Sept nuits – Alina Reyes

Sept.gifNouvelle lecture « inavouable » en ce lendemain de rentrée, une lecture à ne pas mettre entre toutes les mains tout de même ! En cherchant une lecture un peu hot pour ce rendez-vous désormais incontournable organisé par maîtresse Stéphie, c’est tout naturellement que j’ai pensé à Alina Reyes qui, il faut bien le dire, n’est pas une débutante en matière de littérature érotique…

 

« Je l’ai appelé par son nom, il s’est avancé,

a entièrement ouvert le lit,

m’a demandé de m’y coucher.

J’ai essayé de l’entraîner avec moi sur le drap,

mais il ne m’a pas laissée le toucher.

« Demain, a-t-il dit.

La première nuit, il ne faut pas se toucher… »

 

Mettez-vous une seule seconde à la place de la narratrice… Plutôt frustrant tout de même ! Quand elle rejoint son amant à l’hôtel en pleine nuit, elle s’attend en toute logique à une nuit torride et sans sommeil. C’est que c’est leur première fois.., avant cette nuit, une seule rencontre, dix-huit mois plus tôt, depuis, des mails uniquement… Autant dire que l’excitation est à son comble quand elle arrive enfin devant la porte de la chambre. Mais la nuit ne se déroule pas comme elle l’avait prévu, l’amant (qui n’est pas à court d’idées) a un scénario bien précis en tête.

Ensemble, ils passeront sept nuits, chaque nuit, la narratrice retrouvera son amant à minuit dans la même chambre, chaque nuit ils s’aimeront un peu plus, se rapprocheront un peu plus, chaque nuit un nouveau jeu pour se séduire, et plus si affinités… La première nuit, ils ne s’aimeront que par le regard, sans se toucher. La deuxième nuit, les règles évoluent : les amants s’embrassent, se touchent mais ne doivent pas atteindre l’orgasme ou descendre en dessous de la ceinture… Les nuits suivantes, petit à petit, les barrières sont franchies, les tabous tombent un à un. Lentement, ils explorent de plus en plus le corps de l’autre. Le désir est à son paroxysme, la jouissance, même si elle est interdite, n’est jamais bien loin. Jusqu’à la septième nuit…

 

Alina Reyes n’est pas une enfant de coeur, non, non..! Ce petit roman, qui tient plus de la nouvelle d’ailleurs dans sa forme comme dans sa chute, est tout sauf chaste, croyez-moi ! Sept chapitres, sept nuits, l’histoire en soit est très courte mais elle va à l’essentiel. Le scénario est plutôt alléchant et l’auteure sait y faire pour faire monter la « pression » chez le lecteur ! Pas de surenchère ici, juste un homme, une femme, dans un même lieu, qui jouent avec leur désir, leur imagination et leurs fantasmes. Et c’est diablement efficace… A chaque fin de chapitre, on se demande quel va être le stade suivant, ce qu’ils vont enfin s’autoriser, les limites qu’ils vont enfin franchir. Dans l’écriture, Alina Reyes s’autorise tout, elle : les mots sont souvent crus, voire très crus, certaines scènes pourraient d’ailleurs choquer tata Simone… C’est physique, plus sexuel que sensuel, parfois plus violent que délicat, mais curieusement on se prend au jeu. Pour qui connaît un peu la plume de l’auteur, on y retrouve cette patte qui est la sienne, c’est bien écrit, bien mené et savamment dosé. Trop court peut-être, mais ne soyons pas trop gourmands !

 

Premières phrases : « Je suis arrivée à minuit, selon ses instructions. Hôtel agréable, mais discret.

– Je suis attendue, chambre 58.

– Tout de suite sur votre gauche… Bonsoir, madame.
J’aurais peut-être pu ne rien dire ? Ou dire « mon mari m’attend » ? Mais je n’ai pas de mari, et je n’en veux pas. Pourquoi me soucier de ce que le veilleur de nuit pouvait penser ? Comme s’il n’en avait pas vu d’autres… Mais je me moque de ce que font les autres, et de ce qu’ils peuvent penser. Si au moins ça pouvait l’exciter un peu… d’imaginer… »

 

Au hasard des pages : « Dans la forêt profonde, il y a des sorcières, elles font des sabbats, lèchent le cul du diable. Il y a des faunes et des satyres, et des nymphes qu’ils tirent. Il y a une rivière avec des vouivres tout au fond qui attirent les hommes pour leur sucer la queue. Il y a de la fureur, dans ma forêt profonde, et il a bon goût, le cul du diable. Mais je n’ai pas le droit. Pas le droit, cette nuit. » (p. 25)

 

Éditions Robert Laffont (Mars 2005)

74 p.

 

Mardi c'est permisAllez, tous chez Stéphie

pour voir ce que les participants ont lu d’inavouable ce mois-ci !

 

 

importorigin:http://aliasnoukette.over-blog.com/article-sept-nuits-alina-reyes-83460213.html

12 commentaires sur “Sept nuits – Alina Reyes

    • Il n’est pas bien vieux celui là, il date de 2005. Par contre, elle en a écrit tout plein d’autres, c’est pas mal du tout !

    • Tu veux que je te l’envoie ? Il est assez hot hein…! Je peux t’envoyer le Passion intense d’il y a quelques mois aussi, je l’ai récupéré ! 😉

  1. Tu sais qu’elle n’a pas écrit que des livres érotiques… J’ai lu d’elle deux petites merveilles, tout petits livres : « Moha m’aime » et  » Quand tu aimes il faut partir » (les deux en Folio) et que j’adore relires… Il faut absolument que je trouves le temps d’en parler sur mon blog… Bon dimanche Noukette

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