Défaite des maîtres et possesseurs – Vincent Message

defaiteUn conseil… Plongez dans ce roman et attendez vous à une expérience de lecture aussi déroutante que passionnante. Évitez la quatrième de couverture, oubliez tout ce que vous avez pu lire à son sujet et préparez vous à prendre une claque, une grande claque… Et encore vous serez loin du compte.

 

Le monde de Défaite des maîtres et possesseurs ressemble au nôtre, ou presque… Si vous êtes curieux, vous pourrez aisément savoir de quoi il retourne en farfouillant sur le net. Mais peut-être n’est-il pas nécessaire d’en dire plus. Peut-être est-il préférable de suivre le personnage principal et de découvrir ce monde par petites touches, comme l’a voulu l’auteur. C’est à mon sens une des grandes forces de ce roman, l’intelligence avec laquelle sont distillées les informations, la façon dont nous est donné à voir ce monde nouveau, avec ses nouveaux codes, ses interdits et ses dérives. Les révélations, subtiles ou soudaines, nous donnent certaines clés sans pour autant nous dévoiler l’essentiel. Parfois, elle nous explosent au visage et nous glacent les sangs…

 

Il en faut du talent pour souffler à ce point le chaud et le froid, amener tout doucement le lecteur à comprendre dans quel monde il est plongé, rendre les choses doucement insupportables voire même insoutenables. L’effet et le ressenti n’en sont que plus saisissants… Que ceux qui ne lisent que très peu de science-fiction ou n’apprécient pas ce genre en temps normal se rassurent. Que ce soit dans l’écriture, la tension dramatique qu’il dégage ou les questions qu’il soulève, ce roman est absolument brillant. Subtil, cruel, dérangeant, éminemment politique mais aussi profondément romanesque, il relève le pari fou de captiver tout en éveillant les consciences. Remarquable !

 

Vous l’aurez compris, ce roman est bien plus qu’un coup de cœur… A tel point que j’ai mis plus d’un mois à essayer de vous en parler. Mais croyez moi, laissez vous surprendre, acceptez d’être malmené… vous ne serez pas déçus du voyage (vous n’avez d’ailleurs plus aucune excuse, cet excellent roman vient tout juste de sortir en poche…!) (Et quant à moi, je viens de me procurer le premier roman de l’auteur, Les veilleurs, un pavé dans lequel je vais foncer les yeux fermés, Keisha en parle ici…)

 

Les avis de Cachou, Keisha, Krol, Nicole, Papillon, Pr Platypus, Sandrine, Virginie

 

Éditions Seuil (Janvier 2016)

Collection Cadre rouge

297 p.

 

Prix : 18,00 €

ISBN : 978-2-02-130014-7

La femme brouillon – Amandine Dhée

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« Le meilleur moyen d’éradiquer la mère parfaite, c’est de glandouiller. Le terme est important car il n’appelle à aucune espèce de réalisation, il est l’ennemi du mot concilier. Car si faire vœu d’inutilité est déjà courageux dans notre société, c’est la subversion absolue.

Le jour où je refuse d’accompagner père et bébé à un déjeuner dominical pour traîner en pyjama toute la journée, je sens que je tiens quelque chose. »

 

Une rencontre inattendue qui résonne longtemps. Un texte très court, une expérience intime et personnelle qui réussit le pari fou de résumer le parcours chaotique de toutes ces femmes brouillons qui tâtonnent, se cherchent et parfois ne se trouvent jamais…

 

Une petite centaine de pages constellées de marque pages. Des phrases d’une telle justesse, si déculpabilisantes, tellement réconfortantes aussi. Le tout mâtiné d’un humour et d’un recul réjouissants qui ne masquent pas malgré tout cette somme de doutes et ce gouffre d’incertitudes dans lequel nous plonge la maternité.

 

« Le monde bascule, et rien ne se voit. »

 

 

Amandine Dhée, « fruit de trois générations de mères lamentables », raconte son parcours de femme bancale et de mère en devenir et ça fait un bien fou. Empêtrée dans ses contradictions, désireuse de s’éloigner des clichés de la mère parfaite tout en collant malgré tout et malgré elle aux normes si ancrées dans notre société, l’auteure lève le voile sur ce qui ne se dit pas et met les pieds dans le plat avec une belle intelligence. 

 

Un texte féminin, féministe qui dit à merveille l’avant et l’après bébé tout en interrogeant sa propre vision de la maternité et de la féminité. Un récit abouti et sans compromis qui lui n’a rien de brouillon. Brillant et essentiel !

 

Les avis de Cathulu et Sophie

 

Éditions La Contre Allée (Janvier 2017)

Collection La Sentinelle

86 p.

 

Prix : 13,00 €

ISBN : 978-2-917817-90-2

 

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Millésime 2017, chez Laure !

Je dansais – Carole Zalberg

je dansais

« Nous n’avons pas été sauvées. Une poignée d’entre nous s’est enfuie mais nous n’avons pas été sauvées. Nous sommes pour la plupart encore entre leurs mains. »

 

Savoir dès les premières lignes que l’on va au devant d’une lecture douloureuse et nécessaire…

 

Ne pas reprendre son souffle, s’immerger totalement dans ces mots qui disent l’indicible, tenter de reprendre un peu d’air, en vain…

 

Se dire que ce roman sera de ceux qui marquent au fer rouge, qu’il laissera son empreinte, au corps et au cœur…

 

Je dansais ou la valse lancinante des captives. Ces corps malmenés, ces chairs bafouées, ces esprits colonisés par une violence sourde qui ne se cache même plus. Ces voix qui s’élèvent, entêtantes et douloureuses, qui se font silence et force, brisent les murs et éclatent au grand jour…

 

« Et nous sommes les femmes prises sans répit tout au long de l’histoire humaine.

Nous petites encore fraîches, données en pâture au sexe violent des soldats, à l’éboulis que sont leurs corps de pierre sur nos corps duveteux, puis, quand tout en nous s’est éteint, quand nul ne voudra plus nous reconnaître, quand nous serons l’abîme sous les pieds des vivants, jetées, livrées aux crachats ou finies à la machette, à la kalach, à mains nues. »

 

Je dansais m’a mise KO. Brillant dans sa narration, impeccable dans sa construction soutenue par cette plume rageuse qui lacère et n’épargne pas, par ces mots qui oublient de caresser et dévoilent l’insoutenable. Une écriture de l’urgence qui explore les zones d’ombres de l’humanité dans ce qu’elle peut avoir de plus monstrueux…

 

Quatre murs. Marie y vit depuis trois ans, séquestrée par un homme qui a vu dans son regard la possibilité d’un amour fou qui lui redonnerait enfin l’impression d’exister. Trois ans claquemurée dans un silence assourdissant pour tenter de rester soi, un peu, au dedans. Trois ans pendant lesquels les souvenirs s’estompent et l’espoir s’étiole. Avant, Marie dansait…

 

« Son exaltation, ma tragédie, nos réalités sont aussi liées qu’irréconciliables. »

 

En résonance, comme un écho à l’enfermement de Marie, ces voix du monde qui disent les violences faites aux femmes devenues proies, esclaves et trophées. Ce « nous », universel, qui vous glace… Ces voix qui hurlent en silence et disent les chairs à vif, le vide de l’âme… et malgré tout, ce désir puissant de survie qui bat dans les veines, cette résistance essentielle qui donne corps à l’espoir…

 

Un roman d’une rare puissance, tragique et poétique, dans lequel on sombre corps et âme… Coup de cœur !

 

Les avis d’Antigone, Joëlle, Jostein, L’or des livres

 

Le blog de l’auteure

 

Éditions Grasset (Février 2017)

160 p.

 

Prix : 16,00 €

ISBN : 978-2-246-86255-0

 

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Millésime 2017, chez Laure !

Les rêves en noir et blanc – Hanna Vernet

les-reves-en-noir-et-blancLes premiers romans, c’est quelque chose, vous savez. Pour ceux qui s’élancent dans l’écriture comme pour nous, simples-lecteurs-ébahis-devant-tant-d’audace !

 

Découvrir une nouvelle plume, c’est magique. Un peu comme découvrir un trésor, un secret enfoui et qui promettrait le meilleur…

 

Découvrir des nouveaux mots, c’est une émotion un peu folle. Rare. Quelque chose de précieux. La saveur d’un présent inattendu …

 

Et quand c’est une amie qui écrit, soudain, ça devient autre. Ou du moins, plus fort encore, plus épatant, plus savoureux sans aucun doute !

 

Hanna est ma copine de fac. Celle qui me tient la main depuis 3 ans déjà, sur les bancs de l’Université. Avec elle, j’ai grandi, me suis lancée dans un doctorat et dans l’enseignement. Si ! Avec elle, tout contre elle plus justement, j’ai affronté les premiers cours, les premiers colloques, les premiers errements, les premières grandes joies, les premiers déboires aussi…. Avec elle, j’ai débuté ce changement de vie un peu fou, un peu incertain, qui me laisse parfois sans voix, sans force…. Elle, toujours, envers et contre tout, sans jugement, sans pression, est là…

Alors, pour toutes ses choses (et pour ce qu’on ne peut pas raconter ici ou là) et pour cette nouvelle écriture qui se dessine dans ce premier roman, je vais vous raconter, un peu maladroitement (l’émotion sans aucun doute) cette belle histoire d’amour et d’absolu. L’histoire de Philéa… Et de Théo…

 

« L’histoire en elle-même est tout aussi banale que la fille qui l’a écrite. Pourtant, elle mérite d’être racontée ici pour rendre hommage au courage de cet homme et de cette femme qui ont essayé de s’aimer, sans attache, tout en sachant que c’était perdu d’avance, tout en sachant qu’ils ne pourraient pas se sauver l’un l’autre, ni se soulager, et qu’ils mouraient un jour sans laisser aucune trace de cet amour. Voici l’histoire d’un homme et d’une femme qui ont fait l’expérience de la solitude à deux, sans jamais fléchir sous le poids de l’espoir, pour sauver la seule idée en laquelle ils croyaient : tout est perdu d’avance. Rien ne dure jamais. »

 

Philea, quel drôle de nom ! Elle est libraire, dotée d’une « petite boutique de livres anciens et d’occasions cachée au fond d’une ruelle. ». Philea a 25 ans. Jeune femme fragile, sensible, mélancolique, forte, lourde, intelligente, torturée sans doute, abimée déjà… qui se réfugie dans la littérature pour oublier un peu la pesanteur de l’être.

Et puis Théo. Rencontré à une soirée. Malsain et détestable. Un poseur. Un loup, qui « ne prend même pas la peine de se faire passer pour la Mère-grand. » Un taré ? Elle ne sait, elle joue. « Quelque chose l’attire et la repousse à la fois. »

Théo. Et Philea…

 

Une romance me direz-vous ? Pensez-vous ! C’est tellement plus que ça ! Une histoire sublime, passionnée, enchantée, sombre et tragique à la fois. Une histoire qui cause de la vie, qui dit l’intérieur, met en mots le vertige de l’amour.  Qui raconte cet élan qui nous pousse vers l’autre, vers toi peut être ?!

Les rêves en noir et blanc est un premier roman superbement écrit, finement ciselé, plein de vie et de noirceur. Avec de l’amour aussi dedans évidemment !

Hanna-ma-copine-qu’elle-est-tellement-pfiouuu-talentueuse dit les méandres du cœur. A travers Philea, à travers ses pensées, ses doutes, ses désirs, ses baisers, ses envies, ses abîmes, ses débordements…. Elle nous raconte un peu. Met des mots sur ce qui parfois nous dévore toutafé l’intérieur. Comme c’est beau, comme c’est bon de revivre les élans du cœur, moi, qui avec mon grand âge et ma petite vie si bien rangée/installée (pavillon-époux-minots-boulot-tisane-et-dodo-à10h-du-soir !) redécouvre, le temps d’une centaine de pages les frissons de la passion !

 

Évidemment, c’est un premier roman, évidemment son écriture doit prendre de l’ampleur, de la densité peut-être. S’étoffer. Grandir. Se patiner. Et en même temps, c’est déjà tellement beau, tellement bon, même dans les (rares) imprécisions. C’est d’ailleurs ce que j’aime par-dessus tout dans les premières publications : les imprécisions, les maladresses, les fragilités, les emportements… Les tournures peu convenues, peu formatées encore, pas calibrées ni bien-comme-il-faut. Et cette énergie folle qui s’en dégage. Comme si l’écriture venait de l’intérieur, presque sans filtre, presque sans protection. Nue. Un truc du ventre et du cœur. Un truc qui dit soi, qui dit l’autre et qui, comme dirait Sabine, fait BOUM !

 

Merci ma copine, je suis tellement, tellement fière de toi ♥

 

«  Elle voudrait pouvoir se dire que vivre n’est pas une urgence. Qu’elle a le temps. Mais elle ne peut pas. Elle est comme possédée par l’idée de TOUT faire, TOUT voir, TOUT ressentir avant qu’il ne soit trop tard. Pourtant, de l’extérieur, elle semble toujours très calme. Jamais un cri. Jamais un emportement. Ses colères sont profondes et silencieuses. Enfouies avec soin, sous une froideur impassible. Ses colères n’ont pas de raison. Elles sont sans origine. Sa tristesse aussi. Mais si quelqu’un prenait le temps de la regarder vraiment, il verrait les marques imperceptibles d’une violence à peine voilée. Là, à fleur de peau, ses veines, rigoles tourmentées de ses passions, de ses angoisses… »

 

A lire les copains, je crois vraiment….

 

Les rêves en noir et blanc, Hanna Vernet, IS Edition, 2016.

L’Epouvantable peur d’Epiphanie Frayeur – Séverine Gauthier – Clément Lefèvre

épiphanie frayeur

« Arrête ! Arrête ! Tu me serres trop fort.

Tu… Tu me fais mal.

Je… J’étouffe…

 

Pourquoi tu fais ça ? Tu prends toujours tellement de place.

Je n’arrive plus à respirer. Tu ne me laisses jamais respirer.

Tu dois t’en aller… Tu dois me laisser. Tu… me fais mal. »

 

Où qu’elle aille, quoi qu’elle fasse, Épiphanie n’est jamais seule. Dans ses pas, fidèle comme une ombre, sa peur ne la quitte pas d’une semelle. Épiphanie a 8 ans et demi, comme sa peur. Elles ont grandi ensemble, mais pas vraiment à la même vitesse. La peur d’Épiphanie grandit, grandit, grandit… effrayante et démesurée… jusqu’à prendre bien trop de place. Et aujourd’hui Épiphanie est bien décidée à se débarrasser d’elle, même si pour cela elle devra affronter les dédales de cette forêt sombre et mystérieuse qui semble renfermer bien des secrets. Même si pour cela elle devra aller à la rencontre de l’énigmatique Docteur Psyché…

 

Surmonter ses peurs. Réussir à les apprivoiser. Arriver à les faire taire… Couper ce cordon invisible qui relie Épiphanie à cette peur viscérale qui la possède toute entière. Il n’est pas certain que les personnages bienveillants et bien intentionnés que croisera la petite fille sur son chemin lui soient d’un grand secours. Hasard des rencontres, étonnantes entrevues, guides fantasques, inadaptés ou visionnaires, comme Alice ou Dorothée avant elle Épiphanie se heurte aux questions sans réponses. Et devra grandir seule…

 

Attention bijou ! Aller à la rencontre d’Épiphanie Frayeur, c’est un peu retrouver ses rêves et ses peurs d’enfant. Celles qui vous empêchent d’avancer, vous hantent et vous rongent mais font aussi, curieusement, partie de vous. C’est voir ressurgir toutes ces questions qu’on se posait avec toute la candeur de l’enfance. Et qu’on se pose encore parfois…

 

Délicat, poétique et divinement riche, l’album se pare des plus beaux atours pour s’offrir aux yeux des jeunes lecteurs. Foisonnant, inquiétant, fantasque et joliment absurde, L’Épouvantable peur d’Épiphanie Frayeur est un voyage magique aux confins des peurs enfantines. Teinté de douce folie, le dessin de Clément Lefèvre est étrangement accueillant. A la frontière du rêve, on se coule avec bonheur dans cet univers à la fois doux et torturé qui colle si bien à la quête de la jeune Épiphanie. Une quête magnifiquement mise en mots par la talentueuse Séverine Gauthier qui a décidément plusieurs cordes à son arc… Somptueux et indispensable, tout simplement…! ♥

 

L’avis de Mo’ qui a glissé cette merveille entre mes mains (mille merci… ♥), ceux de Moka et de Yaneck

 

D’autres (sublimes) albums de Séverine Gauthier sur le blog : GaranceMon arbreCœur de PierreL’homme montagne 

 

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 Éditions Soleil (Octobre 2016)

Collection Métamorphose

92 p.

 

Prix : 18,95 €

ISBN : 978-2-302-05385-4

 

BD de la semaine saumon

C’était ma BD de la semaine…

…aujourd’hui chez Stephie

 

 

challenge12016br

37/18

Challenge 3% rentrée littéraire catégorie « Touche à tout »

chez Hérisson et Léa Touch Book

Noir d’ancre : le Prix de la nouvelle érotique 2016

noir d'ancreJ’aime beaucoup l’idée de ce prix : écrire durant une nuit une nouvelle inédite en respectant une double contrainte, celle d’un contexte et d’un mot final. Pour cette première édition, les participants devaient s’accommoder du thème « Jamais sans toi, peut-être avec un autre » et terminer leur nouvelle par le mot « Ancre ». Un large éventail de possibilités pas forcément maritimes si tant est que l’on arrive à tenir éveillé jusqu’à 7 heures du matin, dernier délai pour renvoyer la nouvelle par mail.

 

Neuf nouvelles dont la nouvelle gagnante que j’ai lues sans déplaisir sur la route des vacances. Neuf nouvelles dont quelques jours plus tard je ne garde malheureusement que très peu de souvenirs. La qualité des dites nouvelles n’est pourtant pas à remettre en cause. Comme Jérôme le soulignait le mois dernier, il y a au contraire une jolie variété dans ce recueil. Et pourtant. C’est souvent le reproche que je fais à ce genre de littérature. C’est une littérature de l’instantané. On passe un bon moment, ou en s’ennuie, au choix, mais peu nombreux sont les textes qui arrivent à marquer durablement. Assez frustrant finalement…

 

Parmi les neuf nouvelles du recueil, quatre sont écrites par des auteurs dont je connaissais déjà la plume, parmi elles celle de Diniz Galhos dont j’avais découvert le premier roman à la sauce tarantinesque il y a quelques années. C’est peut-être celle qui m’a le plus surprise. Il y a là de la douceur et une belle façon de briser le tabou de la vieillesse. Une jolie plume aussi, délicate et sensuelle. A des kilomètres de celle de Gilles Milo-Vacéri, pas désagréable mais un peu trop « masculine » à mon goût dans cette accumulation des descriptions quasi chirurgicales. Régis de Sà Moreira a choisi quant à lui un point de départ original qui malheureusement m’a laissée de marbre. Reste la nouvelle de Catherine Verlaguet, dont j’ai aimé la subtilité et la belle sensualité. Quant à la nouvelle gagnante, je l’ai trouvée anecdotique…

 

J’attends de voir maintenant si d’autres éditions de ce prix verront le jour. L’occasion peut-être de découvrir des auteurs à suivre dans ce genre où pour ma part je trouve qu’il est très compliqué de sortir du lot…

 

L’avis de Jérôme

 

Pour lire la nouvelle lauréate : clic

 

Éditions Au Diable Vauvert (Octobre 2016)

154 p.

 

Prix : 12,00 €

ISBN : 979-10-307-0083-1

 

mardi c'est parmis

By Stephie

« Les carnets d’Estelle »

« Les carnets d’Estelle »[1]

Jusqu’au dernier instant, un doute immense : Va-t-on réussir à s’enfuir, à larguer les amarres, le boulot, les minots, les obligations conjugales, la grosse fatigue, le vélo, la Twingo… Jusqu’au dernier moment, l’angoisse… Sourde. Le stress… Total. La lutte… Folle. Voiture ou train ? Sac ou valise ? Jupe ou pantalon ? Combien ? Pourquoi ? Quelle culotte ? Pour qui ? Ahhhhhhhh…..

 

Jour 1

 

Et puis ce jeudi-là, dans une gare du sud de la France, deux mouettes encore étourdies par la vie, se retrouvent sur le quai. Encore un peu sonnées, encore un peu paniquées (enfin une mouette surtout transpire, l’autre donne TOUT pour lui offrir déjà du plaisir !), elles envahissent, d’un coup d’un seul, 6 sièges. Les mouettes s’étalent !

Quelques déboires plus tard, après du vélo-bateau-Twingo-train-et-car, c’est, dans la nuit noire, qu’elles trouvent Irène et Steph dans un bar. Retrouvailles. Intenses. Emotion mhuuuuum présente. Angoulême 2017 peut toutafé débuter. Bières. Équipe de Curling et Eddy Mitchell. Mais pas que…

L’appart’, sacrebleu, comment va-t-on tenir toutes dedans. Un chauffe-eau qui goutte. Des voisins en pleine teuf-techno-de-mauvais-goût qui donnent tout. Trop ! Des lions et un éléphant étonnés de se trouver là. Nuit agitée. Réveil matinal. Angoulême on est là.

 

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Jour 2

 

Une ville. Des remparts. Des bulles. Des badges. Une mouette-presse. Rhooooo cette émotion ! Merci Noukette et Steph. Sans vous, on serait de pauvres-mouettes-esseulées.

1er coup de cœur qui ne nous quittera plus. Jamais. Un lardon en couple. De la poésie. De l’amour déjà c’est sûr. Sylvain Moizie. Simon Hureau. Domas. Gaetan Nocq. Et Bast, un an après, pas changé, presque pas effrayé ! La Boite à bulles est dans la place !

La tristesse de l’éléphant de Nicolas Antona et Nina Jacqmin. Hiiiiii ! Merci Steph <3. Punaise cette BD-là laissera des traces, du doux, du fort et quelques larmes…

Moka et Jérôme. Le bonheur des retrouvailles ♥

Sabine. Enfin. Et puis Antigone. Formidable de mettre un visage, une voix, une douceur sur des bloggeuses de talent….

 

Riad. Riad. Riad. Œil ému. Cœur qui bat du mauvais côté. Des bottes moches. Riad. Riad. Riad. Des mouettes figées dans leur amour. Abouliques totales. Et là… sa phrase choc : « Ben, vous êtes encore là ?«  Riad. Riad. Riad. On sera TOUJOURS là pour toi !

 

Les mouettes se séparent. Chacune sa route, chacune son destin. Pour 2 heures. France Inter contre une bière. Pénélope Bagieu au micro, et encore des bulles. Faites chauffer la carte bleue. « Le poilu va me tuer, je lui avais promis de la freiner. » Perdre les pédales. Un peu. Pouffer à gorge déployée. Si. Dire n’importe quoi. Faire n’importe quoi. Baudouin et le rire d’Irène. Cette émotion-pas-croyable. Une main aux fesses. Stupéfaction de Stéph  8-O

 

La maison des peuples et de la paix. Expos et rencontres. Les planches de Doigts d’honneur s’exposent. Chapeau Bast. Pinaud et bière-qui-arrache !

LA soirée SNCF. Champagne et petits fours. Moka-ébahie-par-la-jeunesse-du-maire. Photos et poses divines ! Des auteurs-punaise-comme-ils-sont-biens. Partir avec eux. Trouver des Q, et par paires !

Un resto. Un choix fou de pâtes. « Surprenez-moi« . Une partie de Mémory. Des nouveaux copains. Oui, que voulez-vous, le Qféder… S’enfuir à la gare. Noukette. C’est si bon de te serrer fort. Jérôme-chou-qui-jamais-ne-flanche !

Finir la soirée. Rire encore. Partager. Rire toujours. S’entasser dans l’appart’. Être bien. Dormir un peu. Les voisins qui remettent les basses. Et le chauffe-eau qui dégoulinasse…

 

 Votre Photo Polar (4)

 Jour 3

 

Réveil en fanfare. C’est parti mon kiki. LA culotte est de sortie ! Se jeter dans la foule. Ce monde fou ! Fabcaro. Une cadence infernale. Peuchère ! On est loin de l’auteur esseulé d’On n’est pas là pour réussir  ;-) Et ça fait plaisir. Tout donner pour la cacedédi de Julie-la-nouvelle-fan-absolue-de-Zai Zai Zai Zai .

Perdre le fil. Offrir des carambars. Contre des dédicaces. Faire des bises. A tout va. Des kdos. Steph et son merveilleux James ♥. Comme un lundi. S’aimer drôlement fort. Des éditions indépendantes, libres et militantes. Bien fou dans ce monde de brutes. Eric Wantiez et Marie Deschamps. Mathieu Siam, légèrement diminué ;-) . Oh les éditions Makaka. Johan Troianowski et Olivier Clert. Et un album offert par Noukette qui fera le bonheur des nôtres.

Merci aux éditions Jarjille pour tous ces moments partagés. Et les sacs précieusement gardés. Vous nous avez sauvées.

Repasser par la Boite à bulles (mais oui encore !). Coller des bises de nouveau. Frimer un peu. Et puis L’ours Barnabé. Être chamboulées, toutafé. Dédicaces pour poulette. Le retour sera triomphant ! Merci Philippe Coudray.

Rencontrer Pierre-Henry Gomont. Avoir un 1er enfant, Peirera prétend. Déjà en garde alternée. Ce chamboulement. Cette pression aussi. Une mouette autoritaire. Un père. Et une mère déjà dépassée.

 

Foule immense. Être bousculées. Flancher parfois. Se soutenir toujours. Organisation d’exception de Steph-qui-gère-à-bloc. Reprendre des forces. Et du déo. L’homme semence et Jack London. Mhuuum Toi Moka ♥ Une bière ou deux. Kobane Calling et Manolis. Mhuuuum  Vous  Jérôme-chou,  Noukette et Moka ♥. Émotion palpable.  Lunch. C’est bien bon de te revoir.

 

Rire d’Estelle. Griffonner en cachette son carnet de commande. Jambon à la broche et verres de vin. Les mouettes-sont-cuites. « J’ai mal  ! » Irène souffre. La mouette s’inquiète ! Se raconter des potins. Et sortir dans la rue. Une queue-leu-leu improvisée. Trouver un bar. Des jeunes. Des mètres de mojitos. Même pas peur. Danser. Danser. Danser. S’embrasser. Se dire des mots doux. Des mots fous. Au plus près. Pour le meilleur. Toujours. Rencontrer Aurélien. L’élu de l’année. Notre Fauve d’or 2017. L’entrainer. Se mêler de ce qui ne nous regarde pas.

Rire. Rire. Rire. A perdre haleine. Est-ce bien raisonnable ? Déshabiller des hommes. Confidences pour confidences. La culotte est de sortie. Et le kuféder encore. Une trouble histoire de fleur dévorée. Savourée. Jérôme-chou est TOUJOURS dans la place. Mais keskilé fortiche  :-P

Une folie. La rue. Et puis soudain… Eux. Nouvelle queue-leu-leu improvisée. LES voisins. Ils n’attendaient que nous. De la passion. Un retour pas très catholique. Affronter l’herbe glacée. Dernière bière. 6h du mat’. Coiffure collée-serrée. Une nuit torride de filles !  Chaud, froid, soupirs et ronflements. Putain que c’est bon ! On a 28 ans et demi, c’est dit !

 

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Jour 4

 

Le réveil pique grave. Il faut partir. Vite. Être au bout. Ne plus pouvoir. Une mouette qui tire l’autre. S’effondre. Dans un Bar. Encore ? Ohhhhh Estelle !

La séparation. Moche. Le manque est déjà total. Comment tenir un an sans eux ?

Le train. Mais avec Steph. Coucou Fabcaro.

Rire. Et se souvenir. Se dire. Tout. Ou presque.

La nuit. La gare. Enfiler le vélo dans la Twingo. Ça passe large. Rentrer. Momo. Dans ses bras. Tout contre le nouveau-puissant-véhicule. Pavillon envahi. Yeux ébahis. BD sorties. Et puis la nuit.

 

Angoulême, c’est fini…

 

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« N’oubliez pas qu’on ne connait jamais tous les possibles » Eric Wantiez

Quatre jours, quatre nuits avec vous.

Ouvrir le champ des possibles. Croire. Se rêver immortelles.

Et s’aimer comme jamais.

 

 

Merci.

A Noukette et Steph

A Moka et Jérôme

A Irène

A Aurélien

Au collectif DIG-nos-voisins

A Vous

A ceux que nous avons oublié de nommer

A tout ce qu’on n’a pas raconté !

A Riad et à Estelle

A l’année prochaine

Merci.

 

Les mouettes

Julia et Framboise

                         

[1] Clin d’œil à Riad et à Estelle-la-divine-serveuse-qui-nous-a-régalé-presqu’autant-que-Riad-c’est-dire !

Ce que tient ta main droite t’appartient – Pascal Manoukian

tout-ce-que-tient-ma-droit-t-appartient-768x1125La vie ne tient pas à grand chose… Une succession de micro-évènements, quelques actes manqués, des faux pas, des mauvais choix, quelques rencontres…

 

Cinq poignées de main. C’est ce qui a déterminé le destin de Charlotte et de Karim. Cinq poignées de main pour que leurs routes se croisent. Cinq poignées de main pour précipiter leur existence dans l’horreur, mettre tout entre parenthèses et dessiner un avenir des plus sombres. Cinq poignées de main pour enterrer la joie, faire de l’amour une collection de souvenirs qui s’estompent et transformer l’espoir en un sourd désir de vengeance…

 

Ce soir là, Karim a tout perdu. Son présent, son avenir qui prenait doucement forme. Ce soir là, tout aurait pu être différent, si, si seulement si…

 

Si ce roman n’avait pas été écrit par Pascal Manoukian je crois que je ne l’aurais jamais ouvert. Je me doutais que le voyage serait douloureux et qu’il me serait impossible de m’installer confortablement dans cette lecture. C’est peu de le dire… Il m’a fallu des respirations pour en tourner la dernière page. Du temps pour digérer ce que je lisais. Du temps pour tenter de comprendre…

 

Quand la fiction rejoint à ce point le réel, la lecture est en tout point chamboulée. Extrêmement réaliste, le roman de Pascal Manoukian nous décrit notre monde dans toute sa violence. C’est un roman de l’urgence, brut, précis, implacable. Au cœur de l’horreur, au plus près de l’(in)humain, l’auteur nous livre un roman magistral qui marque au fer rouge. Après l’inoubliable Les Échoués, ce nouveau roman de Pascal Manoukian dit le monde dans toute sa complexité. Plus qu’un coup de poing. Une déflagration…

 

Une lecture nécessaire que je partage avec Leil

 

Les avis de Charlotte, Delphine-Olympe, Joëlle, Krol, Laure, Nicole, Stephie, Yv

 

Éditions Don Quichotte (Janvier 2017)

290 p.

 

Prix : 18,90 €

ISBN : 978-2-35949-591-1

 

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Millésime 2017, chez Laure !

Charlotte et moi – Olivier Clert

charlotte et moiIl y a beaucoup de tendresse dans Charlotte et moi. Beaucoup d’amour. Beaucoup d’humanité…

 

Des silences qui en disent long, des solitudes qui prennent racine, des regards remplis de questions sans réponses et des liens qui se tissent doucement, sans bruit, entre des êtres que tout oppose…

 

J’ai aimé ce récit tout en nuances beaucoup plus profond que le dessin rond et enfantin ne pourrait le laisser paraître. J’ai aimé voir naître cette complicité inattendue entre Charlotte et Gus. Parce que c’est l’histoire d’une belle rencontre, parce qu’elle balaye les différences, parce que parfois les histoires les plus simples sont aussi celles qui font battre le cœur un peu plus fort.

 

Il n’y a peut-être pas de hasard finalement… Les rêves sont parfois faits pour être réalisés, les routes de Charlotte et Gus étaient faites pour se croiser… et il y a fort à parier qu’il vont faire un joli bout de chemin ensemble.

 

Voilà, je pourrais en dire beaucoup plus mais je ne voudrais pas vous gâcher le charme de la rencontre. Sachez seulement qu’entre ces pages vous croiserez un petit garçon haut comme trois pommes et une femme solitaire hantée par des souvenirs flous. Qu’il y a ici tout un tas de petits bonheurs à savourer, beaucoup de lumière et un soupçon de magie. Oui, Olivier Clert ne le sait peut-être pas mais il a tout du magicien. C’est le premier album de l’auteur et il montre déjà toute l’étendue de son talent. Des cadrages impeccables, un dessin sensible, un soin particulier accordé aux angles de vue… sous ses crayons, la vie prend une autre couleur et on se surprend à croire que les rêves peuvent parfois se réaliser ♥

 

L’avis de Sabine

 

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Éditions Makaka (Novembre 2016)

144 p.

 

Prix : 23,00 €

ISBN : 978-2-917371-82-4

 

BD de la semaine saumon

C’était ma BD de la semaine…

…aujourd’hui chez Moka

A la dure – Rachel Corenblit

a la dureCe texte très fort ne pouvait avoir sa place que dans cette collection D’une seule voix. Un texte à lire dans un souffle, une voix qui laisse longtemps son empreinte…

 

Arthur a toujours été un bon élève, du genre à ne pas faire de vagues, à rester sagement dans les clous, à travailler avec sérieux pour atteindre un jour son rêve de devenir médecin. Tout le contraire de sa grande sœur, So. So, elle, ne marche pas dans les clous. So s’affranchit des règles, prend les chemins de traverse… même si ceux ci doivent la conduire dans des culs-de-sac et mettre sa vie en danger. So n’a peur de rien. Sa vie, elle la brûle par les deux bouts, accumulant les excès, prenant tous les risques. A 17 ans, elle a pris ses cliques et ses claques pour suivre un garçon, un dealer, qui l’a entraînée dans une spirale infernale.

 

Pour ses parents, elle n’existe plus. Pour Arthur, elle reste tatouée là, dans son cœur, sa grande sœur perdue… Et là voilà qui revient, après des années sans avoir donné de ses nouvelles, profitant d’une absence de quinze jours de ses parents partis en vacances. Arthur est seul à la maison, bachotage oblige. Et So a besoin de lui. So veut décrocher… mais elle veut le faire « à la dure », ici, avec lui pour l’aider. Arthur ne peut pas refuser…

 

« On ne peut pas dire que toi et moi, nous étions proches. Je suis le gentil garçon, tu es la rebelle. je suis le bon élève. Tu es celle qui a laissé tomber les études. Tu n’allais pas devenir copine d’un premier de la classe. Je n’allais pas applaudir les exploits d’une junkie suicidaire. Sauf que les choses ne sont pas si simples. »

 

Six jours qui paraissent une éternité. Six jours à lutter, à y croire, à abandonner. Six jours en huis clos, juste elle et lui, pour affronter des démons aussi tenaces que sournois. Six jours pour réapprendre à s’aimer. Six jours intenses qui donnent la nausée mais font croire en l’espoir…

 

Rachel Corenblit récidive après avoir frappé fort avec 146298 dans la même collection. A la dure. Ce roman porte on ne peut mieux son titre tant il colle aux émotions qui traversent le lecteur. Un roman coup de poing qui laisse un goût amer en bouche. Un roman tendu qui dit aussi à merveille le courage et l’amour fraternel…

 

Une nouvelle pépite jeunesse que je partage avec Jérôme, comme chaque mardi ou presque.

 

A lire aussi, dans un autre registre, le pétillant Que du bonheur !

 

L’avis de Faelys

 

Éditions Actes Sud junior (Février 2017)

Collection D’une seule voix

80 p.

 

Prix : 9,00 €

ISBN : 978-2-330-07285-8

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