Orgasme – Chuck Palahniuk

PalahniukSortir un peu des sentiers souvent trop balisés de la littérature érotique. Oublier le mummy porn et ses atermoiements pénibles. Tenter le diable. C’est une expérience de lire Chuck Palahniuk, le genre d’expérience dont on ressort un peu ébouriffé. Fasciné par une telle liberté de ton. Dérangé par ces limites sans cesse repoussées bien loin de la décence…

 

En même temps, impossible de faire l’innocent. On ne lit pas Chuck Palahniuk par hasard. On sait pertinemment qu’avec cet auteur aussi subversif que déjanté il serait fort déplacé de s’offusquer. Toujours border-line voire complètement hors cadre, Palahniuk aime quand ça grince aux entournures, quand ça transpire un peu sous le casque, quand ça démange jusqu’à l’insupportable. L’occasion rêvée pour tirer à boulets rouges sur une société qui marche bien souvent à l’envers. Avec panache. Insolence. Et beaucoup, beaucoup de second degré…

 

Dans son seizième roman, l’auteur de Fight club et de Snuff nous emmène explorer les mystères du plaisir féminin. Évidemment, tout ici n’est que prétexte à tordre tous les codes. A commencer par ceux de la romance sauce épicée dont nous sommes abreuvés jusqu’à frôler l’overdose depuis Cinquante nuances de Grey. Et là, Palahniuk se régale… En vrai sale gosse, il met les pieds dans les clichés, se réapproprie le langage d’une littérature qui se dit libertine et nous offre un gigantesque feu d’artifice de grand n’importe quoi…! Quand on a assimilé le fait que l’auteur n’a peur de rien et encore moins de la surenchère et du ridicule… c’est une lecture tout simplement jubilatoire…!

 

Prenez une apprentie avocate dans un prestigieux cabinet New-yorkais. Mettez sur son chemin un milliardaire ayant fait fortune dans les médias et les technologies de pointe. La rencontre est peut-être inattendue pour eux, elle ne l’est pas pour le lecteur qui a déjà lu cette scène des dizaines de fois. Le début de ce qui semble être un conte de fée commence… D’un côté Penny Harrigan, la pauvre fille banale et transparente, de l’autre Linus Maxwell, le beau gosse riche à millions qui a vécu des histoires d’amour torrides et très médiatisées avec une star du cinéma, la reine d’Angleterre et la présidente des États-Unis, entre autres… Des relations qui ont toute duré 136 jours, pas un de plus, pas un de moins… Au départ platonique, celle de Penny et Maxwell prend une tournure des plus étonnantes quand la jeune fille se rend compte que son amant est obnubilé par la recherche du plaisir féminin. Devenue cobaye des gadgets sexuels mis au point par Maxwell, elle expérimentera le plaisir ultime et dévastateur, la jouissance permanente et l’extase perpétuelle. Ces joujoux de plaisir, bientôt commercialisés sous le label « Beautiful you », sont devenus l’obsession de Maxwell. Une obsession qui ne sera pas sans conséquences sur la vie de Penny… et sur celles de milliers de femmes…

 

« Un milliard de maris sont sur le point d’être remplacés. »

 

Passé l’effet de surprise, je dois avouer que je me suis régalée…! Formidable pastiche à la construction imparable, Orgasme est un roman mordant, cynique, remettant en question la place de la femme (et de l’homme) dans la société. Ici le sexe n’est qu’un prétexte pour fustiger tour à tour la société de consommation, les comportements addictifs et le conditionnement que peut induire la publicité. Décomplexée et bourrée d’humour noir, la plume de Palahniuk ne fait pas dans la dentelle. En complet décalage, sous des dehors affreusement sexistes et provocants, volontairement ambigu et souvent outrancier (voire complètement grotesque), l’auteur donne une vision du monde glaçante au possible.

Beaucoup vont détester, certains ne se donneront peut-être même pas la peine de finir ce roman. Les autres vont se régaler. Une chose est sûre, Palahniuk ne fera pas l’unanimité avec cet OVNI.

 

Un titre à part qui a sa place toute trouvée dans ce rendez-vous mensuel de lectures inavouables. Une expérience littéraire atypique que je partage avec Jérôme.

 

 

Éditions Sonatine (Mars 2016)

265 p.

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Clément Baude

 

Prix : 18,00 €

ISBN : 978-2-35584-360-0

 

 

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Tous chez Stephie !

 Et vous, qu’avez-vous lu d’inavouable ce mois ci…?

Bleu de travail – Thomas Vinau

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Parfois le temps se fige et les aiguillent des horloges arrêtent leur course folle…

 

Parfois les mots vous prennent par surprise et s’impriment durablement sous la peau…

 

Parfois les fils se tissent comme par magie, des éclats de lumière mêlés à des bouts de tristesse, brins de folie douce et brisures de vrai bonheur…

 

J’ai embarqué dans les mots de Thomas Vinau. Je me suis frottée au beau avec l’impression tenace d’avoir un véritable diamant brut entre les mains.

 

On porte, quelque part, à l’intérieur de soi, ce que la vie nous a pris. On porte cette absence. Le poids, l’empreinte, le relief, du mal que l’on nous fit. Il est là le bagage. Dans ce qui manque. Dans ce qui est fini. Toutes les bêtes de notre espèce portent leur collier de perles noires. Un sac de pierres vides sur les lombaires.

 

Et pourtant, il y a quelques mois, j’avais refermé Et nos cheveux blanchiront avec nos yeux avec la désagréable impression d’une rencontre ratée. Pas même l’émotion qui affleure. Pas le moindre petit frétillement de cœur qui bat plus fort… Ce n’était peut-être pas le moment… La vraie rencontre s’est faite là, entre les lignes, dès les premiers mots. Une prose à nulle autre pareille. Un petit miracle en équilibre. Une plume qui oscille entre la poésie la plus pure et le réalisme le plus terrien. C’est beau à en filer le frisson. Ça file le tournis tout en ancrant profondément les pieds dans le sol. Un quotidien pas toujours reluisant, pas franchement enthousiasmant, mais dans lequel des lueurs de beau éclatent régulièrement. Et ils sont là tous ces éclats, dans les mots de Thomas Vinau…

 

Il y a l’usure des mots. Des mots de tous les jours. Des mots de petit jour. Des mots dont on se sert, jusqu’à la corde. Jusqu’à la patine du sens. La rondeur de l’usure. La trace sur le manche. C’est matière première, brute, de l’échange. De la guerre. De la consolation. Qui disent la blessure. Qui disent l’évidence. Qui disent l’essentiel. Simplement le poème ou le texte les remet au centre. Leur redonne une place. Un peu d’espace. De largeur. Un peu d’air et de silence dans le vacarme aseptisé de la course. Ce sont des mots de soif comme on parle d’un vin de soif. Un vin de tous les jours. Un vin de table. Des mots de tous les jours. Des poèmes de tous les jours. Des poèmes de table. Des poèmes de soif.

 

Curieuses résonances. Écho inattendu avec cette vie qui file si vite qu’on a parfois l’impression qu’elle nous échappe. Étrange sensation d’un moment rare et précieux, suspendu au dessus du tumulte du monde. Des petits riens qui disent tout, à petits pas, sans faire de bruit. Juste celui des pages qui bruissent entre les doigts, juste ceux des mots qui semblent se murmurer à nos oreilles, juste le beau qui crépite et résonne longtemps, longtemps…

 

Le jour met son bleu de travail. Je regarde le vent. Pourtant je ne le vois pas. Pourtant je le regarde. Pour relever la tête commence par lever les yeux. Derrière la plaine blanche, les collines. Derrière les collines, des nuages. Derrière les nuages, d’autres horizons qui s’inventent. J’écris à l’encre noire les jours de rien. Les petits matins purpurins. Les soirs sans fin. Smicard de l’aube et des pluies fines. Le temps ne se paie pas à l’heure mais aux traces de godillots qu’il laisse sur ta carcasse. Pendant ce temps, la mort colore les arbres. Le jour met son bleu de travail. Je mets le mien.

 

Les avis de Aifelle, Hélène, Leiloona, Moka, Sabine

 

Éditions La Fosse aux Ours (Aout 2015)

88 p.

 

Prix : 13,00 €

ISBN : 978-2-35707-066-0

 

 

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Challenge 5% Rentrée littéraire chez Hérisson

25/30

Koko au pays des Toutous – Jean-Benoît Meybeck

HD 12-02COUV KOKO+LOGO AMNETSY.inddKoko habite le beau pays des Cabots mais il est de plus en plus difficile d’y vivre correctement. Les os sont devenus une denrée rare et le petit chien s’endort bien souvent la faim au ventre. Il est peut-être temps d’aller voir si l’herbe est plus verte ailleurs… Avec l’aide de sa famille qui se cotise pour lui donner des os pour le voyage, il se décide à partir pour le pays des Toutous. Mais la route sera longue et semée d’obstacles.

 

Il faudra traverser le pays des Chacals, celui des Bâtards et la mer, immense… En échange de la moitié de ses os, Passy lui propose de rejoindre un groupe d’autres chiens qui, comme lui, s’apprêtent à quitter le pays. A dos d’éléphant, ils affrontent la chaleur du désert et de multiples dangers avant d’arriver enfin à la mer. Là, Koko donne le reste de ses os à Passou, le cousin de Passy, pour pouvoir monter sur le dos de la baleine pour la traversée. Quand la tempête se lève, tous les cabots se retrouvent à l’eau. Secourus par des toutous policiers, ces derniers les emmènent à terre et les enferment derrières des barreaux. Au pays des Toutous, les Cabots ne sont pas les bienvenus…

 

Le soir, Koko pense à son beau collier, confisqué par les toutous policiers. A son canard, qu’il a perdu dans la tempête. A tous ses os, qu’il a donnés à Passy et Passou. A sa famille, à qui il ne pourra jamais envoyer d’os à moelle…

Et du fond de son égout, il réfléchit…

« Pourquoi vivons-nous si différemment ? Que nous soyons Lévrier ou Bâtard, Caniche ou Sac à puces, Yorkshire ou Cabot…

… si on nous blesse, nous aurons mal…

… et si on nous chatouille, nous rigolerons…

… nous sommes tous pareils ! »

 

Très belle initiative que ce petit album engagé pour dire l’exode et le déracinement. Le sujet est délicat et le texte risque de résonner longtemps dans les petites têtes. Avec des mots simples à la portée des plus jeunes, des illustrations gaies et colorées, Jean-Benoît Meybeck explique la réalité qui se cache derrière la peur de l’autre. Le douloureux choix de l’exil, l’espoir d’un monde meilleur, les passeurs véreux, le voyage semé d’embuches et l’arrivée dans un pays rêvé qui s’avère plus hostile qu’hospitalier. L’avenir entre parenthèses… Tout y est. A l’adulte d’accompagner cette lecture qui ne sera pas sans susciter d’innombrables questions.

 

En filigrane, une réflexion qui n’a rien de superficiel sur les droits de l’homme et les valeurs fortes et humaines de l’accueil et de la solidarité. Il n’est jamais trop tôt pour garder un œil ouvert sur le monde…

 

Une lecture essentielle que j’ai le plaisir de partager avec Jérôme.

 

Une initiative soutenue par Amnesty International

Le site de l’auteur

 

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Éditions Des ronds dans l’O (Mars 2016)

40 p.

 

Prix : 10,00 €

ISBN : 978-2-37418-006-9

 

 

 

logoalbums2016

Voyage de Mouettes à Paris (petit billet écrit à quatre pattes)

Repartir avec sa mouette, ce régal infini / Surtout quand il s’agit d’envahir la capitale / Le programme est chargé : il s’agit de ne rien oublier / TOUT visiter, TOUT boire, TOUT manger, TOUT découvrir, TOUT lire, TOUT acheter, TOUT aimer, TOUT tâter, TOUT vivre….

 

Vendredi / Le voyage est périlleux : de la bagnole, du train, du RER et du métro … Mais quand on est deux, point d’agacement, ni de mécontentement, encore moins d’abattement ! / Enfin, les copains dans le XIIème / Marion et Lionel, leurs nains d’amour / L’apéro nous tend les bras / Un peu trop sans doute … / Les mouettes se laissent chavirer par l’accueil débordant de… euh … rhum ! / Ces copains, quelle merveille ♥ / Se raconter Christian Bobin pour s’endormir / Toutafé terrifiant  ….

 

Samedi / Au petit jour, les mouettes sont sujettes à un léger mal de cheveux / Christian Bobin ? / Il faut des heures pour se mettre en branle / Vers le Salon du Livre / Vers vous surtout : Noukette, Jérôme, Sarah, Laurie, Camille, Tamara… Et tant d’autres encore / Sacrebleu, quelles retrouvailles ♥ / Un peu perdues au milieu du beau monde parisien, les mouettes s’égarent, errent, se retrouvent, rient, causent, s’émeuvent, batifolent, embrassent, s’enflamment…. / Apercevoir de loin des auteurs / Les approcher / Oser / Tomber sur Jo Witek au détour d’une allée / Ce ravissement / Ahhhhh Fabcaro / Tout lui donner, il mérite ce garçon ! / Fabcaro : élu Mouetton Le-plus-décalé-et-le-plus-drôle-de-l’année ! / Ahhhhh Leila Seibbar / Faire semblant de travailler un brin / Ahhhhhh Riad … / Chibouz : élu Mouetton d’or / Mamouette flanche d’amour / Épaulée de Laurie, Noukette et Jérôme, Julia-mouette fend la foule, s’enhardit… / Laurie : élue Mouetton de l’énergie-solaire ! /  Riad nous tend les bras … Ou presque / Les mouettes auront tout de même leur dédicace / Charline-la-chargée-de-com’ : élue Mouetton Réalisatrice-de-rêves ! / Remerciements infinis / Reconnaissance éternelle …

 

Quitter le salon, la nuit parisienne nous appartient / Mamouette se révèle frotteuse du métro … / Les filles accompagnées du divin chouchou de la toile s’encanaillent / Sarah : élue Mouetton Présidente-de-l’amicale-des-pompiers-de-Paris !  / Mojitos et tartines de gras / Le scandale est là / Et le plaisir … Infini  :-P / Noukette : élue Mouetton-Torrrrrrride  ! / Jérôme-chou impassible malgré …  TOUT ! / Et Stephie ??? Ahhhh je la suivrais au bout du mooooooooonde … Stephie : élue  Mouetton-Koh-Lanta ! / Allez, un dernier mojito /  Vous avez été bien /  Le serveur est sourd peut-être ?! Ou fou ?! /  Un petit verre saugrenu dans le métro / Trinquer à l’eau avant de se quitter, il faut ce qu’il faut … / Reprendre la lecture de Christian Bobin / Il s’agit de persévérer bordel, on est des mouettes d’exception…

 

Dimanche matin, les mouettes sont amoindries ! / Mais le salon n’attend pas / L’envie est là /  Midi sonne déjà, Tamara nous tend les bras  / Retrouver Noukette et Jérôme  / En forme / Eux … / C’est à ne rien y comprendre  ! / Jérôme : élu Mouetton-Force-tranquille-Bonheur-en-Famille ! / Faire chauffer la carte bleue / Dévorer d’affreux sandwichs, même pas mal, on est ensemble, keskon est heureux (bien qu’un brin barbouillé il faut bien se l’avouer !) / Gilles Bachelet ♥ / Les Éditions Talents Hauts / Des blondes à forte poitrine / Des délices de cadeaux  / Retrouver Fabcaro / L’aimer encore davantage / Est-ce possible ? / Luis Sépulvéda / Les Éditions A Pas de loups et Csil / Se perdre à nouveau / Des conférences / Marie Nimier / Purée, ce talent tout de même / Les Éditions Des Femmes / Quand soudain Les Femen / Sublime rencontre qu’on oubliera pas de sitôt / Certainement un moment qui chamboulera toute une vie de mouette, c’est dire si l’émotion est là et la rencontre… essentielle / Les Femen : Prix spécial du Mouetton-Courage / Rentrer tôt  / Chez les copains / Au chaud / Lionel héhé / Et puis l’apéro / Soigner le mal par le mal / Parler, parler, parler … / Dormir enfin, sa mouette tout contre / Et Christian…..

 

Le lendemain / Départ pour les Grands Boulevards / Épuisement total / Courir derrière sa mouette / Un hôtel Cité Rougemont /  Un petit café chez Amélie Poulain / Des Boutiques et du Chic ! / Un instant-mouette en tête à tête / Cassoulet et salade fraîcheur (tu parles !) / Déambuler / Paris nous appartient / Découvrir des Passages Secrets / S’émerveiller / Ahhhhh Paris, Paris … / Une expo dans un hall / Une expo incongrue ! / Mais on y est et on frime grave / Mamouette, déesse de l’orientation / Retrouver Laurie / Une soirée qui fait du bien / Se raconter / Se découvrir et TOUT se dire … / Dormir un brin … Sans Bobin …

 

Mardi / Départ au petit jour / Mouette-Julia est en formation / Paris sans sa mouette / Du courage que diantre / Déjeuner avec Nico / Ahhhh Paris, Paris sous le soleil / Jardins du Luxembourg / Et tant d’autres choses encore / Le bonheur / Retrouver sa mouette / Enfin / Et Julie le temps d’une heure ou deux / C’est déjà ça de pris / Sushi / Dernière nuit / Le cœur gros déjà…

 

Mercredi / Journée très spéciale en terrasse / Marivaux et filature / Hystérie totale … / Et le départ / Laisser sa mouette seule dans cette ville immense / Lutter dans le RER / Poireauter dans le TGV / Enfin … Retrouver le pavillon au petit jour / Fatigue infinie / Du bonheur comme c’est pas permis…

 

Jeudi / Retour de sa mouette… / Embrassade et rigolade / Tout est bien qui finit bien :-P

 

………….

 

Les mouettes vous donnent RDV au prochain salon, vous les amoureux du livre, de la rencontre, du texte, du mot, des phylactères, du rire, du lâcher-prise, bref, du bonheur !

SHAALOOOOOOM…

Et un merci immense à toutes et tous, pour ces divines vacances de mouettes, pour ces baisers échangés, ces folies partagées ♥

Et un tout particulier pour le Mouetton-Torrrrrride qui héberge notre petit billet :-P

Sur une idée de Moka ♥ 

 

 

Mouette-Julia et Mouette-Framboise

(Élues : Prix de la Conserve,

 Pour la conservation de leur rancitude

Durant tout leur séjour parisien ….)

 

 

NB : Attention, âmes sensibles s’abstenir, les photos reflètent une folie certaine, une émotion totale, des retrouvailles chaleureuses, des embrassades toutafé cordiales et moult selfies ;-)

Re NB : Des auteurs sont cachés parmi les photos !

 

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Comme neige – Colombe Boncenne

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Diablement malin ce petit roman. Et sacrément bien ficelé aussi. Du genre à vous prendre dans ses filets dès les premières lignes, subtilement, sans en faire des tonnes, en jouant habilement sur ce qui attire les bibliophiles comme des mouches sur un pot de miel : les livres. C’était prévisible, j’ai succombé…

 

Un puzzle dont on essaye en vain d’agencer les différentes pièces. Un ingénieux casse-tête dont on se demande si on arrivera à trouver la solution. Un jeu de piste où les indices disséminés ça et là ne parviennent finalement qu’à nous embrouiller l’esprit. Comme Constantin Caillaud, le héros de ce roman aussi futé que farceur, le lecteur se prend au jeu et se demande s’il ne devient pas un peu fou…

 

Au cœur de l’intrigue, un roman intitulé Neige noire. Un « inédit » de l’écrivain Émilien Petit déniché par hasard dans un carton de livres soldés. Pour Constantin, qui pensait avoir tout lu de son auteur fétiche, c’est une trouvaille inestimable et en même temps assez inexplicable : impensable que ce roman publié en 2000 ait pu lui échapper. En refermant la dernière page du roman le soir même, il ne peut s’empêcher de penser à Hélène, sa maitresse, à qui il doit sa première rencontre avec l’auteur. Quand il la met au courant de sa découverte, elle s’avère sceptique. Et quand le livre « disparait », il devient plus que compliqué de la convaincre de son existence. Aucune trace du dit roman sur internet ou au catalogue de l’éditeur… Quitte à en perdre la raison, Constantin part à la recherche du titre fantôme qu’il a pourtant bien eu entre les mains. L’auteur se faisant discret, l’éditeur affirmant que ce titre n’a jamais fait partie de sa bibliographie, il ira jusqu’à écrire à ses amis littéraires (Jean-Philippe Toussaint, Olivier Rolin et Antoine Volodine) pour tenter d’élucider le mystère…

 

Je me suis régalée, c’est aussi simple que ça. J’adore qu’on me raconte des histoires et Colombe Boncenne, avec son petit côté sale gosse maligne, le fait à merveille. Comme neige est donc l’histoire d’un livre qui n’existe pas. Un livre qui se dérobe et qui obnubile notre héros au point de mettre sa vie entre parenthèses pour en prouver l’existence.

 

Fascinant de voir la toile se tisser sous nos yeux… Étonnant ce jeu de dupe qui brouille les frontières entre réalité et fiction… Piégé, le lecteur se retrouve au cœur d’une enquête obsessionnelle dont il est finalement le principal acteur. L’écriture de Colombe Boncenne est séduisante, ludique et un brin culottée. Maitrisé de bout en bout, son premier roman est un jeu de marelle où on oscille constamment d’un pied sur l’autre… Un vrai bonbon à faire doucement fondre sous la langue pour en apprécier toutes les saveurs…!

 

 

Les avis de Clara, Charlotte, Delphine-Olympe, Laure, Nicole

 

 

Au hasard des pages : « Émilien Petit orchestrait habilement les récits et emportait son lecteur dans une mise en abyme vertigineuse : on cherche ce qu’on cherche pour chercher à se chercher (ou quelque-chose de cet ordre-là). Quand je l’avais lu la première fois, j’avais été bouleversé par ce texte. Je compris, en le parcourant à nouveau, ce qui m’avait tant ébranlé : je pressentais qu’Hélène m’échapperait toujours et que je ne cesserais de lui courir après ; ce texte me confrontait au fait que c’était moi que je ne cesserais de chercher. » (p. 47)

 

 

Éditions Buchet-Chastel (Janvier 2016)

Collection Qui Vive

115 p.

 

Prix : 11,00 €

ISBN : 978-2-283-02939-8

 

 

Challenge-Rentrée-littéraire-janvier-2016

L’odeur des garçons affamés – Frederik Peeters / Loo Hui Phang

L.10EBBN002384.N001_LodGarAff_C_FR1872, au lendemain de la guerre de Sécession.  L’Ouest et ses grands espaces. Des terres sauvages à perte de vue. Des terres inexploitées que l’homme blanc compte bien conquérir et s’approprier au plus vite tant les richesses qu’elles recèlent sont inestimables…

 

Au cœur de cet eldorado inespéré, une petite expédition venue en éclaireur étudier ce nouvel espace et les peuples autochtones qui l’occupent. Du moins pour l’instant… Bientôt, une nouvelle civilisation naîtra sur les restes des peuples indiens voués à rapidement être décimés par les colonisateurs…

 

Première étape, cartographier, photographier les lieux et faire l’inventaire des natifs. C’est l’objectif de l’ingénieur Stingley bien décidé à trouver le lieu idéal pour réaliser son rêve de civilisation parfaite. Financé par une mystérieuse organisation privée, il arpente la région carnet de notes et de croquis en mains. A ses côtés, le photographe Irlandais Oscar Forrest, dandy au passé trouble, et le jeune Milton, corvéable à merci. Des motivations variées pour ces trois hommes qui n’ont rien en commun si ce n’est quelques secrets inavouables qu’ils préfèrent garder enterrés. Ils devront pourtant faire face à des esprits insaisissables, des Comanches déterminés à défendre leurs terres, un chasseur de primes tenace et des désirs difficiles à étouffer…

 

Un titre volontairement provocateur pour un western étonnant qui surfe sur les codes du genre tout en les triturant dans tous les sens, tout pour me plaire ! D’emblée, les différents personnages interpellent. A première vue caricaturaux, ils apparaissent très vite dans toute leur ambiguïté, leur mesquinerie et leurs failles. Profondément égoïstes, lâches, astucieux et malins, ils se révèlent très vite gouvernés par leurs envies et leurs désirs irrépressibles. Humains, trop humains… 

 

Troublant, L’odeur des garçons affamés met à nue les relations humaines dans toute leur complexité. Au dessin, Frederik Peeters se surpasse, magnifiant les grands espaces tout en arrivant à souligner les zones d’ombres de personnages des plus ambivalents. Des images fortes, une incursion aussi fascinante que déroutante dans un fantastique échevelé, une nature sublimée, une magnifique histoire d’amour, le western dépoussiéré par Peeters et Hui Phang a un petit côté dépravé et extrêmement actuel qui me réjouit. Du très bon !

 

 

Jacques en parle aussi aujourd’hui

 

A découvrir : Le blog de Loo Hui Phang - Le tumblr de Frederik Peeters

 

 

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Éditions Casterman (Mars 2016)

112 p.

 

Prix : 18,95 €

ISBN : 978-2-203-09717-9

 

 

BD de la semaine saumon

C’était ma BD de la semaine…

…aujourd’hui chez Stephie

Je sais que tu sais – Gilles Abier

abier

 

Six balles dans le corps à bout portant… De sang-froid.

 

Trois ans après Axelle attend de pouvoir parler à l’assassin de son frère. Dans ce parloir sinistre, alors que son cœur s’accélère et qu’elle peine à trouver son souffle, elle va enfin pouvoir se confronter à lui, regarder en face celui qu’elle avait fui du regard pendant toute la durée du procès. Pour comprendre. Tenter d’avancer. Pardonner peut-être, qui sait… 

 

Bastien était le meilleur ami de Martial. Mais il n’a pas hésité. Six balles, six… Dans quelques minutes, il sera en face d’elle. Peut-être qu’elle saura alors ce qu’il lui a écrit dans cette lettre qu’elle n’a jamais osée ouvrir…

 

Il n’y a pas à dire, le format court sied à merveille à Gilles Abier (à lire si ce n’est pas déjà fait La piscine était vide, Un de perdu et Comment je me suis débarrassé de ma mère)… Cette collection proposant aux adolescents des titres courts, forts et percutants « pour réfléchir, comprendre, s’émouvoir, se libérer » lui va comme un gant. Plongé dans les pensées de la narratrice, le lecteur perçoit sa colère, sa haine et son mal-être. La voix d’Axelle est d’une grande justesse, partagée entre la douleur immense, l’incapacité de faire son deuil et la nécessité d’avoir des réponses. Quel qu’en soit le prix…

 

Gilles Abier joue avec les silences et les non dits, avec nos nerfs aussi. Lentement, le portrait du frère assassiné se dessine en même temps que celui de son assassin. En même temps que l’héroïne, le lecteur découvre les zones d’ombre de ce sordide fait divers, se rend compte de la personnalité ambivalente de Martial, devine les motivations d’un geste qui apparait comme désespéré…

 

Quel plaisir de retrouver la plume de Gilles Abier..! Peut-être moins mordante et acide que dans certains titres de l’auteur qui provoquent ou prennent littéralement aux tripes mais tout aussi percutante et subtile. Dans Je sais que tu sais elle explore avec justesse les affres de l’âme humaine, sondant la psychologie de personnages plus complexes et troubles qu’il n’y parait… Et si la fin peut paraître à première vue expéditive, elle n’en est pas moins la seule qui ait du sens…

 

Un titre qui marque et une nouvelle pépite jeunesse que je partage avec Jérôme, comme chaque mardi (ou presque…)

 

 

Les avis de Livresse et Nadège

 

 

Premières phrases : « J’ai les mains moites. J’ai beau les frotter à plat sur mon jean, elles suent, elles suintent. Je ne suis pas quelqu’un qui transpire pourtant. Je peux danser une heure, courir vingt minutes, buller sous deux couettes, je reste au sec. Ça énervait mon frère d’ailleurs. Mon côté « poupée de porcelaine », comme il disait, jamais chiffonnée. Le teint frais. La tenue impeccable. Une vraie princesse, quoi ! Mais ça, c’était avant.
C’était quand il était encore vivant. Aujourd’hui, j’ai le nez percé, le regard fatigué et le vide au ventre. »

 

 

Au hasard des pages : « Il en faut de l’énergie pour vivre de rage et d’amertume. Je parie que les gens se tuent non pas pour arrêter ce combat compulsif qui les anime, mais parce qu’ils se désolent de ne plus avoir assez de force pour le mener. Ça maintient debout la haine, ça aide à se lever le matin, ça permet d’affronter le bonheur des autres, même si ça use, même si ça bouffe, même si ça détruit.

Je n’aime pas celle que je vois dans le miroir de la salle de bains. Elle m’est inconnue. Ce n’est pas moi. Ce n’est plus moi. » (p. 58)

 

 

Éditions Talents Hauts (Février 2016)

Collection Ego

96 p.

 

Prix : 8,00 €

ISBN : 978-2-36266-142-6

 

 

pepites_jeunesse

Les contes de la ruelle – Nie Jun

contes-ruelle-gallimard

 

Une petite bulle de douceur où on se sent instantanément bien…

 

Pénétrez dans la ruelle et faites connaissance avec ses habitants. On y vit paisiblement, au rythme des saisons. On y partage les rires, quelques souvenirs, parfois plus. Au cœur de ce quartier paisible du vieux Pékin, une petite fille prénommée Yu’er (« enfant-poisson » en chinois) vit avec son grand-père, Doubao. Une relation tendre et fusionnelle où chacun apporte à l’autre ce dont il a besoin.

Chaque jour, l’ancien facteur véhicule sa petite fille sur son vélo ou dans une petite carriole bricolée. Infirme, les jambes de la petite fille ne la portent pas. Mais qu’importe, elle est débrouillarde, pleine de vie, et entend bien réaliser ses rêves…

 

Un bel album dans lequel on s’installe confortablement dès les premières planches. La relation entre ce grand-père et sa petite fille fait plaisir à voir. Il y a une vraie douceur entre eux, une étroite connivence qui se passe parfois de mots. Doubao est à l’écoute, prêt à tout pour égayer et faciliter la vie de sa petite fille. Avec des petits riens et des trouvailles presque magiques, il enchante un quotidien qui aurait pu être morose. Yu’er, pleine de pep’s et d’optimisme, a choisi quant à elle de ne voir que le beau… Prendre de la hauteur pour apprendre à nager sans piscine… Partir à la chasse aux insectes et assister à un récital improvisé… Redécouvrir le plaisir de l’épistolaire et faire un plongeon dans le passé… Peindre la vie en rose…

 

Quatre nouvelles empreintes de poésie et d’une vraie tendresse. Un soupçon de nostalgie, un brin de magie et tout s’illumine. Comme le dessin de Nie Jun, dont je suis tombée immédiatement sous le charme. Mixant avec bonheur la culture européenne et la sensibilité asiatique, son style est d’une grande douceur.

 

Un joli coup de cœur pour ce bel album douillet et touchant qui a su titiller mon âme d’enfant… que je partage avec Jérôme

 

 

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Éditions Gallimard (Mars 2016)

128 p.

Traduit du chinois par Nicolas Grivel, Qingyuan Zhao

 

Prix : 18,00 €

ISBN : 978-2-07-066399-6

 

 

BD de la semaine saumon

C’était ma BD de la semaine…

…aujourd’hui chez Jacques

Le sorcier vert – Valentine Goby / Muriel Kerba

sorcier vert

 

J’aime beaucoup l’idée de cette collection…

 

L’illustrateur laisse libre court à son imagination, sans être guidé par une quelconque histoire. Les illustrations ne sont confiées à l’auteur qu’une fois terminées. A l’auteur de s’en emparer pour bâtir son histoire en les agençant à sa guise.

 

Ici, ce sont les illustrations « végétales » de Muriel Kerba qui ont servi de terreau à Valentine Goby. Et c’est l’histoire vraie de Sebastião Salgado, photo-journaliste brésilien reconnu internationalement, qu’elle a choisi de raconter. L’histoire d’un combat, celui de toute une vie, pour tenter de replanter la forêt de son enfance…

 

Sebastião revient chez lui. Les hommes et leurs faiblesses n’ont plus de secrets pour lui. La Terre, il l’a arpentée de long en large. Partout des conflits, des guerres et du sang. Partout la haine et la misère immortalisées sur pellicule. Mais il fallait ça « pour que personne n’ignore comment les hommes vivent. »

 

Las, Sebastião rêve de se ressourcer dans le pays de son enfance. Un pays vert, vivant, vibrant. Mais à son arrivée, c’est la désolation… « Il ne retrouve rien. Plus de champs. Plus de bétail. Plus de forêt. Le père de Sebastião se balance dans un fauteuil devant la maison délabrée, maigre silhouette au milieu des collines entièrement pelées. L’air brûlant tremble comme un voile d’eau, et floute la terre ocre à perte de vue. Pas un cliquetis d’insecte. Pas un cri d’oiseau. De la poussière et du silence. » 

Sebastião ne peut pas se résoudre à un tel massacre. Il a besoin de beauté. Et la forêt, il la replantera. Avec l’aide des quelques irréductibles qui n’ont pas déserté cette terre aride… Qu’importe le temps que ça prendra…

 

« Tous ensemble ils creusent, plantent, arrosent, taillent.

Une forêt à hauteur d’épaule.

Une forêt à hauteur de nuque.

Une forêt plus grande qu’un homme.

Des sources jaillissent sous les racines. »

 

Incroyable symbiose entre les mots de Valentine Goby et l’univers foisonnant de Muriel Kerba. Des entrelacements étranges et presque hypnotiques, un fouillis de végétaux de toutes formes où s’invitent maisons et chemins, des fleurs incroyables, un vrai paysage fantasque, à la frontière du rêve et de la réalité, entre nature folle et béton. Et au cœur de cette forêt de papier, le défi fou d’un doux rêveur persuadé que la persévérance et la volonté farouche sont capables de venir à bout de la stupidité des hommes…

Et elle est belle cette naissance à laquelle nous avons le privilège d’assister. Du vert. Du beau. De la vie…

 

Un conte écologique pour éveiller les consciences à glisser entre toutes les mains. La douceur et la plume tout en nuances de Valentine Goby, l’univers poétique et enchanteur de Muriel Kerba… et une nouvelle pépite jeunesse que je partage avec Jérôme, comme chaque mardi ou presque…

 

 

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Premières phrases : « Le soleil frappe le visage de Sebastião. Son corps est lourd. Il ne veut pas se lever. Sur la table de nuit, l’appareil photo le fixe. Cet oeil-là, son troisième œil, ne dort jamais. Depuis trente ans il capture les guerres, les famines, l’exil, le travail et la misère à travers la planète, pour que personne n’ignore comment les hommes vivent. Sebastião est l’un des meilleurs photojournalistes au monde. Ce matin, Sebastião est las des souffrances des hommes. Le chagrin le submerge.
Sous ses paupières surgissent les paysages enchantés de son enfance : la forêt contemplée depuis les branches d’un jequitiba, à cinquante mètres au-dessus du sol, et qui mousse de colline en colline autour de la ferme de son père ; la palpitation des feuilles et des ailes d’oiseaux sous la canopée ; les pommes de pin géantes qu’on casse à coups de caillou pour en déloger les graines au goût de crème ; les grenouilles qu’on débusque au fond des sources, émeraude, topaze, améthyste, comme des pierres précieuses ; les muscles des chevaux au galop ondulant sous ses cuisses.
Épuisé, il décide de rentrer chez son père. »

 

 

Éditions Thierry Magnier (Mars 2016)

Collection Les décadrés

40 p.

 

Prix : 16,80 €

ISBN : 978-2-36474-530-8

 

pepites_jeunesse

Dans les bois – Emily Carroll

dans les bois

« Promenons-nous dans les bois,

pendant que le loup n’y est pas… »

 

 

Dans les bois… On s’y promène, on s’y perd, on s’y réfugie…

 

On y cache de lourds secrets, on s’y révèle…

 

On y croise parfois des êtres étranges ou monstrueux qui attendent tranquillement leur heure, tapis dans l’ombre…

 

Cette semaine j’ai jeté mon dévolu sur des contes horrifiques. Persuadée d’avoir le cœur bien accroché, je me suis lancée détendue et relativement confiante dans cette lecture. Passée les premières planches je faisais déjà moins ma maligne… Passée la première histoire encore moins… J’ai flippé. Vraiment. Emily Carroll s’y entend pour effrayer le lecteur. Et elle ne le ménage pas. Angoisse savamment maintenue, univers macabre et inquiétant, personnages ambigus, subtilement troublants ou réellement menaçants, je n’ai pas cessé d’avoir le trouillomètre à zéro. Et le pire c’est que j’ai aimé ça…

 

« Elle venait de la forêt (comme la plupart des choses étranges) »

 

Une jeune femme qui va révéler sa véritable nature… Des monstres parasites qui guettent la proie idéale… Des disparitions mystérieuses au cœur d’un paysage enneigé… Des mensonges aux lourdes conséquences…  Des esprits qu’on fait semblant de convoquer… Des complaintes nocturnes qui sonnent comme des accusations… Cinq nouvelles dans ce beau roman graphique (L’Hôte, Son visage ensanglanté, Mon amie Janna, La maison voisine et La dame aux mains froides), cinq ambiances qui mettent les nerfs à rude épreuve, mettent parfois profondément mal à l’aise et font littéralement froid dans le dos. Et pourtant, curieusement, on reste fasciné…

 

Sous l’épaisse couverture rigide, les illustrations à dominante de noir, blanc et rouge captent le regard. Se jouant de nos peurs enfantines, l’auteure varie les styles et les couleurs d’une histoire à l’autre, s’affranchissant des codes et expérimentant toutes les audaces.

Emily Carroll est une jeune illustratrice canadienne vivant à Londres. Dans les bois est son premier ouvrage, sa version publiée en ligne a déjà récolté deux Eisner Awards (meilleur recueil et meilleure histoire courte), le prix Ignatz du meilleur recueil et le prix British Fantasy du meilleur roman graphique. Rien que ça. Craig Thompson lui-même en est fan… Et on le comprend. Cruels, angoissants, malsains et fascinants, ses contes que Edgar Allan Poe n’auraient pas renié filent les chocottes. A lire bien enfoui sous la couette (après avoir vérifié qu’aucune créature n’a élu domicile sous le lit, on n’est jamais trop prudent…!)

 

 

Les avis de Charlotte, Clarabel

 

Le site d’Emily Carroll

 

 

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Éditions Casterman (Janvier 2016)

208 p.

 

Prix : 22,00 €

ISBN : 978-2-203-09751-3

 

 

BD de la semaine saumon

C’était ma BD de la semaine…

…aujourd’hui chez moi !

 

La BD de la semaine c’est aussi chez…

 

 

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            Mo’                              Jérôme                           Stephie                          Stephie

 

 

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            Maël                              Jacques                          Hervé                           Marion

 

 

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          Yaneck                          Sabine                            Bouma                           Caro

 

 

charlotte   helene   nathalie   bouffon

         Charlotte                        Hélène                            Nathalie                          Louise