que celui de l’artisan. Lorsque notre nourriture, nos vêtements, nos toits ne seront plus que le fruit exclusif de la production standardisée, ce sera la tour de notre pensée. Toute idée non conforme au gabarit devra être éliminée. La production collective ou de masse est entrée dans notre vie économique, politique et même religieuse, à tel point que certaines nations ont substitué l’idée de collectivité à celle de Dieu. Il est trop tôt. Là est le danger. La tension est grande. Le monde va vers son point de rupture. Les hommes sont inquiets.
Aussi, il me semble naturel de me poser ces questions. En quoi crois-je ? Pour quoi dois-je me battre ? Et contre quoi dois-je me battre ?
Notre espèce est la seule créatrice et elle ne dispose que d’une seule faculté créatrice : l’esprit individuel de l’homme. Deux hommes n’ont jamais rien créé. Il n’existe pas de collaboration efficace en musique, en poésie, en mathématiques, en philosophie. C’est seulement après qu’a eu lieu le miracle de la création que le groupe peut l’exploiter. Le groupe n’invente jamais rien. Le bien le plus précieux est le cerveau isolé de l’homme. Or, aujourd’hui, le concept du groupe entouré de ses gendarmes entame une guerre d’extermination contre ce bien précieux : le cerveau de l’homme. En le méprisant, en l’affamant, en le réprimant, en le canalisant, en l’écrasant sous les coups de marteau de la vie moderne, on traque, on condamne, on émousse, on drogue l’esprit libre et vagabond. Il semble que notre espèce ait choisi le triste chemin du suicide.
Voici ce que je crois : l’esprit libre et curieux de l’homme est ce qui a le plus de prix au monde. Et voici pour quoi je me battrai : la liberté pour l’esprit de prendre quelque direction qui lui plaise. Et voici contre quoi je me battrai : toute idée, religion ou gouvernement qui limite ou détruit la notion d’individualité. »  

(Début du chapitre XIII)

 

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A L’Est d’Eden de John Steinbeck

Paru en Livre de poche

631 p.

 


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Le Chat du Rabbin 1. La Bar-Mitsva – Joann Sfar

le-chat-du-rabbin1.gifMa culture BD étant ce qu’elle est, j’avoue humblement ne pas avoir lu Le Chat du Rabbin à sa sortie, et ce pour plusieurs raisons : le thème tout d’abord, la religion, le judaïsme, pas très folichon tout ça… Et l’auteur aussi : au risque de me mettre à dos ces nombreux fans, je dois avouer que le dessin de Joann Sfar me laisse de marbre. Le Chat du Rabbin étant une BD culte pour de nombreux professionnels et amateurs éclairés, je répare donc une lacune, et je me lance, dans l’espoir de changer d’avis !

 

Le chat du rabbin est un chat comme les autres : il se prélasse, il ronronne, il se fait cajoler par sa maîtresse, Zlabya, qui se trouve être la fille du rabbin. Malheureusement il n’est pas seul : il cohabite avec un perroquet qui passe son temps à jacasser et à lui casser les oreilles, c’est pénible à la fin ! Ni une ni deux, un jour d’intense frustration, le chat se jette sur le perroquet et n’en fait qu’une bouchée ! Voilà, enfin débarrassé ! Oui mais…, le chat se met à parler, et ça vous avouerez que ce n’est pas banal ! Et ses premières paroles seront des mensonges puisqu’il affirme au rabbin que le perroquet va revenir, qu’il est juste sorti faire une course ! C’en est trop pour le rabbin, mentir, c’est mal, alors il en fera un bon juif ! Quitte à devenir un bon chat juif, autant faire sa bar-misva, le chat l’exige… Il persuade le rabbin de consulter son maître, « le rabbin du rabbin » qui lui pense que la meilleure place pour ce chat qui a réponse à tout est d’être enfermé dans un sac au fond d’une rivière ! En attendant, le chat se rend compte que sa maîtresse lui manque, parler n’a pas que des avantages…

 

Après avoir dépassé mes à priori sur Sfar, je dois tout de même avouer que ce fut un bon moment de lecture. J’ai aimé le personnage du chat, à l’opposé du chat doux, mignon et tendre qui vient se lover sur vos genoux : il est laid, efflanqué, cynique, lucide, pervers, têtu, borné et surtout ne lâche jamais le morceau ! Ses discussions avec le rabbin et surtout avec « le rabbin du rabbin » sont savoureuses, autant dire que la religion en général, le judaïsme en particulier et l’Homme tout court en prennent pour leur grade ! Même si je n’ai pas été séduite (eh non, toujours pas !) par le dessin de Sfar et que je trouve le trait grossier, je dois admettre que c’est intelligemment fait ! Les répliques sont percutantes et font très souvent mouche.

Quelques extraits pour preuve : « Le rabbin du rabbin dit que non, que la bar-mitsva, c’est pas fait pour les chats. Je lui demande quelle est la différence entre un humain et un chat. Il me répond que Dieu a fait l’homme a son image. Je lui demande de me montrer une image de Dieu. Il me dit que Dieu c’est une parole. »

Ou encore : « Nous commençons donc par le début, et mon maître m’enseigne que le monde fut créé par Dieu en sept jours, il y a cinq mille sept cents ans et des poussières. Je lui demande s’il se fiche de moi. Il me dit que non ; que c’est la vérité. Je lui dis que c’est ridicule et qu’avec du carbone 14, on peut prouver scientifiquement que le monde existe depuis des milliards d’années. »

Un petit dernier pour la route : « Je n’aime pas trop les jeunes hommes. Surtout quand ils se passionnent pour la religion. Ils la manipulent comme un instrument de pouvoir. L’érudition leur sert à prendre la parole à table. A se faire remarquer des femmes, à écraser leurs rivaux, à couper la parole à leur père. »

Une bande dessinée à découvrir donc, si comme moi (honte à vous !) vous ne l’aviez pas encore lue. Pour ma part je ne sais pas si je lirai maintenant la suite des aventures du chat du rabbin, mais il ne faut jamais dire jamais !

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La Bd du mercredi, c’est chez Mango…, et chez plein d’autres !  

 

 

Éditions Dargaud (janvier 2002)

Collection Poisson Pilote

48 p.

5 tomes parus.

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Les paupières – Yoko Ogawa

Paupieres.jpgCe mois ci, l’auteur a découvrir chez Pimprenelle était Yoko Ogawa, auteure japonaise mondialement reconnue ayant remporté de prestigieux prix dans son pays. Ayant succombé au charme de la pentalogie Le poids des secrets d’Aki Shimazaki, j’ai donc sauté sur l’occasion pour poursuivre ma découverte des auteurs japonais. Sur la quatrième de couverture, ce recueil de huit nouvelles était annoncé comme « une très belle introduction à l’oeuvre de Yoko Ogawa », c’est donc très enthousiaste que j’ai commencé ma lecture…

 

C’est difficile de dormir en avion : Dans cette première nouvelle, une femme se rend à Vienne pour son travail. Fatiguée, elle est tout d’abord gênée par son voisin qui engage la conversation. Finalement, bercée et comme envoûtée par la voix de l’homme, elle écoute son histoire : celle de sa rencontre dans un avion avec une vieille allemande revenant de l’enterrement de son correspondant dont elle était tombée amoureuse… Ce récit de la vieille dame restera gravée dans sa mémoire, et pour cause…

 

L’art de cultiver les légumes chinois : Le 12 du mois étant entouré sur son calendrier, une femme se pose des questions : de quoi devait-elle se souvenir ? Les jours passent, le 12 arrive : c’est un jour de grand vent et une marchande de légumes à vélo sonne à la porte. En guise de remerciements des quelques légumes achetés, celle ci offre à la maîtresse de maison un petit sac de terre contenant des graines d’un légume chinois rare. Plus tard, une lueur étrange se met à émaner des légumes qui poussent…

 

Les paupières : La narratrice, une adolescente, fait la connaissance dans des circonstances quelques peu étranges d’un homme pouvant être son père. Elle le suit dans son île et découvre chez lui un hamster privé de paupières suite à une maladie… La jeune fille rappelle à l’homme une jeune femme qu’il a aimée auparavant, pour lui, elle jouera du violon, comme elle…

 

Le cours de cuisine : Suite à une annonce, une jeune femme se rend à un cours de cuisine qu’elle espère différent des autres, plus authentique peut-être. Arrivant à l’adresse indiquée, elle se rend compte qu’elle est la seule élève d’une dame d’une soixantaine d’années. Arrive une compagnie de nettoyage des canalisations, spécialiste des dégorgements…

 

Une collection d’odeurs : Le narrateur a rencontré lors d’un concert classique une jeune femme spécialiste des odeurs du monde. Elle les répertorie toutes dans des flacons, les classe, les collectionne. En observant de plus près des flacons rangés en hauteur, le narrateur fera une macabre découverte…

 

Backstroke : La narratrice se remémore l’histoire de son petit frère, champion de natation promis à un brillant avenir. A 15 ans, il est sélectionné pour les Jeux Olympiques et pour les championnats du Monde junior. Sa mère fait construire une piscine dans leur jardin exigu pour son entraînement. Un jour pourtant, il se réveille avec le bras gauche figé…

 

Les ovaires de la poétesse : Une femme en voyage en Europe se retrouve un jour de pluie à visiter la maison d’une poétesse dont elle ignore tout. Seule à visiter ce qui est devenu un musée commémoratif, elle écoute les explications de sa petite-fille, une dame âgée, qui lui fait les honneurs de la maison…

 

Les jumeaux de l’avenue des Tilleuils : Le narrateur se rend à Vienne rencontrer le traducteur allemand de son nouveau roman. Heinz se trouve être un homme de 80 ans vivant avec son frère jumeau Karl. Il n’a pas quitté son appartement depuis plusieurs années. Cet étrange couple le fascine…

 

Malheureusement, je pense que cette découverte de l’auteur a été pour moi un rendez-vous manqué. J’avoue que je ne m’attendais pas du tout à vivre de tels sentiments avant d’entamer ma lecture. Je n’ai pas réussi à pénétrer l’univers de l’auteure qui je dois dire est très particulier : la plupart des nouvelles dégage une atmosphère étrange qui m’a dérangée. Le sens profond de ces nouvelles m’a peut-être échappé, le fait est qu’elles m’ont presque toutes mises mal à l’aise… Bref, je sors très dubitative de cette lecture même si je dois reconnaître le talent de l’auteure à décrire les petites choses apparemment banales du quotidien. Néanmoins, je n’ai pas réussi à me passionner par ces histoires, les chutes m’ont d’ailleurs laissé comme un goût amer…

 

J’ai hâte de lire les billets des autres participants pour voir si je suis la seule à ne pas avoir été charmée par l’extrême « originalité » de Yoko Ogawa…

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Nouvelles traduites du japonais par Rose-Marie Makino-Fayolle

Titre original : Mabuta

 

Editions Actes Sud (2007)

Collection Babel

205 p.

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La mécanique du coeur – Mathias Malzieu

MécaniqueducoeurIl y a bien longtemps que je souhaitais lire ce roman, je l’avais même offert à plusieurs reprises avant de me décider à le lire moi même. On connaissait Thomas Malzieu chanteur et parolier du groupe Dyonisos, on l’a découvert écrivain avec des nouvelles d’abord puis l’énorme succès de Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi (2005). La mécanique du coeur, paru en 2007, a inspiré l’album du même nom. Il est en cours d’adaptation cinématographique.

 

La couverture donne le ton : on est là dans un univers onirique, fantastique, poétique et décalé, un univers à la Tim Burton ou Jean-Pierre Jeunet. Tout commence à Edimbourg en 1874 et c’est « le jour le plus froid du monde. » C’est précisément aujourd’hui que Jack va naître ; sa mère est jeune, sans repères, et se dirige chez le docteur Madeleine, connue pour secourir tous les éclopés de la vie. Mi sage-femme, mi sorcière, elle mettra au monde cet enfant, comme des centaines d’autres, elle qui n’en a jamais eu. Mais cette naissance est différente, et pour cause : Jack naît avec le coeur gelé. Pour qu’il vive, Madeleine tente l’opération de la dernière chance : elle lui greffe une horloge, seul ce mécanisme peut en effet aider son coeur à battre.

Jack passera les dix premières années de sa vie chez Madeleine, qui l’élèvera comme son fils. De tous les couples se présentant chez elle, aucun ne désirera adopter cet orphelin si particulier et si différent. Il vivra donc aux côtés de Madeleine qui l’aidera à remonter son horloge chaque matin, mais aussi de Ana et Luna, deux prostituées et de Arthur qui vient périodiquement se faire rafistoler par Madeleine. Mais Jack veut voir le monde, même si Madeleine l’a mis en garde : il doit à tout prix éviter les émotions fortes, la colère bien sûr, mais l’amour surtout, de peur de briser cette fragile mécanique. Dans les rues de la ville, il tombe sous le charme d’une jeune chanteuse andalouse, Miss Acacia, myope, maladroite et tellement mystérieuse. Jack n’aura de cesse de la revoir et de la retrouver, où qu’elle soit…

 

Voilà un agréable conte pour les grands : l’histoire est originale et les personnages sont touchants. Sur sa route, Jack croisera Jack l’éventreur dans un train mais aussi George Méliès, père du cinéma, qui l’accompagnera dans sa quête jusqu’en Espagne. A l’Extraordinarium où chante Miss Acacia, Il se fera embaucher au train fantôme pour y effrayer les passagers mais n’arrivera qu’à déclencher des fous rires. Il fera face à son rival de toujours, Joe, revenu lui aussi récupérer Miss Acacia… Il y a de jolis moments, de jolies trouvailles et de belles idées dans ce roman mais j’avoue que j’y ai trouvé quelques longueurs. Le charme n’a finalement pas autant opéré que cela… La plume de Mathias Malzieu est souvent poétique, mais elle agace aussi. Je ne sais pas ce qui m’a réellement gêné dans cette lecture : sûrement ce style tour à tour ampoulé et (parfois trop) moderne et l’abondance d’images à chaque phrase. Je n’ai pas réussi à lire ce livre d’une traite, ce qui se passe normalement quand l’histoire me plaît : je l’ai lu par à coups, à la fois pressée d’en voir le bout et incapable d’en lire plus de 30 pages d’affilée… Bref, je garde un sentiment mitigé de cette lecture. J’aime l’idée de départ, l’univers et le décor mis en place par l’auteur, les personnages remplis de failles… Je pense d’ailleurs que l’adaptation cinématographique devrait être des plus réussies. Je ne suis pourtant pas séduite par le résultat final, allez donc savoir pourquoi…

 

Premières phrases : « Il neige sur Edimbourg en ce 16 avril 1874. Un froid de canard paranormal cadenasse la ville. Les vieux spéculent, il pourrait s’agir du jour le plus froid du monde. A croire que le soleil a disparu pour toujours. Le vent est coupant, les flocons plus légers que l’air. BLANC ! BLANC ! BLANC ! Explosion sourde. On ne voit plus que ça. Les maisons font penser à des locomotives à vapeur, la fumée grisâtre qu’exhalent leurs cheminées fait pétiller un ciel d’acier. »

 

Au hasard des pages :  » Je viens d’embrasser la fille à langue d’oiseau et rien ne sera plus jamais comme avant. Mon horlogerie palpite tel un volcan impétueux. Pourtant ça ne me fait mal nulle part. Enfin si, quand même, j’ai un point de côté. Mais je me dis qu’après une telle ivresse de joie, ce n’est qu’un maigre prix à payer. Cette nuit, je vais grimper à la lune, m’installer dans le croissant comme dans un hamac et je n’aurai absolument pas besoin de dormir pour rêver. » (p. 88)

 

Editions J’ai lu (mars 2009)

155 p.

Paru précédemment chez Flammarion (octobre 2007)

 

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L’île aux chimères – Christian Grenier / Christian Vassort

L'île aux chimèresCet album pour les « grands » a attiré mon regard, son titre énigmatique d’abord, son dessin très particulier et son auteur, Christian Grenier, que j’aime particulièrement. Ici, il renoue avec ses premières amours vu que cet album est en fait une nouvelle fantastique voire d’anticipation mettant en garde les petits comme les plus grands des dangers des manipulations en tous genres. Un album exigeant. A noter que l’auteur a rédigé son histoire en s’inspirant des illustrations reçues de son éditeur, ce qui n’est pas commun.

 

« Je savais bien qu’un jour les objets prendraient vie… Ils l’ont fait – et n’ont pas demandé notre avis.«  Ainsi commence cette singulière histoire. Mada est née sur l’île, une île au bout du monde dont on ne sait pas grand chose, une île qui « au fil du temps était devenue une ville : la Vîle.«  Mada se réveille un matin dans une maison qu’elle ne reconnaît pas, une maison où les tableaux, les plantes vertes et les objets du quotidien se mettent à parler, à prendre vie. Ce qu’ils lui disent est terrifiant : ils prennent leur revanche sur les hommes. Des hommes qui eux se transforment, se déforment, se métamorphosent… Dans sa fuite, Mada n’a qu’une seule idée en tête : rejoindre Ave, son ami et confident. Ave avait pressenti que la Vîle cachait un lourd secret, que des évènements se préparaient… Une fois réunis, Mada et Ave n’ont de cesse de fuir, bravent tous les dangers en évitant les êtres monstrueux montant la garde devant chaque sortie d’immeuble. « Le règne de l’homme est fini« , tous ceux qu’ils croisent n’ont d’ailleurs plus rien d’humain, ce sont des êtres hybrides, moitié homme moitié objet, des créatures de cauchemars mêlant l’inerte au vivant… Mada et Ave assistent impuissants à la création d’une nouvelle espèce, à la naissance d’une nouvelle forme de chimères…

 

Voilà un album qui aborde des thèmes on ne peut plus actuels. Dans ce monde où des « machines à mémoire » restituent les odeurs et où « la Fabrique » fournit à l’homme tout ce dont il a besoin, les choses prennent le pouvoir, ce qui fait dire à Mada  : « Peut-être que les hommes ont un peu trop joué avec les objets ? Maintenant, les objets jouent avec les hommes.« 

Car l’homme est coupable : n’étant plus maître de son environnement, il se modifie pour s’acclimater à ce monde nouveau où l’on veut toujours plus, plus de confort, plus de technologie, moins de contraintes…

Quand Mada et Ave apprennent de la bouche même du généticien responsable de ces bouleversements qu’ils ont été vaccinés contre ces mutations au cas où tout tourne mal, ils fuient vers « l’Archipel des Dennes », oasis vierge pour y vivre une nouvelle vie…, et en créer une autre. Les références bibliques ne vous auront bien sûr pas échappées : l’espoir est donc permis puisque nos deux héros, nouveaux Adam et Eve, vont peut-être créer une nouvelle société où ils vivront « innocents et nus ». A eux de ne pas commettre les erreurs de leurs aînés…

 

« Autrefois, l’art s’inspirait de la nature ; maintenant, dans l’un de ces retournements dont l’homme est responsable, la nature avait décidé d’imiter l’art. »

 

L’atelier du poisson soluble (mars 2007)

 

ChallengeAlbums

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A Mélie, sans mélo – Barbara Constantine

A Melie sans meloVoilà un livre dont on parle beaucoup sur la toile, forcément, ça intrigue, ça suscite l’intérêt ! Personnellement, je ne connaissais pas du tout cet auteur avant de débuter cette lecture, et autant le dire tout de suite, je ne regrette pas un seul instant ! Une lecture survitaminée, pleine de peps, d’énergie, et de joie de vivre et qui nous fait dire : « ahhh, c’est bon les vacances !! »

 

Tout commence par un coup de fil… Quand son médecin, qui est aussi un ami, lui annonce que ses dernières analyses ne sont pas fameuses, Mélie, soixante-douze ans, évite le sujet. C’est que voyez-vous, Mélie a tout autre chose en tête ses derniers temps : Clara, sa petite fille de dix ans, arrive demain et va passer toutes les vacances avec elle, et pour Mélie, c’est un évènement ! C’est qu’il y en a des choses à faire à la campagne l’été ! Et puis, elle ne sera pas seule : le vieux Marcel s’échappera souvent de sa maison de retraite, fauteuil roulant ou pas, avec pour prétexte de réparer une machine à laver, une cafetière, un vélo… C’est bizarre comme les choses tombent en panne chez Mélie, peut-être y est-elle pour quelque chose… Il sera souvent accompagné de Pépé, l’infirmier espagnol, trente ans à tout casser, un accent à couper au couteau, qui s’amusera à faire le taxi. Il y aura aussi Fanette, la mère un brin fantasque et assez volage de Clara, qui, de temps en temps, au gré des coups de blues, et quand le téléphone ne suffira plus, viendra rejoindre la petite troupe. Il y aura Gérard, qui en plus d’être le médecin de Mélie, est aussi un ancien amour de la mère de Clara. Bello, le parrain de Clara, musicien, artiste, entouré de tous ses filleuls bariolés. Et Antoine, l’amoureux de Clara, qui viendra passer quelques jours au sein de cette joyeuse bande…

Au milieu des rires, des souvenirs qu’on raconte et de ceux qu’on se crée, Mélie va vivre un merveilleux été, qu’importe si c’est peut-être le dernier, surtout quand l’amour débarque quand on ne l’attend plus !

 

J’ai lu ce petit livre d’une traite ! C’est frais, c’est joyeux, c’est pétillant ! Les personnages sont attachants, leurs histoires que l’on découvre petit à petit sont émouvantes, touchantes, drôles. On en oublierait presque les « mauvaises nouvelles », et cette enveloppe, contenant les résultats d’analyses, que Mélie n’a même pas ouverte…

Quelques bonds dans le passé, quelques bribes de souvenirs, un avenir qui se dessine, pour les uns, pour les autres, des bambous qu’on regarde pousser, une araignée qu’on observe en train de tisser sa toile, des balades en tandem, une cabane dans les arbres, un chat trouvé, qu’on appelle Léon, et qui s’avère être une chatte, un dictaphone qui permet de mémoriser le passé, des siestes sous les arbres, Trenet, Nougaro, Lapointe, qu’on fredonne sous la pluie, une roulotte… Il y a tout ça, et bien plus encore, dans ce roman bourré d’optimisme qui donne la pêche et le sourire ! Une petite pépite de bonheur, à consommer sur place ou à emporter avec soi !

 

Lu et aimé par Leiloona, Clara, Lancellau et Mirontaine, entres autres…

 

Premières phrases : « – Allô, Mélie ? C’est Gérard. Écoutez, je viens de recevoir vos…

– Ah ! Alors ? …

– Ça n’est pas très très on…

– Ah.

– Je pense que… comment dire, euh… je pense, en fait, qu’il faudrait refaire des…

– D’accord, Gérard. Le problème, c’est que je ne vais pas avoir le temps. Je ne sais pas si je vous l’ai dit, mais Clara arrive demain. Elle passe toutes les vacances d’été ici, avec moi.

– Ah, très bien…

– Alors nous verrons ça plus tard. En septembre.

– Mais Mélie ! Ce n’est pas..

– Ça ira, ne vous inquiétez pas… »

 

Au hasard des pages :  » Mélie entend un petit grattement, derrière sa porte.

– On dirait bien qu’il y a une petite souris, par ici…

La porte s’ouvre, et Clara passe la tête timidement.

– J’arrive pas à dormir. Je peux venir avec toi ?

Mélie l’invite près d’elle.

– Tu veux que je te lise quelque chose ?

– Non. C’est pas la peine.

– Alors, j’éteins ?

– Oui.

Dans le noir, Clara chuchote…

– Toi aussi t’as peur, des fois ?

Mélie la prend dans ses bras.

– Oui… ça m’arrive…

– Ah ? …

Elle la sert contre elle, la berce.

– Ben oui. Même vieux, ça arrive encore d’avoir peur. Mais tu vois Clara… quand on est là, toutes les deux, et qu’on se tient très fort… eh ben , moi, je n’ai plus peur de rien !

– Ah !

Mélie sent dans le noir que Clara sourit.

– On dort maintenant ?

– OK.

Elles restent serrées l’une contre l’autre. Clara réfléchit encore. Mélie essaye de respirer lentement et régulièrement, pour aider à faire venir le sommeil. Ca marchait bien avec Fanette, quand elle était petite… Un long moment se passe. Les corps sont détendus. Et Clara chuchote enfin, si bas que c’en est à peine audible…

– … tu ne vas pas mourir bientôt, hein, Mélie ? …

Mélie entend parfaitement. Son coeur se serre. Mais elle décide de ne pas bouger. De faire semblant de dormir. Pour ne pas avoir à mentir. Peut-être.  » (p. 83-84)

 

LGF – Le Livre de Poche (mai 2010)

250 p.

Paru précédemment chez Calmann-Lévy (mars 2008)

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Le Jeudi, c’est citation ! (1)

Jeudi citation

 

Pour ma première participation à La citation du Jeudi chez Chiffonnette, je me suis longtemps demandé ce que j’allais choisir… Et puis finalement, le titre s’est imposé de lui-même… Le plus dur a été de choisir l’extrait, je vous laisse savourer !

 

« Elle se précipita lorsque la sonnette retentit. Mais arrivée dans le vestibule, elle fit demi-tour. Avait-elle bien enlevé la poudre ? De retour au salon, elle resta devant la glace, s’y regarda sans s’y voir. Le sang battant à ses oreilles, elle se décida enfin, s’élança, faillit tomber, ouvrit la porte. Comment allez-vous ? lui demanda-t-elle avec le naturel d’un chanteur d’opéra faisant du parlé.

 

 La respiration difficile, elle le précéda dans le salon. Un sourire immobile posé sur ses lèvres, elle lui indiqua un fauteuil, s’assit à sont tour, tendit le bas de sa robe, attendit. Pourquoi ne lui parlait-il pas ? Lui avait-elle déplu ? Il restait peut-être de la poudre. Elle passa sa main sur son nez, se sentit dépourvue de charme. Parler ? Sa voix serait enrouée, et s’éclaircir la gorge ferait un bruit affreux. Elle ne se doutait pas qu’il était en train d’adorer sa gaucherie et qu’il gardait le silence pour la faire durer.


Lèvres tremblantes, elle lui proposa une tasse de thé. Il accepta avec impassibilité. Guindée, les joues enflammées, elle versa du thé sur le guéridon, dans les soucoupes, et même dans les tasses, demanda pardon, tendit ensuite d’une main le petit pot à lait de de l’autre les rondelles de citron. Laine ou coton ? demanda-t-elle. Il eut un rire, et elle osa le regarder. Il eut un sourire, et elle lui tendit les mains. Il les prit, et il plia genou devant elle. Inspirée, elle plia le genou devant lui, et si noblement, qu’elle renversa la théière, les tasses, le pot à lait et toutes les rondelles de citron. Agenouillés, ils étaient ridicules, ils étaient fiers et beaux, et vivre était sublime. »

 

Extrait de Belle du Seigneur, Albert Cohen (1968)

 

BelleDuSeigneur.jpgEditions Gallimard

Collection Folio

1109 p.

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Mon blog est un coeur qui bat – Vincent Ravalec / Dominique Mermoux

MonBlogEstUnCoeurQuiBat.jpgCe qui m’a poussé à emprunter cette bande dessinée à la bibliothèque c’est d’abord son titre, une histoire de « blog » donc, tout à fait ce qu’il me faut en ce moment ! Ensuite, je me suis aperçu que le scénario était de Vincent Ravalec, tiens, je ne savais pas qu’il avait aussi sévi dans ce domaine ! Curiosité oblige, je vous la propose donc pour ce rendez-vous incourtournable qu’est La BD du Mercredi chez Mango !

 

Vous vous en doutez, l’héroïne de cette bande dessinée est une adolescente : Eléonore, 14 ans, plutôt quelconque, plutôt complexée, qui confie ses doutes existentiels à son blog. Le blog d’Eléonore est donc un vrai journal intime où se mèlent et se succèdent les sujets et questions incontournables : pourquoi mes seins sont-ils petits ? Qu’est-ce que je vais faire de ma vie ? Pourquoi mes parents se sont-ils séparés ? Qu’est-ce que la vie ? Quel est donc le secret des crèmes de beauté « Fémoibel » ? Quelle est la composition secrète du « Nutello » ? (…)

 

Eléonore vit avec son père, savant méconnu, inventeur d’un escargot cybernétique censé concurrencer le chien robot japonais. Sa soeur, apprentie mannequin, vit avec sa mère qu’elle retrouve tous les deux week-ends. Elle et ses quatre meilleures amies, Fracha la « boulotte frisée », Philomène « la maigre en caleçon », Linda « la trop petite » et Chloé « la femme presque sans défaut », se retrouvent  au sein de leur « société secrète ». Dans ce clan très fermé, un seul garçon est accepté, Nicomédon, qui a juré le secret absolu ! Tout ce petit monde tchatte sur SNM, « Sur le Net Musardons »(!!!)…

 

Même si cette bande dessinée n’a rien de révolutionnaire, je dois avouer que j’ai passé un bon moment en la lisant ! Certes, les personnages sont caricaturés et stéréotypés au possible mais je défie quiconque de ne pas y reconnaître un des ados de son entourage ! Clairement destinée aux filles, elle aborde tous les sujets préoccupant les adolescentes de 14 ans : le physique, l’amitié, l’amour (Eléonore tombe amoureuse de son professeur particulier de maths), la famille, les études… C’est assez réaliste d’autant plus que les textes reprennent le « parlé adolescent » : « Trop pas…! » Bien sûr, le rêve absolu est de devenir célèbre, et là, une seule solution : le casting, une des « aventures proposées par la société moderne ». Eh oui, (attention, citation hautement philosophique!) : « L’ennui… c’est qu’hormis belle et adulée… que pouvions-nous bien devenir d’autre ? »

Une chronique sympa des états d’âme d’une adolescente de notre époque : c’est juste, c’est frais, souvent drôle, nos ados apprécieront ! A noter que vous pouvez visiter le véritable blog d’Eléonore ICI !

Pour finir, je ne résiste pas à cette dernière citation… A la nouvelle amie de son père qui lui demande quels sont ses centres d’intérêt, Eléonore a cette phrase magnifique pour tous les blogueurs que nous sommes :

« Je suis philosophe. J’ai un blog. » Je vous laisse méditer là dessus !

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Vents d’Ouest (avril 2008)

48 p.

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Moi j’adore, maman aussi – Elisabeth Brami / Lionel Le Néouanic

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Paru en août 2004, cet album est un grand classique. De petit format, il se feuillette facilement et les enfants adorent ! Il existe dans cette collection l’inévitable, « Moi j’adore, maman déteste« , mais aussi « Moi je déteste, maman adore » et « Moi j’adore, la maîtresse déteste« . Tout un programme n’est-ce pas ?

 

Le principe de cet adorable album est simple : lister tous les petits bonheurs, toutes les choses qu’un enfant aime partager avec sa maman, et tout ce qui fait qu’une maman c’est irremplaçable ! Comme un fil rouge, on retrouve dissimulé dans chaque image un coeur… Les illustrations s’étalent sur chaque double-page et mettent en scène ces instants du quotidien, souvent banals, qui ensoleillent la journée d’un enfant : faire la cuisine, jouer ensemble, se dire des secrets, se faire des câlins, s’offrir des cadeaux, les histoires du soir, les bisous de la nuit…

 

C’est simple, c’est touchant et rien n’est oublié dans cet inventaire de moments complices et câlins ! Et même si maman ne joue « jamais assez souvent », on l’aime tellement fort qu’on attend impatiemment l’heure où on va la retrouver, la fameuse « heure des mamans » !

 

« Et papa dans tout ça ? » clame la quatrième de couverture. Et bien papa, on le partage !

 

Seuil Jeunesse (Août 2004)

96 p.

 

ChallengeAlbums2/24

 

A découvrir aussi :

 

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