Swap Albums… Le colis !

swapalbums2016Un swap ! Des années que je n’avais pas participé à un swap ! Je n’ai pas hésité longtemps quand Sophie a lancé cet échange autour des albums jeunesse, comment résister…?

 

Un questionnaire, quelques jours d’attente… et enfin le nom de mon binôme, Blandine, que je suivais jusqu’alors de loin grâce au challenge Je lis aussi des albums.

 

Je crois que c’est ce que j’ai préféré dans ce swap. Découvrir un blog, une blogueuse, une lectrice. Découvrir un univers, des lectures, des centres d’intérêt. J’ai fouillé son blog pour mieux la connaître, repéré ses marottes, grappillé des idées de ci de là, tenté de cibler ses goûts.

 

Et je dois avouer que j’ai pris un plaisir fou à lui concocter son colis, à discuter avec elle, avant, après. La magie des blogs !

 

Et il y a quelques jours, son colis… Dès l’emballage, j’étais dans l’ambiance, accueillie par Alice…

 

Colis swap

 

Et puis… tadaaaaam !

 

colis complet

Du beau, du bon, du doux…

 

Des mots, promesses de belles découvertes à venir pour un voyage en Corse et au cœur des océans…

Sublimes !

 

colis albums

 

Des tas de bricoles qui font du bien…

 

Colis2

Un jeu à partager…

Un carnet qui va très vite rejoindre mon sac à main…

Un joli marque-page…

(Et je craque complètement pour ce petit renard chauffant, parfait par les temps qui courent !)

 

 

Et du miam…!

 

colis miam

Du chocolat, du thé… what else…?

(A l’heure où je vous parle les sucettes au chocolat ont mystérieusement disparu

dans le ventre de gentils monstres…)

 

GÂTÉE !!!

 

Un grand merci Blandine pour ce beau colis reçu à la veille du salon du livre jeunesse de Montreuil…! J’aime tout ! Hâte de partager mes ressentis avec toi… et hâte de savoir si j’ai visé juste avec mes trouvailles. Et merci à Sophie d’avoir permis cette jolie rencontre ! ♥

Björn, six histoires d’ours – Delphine Perret

BjornJe vous présente Björn.

 

Björn est un ours. Un ours qui a tout pour être heureux et qui en a bien conscience. Et ce « tout » ce n’est finalement pas grand chose… Une caverne agréable où il fait bon vivre, de l’herbe tendre en guise de paillasson, un arbre à l’écorce rugueuse idéale pour se gratter le dos, une boite aux lettres creusée dans le tronc d’un arbre… et des tas d’amis.

 

Tous les jours, Björn passe du temps avec la belette, le blaireau, l’écureuil, le renard, le hibou, le lièvre et la mésange. Parfois ils jouent aux cartes, parfois ils feuillettent des catalogues de vêtements pour humains, parfois ils discutent, parfois ils ne disent rien du tout et c’est très bien ainsi…

 

Et il s’en passe des choses dans la vie de Björn. Des surprises inattendues, un carnaval de faux humains plus vrai que nature, des déjeuners sur l’herbe, des siestes à l’ombre, des preuves d’amitié, des graines comme des promesses, des tartines de miel sans pain et le temps qui s’écoule. Et ça aussi c’est bien…

 

Tombée en amour pour Björn et son petit monde… ♥ Son cocon de verdure et la beauté de ces petits riens qui enchantent chacune de ses journées. Le plaisir qu’il a de se lever le matin et de se coucher le soir encore un peu plus heureux de vivre. La douceur des petites choses, la joie des non-évènements, le bonheur vrai d’être ensemble… C’est tout. Et c’est bien suffisant.

 

Björn est un album douillet qui fait du bien… Un bijou de finesse et de délicatesse et un vrai régal pour les yeux. Une couverture pimpante, des pages vert d’eau sur lesquelles se détachent des mots qui donnent le sourire, un trait épuré qui esquisse l’essentiel. Ouvrir Björn c’est ressentir la caresse d’une brise légère dans les cheveux. C’est sentir les « feuilles qui s’entassent au pied des arbres et cette petite odeur de champignon ». C’est un plaid tout doux dans lequel on se pelotonne à l’envi juste pour le plaisir de ne rien faire. Le bonheur. Un point c’est tout… ♥

 

Psstt… Björn vient tout juste de se faire labelliser « pépite » au salon de Montreuil… qu’est-ce que je vous disais ? ♥

 

Le site de Delphine Perret

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Éditions Les Fourmis Rouges (Septembre 2016)

64 p.

 

Prix : 12,50 €

ISBN : 978-2-36902-065-3

 

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Challenge 3% rentrée littéraire catégorie « Touche à tout »

chez Hérisson et Léa Touch Book

Stupor Mundi – Néjib

stupor-mundiIl faut parfois savoir sortir des sentiers balisés, loin de sa zone de confort rassurante. C’est ce qui m’est arrivée avec Stupor Mundi, un pavé que j’ai regardé du coin de l’oeil pendant des mois sans oser l’affronter. De prime abord, le graphisme de Néjib ne m’emballait pas. Les thèmes abordés avait par contre tout pour me plaire même si j’avais un peu peur de me perdre dans des références que je n’avais pas sur l’époque, la situation politique ou la religion. Que nenni. Stupor Mundi est passionnant de bout en bout. Érudit sans jamais ennuyer. Humaniste et porteur de valeurs qui font furieusement écho aujourd’hui…

 

Nous sommes au début du XIIIe siècle. Chassé de Bagdad, Hannibal Qassim El Battouti, un éminent savant arabe, arrive dans les Pouilles à Castel del Monte, une étonnante forteresse géométrique dans laquelle le souverain Frédéric II, surnommé « la stupeur du monde », a rassemblé les plus grands scientifiques, artistes et érudits de tous bords. Fuyant le dogmatisme religieux et la propension de l’imam à rejeter toute réflexion scientifique, Hannibal s’installe au château où il compte bien mettre la touche finale à une invention incroyable, la « camera oscura »…  Accompagné de sa fille Houdê, paralysée des deux jambes et hantée par le souvenir de sa mère, et de El Ghoul, son mystérieux esclave masqué, il continue activement ses recherches. Mais sa protection par le souverain chrétien a un prix : retrouver une formule chimique disparue et réaliser un faux saint-suaire pour la visite du pape en personne…

 

« Fixer des images ? Et pour quoi faire ?

Pour les adorer ? Pour tromper les croyants ?

 

Néjib a imaginé la rencontre de Frédéric II avec un scientifique arabe qui serait le descendant d’Alhazen (965-1039), considéré comme l’inventeur de la « camera oscura » et le précurseur de l’optique moderne. Si la rencontre n’a rien de réel, la réflexion sur le rôle et la puissance de l’image en Orient et en Occident est elle absolument passionnante. L’image dans tout ce qu’elle véhicule et tout ce qu’elle suppose. Rejetée et diabolisée par l’obscurantisme religieux. Utilisée par le pouvoir à des fins ouvertement politiques…

 

Stupor Mundi est un vrai bonheur de lecture tant il est truffé de références, Le nom de la Rose d’Umberto Eco en tête. Les personnages ont tous leur part d’ombre, se dévoilent au fil des pages, doivent gérer leur histoire personnelle dans une Histoire chaotique en pleine mutation. Le menu offert par Néjib est copieux mais curieusement très digeste. Oscillant entre réalité historique et pure fiction, il tisse un récit ambitieux d’une grande intelligence et d’une grande finesse. A tel point que mes réticences quant au dessin se sont vite envolées…! A découvrir !

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Éditions Gallimard (Avril 2016)

Collection Bayou

288 p.

 

Prix : 26,00 €

ISBN : 978-2-07-066843-4

 

 

BD de la semaine saumon

C’était ma BD de la semaine…

…aujourd’hui chez Moka

Mon grand frère tombé du ciel – Sandrine Beau

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« J’ai dix ans. Je suis la fille de ma maman et de mon papa. Jusque là, rien de plus normal, vous allez me dire ! Mais laissez-moi continuer et vous verrez que, dans cette histoire, RIEN n’est normal. J’ai dix ans, donc, et un matin, alors que j’étais comme tous les matins en train de prendre mon petit-déjeuner, assise entre mes parents, le ciel m’est tombé sur la tête. En fait, c’est plutôt un avion qui m’est tombé sur le sommet du crâne. Un avion qui allait atterrir vingt jours plus tard, avec dedans, MON FRÈRE !  Mon frère… Moi qui suis fille unique depuis toujours. »

 

Une bombe. A l’âge de 10 ans, Vicky découvre qu’elle a un frère. Un frère dont personne n’a jugé bon de lui parler. Un frère que son père a eu il y a trente ans avec une femme qui n’est pas sa mère et dont il n’a eu que très peu de nouvelles jusqu’ici. Un fils qu’il n’a pas vu grandir….

 

Dans quelques temps, il sera ici, chez elle. Une arrivée vécue comme un évènement par ses parents qui se mettent en quatre pour accueillir cet invité inattendu et inespéré. A la maison, c’est le branle-bas de combat, on ne parle que de ça. Et on s’attend à ce qu’elle aussi y mette du sien, en prêtant notamment sa chambre à son grand frère qui ne vient pas seul : Sébastien débarque du Sénégal pour enfin faire la connaissance de ce père dont il a été privé… avec sa femme, Fatou, et sa toute petite fille, Aya. Pour Vicky, c’est la goutte qui fait déborder le vase. Non seulement personne ne se préoccupe de ses sentiments à l’annonce de l’existence de ce frère secret mais en plus elle va devoir abandonner son confort et s’installer dans le bureau de son père sans sourciller. Mais le pire est à venir. A l’arrivée de Sébastien, son père devient méconnaissable et Vicky a l’horrible impression de ne plus exister à ses yeux… 

 

« … j’allais vite m’enfermer dans ma « chambre » et, rien qu’en regardant cette pièce où on m’avait collée, sans mes affaires, sans mon petit univers à moi, ça bouillait de nouveau à l’intérieur. Tout remontait. Le secret de papa, ces si longues années de silence, son indifférence à mon égard, maintenant que son fils était près de lui. Ses côtés « trop ». Trop gentil, trop prévenant, trop attentif… Et évidemment, la façon dont j’étais soudainement devenue transparente. »

 

Avec beaucoup de finesse, Sandrine Beau se met dans la peau d’une jeune adolescente qui voit son monde s’effondrer en découvrant que son père a eu une vie avant elle. Qu’il a aimé une autre femme que sa mère. Qu’il a eu un enfant. Et qu’elle n’est plus la seule… Assaillie par des sentiments contradictoires, Vicky oscille entre colère, jalousie, sentiment de trahison et cruelle sensation d’abandon. Tout en étant forcée d’admettre que Sébastien et sa petite famille ne sont en rien responsables de cette situation. D’ailleurs, Fatou est adorable, la petite Aya est à croquer et son frère, cet inconnu, fait tout pour se rapprocher d’elle…

Un roman qui sonne juste, qui sait se faire tendre et drôle, et une jeune héroïne à laquelle les jeunes lecteurs n’auront aucun mal à s’attacher. Bonne pioche !

 

Nouvelle pépite jeunesse que je partage avec Jérôme, comme chaque mardi ou presque. De Sandrine Beau, nous avions aussi lu et aimé l’indispensable La porte de la salle de bains

 

Les avis de Blandine, Fanny, Pépita

 

Le site de l’auteure

 

Éditions ‘Alice (Septembre 2016)

Collection Deuzio

78 p.

 

Prix : 12,00 €

ISBN : 978-2-87426-297-5

 

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31/18

Challenge 3% rentrée littéraire catégorie « Touche à tout »

chez Hérisson et Léa Touch Book

L’Arabe du futur 3 (Une jeunesse au Moyen-Orient 1985-1987) – Riad Sattouf

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« Ce livre raconte l’histoire vraie d’un Cimmérien blond et de sa famille dans la Syrie d’Hafez Al-Assad.

L’Arabe du futur raconte la jeunesse de Riad Sattouf au Moyen-Orient.

Dans le premier tome publié en 2014 et qui couvre la période 1978-1984, le petit Riad est ballotté, de sa naissance à ses six ans, entre la Libye, la Bretagne et la Syrie.

Le deuxième tome, paru en 2015, raconte sa première année d’école en Syrie (1984-1985).

Dans ce troisième tome (1985-1987), après avoir suivi son mari en Libye puis en Syrie, la mère de Riad ne supporte plus la vie au village de Ter Maaleh. Elle veut rentrer en France. L’enfant voit son père déchiré entre les aspirations de sa femme et le poids des traditions familiales… » Allary Éditions.

 

Ce nouvel opus, sorti en octobre 2016 et avalé tout cru immédiatement après (merci Mamouette pour ce kdo d’anniversaire) est un petit bijou !

Il s’agit de la vision singulière, âpre, violente, tendre, décalée, drôle d’un monde : celui de  l’enfance de Riad Sattouf…

 

On y retrouve Riad à l’âge de raison. Nous sommes en 1985, Riad a 7 ans et il est « remarquable » ! Fleurant bon la camomille, portant fier son cartable en carton dans les rues de son petit village syrien, il a grandi et a trouvé une sorte d’équilibre dans ce monde délabré, sombre, miséreux… Il porte un regard plus acéré sur ce qui l’entoure. Plus juste aussi.

«Cela faisait quatre ans que nous habitions le village de Ter Maaleh. Je m’y étais habitué. Ma mère pas du tout. […] Je me rendais compte que mes parents commençaient à s’éloigner l’un de l’autre. »

 

Son père chute un poil de son statut de Héros.

Sa mère, qui en a ras le bol de vivre dans ce « trou » depuis trop d’années, s’affirme, se rebelle. Elle revendique une autre vie, pour elle et ses minots.

D’ailleurs, en causant de nains de jardin, la famille est en passe de s’agrandir… « Catastrophe », comment vont-ils faire ?

« C’est dur la vie ici ». Pourtant Riad, tout à ses rêves et à ses jeux d’enfant, ne s’en sort pas si mal dans ce monde cruel (punaise, lisez-le, certains passages sont d’une cruauté formidable).

Avec ses cousins notamment, Waël et Mohamed, il s’invente un univers et ré-enchante le sien. Ahhhhhh, les quelques pages sur la découverte du film Conan le barbare sont d’un délice infini ! Et le lendemain, quand ces jeunes écoliers se transforment en guerriers (plus justement en une « horde de barbares cimmériens »), mouarf, comme j’ai rigolé !

 

Cette nouvelle aventure à hauteur d’enfant est épatante ! Peut-être encore plus riche, plus aboutie, plus nuancée aussi que les précédentes.

Et la chute, mes amis, dépote sévère !

 

Bref, vous l’aurez compris, c’est ENCORE un coup de cœur TOTAL ! Pourtant, mon petit cœur de mouette a été mis à mal ces dernières semaines ! Si, je souffre. Nous souffrons même de concert avec Mamouette-Julia … Riad se refuse à nous (je sais, je sais, c’est totalement incompréhensible ! Des mouettes de qualité telles que nous, devraient susciter un désir fou 😆  Mais rien DE CHEZ RIEN et ce, malgré nos cris sexy, nos appels bouleversés, nos invitations lancées… Il nous ignore, nous snobe, brisant toutafé nos cœurs sensibles, mous-d’amour-pour-lui-qui-le-mérite-pas !)

Alors, lourde de chagrin, ce soir, je prends la plume et le blog de ma divine copine Noukette. Ce soir, le temps d’une bafouille, je mets mon cœur à nu (et celui de Julia, non, ne me remerciez pas !). Ce soir, je verse des larmes et sombre…

 

Poème désespéré

 

« Riad, notre aimé,

Nous t’avons tant espéré,

Rêvé,

Fantasmé,

Presqu’approché

Dans des salons un brin ampoulés

….

Et puis, après l’été,

Nous nous sommes enfin décidées,

Lancées,

Lâchées,

Telles des mouettes-assurées….

Et,

Riches de notre amour léger

Nous t’avons invité

En toute sincérité

En toute simplicité !

Pour se rencontrer,

T’interviewer

Et qui sait ?

Peut-être s’aimer ?!

Et toi, Qu’as-tu fait ?

Tu n’as pas daigné

Nous accorder

Le moindre smiley

….

Même d’une banalité

Nous nous serions contentées !

….

Mais rien, JAMAIS

Rien n’est venu nous combler

….

Ça nous a achevées

Tu sais !

….

Depuis, nous sommes abimées,

Déprimées,

Accablées,

Dévastées,

Toutafé ravagées

….

Riad, Si tu avais

Un tant soi peu de dignité…

Réponds-nous, OK ?!

On est sympa, on te l’a dit, même on te promet

De te cuisiner

Un cassoulet  😛

….

Riad, sois assuré

De toute notre amitié

….

Signé :

Tes mouettes-de-toute-beauté 

 

Et c’est le cœur un peu moins gros de vous avoir confié tout mon chagrin, que je termine ce billet..

Je remercie ma copine-de-toujours-ou-presque-Noukette et mes comparses de lecture Mamouette-Julia (qui s’est installée au Bar à BD de Mo’chéwie pour un billet un peu fou, à lire ici) et Jérôme-autre-chouchou-de-mon-cœur (pour découvrir son avis, c’est par , allez-y, c’est sans doute le billet le plus sérieux, le plus juste, le plus intelligent… en un mot, le VRAI billet est chez le chouchou-de-la-toile héhé !)

 

Si jamais, vous n’avez pas encore découvert Riad Sattouf (sacrebleu, comment est-ce possible ?!) voici quelques billets pour vous donner envie : L’arabe du futur 1 (et d’autres merveilles de cet auteur), L’arabe du futur 2, ou encore Les cahiers d’EstherEt même Noukette (si, elle s’en défend et pourtant le billet est bien , voyez un peu !) a lu Riad ! Aucune raison de résister, on vous dit !

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L’Arabe du futur 3 (Une jeunesse au Moyen-Orient, 1985-1987), Riad Sattouf, Allary Éditions, 2016. 

Les Maraudeurs – Tom Cooper

maraudeursJe me demande bien pourquoi je lis si peu de littérature américaine. C’est pourtant une littérature que j’ai étudiée fut un temps, j’y ai d’ailleurs fait des rencontres qui ont marqué mon parcours de lectrice. Hemingway, Morrison, Steinbeck, Fitzgerald, Salinger… entre autres. Je suis beaucoup moins familière de la littérature américaine actuelle. Pourtant, à chacune de mes incursions, j’y fais de magnifiques découvertes, la dernière en date étant celle du Diable tout le temps de Pollock. Découverte tardive certes mais profondément jubilatoire.

 

Je crois que c’est ce que je pressens de cette « nouvelle » littérature américaine qui me plait. Une littérature vraie et sans chichis, une langue qui claque, pas de psychologie de bas étage, un côté cash, des anti-héros inoubliables, des dialogues percutants et un humour souvent très noir…

 

Je lis beaucoup de romans français mais je dois bien avouer que j’y retrouve rarement la même folie… Je savoure d’autant plus ces échappées dans cette littérature de tous les extrêmes, même si elle me ressemble moins. Comme avec ce premier roman jubilatoire dans lequel on retrouve tous les ingrédients d’un BON roman américain. J’ai dévoré Les Maraudeurs au début de mes vacances d’été, période on ne peut plus raccord avec la moiteur qui se dégage de ces pages. L’après Katrina, la misère sociale, la crise économique, la débrouille pour s’en sortir. La Louisiane, le bayou. Une mystérieuse chasse au trésor et des personnages hauts en couleurs qui sont à eux seuls le sel de cette histoire rocambolesque au possible. Un adolescent hanté par la mort de sa mère, des jumeaux psychopathes gravement barrés, un pêcheur manchot ivrogne qui carbure aux anti-douleurs, des losers prêts à tout pour s’enrichir, un alligator… entre autres. Et c’est un régal de bout en bout !

 

Les Maraudeurs est un roman trépidant impossible à lâcher. Pas une seconde d’ennui. On saute allégrement du tragique au comique, du polar au roman social. C’est échevelé, complètement fou… tout en restant ancré dans une réalité pas toujours reluisante. Un roman qui a du corps et du goût. Cinq mois après, je me dis que j’ai fait une nouvelle belle rencontre en littérature américaine, auteur à suivre…!

 

Les avis de Eva, Hélène, Jérôme, Léa, Papillon, Virginie

 

Éditions Albin Michel (Mai 2016)

Collection Terres d’Amérique

416 p.

 

Prix : 22,00 €

ISBN : 978-2-226-32575-4

 

ce qu'il m'en reste logo

Chez Asphodèle, oh la belle idée…

Tête de mule – Øyvind Torseter

tête de mule

« Les garçons, les filles, Mesdames et Messieurs, chers lecteurs, voici l’épique récit, en des temps reculés et difficiles, d’une audacieuse entreprise menée avec classe. Une histoire de choix impossibles exigeant la plus grande intrépidité. Le parcours d’un jeune homme devant risquer sa vie afin de (re)trouver ses frères… Et le bonheur.
À part ça, on y parle aussi un peu de monter à cheval, de dormir dans un sac de couchage, de se promener dans la nature, tout ça. »

 

L’étrange voyage démarre dès la couverture. Un très bel album à dos toilé décoré de dorures en relief, une édition soignée qui donne envie de se plonger dans cette aventure épique qui nous mènera aux confins d’un étrange royaume dans une quête à priori perdue d’avance….

 

Il était une fois un roi dont la plus grande richesse était ses sept fils. Le roi les aimait tellement qu’il avait bien du mal à les voir s’éloigner de lui. Mais les sept garçons grandissaient, arrivés à l’âge adulte il fallait bien qu’il les laisse voler de leurs propres ailes pour fonder à leur tour leur propre royaume. C’est ainsi que ses six plus grands fils se retrouvèrent vêtus des plus beaux atours et montés sur les plus beaux destriers pour s’en aller chercher une princesse digne de bâtir ce royaume avec eux. Gardant le plus jeune de ses fils auprès de lui, le roi confia à ses six autres fils la mission de lui trouver et de lui ramener également une épouse. Partis en chasse de l’âme sœur, les six fils trouvèrent vite chaussures à leurs pieds mais oublièrent de trouver une fiancée à leur jeune frère. Mais le pire était à venir… Sur le chemin du retour, un troll les changea en pierre. Contre l’avis de son père, le septième fils décida de partir les délivrer. A défaut de cheval, il remplit son sac à dos de l’indispensable et du superflu et équipa une mule…

 

Øyvind Torseter est un auteur réputé en Norvège. Il a été récompensé par de nombreux prix et a remporté le Critic’s Award 2015 pour la jeunesse décerné par la Norwegian Critics Association. Ce qui impressionne d’emblée c’est l’inventivité et l’audace de son graphisme. Mélange de collages, de dessins au feutre et de crayonnés, les planches fourmillent de détails que l’oeil non aguerri ne perçoit pas immédiatement. Une multitude de techniques qui pourraient perdre le lecteur mais qui au contraire l’emmènent sans en avoir l’air aux frontières du réel et à la lisière du conte. Mi humain mi animal, le héros de l’histoire part en quête de ses frères et sera évidemment confronté à une multitude d’obstacles. Il croisera également des personnages qui seront en temps voulu des atouts précieux pour l’aider à vaincre le troll et à libérer ses six frères. 

 

Si tous les ingrédients du conte traditionnel sont là – Tête de mule est d’ailleurs une adaptation des Sept corbeaux des frères Grimm – ce qui frappe ici c’est l’univers fantasque et original de l’auteur. Anachronismes, écarts de langage, situations et dialogues loufoques, effets de mise en page, cadrages… Øyvind Torseter offre à ses lecteurs un drôle d’album qui mélange allégrement les styles, les genres et les ambiances. Un album moderne et audacieux qui sort vraiment des sentiers battus et qui aura le mérite de faire découvrir aux jeunes et aux moins jeunes un auteur scandinave pas banal…! Une curiosité !

 

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 Éditions La Joie de Lire (Septembre 2016)

120 p.

Traduit du norvégien par Aude Pasquier

 

Prix : 24,90 €

ISBN : 978-2-88908-334-3

 

 

BD de la semaine saumon

C’était ma BD de la semaine…

…aujourd’hui chez Mo’

Les Chroniques d’Hurluberland – Olivier Ka

HUrluberland

 

Lieu : Le royaume imaginaire d’Hurluberland

 

Localisation : Ailleurs, quelque part entre ici et là, aux alentours de Nulle Part, loin, très loin là-bas…

 

Époque : quelque part entre avant et maintenant, il y a une éternité, aujourd’hui, qui sait ?

 

Particularités : un village pas comme les autres… et ses habitants pas comme les autres…

 

Bienvenue à Hurluberland ! Ici, rien ne se passe jamais comme prévu et c’est tant mieux ! Les journées s’écoulent normalement… ou presque.

 

Pas étonnant donc d’y croiser des chanteuses qui font naitre des jardins magnifiques rien qu’au son de leurs voix, une couturière qui verse des larmes qui se transforment en diamants, une île minuscule qui abrite des chevaux encore plus minuscules, un chêne savant auquel on s’abreuve de connaissances, une échelle qui semble se diriger à l’infini vers le ciel, une porte mystérieuse en plein milieu d’une forêt ou encore un curieux poulet mécanique…

 

A Hurluberland, tout le monde se connaît. On se croise sur la place du village, chez les commerçants du coin, aux diverses fêtes commémoratives et autres joyeusetés imaginées pour se retrouver. On s’envie, on se jalouse, il arrive même parfois qu’on mente un chouilla pour enjoliver la vérité…

Partez donc à la rencontre du roi Honoruste, d’Adelaïde Bellétoffe la couturière, d’Hector Boulocarré le boulanger, d’Alphonse Sauçobeurre l’aubergiste, d’Auguste Barbefolle le bourgmestre et d’Amédée Soupaleau le simplet du village… Mais ne vous y trompez pas. Sous leurs airs farfelus ils vous ressemblent bien plus que vous ne voulez l’imaginer…

 

Un régal que ce recueil de nouvelles un peu magiques qui nous offre une parenthèse de lecture tout aussi magique. Comme un petit air de ces contes qui ont pu bercer notre enfance, un brin de fantaisie, une bonne dose d’humour et d’originalité, quelques grammes d’extravagance pour un résultat des plus savoureux. Dix histoires au charme désuet qui se révèlent étonnamment modernes dans la morale qu’elles ne manquent pas de délivrer… tout en finesse. A lire à haute voix, à faire lire et à partager sans compter, ces chroniques encore en course pour les Pépites de Montreuil feront le bonheur des petits et grands au moment de l’histoire du soir. Cerise sur le gâteau, trois d’entre elles font l’objet d’un spectacle de lectures et d’ombres mis en scène par l’auteur lui-même, voilà qui donne envie !

 

Une lecture pépite que j’ai pris grand plaisir à partager avec Jérôme, comme chaque mardi ou presque…!

 

Les avis de Orbe et Pépita

 

Le blog d’Olivier Ka

 

Éditions du Rouergue (Mai 2016)

Collection Dacodac

95 p.

Illustrations de Juliette Barbanègre

 

Prix : 8,00 €

ISBN : 978-2-8126-1060-8

 

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Le chagrin des vivants – Anna Hope

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« Trois militaires émergent de leur caserne à Arras, dans le nord de la France. Un colonel, un sergent et un simple soldat. Minuit est proche, il fait un froid mordant. Les hommes se dirigent vers une ambulance de l’armée garée à côté du portail d’entrée ; le colonel s’assied à l’avant avec le sergent, le soldat monte à l’arrière. Le sergent démarre le moteur et une sentinelle ensommeillée leur signifie d’un geste de passer puis de s’engager sur la route.

 

Comme la camionnette s’élance en cahotant sur l’asphalte défoncé, le jeune soldat s’accroche à une sangle qui pend du toit. Il est agité, et le tressautement n’arrange rien. Cette soirée exécrable a un goût de punition : quand on l’a réveillé, il y a quelques minutes, on lui a simplement intimé de s’habiller et de sortir. Autant qu’il puisse en juger, il n’a rien fait de mal, mais l’armée est retorse. Durant les six mois qui ont suivi son arrivée en France, on ne lui a souvent expliqué qu’après coup comment et pourquoi il avait contrevenu. »

 

Cinq jours de novembre. Cinq jours minuscules. En 1920. En Angleterre. Cinq jours avant la célébration du Soldat inconnu, rapatrié depuis la France, déterré, exhumé « des zones principales de l’intervention britannique sur le front occidental. »

 

A Londres, trois femmes : Hettie, Evelyn et Ada. Toutes trois sont liées à l’horreur de la guerre, toutes cherchent à vivre malgré tout, dans un pays qui pleure ses morts. Et punaise que c’est beau ! Ce roman est un coup de cœur total, une émotion infinie, avalé d’un coup ! L’écriture est belle, juste, empreinte d’une formidable énergie, empreinte de douleur et de chagrin, mais de vie surtout. Et d’espoir.

 

Et ce sont ces femmes qui tiennent le récit, ces femmes dont on parle si peu, ces femmes dont les douleurs liées à cette première guerre mondiale sont totales. Un gouffre. Certes, elles n’ont pas combattues. Elles sont restées là, chez elles, à attendre. La fin de la guerre. Le retour d’un des leurs. Un fiancé, un fils, un frère…. Elles n’ont pas le droit de se plaindre, elles doivent vivre, envers et contre tous, avec leurs blessures, leurs morts, leur solitude, leur désespoir… Vies brisées. Destin de femmes. Qui, malgré le chagrin, se tiennent debout.

Comment se reconstruire après le traumatisme qui dévaste tout ?

Que peut cette cérémonie-hommage ? Peut-elle aider les gens à se sentir mieux, à faire leur deuil, à croire encore, à vivre tout simplement ?

 

Sublime roman sur la mémoire et sur les femmes, les oubliées de la Grande Guerre. On pourrait croire que ce récit poignant est un brin désespéré, mais que nenni ! Grâce à la plume légère d’Anna Hope qui donne la parole à celles et ceux que l’on entend si peu, ce roman plein d’humanité est d’une beauté à couper le souffle. A lire ABSOLUMENT !

 

Merveille d’entre les merveilles, découverte grâce au Grand Prix des Lectrices de ELLE ♥

 

«  A présent, dans cette rue froide, elle prend conscience d’une chose. Que cette rencontre était ce qu’elle attendait, que quelqu’un partage sa vérité avec elle. Après quatre ans de guerre et encore deux ans d’anciens soldats, jour après jour, c’est ça qu’elle voulait, c’est ça qu’elle recherchait. Pas sa gaité, ni sa bravoure, ni sa colère, ni ses mensonges. En quatre ans de guerre et deux ans de contrecoup, personne – ni Fraser ni son frère -, personne n’avait partagé sa vérité avec elle. »

 

Éditions Gallimard (Janvier 2016)

Collection Du monde entier

Traduit de l’anglais par Elodie Leplat

400 p.

 

Prix : 23,00 €

ISBN : 978-2-07-014725-0

 

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Le monstre du placard existe et je vais vous le prouver… – Antoine Dole / Bruno Salamone

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CHHUUUTTT Il y a un monstre dans le placard de la chambre…! Pas toujours très discret d’ailleurs, un peu encombrant, un poil maladroit et bourré de drôles de manies. 

Rien à faire, il faut cohabiter avec ce voisin pas banal. Même si à cause de lui on se fait accuser de tout un tas de bêtises dont on est évidemment pas du tout responsable…

 

Le bazar dans la chambre ?

C’est lui !

La mystérieuse disparition des pulls qui grattent de mamie ?

C’est encore lui !

Les traces de chaussures boueuses sur le beau tapis du salon !

Lui bien sûr !

La salle de bains transformée en piscine ?

A votre avis ?

 

Et la veilleuse la nuit pour dormir, promis, juré, c’est lui qui a peur du noir…

 

Qui oserait encore douter de l’existence du monstre qui a élu domicile dans le placard ? Comment expliquer sinon tous ces étranges phénomènes ? Qui d’autre pourrait être responsable de toutes ces chaussettes orphelines qui traînent ?

Adorable bête à poils, le monstre du placard fait étalage de tout son talent dans ces petites saynètes toutes plus réjouissantes les unes que les autres. Avec un bel aplomb, une bonne dose de mauvaise foi et un léger sourire en coin, le petit garçon canaille égrène toutes les preuves de son existence…

 

L’album chouchou du moment ! Antoine Dole fait une première incursion dans le domaine ô combien difficile de l’album pour enfants et c’est un sans faute ! Avec le talent d’écrivain qu’on lui connaît, il dépoussière la fameuse histoire du soir en y ajoutant un petit grain de folie tout bonnement jubilatoire, joli twist final compris. Son monstre facétieux ravira les petits lecteurs en herbe (et les grands !) qui n’auront aucun mal à se retrouver dans ce petit garçon tout aussi filou. Le duo avec l’illustrateur fonctionne à merveille. Sous les crayons taquins de Bruno Salamone, le monstre du placard prend vie sous des allures de gros nounours bonhomme au sourire malicieux et communicatif. On en mangerait…! De quoi retrouver instantanément son âme d’enfant… ♥

 

L’avis de Lael

 

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Éditions Actes Sud junior (Septembre 2016)

40 p.

 

Prix : 15,90 €

ISBN : 978-2-330-06641-3

 

 

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