♥ Coups de cœur BD 2017 ♥

Encore une bien belle année BD !

 

Une petite cinquantaine d’albums chroniqués, des bulles en pagaille, de bien belles surprises…

Des mercredis passés en compagnie de la jolie bande d’accros aux bulles…

Des coups de cœur, des coups de foudre, des coups d’amour…

Du Zidrou, beaucoup de Zidrou, et du bon, du très bon…!

 

Et ceux qui restent cette année…

 

Petit coup d’œil dans le rétroviseur en attendant 2018 !

Un p’tit clic sur la couverture pour découvrir ou redécouvrir mes billets…

 

 

Les meilleurs albums de l’année…

 

     

  

 

 

Ces suites qui tiennent toutes leurs promesses…

 

     

 

 

Ces rencontres qui marquent…

 

     

  

 

 

Ces OVNIS qui font tellement de bien…

 

  

 

 

Et ces pépites jeunesse qu’on aime partager …

 

        

  

 

Et vous, quels sont vos coups de cœur BD de l’année ?

 

BD de la semaine saumonChez Mo’

♥ Littérature jeunesse : coups de cœur 2017 ! ♥

Alors que 2018 pointe presque le bout de son nez,

il est temps de revenir sur ces romans de littérature jeunesse qui ont fait mon année !

Une année marquée à nouveau par le rendez-vous « pépites »

partagé chaque mardi avec mon complice Jérôme,

 

Parmi les 34 pépites jeunesse dénichées cette année, de vrais trésors…

Un p’tit clic sur la couverture pour découvrir ou redécouvrir mes billets…

 

Les pépites des pépites… ♥

 

       

La série qu’on aime d’amour…

 

 

Ces auteurs chouchous…

 

            

Ces petits textes qui frappent si fort…

 

           

Et les concentrés de bonne humeur…

 

     

 

Du beau, du doux, du pétillant, du drôle, du fort… on en redemande…!

Rendez-vous en janvier pour de nouvelles découvertes partagées avec Jérôme,

comme chaque mardi…!

 

pepites_jeunesse

 

Retour sur les pépites de l’année 2017…

 

Sauveur et Fils T2 de M-A. Murail

Les mains dans la terre de C. Ytak

Des poings dans le ventre de B. Desmares

A la dure de R. Corenblit

S’aimer… de C. Roumiguière

Y a pas de héros dans ma famille de J. Witek

Théo, chasseur de baignoires en Laponie de P. Prévot

Phobie de Fanny Vandermeersch

Une mère à Brooklyn d’I. Chabbert

Le groupe de J.P Blondel

Rage d’O. Charpentier

Sauveur et fils saison 3 de M-A. Murail

Car Boy d’A. Loyer

Nils et Zéna de S. Deshors

Ma grand-mère est une terreur de G. Guéraud

Dans les dents ! Une vie d’ogre de G. Dorémus

Quart de frère, quart de sœur de S. Adriansen

Tu vois, on pense à toi de C. Ytak

La camionnette blanche de S. Knapp

Naissance des cœurs de pierre d’A. Dole

Le journal de Gurty T3 de B. Santini

Dans la forêt de Hokkaido d’É. Pessan

Une fille de… de J. Witek

Pablo de la Courneuve de C. Roumiguière

T’arracher de C. Desmarteau

Roméo, moustique sympathique de L. Blanvillain

A quoi tu ressembles ? de M. Wiéner

Les optimistes meurent en premier de S. Nielsen

D’un trait de fusain de C. Ytak

Miss Pook et les enfants de la lune de B. Santini

Kill the Indian in the Child d’E. Fontenaille

Les chroniques d’Hurluberland T2 d’O. Ka

16 nuances de premières fois de Collectif

Petite / Les Nivuniconnus – Jo Hoestlandt

Ces rêves qu’on piétine – Sébastien Spitzer

« Un pas. Une pierre. Un chemin de poussière. Un printemps qui bourgeonne. Au fond bruit un torrent.

Des bruits. Mille pas. Tous aussi mal cadencés. […]

Il sait qu’ils sont des milliers comme lui, à arpenter les routes des territoires de l’Est. Des cohortes de guenilles maculées de mois de crasse, tiraillées par le manque. La faim, la soif, les proches, l’avenir. Des cadavres en mouvement. Survivants comme lui. Il en reste. Ils sont là. Ils marchent en colonnes ordonnées. Aimé baisse la tête. »

 

C’est la fin de la 2ème Guerre Mondiale. Une fin qui n’en finit plus. Un temps de fin du monde. L’enfer encore.

 

Sur les chemins, des hommes et des femmes. Parmi eux, Aimé. Judah. Et puis, Fela et Ada.  Une mère et une fille. Liées. Infiniment. Malgré tout. « Avancer. Continuer. Oublier ces éreintements, ces courbatures et tous ces mauvais coups à l’épaule, à la main, au dos, aux pieds. Oser dire que la douleur passera, qu’elle finira par disparaitre. »

 

C’est le moment des derniers combats. Des dernières luttes. Des derniers jours de guerre. Des « dernières heures du funeste régime ». Berlin est assiégée. « Des ruines d’illusions. Un théâtre qui s’effondre. » Magda Goebbels, elle, se terre. Dans un bunker. Avec « les derniers figurants de ce qui reste du IIIe Reich ». « Des zombis du bunker [qui] vivent en marge du monde. » Avec six de ses enfants, Magda, peu à peu, s’effondre, « avec le souffle court de ceux qui sont hantés, effarés de l’intérieur, paniqués de partout. » Se résout à la fin et doit se défaire de tout, « tout ce qui avait fait d’elle une grande dame, respectée, exaltée, prise pour modèle par des millions de femmes. Magda n’aura plus de printemps, ni de villa, ni de jardin, ni de jasmin. »

 

En filigrane de ces destins, entre vainqueurs et vaincus, entre victimes et bourreaux, un rouleau de cuir caché et transmis. Une sacoche faite de mots figés. Qui disent. Racontent. Témoignent de ces vies effacées. Volontairement. « La mémoire des camps. » Parmi ces mots, parmi ces lettres, il y a celles de Richard Friedländer. Le père de Magda. « Ma fille, J’aimerais tant que mes mots aient un peu de sens à tes yeux. Non qu’ils aient du poids. Je n’y prétends pas. Je souhaiterais qu’ils retiennent un instant ton attention… »

 

J’ai aimé ce livre. Sa langue d’écriture. Tendue, sèche et juste. L’histoire racontée évidemment. Et ces voix multiples. Fortes. Dures. Fela, Ava, Lee… J’ai aimé cet écho entre ce père Richard Friedländer et sa fille Magda Goebbels. « L’architecture » de ce premier roman est incroyablement maitrisée. Très intelligente. Le travail documentaire est épatant.

La fiction pour raconter. Pour sauver les oubliés, les effacés, les anonymes, les disparus. Pour sauver les morts. « Un jour, on se souviendra de lui comme de tous ceux qu’on a voulu faire disparaitre, en vain. » Pour sauver l’histoire. Et pour ne pas oublier.

J’ai aimé ce roman. Beaucoup. Et pourtant je suis restée un peu en dehors. A la lisière. Peut-être pour me protéger. De l’horreur, des souffrances, des lâchetés, de l’humain. De cette Histoire. Vraie.

C’est un livre à découvrir. A lire. Un livre peut-être nécessaire. Pour ne pas oublier. Pour ne jamais recommencer. Et pour aimer la vie. Pleinement.

 

(J’ai eu un mal fou à écrire ce billet, tant j’avais noté de passages, de bouts de phrases, de mots. Tant je crois, je suis encore bouleversée, secouée plus justement par ce 1er roman lu il y a déjà plusieurs nuits. Finalement je ne suis peut-être pas tant restée en dehors que je veux bien l’écrire…)

 

 

EXTRAITS

 

« Reste la nuit. Lourde. Vide à tous ceux qui ont peur, à ceux qui désespèrent, se trompent. Cette nuit est aussi pleine que les autres. Féconde. Mystérieuse. Imprévisible. Elle s’est insinuée de l’autre côté des murs. L’heure des souffles de vie. L’heure des silences.

Dans cette vaste grange se jouent des scènes d’une farce affreuse. Ses murs portent des ombres aux gestes répétitifs : bras écartés, chute, bras écartés… et les mitrailleuses lourdes crachent d’autres salves, au pif.

L’heure de Judah a sonné. »

 

 « La femme pose le fusil sur la table et baisse la nuque. Fela fait le tour d’elle, la renifle, découvre les traces de coups à la base de son cou. Des bleus. Dans son cou, des griffures. La guerre est animale. C’est le moment des instincts, de la brutalité faite loi. La prise devient l’usage. La conquête passe très naturellement des territoires aux chairs. Les deux femmes ont subi l’homme et sa guerre, l’épanouissement de son souffle, la conquête de son râle, étouffé, enroué, presque rauque, puis insane. »

 

« Magda observe sa taille, ses hanches bien dessinées, le creux de son bassin. C’était cela, la féminité. Ce creux appelé à grossir. Cette déformation de soi. Que reste-t-il d’une femme quand elle devient une mère ? Magda en veut encore à ces corps d’hommes qui ne changent pas, ou peu. Pourquoi fallait-il que les femmes perdent de leur grâce pour trouver leur place parmi les hommes et les autres femmes ? »

 

 

 

Merci aux fées pour cette découverte (pour lire tous les billets c’est par ici ). Merci aussi à Joëlle pour son billet partagé et lu aux étudiants, un pluvieux vendredi après-midi (Pour lire son avis, c’est par là)

 

Les jolis mots aussi de Leiloona et de Jérôme !

 

 

En vous souhaitant, les copains, de très belles fêtes de fin d’années 

 

 

Ces rêves qu’on piétine, Sébastien Spitzer, Les Éditions de L’Observatoire, 2017

Migrant – Colfer / Donkin / Rigano

Quatorze personnes entassées dans un bateau gonflable prévu pour six. Il fait nuit noire, le froid s’insinue sous les vêtements, et Ebo et son grand frère Kwame tentent de garder espoir. Ebo, lui, n’aurait pas dû être là…

 

Dix-neuf mois plus tôt, il vivait encore dans son village au Niger. Sa sœur, Sisi, était déjà partie depuis plusieurs mois tenter sa chance à Londres. Depuis, elle n’avait plus donné de ses nouvelles. Et voilà que son frère disparaissait à son tour. A 12 ans, Ebo n’avait pas tardé à prendre sa décision… Il partirait à leur recherche. Seul mais déterminé, prêt à prendre tous les risques pour un voyage dont l’issue était plus qu’incertaine…

 

Et la route sera longue… Le Sahara et ses pièges, l’inhospitalité des rues de Tripoli, la traversée à hauts risques de la mer Méditerranée à bord d’une embarcation de fortune, l’arrivée dans un centre de réfugiés en Italie… Un seul espoir guide les pas d’Ebo, retrouver les siens et démarrer enfin une nouvelle vie.

 

Un roman graphique d’une grande sensibilité pour dire l’exode et le déracinement. L’histoire tragique de tous ceux qui font le douloureux choix de l’exil pour échapper à l’arbitraire, fuir la pauvreté, la guerre, la torture ou la barbarie. Quitte à mettre son avenir entre parenthèses. Dans les yeux d’Ebo, une furieuse rage de vivre, une détermination inébranlable et l’incompréhension aussi, face à ces actes qui n’ont souvent rien d’humain…  Dans les chants d’Ebo, la promesse d’un Ailleurs meilleur, l’espoir des retrouvailles et ce réflexe de survie, chevillé au corps…

 

Si le lecteur sait plus ou moins à quoi s’attendre en suivant les pas d’Ebo, il faut reconnaitre que le procédé narratif choisi par les deux scénaristes est intelligent. Deux récits alternent et se font écho. Au « présent », la traversée de l’océan des deux frères enfin réunis, au « passé », la traversée du désert du jeune Ebo parti rejoindre Kwame. Dix-neuf mois séparent ces deux époques. Dix-neuf mois que le lecteur va revivre grâce aux souvenirs d’Ebo.

 

Pour pouvoir imaginer le destin d’Ebo, les deux auteurs se sont inspirés d’un ensemble de faits réels, de témoignages, de faits d’actualité. Un récit grave et terriblement d’actualité sublimé par le dessin et la mise en couleurs de Giovanni Rigano. Un trait doux, rond et d’une grande lisibilité qui accompagne les jeunes lecteurs de manière intelligente sans jamais édulcorer le propos.

 

Vous l’aurez compris, Migrant est un très beau roman graphique à mettre d’urgence entre toutes les mains…

Éditions Hachette Comics (Octobre 2017)

144 p.

 

Traduit de l’anglais par Pascal Bataillard

Prix : 17,95 €

ISBN : 978-2-01-290553-5

 

 

BD de la semaine saumon

D’autres bulles à découvrir chez…

 

 

           

          Saxaoul                         Nathalie                         Antigone                          Blandine

 

 

           

            Karine                             Fanny                               Moka                    Un amour de BD

 

 

           

           Mylène                             Stephie                          Blondin                               Mo’

 

 

         

            Jérôme                            Sab                                Natiora                             Hélène

 

 

            

             Laeti                            Khadie                           Azi Lis                            Sandrine

 

 

    

            Faelys                            Sabine

Petite / Les Nivuniconnus – Jo Hoestlandt / Clémence Dupont

Deux courts textes en recto-verso, deux textes en miroir qui se font écho et disent l’essentiel en quelques mots. Deux textes qui se prêtent à la lecture à voix haute, pour insuffler doucement de belles valeurs dans les têtes des plus jeunes…

♦ ♦ ♦ ♦ ♦

 

« – Quelle lettre vous préférez ? me demande la jeune fille au fond de la classe… Jamais personne ne m’avait demandé cela, et pourtant, c’était une vraie question, pour un écrivain ! »

 

Au milieu de tous les visages tournés vers l’auteure, il y a soudain cette question incongrue venant d’une petite fille dont Jo Hoestlandt a « oublié le nom, le visage, le sourire, les yeux, tout sauf les mots qu’elle a prononcés ». Une jolie question, et une réponse, le O qui embrasse et entoure les gens qu’on aime. Mais est-ce que le O ne serre pas un peu trop…? Est-ce que le C qui pose doucement la main sur l’épaule mais n’emprisonne pas ne serait pas mieux…? La vérité, simple et belle, qui sort de la bouche d’une enfant du voyage qui « s’y connait si bien en liberté »

 

 

« Des étrangers, arrivés dans une caravane. On ne savait d’où ils venaient. Jusqu’ici, on ne leur avait guère prêté attention. Mais là, les gens commencèrent à se poser des questions. »

 

Quand les Nivuniconnus se sont installés dans la ville sans histoire, des évènements tout à fait extraordinaires se sont produit. Des apparitions inquiétantes, des disparitions qui l’étaient tout autant. La faute à ces sorcières, assurément. Des étrangers dans des maisons à roulettes, aux vêtements bariolés, qui parlent aux plantes et concoctent de drôles de potions magiques…. Rien de très rassurant, rien de très habituel, rien de très normal. Qu’importent les explications rationnelles qu’on leur met sous le nez, il est urgent de se méfier…

 

Les mots précieux de Jo Hoestlandt et les illustrations talentueuses de Clémence Dupont pour deux petits bijoux. Deux textes qui disent le vivre ensemble et le respect de l’autre. Deux textes qui se répondent et plantent de la plus belle des façons des petites graines de tolérance. Deux fenêtres ouvertes sur l’autre et sa culture. Une simplicité à hauteur d’enfant. Ça n’a l’air de rien. Mais ça dit tellement…

 

Une pépite comme on les aime que je partage avec Jérôme, comme chaque mardi.

 

Éditions du Pourquoi pas ? (Mars 2017)

Collection Faire société

36 p.

 

Prix : 6,50 €

ISBN : 979-10-92353-33-4

 

pepites_jeunesse

Grossir le ciel – Franck Bouysse

Grossir le ciel est le roman du silence. Silence de la nature endormie dans son sommeil hibernal. Silence des âmes âpres et solitaires habituées à la quiétude des matins et aux longues journées de labeur. Silence des sentiments tus quand le temps qui passe enterre les souvenirs qu’on voudrait pouvoir oublier…

 

Gus n’a pas vraiment choisi cette vie de peu mais c’est la sienne. Il ne compte plus les années passées aux Doges, ce petit village reculé au fin fond des Cévennes, « un drôle de pays de brutes et de taiseux ». Il ne compte plus les heures à trimer et suer sang et eau dans les champs et auprès de ses bêtes. La solitude en guise de manteau, la rudesse en guise de carapace et le silence assourdissant comme compagnon intime dans cette nature austère qu’il connaît par cœur…

 

Gus a Mars, son chien. Peut-être son seul ami. Lui non plus ne dit pas grand chose. Il ne prend pas trop de place et met ses pattes dans les pas de son maître. Gus a aussi Abel. Son seul voisin. Pas vraiment un ami mais ce qui s’en rapproche le plus. Quelques coups de main, quelques verres pour vaincre la solitude en lieu et place de ces confidences qu’on ne se fait pas entre hommes peu familiers des mots qui lient.

Rien ne change, aux Doges. La vie s’écoule, immuable, parce que c’est ainsi que les choses vont. Alors quand le quotidien se teinte d’étrangeté, quand l’inexplicable s’invite sans crier gare dans le dessin habituel des jours sans surprise… il y a de quoi voir grossir le ciel…

 

« Il y avait aussi des couleurs qui disaient les saisons, des animaux, et puis des humains, qui tour à tour espéraient et désespéraient, comme des enfants battant le fer de leurs rêves, avec la même révolte enchâssée dans le cœur, les mêmes luttes à mener, qui font les victoires éphémères et les défaites éternelles. »

 

Ou comment mettre sa propre vie en suspens l’espace de quelques heures… S’immerger totalement et irrémédiablement dans cette toile qui se tisse sans bruit et se resserre au fur et à mesure que les pages se tournent. Prendre racine dans cette nature qui pèse de tout son poids, ressentir le froid qui s’insinue dans les moindres interstices, tâter la rudesse qui sert de carapace à ceux qui n’ont pas grand chose d’autre pour se protéger. Et la vie va. Silencieuse et pleine de secrets dormants. Capricieuse et imprévisible…

 

Tout va crescendo dans ce roman d’ambiance où seuls comptent les cœurs qui battent et qui hésitent. Et tout est beau. Une langue superbe, charnelle, terrienne, où chaque mot est à sa place, au plus près de ces solitudes qui s’affrontent, des hommes et de leurs orages intérieurs, de cette tragédie en sourdine dont on pressent les effets dévastateurs. Grossir le ciel est un roman rural à la croisée des genres qui se garde bien de choisir son camp. Un roman tendu, à l’atmosphère lourde et pesante, qui secoue et emprisonne son lecteur. Brillant.

 

Et un coup de cœur inattendu que je partage avec Moka

 

Prix SNCF du polar

 

Les avis de Aifelle, Hélène, Jérôme, Lætitia, Marie-Claude, Sandrine, Séverine

 

LGF / Le Livre de Poche (Janvier 2016)

Collection Policier

234 p.

 

Prix : 6,90 €

ISBN : 978-2-253-16418-0

Petites histoires de nuits – Kitty Crowther

« Maman, raconte-moi trois histoires, demande l’ourson.
« Trois histoires ! », s’exclame Maman Ours.
« S’il te plaît, s’il te plaît et s’il te plaît.
J’ai dit s’il te plaît trois fois. »
« Je commence par laquelle ? » interroge Maman Ours.
« Celle qui dit qu’il faut dormir », répond Ourson.
« D’accord ! »

 

 

Du rose. Du doux. Du tendre…. Il faut bien ça pour que Ourson trouve le sommeil. Et puisque trois « s’il te plaît » valent bien trois histoires, maman Ours se met à raconter…. L’histoire de cette gardienne de la nuit qui sonne l’heure d’aller se coucher mais se demande bien qui pourra l’endormir, elle. Celle de Zhora, cette petite fille à l’épée, qui cueille la plus belle mûre de la forêt pour sa maman et finit par s’y perdre. Celle de Bo, ce petit bonhomme qui ne quitte pas son grand manteau et qui aimerait bien, lui aussi, trouver le sommeil…

 

« Maintenant, choisis ton étoile pour t’emmener jusqu’à demain. »

 

Chez Kitty Crowther, tout est émerveillement. Le crépuscule se teinte de rose, les forêts sont pleines de mystères, et la magie, partout. Dans le frémissement des herbes folles, dans le silence ouaté des nuits profondes, dans les regards habités de rêves, dans les mots douillets qui appellent l’heure des songes. Et les petites histoires du soir se font berceuses… Les yeux papillonnent, les petits corps se blottissent bien au chaud sous les draps moelleux et les rêves peuvent enfin s’inviter sous les paupières fermées. Un gong magique, une gentille chauve-souris, des pierres-mots au fond de l’eau… voilà les armes de Kitty Crowther pour vaincre les insomnies et les petites peurs du coucher. Une douceur enveloppante teintée de fantaisie poétique qui donne à voir le beau…

 

Le plus joli cadeau qui soit pour les touts petits qui aiment qu’on leur raconte des histoires… ♥

 

Les avis de Cuné, Laël, Mirontaine, Nadège

 

Éditions École des Loisirs (Novembre 2017)

Collection Pastel

80 p.

 

Prix : 11,00 €

ISBN : 978-2-211-23428-3

 

Ces jours qui disparaissent – Timothé Le Boucher

Les journées de Lubin sont bien remplies. Si un job alimentaire de caissier dans une petite supérette lui permet d’arrondir ses fins de mois, le reste du temps, il le passe avec sa troupe de cirque dans laquelle il évolue comme acrobate. Quant à ses nuits, elles appartiennent à sa petite amie Gabrielle. Une petite famille qu’il s’est choisie, joyeuse et bariolée, qui compte presque autant que sa famille de cœur qui l’a adopté à la mort de ses parents quand il était encore petit garçon.

 

Jusqu’à ce jour où tout bascule. Lors d’un spectacle, Lubin fait une chute sur le crâne. Une chute apparemment sans gravité qui ne laisse aucune séquelle visible… du moins à première vue. Quand Lubin se réveille le lendemain matin après une bonne nuit de sommeil il se rend compte qu’un jour entier vient de s’écouler sans qu’il en ait le moindre souvenir…

 

Aurait-il dormi toute une journée sans s’en rendre compte ? Amnésie passagère ? Contrecoup de la chute ? Le lendemain, le phénomène se reproduit. Une nouvelle journée s’est passée « sans lui »…. Très vite, Lubin réalise qu’il est absent de son propre corps un jour sur deux. Et que c’est un autre « lui-même » qui vit sa vie à sa place pendant ses absences… Un Lubin moins bordélique, moins insouciant, très organisé, qui va petit à petit s’insinuer dans son quotidien, apprivoiser ses proches, prendre possession de son corps. Pour communiquer entre eux, ils mettent en place un système de messages vidéo enregistrés sur ordinateur. Une façon de mieux se connaître, d’appréhender l’autre et de cohabiter avec lui. Mais l’équilibre fragile devient vite bancal quand Lubin se rend compte que ses jours de présence s’amenuisent, laissant toute latitude à « l’intrus » pour s’installer confortablement et durablement dans sa vie…

 

Attention, lecture hautement addictive !!! Je ne me suis pas assez méfiée quand j’ai mis le nez dans cet album. Un peu comme quand j’attaque une tablette de chocolat en me promettant de n’en prendre qu’un carré ou deux, vous voyez le genre… J’étais assez sûre de mon coup en fait, le graphisme froid et sans grand relief me tenait un peu à distance et malgré les critiques élogieuses qui m’avaient incitée à m’y intéresser, je dois avouer que je ne m’attendais pas à un tel coup de cœur. Résultat, j’ai boulotté l’album d’une traite, complètement obsédée par cette histoire et la façon diablement habile de l’auteur de mener sa barque.

 

On s’en pose des questions tout au long de ce gros roman graphique. A chacun de ses retours, Lubin voit sa vie lui filer entre les doigts, inexorablement. A chaque fois, il engrange des souvenirs qui n’appartiennent qu’à lui. A chaque fois, il se rapproche de ses essentiels, ses piliers, ceux qui le maintiennent droit. Ils l’attendent, profitent de l’instant présent, le rassurent, toujours, mais pour combien de temps encore…? Alors que Lubin perd prise sur sa vie, son alter-ego étend son emprise… Et le lecteur est comme lui. Perdu, déboussolé, sans repères et tellement surpris de la tournure inattendue des évènements. En filigrane, l’auteur s’interroge sur ces choix qui nous façonnent, ces facettes de nous-même qui cohabitent parfois difficilement, cette part d’enfance qui demeure dans l’adulte que l’on devient…

 

Franchement, précipitez-vous ! C’est brillant, émotionnellement très fort et d’une grande intelligence. On en ressort groggy et profondément admiratif. A lire, à relire et à offrir à tour de bras…! Assurément un de mes gros coups de cœur de l’année !

 

L’info en plus : l’album fait partie des 20 titres sélectionnés par les libraires Fnac pour leur prix BD, les votes sont ouverts jusqu’au 10 décembre, foncez 😉

 

Les avis de Faelys, Mo’

 

Le blog de l’auteur

 

Editions Glénat (Septembre 2017)

Collection 1000 feuilles

192 p.

 

Prix : 22,50 €

ISBN : 978-2-344-01332-8

 

BD de la semaine saumon

… chez Moka

16 nuances de première fois

« Je n’imaginais pas ça possible. Que tu sois là, avec moi, à la frontière entre hier et demain. Parce que quelque chose va changer après ça. En moi. Pour toujours. Est-ce que tu sens que rien ne sera plus jamais pareil ? Est-ce que la peur et l’envie se confondent pour toi aussi à présent ? Je suis au bord de toi, comme on regarde dans le précipice. Cette seconde inévitable de vertige, quand tout l’esprit et tout le corps sont entraînés dans la chute, que rien ne peut plus éviter cette collision entre l’évidence et soi. Cette fracture imminente. Je comprends ce que c’est de tomber amoureux. »

 

Antoine Dole, Fixer les vertiges.

 

 

Je crois que j’aurais aimé avoir ce recueil de nouvelles entre les mains à l’âge où les questions se bousculent, où on ne sait pas trop à qui les poser ni si on a véritablement envie d’entendre les réponses qui nous seront données. Je crois que j’aurais aimé ce ton à la fois décomplexé et complètement à hauteur d’ado, j’aurais aimé qu’on ne cherche pas à m’asséner des vérités mais qu’on me laisse au contraire le champ libre d’imaginer un vaste horizon de possibles…

 

Le pari était audacieux et les 16 auteur-e-s de ce recueil le relèvent haut la main. Dire la « première fois », dire le désir et l’amour, les peaux qui s’épousent, les doutes et les angoisses de ne pas savoir faire, d’être trop ceci, pas assez cela. Des premières fois tout en nuances pour dire ce saut dans l’inconnu, les tremblements, l’invention d’un nouveau langage, la sauvagerie et la douceur mêlée… Il y a du beau, du doux, du tendre. Il y a la peur, la rage du désir, les soupirs, l’urgence des corps qui se cherchent. Il y a ces Non qu’on ne veut pas entendre, cette violence sourde parfois, ces déceptions aussi qui ouvrent un autre chemin. C’est à la fois très juste, très actuel et désarmant de naturel. C’est cru, émouvant, drôle, érotique, vivant. Loin de ces images hyper-sexualisées qui envahissent les écrans, loin des stéréotypes et des clichés de ce qui doit ou ne doit pas être.

 

« Et dans la vraie vie, faire l’amour, c’est comment ? »

 

Et ce bonheur de retrouver dans ce recueil des plumes connues et appréciées pour évoquer cette « première fois » qui ne ressemble jamais à ce qu’on avait imaginé ou prévu. Sans tabous, sans complaisance et sans fausse pudeur. Mentions spéciales à Action ou vérité de Manu Causse, Odessa de Cécile Chartre, Fixer les vertiges de Antoine Dole, Sans elle de Gilles Abier… Pour tout un tas de raisons personnelles pas tout à fait objectives, ces nouvelles m’ont touchée, émue, bousculée…

 

Un recueil à glisser entre les mains des grands ados pour leur permettre d’inventer cette première fois qui n’appartient qu’à eux…

 

Avec par ordre alphabétique Gilles Abier, Sandrine Beau, Clémentine Beauvais, Benoit Broyart, Manu Causse, Axl Cendres, Cécile Chartre, Rachel Corenblit, Antoine Dole, Chrysotome Gourio, Driss Lange, Tai Marc Le Tanh, Hélène Rice, Arnaud Tiercelin, Emmanuelle Urien et Séverine Vidal.

 

Et une nouvelle pépite jeunesse que je partage avec Jérôme, comme chaque mardi.

 

Les avis de Cathulu, Martine et Pépita

 

Editions Eyrolles (Septembre 2017)

190 p.

Recueil coordonné par Séverine Vidal et Manu Causse

 

Prix : 14,90 €

ISBN : 978-2-212-56737-3

 

pepites_jeunesse

Emma G. Wildford – Zidrou / Edith

Dès la sublime couverture, la séduction est immédiate. Deux rabats qui renferment l’album comme un bijou au cœur d’un coffret, un papier précieux qui annonce déjà l’émerveillement que fera naître le dessin raffiné d’Edith, une photo, un ticket d’embarquement, une lettre glissés entre les pages…  L’éditeur fait mouche avec cette fabrication soignée et élégante. Et déjà, la grande fan de Zidrou que je suis trépigne devant la promesse de ce nouveau voyage…

 

Dans l’Angleterre bien pensante des années 20, Emma détonne. Jamais vraiment là où on l’attend, prête à tous les écarts, la jeune femme n’a pas la langue dans sa poche et ne se prive pas de dire haut et fort ce qu’elle pense. Sa liberté dérange, tout comme ses poèmes qui étalent ses rêves et ses espoirs au grand jour.

 

Impossible pour cette rebelle en jupons d’attendre sagement le retour de son fiancé parti depuis quatorze mois pour une expédition en Laponie. S’il le faut, elle débarquera tous les jours dans les salons de la National Geographic Society pour tenter d’obtenir des informations sur le lieu où il pourrait se trouver depuis son embarquement à bord du Kinship. Dans ces cercles habituellement interdits aux femmes, Emma a la délicatesse d’un éléphant dans un magasin de porcelaine. Et si son entêtement et son aplomb agacent ou font sourire, il ne viendrait pas à l’idée des vieux sociétaires de se mettre en travers de son chemin. Sans attendre une quelconque bénédiction, Emma décide de partir à la recherche de son fiancé en montant sa propre expédition. Elle laissera derrière elle cette enveloppe que lui avait confiée Roald avant de partir. Une enveloppe qu’elle n’était censée ouvrir que dans le cas où il lui arriverait malheur. Inimaginable pour Emma. L’enveloppe restera scellée, renfermant tous ses secrets…

 

Happée dès les premières planches. Par le scénario ô combien romanesque du talentueux Zidrou, par cet incroyable portrait de femme, par les paysages sublimes de beauté qui naissent sous les crayons virtuoses d’Edith. Romanesque oui, mais pas sirupeux, loin de là… Ce serait mal connaître Zidrou. Son héroïne subjugue. Moderne, passionnée, incontrôlable, déraisonnable, entêtée, prête à piétiner les conventions et à prendre les plus grands risques pour retrouver son amour perdu. Ou pour se trouver, elle. Quitte à prendre la réalité en pleine face… L’aventure, devenue quête intime, prendra des tournants inattendus…

 

Le talent de conteur de Zidrou trouve dans le dessin élégant et aérien d’Edith un écrin à sa mesure. Coup de cœur pour cet album bijou qui vous fera voyager… et bien plus encore ! ♥

 

Une lecture que je partage avec Jérôme, lui aussi sous le charme !

Éditions Soleil (Novembre 2017)

Collection Noctambule

102 p.

 

Prix : 19,99 €

ISBN : 978-2-302-06397-6

 

 

BD de la semaine saumon

 

D’autres bulles à découvrir chez…

 

 

           

           Jérôme                          Nathalie                          Blandine                            Mo’

 

 

           

           Saxaoul                        Jacques                            Karine                           Amandine

 

 

          

            Mylène                            Blondin                           Natiora                          Azi Lis

 

 

            

   Petit carré jaune                    Khadie                             Bouma                           Caro

 

 

   

                          Sabine                                           Soukee