Un employé modèle – Paul Cleave

Un-employe-modele.jpgCes derniers jours, j’accuse un retard de sommeil évident, la faute à Joe, ce fameux employé modèle qui m’a littéralement empêchée de dormir ! Oui, je suis très cliente de ce genre de psychopathe dégénéré, que voulez-vous, j’ai toujours eu un faible pour les méchants, pas les gentils méchants non, les bons gros méchants complètement barrés, ceux que dans la vraie vie on préfère éviter et ne pas croiser au détour d’une ruelle sombre..! Il faut dire que le monstre qu’a créé Paul Cleave, vous n’êtes pas prêts de l’oublier. Dès les premières pages, à l’instant même où le lecteur fait sa connaissance (en même temps que sa malheureuse victime d’ailleurs…), on est pris au piège. A la fin du premier chapitre, absolument parfait soit dit en passant, j’ai su que j’allais passer de très bons moments avec ce cher Joe, à la place confortable qui était la mienne. On ne peut pas en dire autant des pauvres innocentes qui croiseront sa route…

Miss Stéphie ayant elle aussi le béguin pour les vilains, nous nous sommes lancées à corps perdu et conquises d’avance dans cette lecture qui promettait d’être jubilatoire…

 

Joe a tout de l’homme lambda. Son quotidien est somme toute assez banal d’ailleurs, il part le matin en bus, effectue sa journée de travail au commissariat central de la ville de Christchurch en tant qu’homme a tout faire, rentre chez lui dans l’après-midi et finit invariablement la plupart de ses soirées à dîner chez sa mère qui continue à le traiter comme un enfant. La grande crainte de sa mère, c’est qu’il soit gai, ça la turlupine qu’il soit toujours célibataire à son âge… Joe supporte sa mère, bon gré mal gré, elle et sa curiosité maladive, sa jalousie obsessionnelle et son fameux pain de viande. C’est que Joe à d’autres chats à fouetter, et une vie bien plus palpitante qu’il n’y parait.

Au commissariat, c’est l’effervescence, le Boucher de Christchurch a encore frappé, la septième victime de ce tueur sanglant est morte dans d’atroces souffrances, la police n’a aucune piste… Un balai à la main, Joe suit l’enquête de près, personne ne prête attention à Joe-le-lent, Joe l’inoffensif… Mais quelque chose chiffonne Joe, l’agace même. Une des femmes sauvagement assassinée par le Boucher ne peut pas être une de ses victimes, Joe est bien placé pour le savoir, le Boucher de Christchurch, c’est lui !

Il existe donc un plagiaire, un tueur qui n’a rien trouvé de mieux que de lui faire porter le chapeau pour son crime, et ça, Joe ne peut pas le tolérer ! Joe va donc mener l’enquête, lui, le Boucher, pour tenter de démasquer le vilain qui ose se faire passer pour lui. Si en plus il pouvait lui mettre sur le dos ses propres crimes, ce serait tout bénef’… Une enquête qui ne s’avèrera pas de tout repos…

 

Hiiiiiiiii ! Pourquoi ai-je attendu aussi longtemps avant de me lancer dans cette lecture ? Non, parce que vraiment, ça c’est ce que j’appelle un thriller génial ! Mis à part les personnages sur lesquels je reviendrai, l’atoût majeur de ce roman reste son écriture ! Paul Cleave a un talent certain, ce polar est cynique au possible, l’humour y est grinçant et corrosif et Joe, lui, est tout simplement parfait !

Joe, justement, parlons-en de Joe ! J’ai adoré me plonger dans la tête de ce tueur brillant et on ne peut plus malsain qui se fait passer pour un simple d’esprit. Ces réflexions sur le monde qui l’entoure sont à tomber par terre ! Difficile de l’oublier lui et sa mallette dont il ne se sépare jamais ! Il vit dans un espèce d’appart minable avec pour seule compagnie ses deux poissons rouges surnommés Cornichon et Jéhovah, qui d’ailleurs, sont ses seuls amis ! La gentille Sally qui travaille avec lui essaye bien de se rapprocher de lui mais en vain. Personnage intéressant que cette Sally d’ailleurs qui cherche à jouer les bons samaritains avec notre cher Joe…

Coup de coeur pour sa mère aussi, absolument impayable ! Castratrice et culpabilisante au possible, elle est juste insupportable ! Sa relation avec son fils est très particulière, il l’adore, mais ça ne l’empêche pas de lui verser de la mort-aux-rats dans son café ! Les scènes où elle apparaît sont d’ailleurs parmi mes préférées !

Et puis il y a Mélissa, qui fait une entrée fracassante vers le milieu du roman. Elle est à l’origine d’une scène atroce proprement ahurissante qui vous fera frémir d’horreur ! 

Ne passez pas à côté de ce thriller diablement efficace qui en plus sort en poche dans quelques jours à peine ! Quant à moi, je n’ai qu’une hâte, lire le prochain roman de l’auteur à paraître très bientôt !

 

Je sais déjà que Stéphie s’est délectée de ce roman atypique, je file lire son avis !

A lire aussi, les avis de Pimprenelle, La sardine, Cuné, Alex, Canel, Biblio

 

Premières phrases : « Je gare la voiture dans l’allée. M’enfonce dans le siège. Essaie de me détendre. Aujourd’hui, je le jure devant Dieu, il doit faire au moins 35 degrés. Chaleur de Christchurch. Météo schizophrène. La sueur dégouline de mon corps. Mes doigts sont du caoutchouc mouillé. Je me penche et je coupe le contact, prends ma mallette et m’extrais de la voiture. Par ici, la climatisation sert vraiment à quelque chose. J’atteins la porte de devant et je trafique la serrure. Je pousse un soupir de soulagement quand j’entre. Je traverse nonchalamment la cuisine. Angela, je l’entends, est sous la douche, à l’étage. Je la dérangerai plus tard. »

 

Au hasard des pages : « Je ne souffre pas de compulsion à tuer tout le temps. Je ne suis pas un animal. Je ne cours pas partout en me déchargeant d’abus subis dans mon enfance tout en trouvant des excuses pour tuer. Je ne rêve pas de me créer un nom ni d’atteindre la notoriété d’un Ted Bundy ou d’un Jeffrey Dahmer. (…) Je ne suis qu’un type normal. Un Joe moyen. Avec un hobby. Je ne suis pas un psychopathe. Je n’entends pas de voix. Je ne tue pas pour Dieu ou Satan, ou le chien du voisin. Je ne suis même pas religieux. Je tue pour moi. C’est aussi simple que ça. J’aime les femmes et j’aime leur faire des choses qu’elles ne veulent pas me laisser faire. Il doit y avoir 2 ou 3 milliards de femmes sur cette terre. En tuer une par mois, c’est pas grand-chose. C’est juste une question de perspective. » (p. 58)

 

Éditions Sonatine (Mai 2010)

423 p.

Sortie en Livre de Poche le 1er septembre 2011

 

Challenge ThrillerPremière participation au challenge Thriller

organisé par Cynthia

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