Une belle histoire d’amour qui finit bien – Xavier Deutsch

Une-belle-histoire-d-amour.jpgNon pas que je sois une incorrigible romantique mais ce livre s’est imposé à moi en ce jour de Saint Valentin. En général, je ne suis pas fan de romans à l’eau de rose mais j’avoue que ce qui m’a poussé à lire ce livre est moins son titre qui a le mérite d’annoncer la couleur (quoique…), que son énigmatique bandeau de couverture. On ne peut que se poser des questions à la vue de cette femme les mains liées dans le dos par un foulard rouge. Car s’il est bien sûr question d’amour dans ce roman, il est aussi question de séduction, de perversion et de manipulation…

 

Paul, Achille et Zoé forment un trio d’amis que rien en apparence ne peut séparer. Ils se connaissent depuis le lycée et s’ils ont chacun pris des routes différentes leur amitié est restée intacte. Ils ont en commun leur passion pour le XVIIIe siècle et un attrait pour tout ce qui touche au jeu, à la volupté et à la griserie sous toutes ses formes. Le temps passe, Zoé devient professeur de lettres, Paul architecte et Achille occupe un emploi sans grand intérêt dans un Conseil général. Zoé a arrêté de poser nue pour des photographes et a finalement épousé Charles, magistrat de son état, quarante ans, séduisant, riche, raffiné, devant l’objectif duquel elle s’était dévêtue. Assez vite, Charles se révèle être un pervers manipulateur qui aime Zoé sans partage. Sous l’emprise de cet homme autoritaire et malsain, Zoé et ses deux amis vont devoir ruser pour continuer à se voir. Les rendez-vous deviennent des rituels, à jour et heure fixes pour tromper la vigilance du mari jaloux : deux fois par semaine, le « jour du psy » et le « jour de la messe », les amis se retrouvent donc comme avant, Paul et Achille mettent de côté leur colère et Zoé sa tristesse, pas de questions, on se comprend à demi-mot…

Volupté, délicatesse, lenteur, secret… Ce qui lie les trois amis prendra une tournure inattendue lors d’un banquet costumé organisé par les Brune-Lanach auquel Achille réussit à se faire inviter. Il y convie Paul et tous deux promettent à Zoé qu’elle y tiendra un rôle important malgré son absence. Celle ci leur confie une mission, charge à eux de l’accomplir au court de cette soirée mondaine. Une soirée de tous les dangers où Paul fera la rencontre de le belle Sigrid…

 

J’ai littéralement dévoré ce petit roman qui pourtant me laisse un petit goût d’inachevé. Je ne m’attendais pas à ce que l’intrigue prenne une telle tournure, et je me suis laissée embarquer dans ce scénario diablement efficace. L »histoire est racontée par Paul lui-même, des années plus tard, alors qu’il est marié et heureux. Petit à petit, grâce à ses souvenirs, le lecteur reconstitue le puzzle et c’est à mon sens une des réussites de ce roman. Paul, Achille et Zoé sont liés d’une façon qu’on ne peut déceler de prime abord, leur histoire est troublée par des grains de sable qui pourtant n’altèrent en rien leur amitié : Charles le mari jaloux, Sigrid la mante religieuse qui cache tant de secrets.

 

Pourtant, malgré une langue savoureuse et une intrigue alléchante, je reste un peu sur ma faim. Une fois n’est pas coutume, j’ai compris assez rapidement de quoi il retournait et le dénouement ne m’a pas surpris. Bien sûr, tout est contenu dans le titre, et le lecteur sait à quoi s’attendre mais il me manque un petit quelque chose, l’impression que l’auteur aurait pu pousser plus loin son idée, que le tout soit un peu moins heureux peut-être, plus sensuel, plus libertin. Quitte à jouer avec le feu.., j’avoue que ma conception du libertinage amoureux est quelque peu différente !

 

Je garde néanmoins un bon souvenir de cette lecture qui m’a permis de découvrir la plume de cet auteur belge présenté comme un des plus talentueux de sa génération.

 

Premières phrases : « Je suis comme ça. Je regarde ce soir à la télé une enquête de l’inspecteur Barnaby avec ma femme, ce qui correspond d’assez près à l’image que je me fais du bonheur idéal, et la dernière chose au monde que je voudrais voir survenir, c’est une situation embarrassante, ou contrariante, ou bruyante, qui surgirait pour me contraindre à quitter le divan et l’épaule de ma femme. »

 

Au hasard des pages : « Ce soir-là, donc, du jeudi 27 octobre, nous vîmes arriver Zoé plus ravissante que jamais. Elle nous fit la bise, elle sentait bon. Elle souriait. Elle s’assit, posa son sac sur la table, rajusta une mèche de cheveux bruns. Cela remonte à quatorze années, mais j’ai gardé un souvenir étrangement précis, presque photographique, de ce moment. » (p. 61)

 

L’avis de Stéphie que je remercie au passage pour le prêt de ce livre ! D’autres avis, ceux de Lancelau, l‘Irrégulière, Cachou, Lili toutes emballées !

 

Éditions Robert Laffont (Août 2010)

172 p.

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Le remplaçant – Agnès Desarthe

Le remplaçantJ’ai acheté ce petit roman un peu par hasard et en grande partie parce que je ne connais pas encore vraiment cette auteure, mis à part ses livres pour la jeunesse dont le très drôle Je ne t’aime pas Paulus. Je me suis dit que ce livre tombait à pic pour me faire une idée, d’autant plus qu’il est annoncé comme « un bijou d’intelligence » (l’Express), « une histoire magnifique » (les Échos), ou encore comme un livre « bouleversant » (le Figaro Littéraire) par l’étiquette barrant sa couverture… Une chose est sûre, la prochaine fois je me méfierai de ce genre d’achat impulsif…

 

Le remplaçant n’est pas à proprement parler un roman, du moins il ne colle pas avec la définition que je m’en fais. Dans ce livre, Agnès Desarthe s’attache à raconter la vie de son grand-père de « remplacement », l’homme qu’a épousé sa grand-mère après le décès de son « vrai » grand-père mort à Auschwitz en 1942. Ce grand-père de remplacement, elle le surnomme triple B, c’est bien plus simple que de l’appeler par ses trois prénoms, Bouz, Boris, Baruch. S’ils ne sont pas liés par le sang, l’auteure garde un souvenir ému de ses moments passés avec celui qui a aujourd’hui 96 ans. Enfant, elle s’interroge : d’où vient donc ce grand-père, est-il russe, roumain, et qu’elle est donc cette langue qu’il parle en roulant les R ? Triple B est un homme simple et bon qui aime raconter des histoires, des histoires auxquelles son entourage prête une oreille distraite, qu’importe, Triple B a les yeux qui pétillent et le sourire ravi quand il raconte anecdotes et souvenirs. L’auteure essaye de reconstituer la vie de celui qui reste encore à ce jour une énigme, entre ce qu’elle sait, ce qu’elle croit savoir, ce qu’elle devine, ce qu’elle invente peut-être… Son enquête relie la petite histoire à la grande, celle de la Seconde Guerre Mondiale. La figure de son grand-père remplaçant croise celle de son grand-père génétique mort dans les camps de la mort, mais aussi celle de Janusz Korczak, pédiatre et pédagogue polonais, directeur d’un orphelinat qui choisira d’être déporté pour ne pas abandonner les enfants juifs dont il s’occupe…

 

Je dois avouer que cette lecture m’a complètement désarçonnée, non pas qu’elle soit désagréable mais le charme n’a pas opéré… Je crois que j’ai beaucoup du mal avec les récits très personnels comme celui ci, je n’arrive pas à me sentir concernée, je reste en dehors de l’histoire malgré tous les efforts pour m’y intéresser. Évidemment, le récit d’Agnès Desarthe est empreint de toute la tendresse et de tout l’amour qu’elle porte à ce grand-père un peu particulier, cependant, il ne m’a pas touchée. Je reste perplexe devant la forme du récit qui alterne entre souvenirs et interrogations de l’auteure, qui nous entraîne de la petite histoire à la grande en faisant parfois le grand écart… Néanmoins, Agnès Desarthe rend hommage à son grand-père de façon toute personnelle et lui offre là un beau cadeau. Quant à moi, si je suis passée à côté de ce roman, je tenterai à nouveau de lire sa plume, en tâchant cette fois de tomber juste…

 

Les premières phrases : « Dans certaines cultures, ce qui distingue l’aristocratie du commun, c’est l’art de porter l’habit, dans d’autres celui de guérir par imposition des mains, de reconnaître un grand cru ou de lire l’avenir dans les feuilles de thé. Chez nous, ce qui permet de sortir du lot, c’est la façon de raconter les histoires ; plus précisément, les histoires drôles. »

 

Au hasard des pages : « Ce livre, celui que je suis en train d’écrire, était censé être un portrait du pédagogue polonais, mais dès les premières pages, le lapsus a oeuvré. J’ai su très rapidement qui allait prendre la place de Korczak dans ce récit, se superposer au personnage d’origine, profiter d’une vague ressemblance et de coïncidences historiques pour s’immiscer dans le projet, le faire dévier, le détourner irrémédiablement. Les deux figures ont toujours été mêlées. Dans la salle du musée, c’était déjà à l’autre que je songeais. Triple B est apparu, et je n’ai pu faire autrement que raconter son histoire à lui, lui sur qui je ne possède aucune documentation, lui dont j’ai si peu d’images, lui que personne ne connaît et dont tout le monde se fiche. Je voulais écrire sur un homme exemplaire, et voilà que je m’attache à un exemplaire d’homme. » (p. 57)

 

Malice, Moka, Sylire, Yv, Gambadou et Clarabel ont aimé…  Stéphie, La pyrénéenne et Cathulu beaucoup moins…

 

Éditions Points (Août 2010)

75 p.

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Le jeudi, c’est citation ! (26)

Jeudi citationSur une idée de Chiffonnette

 

« – Savez-vous ce qui me gâte l’écriture ? Ce sont les corrections, les ratures, les maquillages qu’on y fait.

– Croyez-vous donc qu’on ne se corrige pas, dans la vie ? demanda Julius allumé.

– (…) Dans la vie, on se corrige, à ce qu’on dit, on s’améliore ; on ne peut corriger ce qu’on a fait. C’est ce droit de retouche qui fait de l’écriture une chose si grise et si… (il n’acheva pas). Oui ; c’est là ce qui me paraît si beau dans la vie ; c’est qu’il faut peindre dans le frais. La rature y est défendue. »

 

André Gide (1869-1951), Les caves du Vatican

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Tout seul – Chabouté

tout-seul.jpgVoilà, c’est fait, je suis complètement et définitivement « chaboutée »…! Et il ne m’aura suffit que de deux albums pour être sous le charme de cet auteur dont j’ignorais encore tout il y a à peine un mois. Après Fables amères dont je vous recommande fortement la lecture, il me fallait prolonger la magie… et j’ai lu Tout seul…, et j’ai pris une grosse claque.

 

La mer à perte de vue, les vagues, des mouettes, un phare au beau milieu de l’océan, le décor est planté. Et d’entrée, on en prend plein les mirettes : le dessin en noir et blanc est sobre, épuré, simple et beau, les planches muettes se succèdent et on ne peut qu’admirer le travail de l’artiste. Un bateau de pêche vient rompre la « quiétude » du monde du silence, à son bord, deux pêcheurs, l’un est un vieux loup de mer, aguerri et bourru, l’autre, plus jeune, pas très causant, fait ses armes. Une fois par semaine, le vieux marin vient déposer des caisses de provisions à un homme mystérieux qui habite le phare. Cet homme, personne ne l’a jamais vu, jamais il n’a été à terre, jamais il n’a quitté son phare. Ce phare, il y est né, il y a grandi jusqu’à la mort de ses parents. Quinze ans se sont passés depuis, et le vieux marin tient la promesse qu’il a faite au gardien du phare avant sa mort : ravitailler son fils en nourriture, médicaments ou hameçons, ce qu’il fait sans se poser de questions. De cet homme on ne sait rien, ou pas grand chose, on le surnomme « Tout seul »…

 

tout-seul-2

 

J’ai tenu entre les mains pendant un temps beaucoup trop court un vrai bijou, un chef d’oeuvre, et je pèse mes mots ! Cette histoire est absolument magnifique, poétique, touchante, troublante et reste en mémoire longtemps après la lecture terminée. J’ai volontairement choisi de ne pas trop dévoiler l’histoire de Tout seul, la rencontre avec cet homme est magique, on l’attend pendant un certain nombre de pages et quand on fait enfin sa connaissance on ne peut plus oublier son visage. On entre dans sa vie, cette vie solitaire rythmée par des rituels, et quels rituels… Une table et une chaise faces à l’océan, des objets disparates et vieillots disposés comme des reliques, un poisson dans un bocal, c’est le petit monde de Tout seul. Je ne vous dirai pas comment il occupe ses journées, comment il voyage dans sa tête… C’est une des plus belles surprises de cette histoire, émouvante et forte, drôle et triste à la fois, un bel hymne au pouvoir de l’imagination.

Un grand merci monsieur Chabouté pour ce livre magistral…

 

 

Les avis unanimes de Cathe, Laurent, Joëlle, Enna, Val, Canel, Yv, Midola

 

 

Tout seul1

© Chabouté / Vents d’Ouest

 

Éditions Vents d’Ouest (Septembre 2008)

365 p.

 

C’était ma BD du mercredi!

Chez Mango et chez les autres…

 

palsechesParticipation au challenge « Pal sèches »

organisé par Mo’ la fée

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Les insurrections singulières – Jeanne Benameur

Insurrections singulières

Antoine est à la croisée de chemins, à l’heure des doutes et des remises en question. D’aussi loin qu’il s’en souvienne, il a toujours voulu partir, s’enfuir loin. Vie étriquée, désirs limités, ce monde trop petit n’est pas le sien… Fils d’ouvriers, Antoine s’est toujours senti en décalage, y compris à la faculté où il a suivi des études pour faire plaisir à ses parents : au fond, il avait toujours su qu’il suivrait les traces de son père. A « Lusine » comme il l’appelle, Antoine est encore et toujours à la recherche de sa vraie place mais sa rencontre avec Karima va marquer un premier tournant dans sa vie. Karima est prof de lettres, amoureuse des mots et pour lui plaire Antoine s’invente un autre lui-même. A défaut des mots d’amour qu’elle attend et qu’elle espère, Antoine écrit des phrases de lutte et se prend au jeu du militantisme syndical, osant même les prises de paroles devant ses compagnons de galère. La voix se fait rageuse et Karima s’éloigne…

 

Au début du roman, Antoine est revenu à la case départ, Karima est partie et tout est à refaire, à réinventer, à reconstruire. En RTT forcées à l’heure des relocalisations, Antoine revient chez ses parents et se retrouve face à ses vieux démons. Il devient urgent de fuir, il faut prendre un nouveau départ, s’appartenir enfin. Puisque l’usine délocalise ses ateliers au Brésil, c’est là-bas qu’il ira, pour essayer de comprendre, et peut-être trouver enfin sa place dans le monde…

 

Ce livre est un vrai cadeau. Pour être honnête, s’il n’avait pas été écrit par Jeanne Benameur, je ne l’aurais probablement jamais ouvert. J’avais peur que le propos politique et engagé m’éloigne de l’histoire individuelle, je ne pensais pas pouvoir m’attacher à Antoine, lui et moi n’avons rien en commun, et pourtant… Encore une fois, Jeanne Benameur a su m’embarquer dans son histoire et ce dès les premières pages, dès les premiers mots. Antoine se cherche, s’interroge et on l’accompagne dans son cheminement intérieur. Avec justesse et simplicité, Jeanne Benameur trouve les mots pour parler à chacun de nous, à notre part la plus intime, la plus secrète, et elle le fait avec un grand talent. L’amitié qui lie Antoine à Marcel, le bouquiniste passionné, m’a profondément touchée. Teintée de respect, sincère et forte, elle sera une des clés de sa renaissance. Il lui transmet l’amour des mots, l’amour des livres, lui ouvre les portes d’un monde dont il se sentait exclu, le fait se sentir libre, vivrant, vivant. Doucement, Antoine fait sa révolution. Car c’est bien de cela dont il est question ici : si Antoine entre en révolte, c’est bien plus vis à vis de lui même que vers un quelconque pouvoir en place…

 

J’ai dégusté ce livre, je l’ai savouré, retardant le moment de le refermer. Cette auteure a un don, la langue est riche, soignée, précise, les mots coulent, la poésie est partout et surtout là ou on ne l’attend pas. Dire que je suis sous le charme serait un euphémisme : la plume de Jeanne Benameur est de toute beauté, d’une incroyable justesse. Longtemps elle résonne en nous…

 

Premières phrases : « Il y a longtemps, j’ai voulu partir. Ce soir, je suis assis sur les marches du perron. Dans mon dos, la maison de mon enfance, un pavillon de banlieue surmonté d’une girouette en forme de voilier, la seule originalité de la rue. Je regarde la nuit venir. »

 

Au hasard des pages : « Le monde que je vis aujourd’hui n’est pas le monde. Le vrai monde, c’est celui que je pressentais quand j’étais petit et il était immense. C’est le monde que j’ai dans les mains quand je roule à moto, quand je caressais le corps de Karima, quand je touche les livres rares, quand mes mains au fond de mes poches rêvent et que j’ai les yeux levés vers le ciel ou vers une fenêtre éclairée. Il est là, le monde. Je le sais. Je l’ai toujours su. Et tout le reste, c’est pour faire comme les autres. Pour pas avoir l’air trop fou. Pour faire l’homme qui gagne sa croûte et qui n’emmerde personne. Du vent, oui. Du vent. Du mauvais vent. Celui qui te retient au port toute ta putain de vie et qui se lève le jour où t’es trop vieux pour monter la voile. Merde. » (p. 66-67)

 

Les avis de Géraldine, Bellesahi, NoryaneLibouli.

 

Éditions Actes sud (Janvier 2011)

197 p.

 

Livre lu dans le cadre des Chronique de la rentree litteraire

Un grand merci à Abeline…

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A livre ouvert…

Depuis quelques jours, je croise souvent ici et ce petit tag bien sympathique, un questionnaire tout simple en apparence mais beaucoup plus complexe qu’il n’y parait… Il s’agit de répondre aux questions posées en donnant comme réponse le titre d’un livre lu dans l’année écoulée, sacré remue-méninges ! Je me prête au jeu en limitant mes réponses aux titres lus et chroniqués sur ce blog depuis son ouverture en juillet dernier, histoire de faciliter la chose !

  livre-coeur

 

Décris-toi.

  La reine des lectrices

 

Comment te sens-tu ?

  Je suis morte…

 

Décris là où tu vis actuellement.

L’île aux chimères

 

Si tu pouvais aller n’importe où, où irais-tu ?

  Le Grand Loin

 

Ton moyen de transport préféré ?

  En chemin elle rencontre…

 

Ton/ta meilleure amie est :

  Le confident

 

Toi et tes amis, vous êtes :

Je vous aime tant

 

Comment est le temps ?

Ouragan

 

Ton moment préféré de la journée :

Le retour de l’aube

 

Qu’est la vie pour toi ?

  Fables amères

 

Ta peur ?

  Le monde sans les enfants

 

Quel est le meilleur conseil que tu as à donner ?

  Grandir

 

Pensée du jour ?

  Mon blog est un coeur qui bat

 

Comment aimerais-tu mourir ?

  Les paupières

 

La condition actuelle de ton âme ?

Les heures souterraines

 

Alors, à qui le tour…?

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Le confident – Hélène Grémillon

Le confidentParmi les nombreux romans de la rentrée littéraire, entre les auteurs qu’on attend et qui n’ont besoin d’aucune publicité et ceux qui vont devoir se frayer un passage pour sortir du lot, il y a parfois des pépites… Des livres que l’on attendait pas et qu’on découvre avec le plus grand bonheur, qui plus est quand ce sont des premiers romans. Le confident fait partie de ces pépites et au vu des nombreux billets enthousiastes lus ici et là sur la toile ou ailleurs, les lecteurs ne s’y sont pas trompés.

 

La mort d’une mère est un terrible bouleversement, d’autant plus quand on s’apprête soi même à le devenir. Malgré sa peine et son chagrin, Camille doit pourtant faire face, les lettres de condoléances arrivent nombreuses et il va bien falloir y répondre. A quoi bon les lire, la douleur est suffisamment présente… Camille décide de n’ouvrir que les lettres ne portant pas le nom de l’expéditeur pour savoir qui remercier. Dans ce tas, une lettre attire son attention, plus grosse, plus lourde, plus épaisse. Cette étrange lettre n’est pas signée et semble ne pas lui être destinée : un certain Louis y raconte une histoire, la sienne et celle d’une certaine Annie, une histoire qui se situe dans les années 40, au temps de l’occupation allemande. Sûrement une erreur, Camille ne connaît aucun Louis, aucune Annie… Mais l’erreur persiste et Camille continue de recevoir chaque semaine la suite de ce qui semble être une confidence. Pourquoi ces lettres lui sont-elles adressées ? Quelle est donc l’histoire qu’on veut lui raconter ? Désormais, Camille attend chaque mardi d’en recevoir la suite, le suspense s’installe de même qu’un certain malaise : et si finalement il était bien question d’elle dans ces lettres ? De petits détails en vagues intuitions, Camille va petit à petit reconstruire l’histoire, son histoire, et ce qu’elle va découvrir va bien au delà de ce qu’elle imaginait.

 

« L’impensable, ça existe, j’en suis la preuve. »

 

J’ai lu ce livre il y a presque 2 mois et je ne sais toujours pas pourquoi j’ai tant tardé à en parler ici. Une chose est sûre, mon avis aujourd’hui sera sensiblement différent de celui que j’aurais pu écrire à l’époque de ma lecture et j’avoue que tout cela me perturbe un peu… Je m’explique.

J’avais très envie de lire ce livre, vos avis élogieux voire dithyrambiques y sont sûrement pour beaucoup. J’avais hâte de me plonger dans cette lecture, il y était question de secrets, d’amour, de maternité, de femmes, autant de thèmes qui m’attirent et me séduisent. Ajoutons à cela l’histoire avec un grand H, celle de la seconde guerre mondiale, et j’étais sûre d’aimer ce roman.

Et oui, j’ai aimé ce roman, je l’ai même dévoré en moins de 2 jours, ce qui m’arrive assez rarement. J’ai refermé ce livre ravie, emballée par l’intrigue, les personnages, l’alternance très bien vue des points de vue, cet habile va et vient entre les deux époques, ce chassé croisé entre tous ces destins que l’on découvre liés de façon inextricable. J’ai été bouleversée par Annie mais peut-être encore plus par cette fameuse madame M., énigmatique, monstrueuse, égoïste, mais finalement la plus émouvante de toutes, celle dont je me suis curieusement sentie le plus proche. C’est un livre qui parle du désir d’enfant, de maternité, mais c’est aussi un livre qui parle de mensonge, de trahison, de rancoeur, de jalousie, de vengeance… J’ai aimé découvrir les liens entre les personnages, suivre Camille dans sa quête. Le dénouement m’a bluffée, très habile, inattendu.

 

Oui, mais alors me direz vous ? Fait curieux, deux mois après cette lecture je dois avouer qu’il ne m’en reste que peu de choses. Et je ne sais pas à quoi cela est dû… J’ai aimé l’intrigue, l’écriture, mais je n’ai plus de souvenirs précis de ce livre que j’avais pourtant englouti en un temps record. Et c’est cela qui me perturbe parce que c’est sans nul doute un bon roman, un très bon même… Jusqu’à maintenant, tous les livres qui m’ont marqués m’ont laissé une trace indélébile, alors comment expliquer que ce livre m’échappe à ce point aujourd’hui…?

 

Les avis unanimes de Clara, Keisha, Hérisson, StéphieLeiloona, Lancellau, Cynthia, Mango, Canel, Val, La sardine, un des rares bémols, celui de Manu

 

Premières phrases : « Un jour, j’ai reçu une lettre, une longue lettre pas signée. C’était un évènement, car dans ma vie je n’ai jamais reçu beaucoup de courrier. Ma boîte aux lettres se bornant à m’annoncer que la-mer-est-chaude ou que la-neige-est-bonne, je ne l’ouvrais pas souvent. Une fois par semaine, deux fois les semaines sombres, où j’attendais d’elles, comme du téléphone, comme de mes trajets dans le métro, comme de fermer les yeux jusqu’à dix puis de les rouvrir, qu’elles bouleversent ma vie. Et puis ma mère est morte. Alors là, j’ai été comblée, pour bouleverser une vie, la mort d’une mère, on peut difficilement mieux faire. »

 

Au hasard des pages : « Les confidences sont une marque d’amour ou d’amitié à manier avec beaucoup de dextérité. Tout le monde n’est pas prêt à les recevoir, une encore enfant moins que quiconque. Il faut laisser les caractères se dessiner avant de leur imputer des choses qui ne leur appartiennent pas. » (p. 171)

 

Éditions Plon (Août 2010)

301 p.

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La Ronde des Livres – Vive la Chine ! (6)

Ronde des LivresSpécial nouvel an chinois !

 

Aujourd’hui pour cette nouvelle Ronde des Livres avec Hérisson et Liyah,

je vous emmène en Chine !

 

Ces deux albums parus aux éditions Actes Sud dans la collection Les Grands Livres sont de toute beauté, d’une grande finesse et font découvrir ce pays de façon poétique et ludique. L’enfant part à la découverte de la culture chinoise et surtout de son écriture : à chaque fois qu’un nouvel idéogramme est appris, il se substitue dans le texte au mot français auquel il correspond. A la fin du livre, un lexique reprend tous les idéogrammes de l’histoire et leur signification. Deux beaux albums qui sont en plus de beaux objets : le papier est de qualité, les couleurs vives, c’est un vrai bonheur de se promener entre ces pages…

 

Un rêve pour toutes les nuitsPetit Tang ne sait pas rêver et ça le rend triste. Une nuit, il se retrouve transporté près de la grande muraille de Chine. Le garde qu’il rencontre lui indique qu’il trouvera son « rêve pour toutes les nuits » au bout de la grande muraille, mais pour cela il doit apprendre les mots secrets du rêve… Petit Tang entame donc un périple dans les quatre coins du pays, il y rencontrera le singe Poil de Soleil, le pêcheur du Sud, le dragon du Paradis, il traversera le désert, les montagnes et les rizières. A chaque rencontre, le mystère de nouveaux mots est dévoilé, au total vingt idéogrammes qui dépeignent tout un monde : homme, ciel, terre, montagne, eau, paysage, poisson,  riz, oiseau…

 

Un très bel album, magnifiquement illustré ! On suit avec plaisir les pas de Petit Tang dans sa découverte des mots secrets et on se surprend à ne pas se référer au lexique au cours de la lecture. Les idéogrammes sont explicités pas à pas pour permettre à l’enfant de les reproduire.

 

Un rêve pour toutes les nuits, Lisa Bresner, Frédérick Mansot (illustrations), Dong Qiang (calligraphie)

Actes Sud Junior, 1999.

 

Le-secret-d-un-prenom.gifC’est l’anniversaire de Fleur de Courgette, aujourd’hui, elle a 8 ans. Mais la petite fille n’est pas d’humeur, elle est même très fâchée et refuse tous ses cadeaux : le cerf volant papillon que lui a fabriqué son frère Petit Trésor, les bonbons de son père Tigre du Matin et même le joli petit chaton que lui offre sa mère Pivoine de Neige. Fleur de Courgette ne veut qu’une seule chose : changer de prénom ! Quand son grand-père Mille Bouches arrive pour lui souhaiter son anniversaire, il lui raconte l’histoire de Dragon de Nuit. Dans ce conte, Fleur de Courgette fera la connaissance de Lune d’automne, Hirondelle d’été, Joli Rêve, Parfum d’été, Pure Étoile, Joie des Bois… de quoi trouver l’inspiration pour le choix d’un nouveau prénom.

En Chine en effet, la coutume veut que l’on possède au moins trois prénoms : le premier est celui qui est donné à la naissance de l’enfant, le second est le nom scolaire reçu entre 7 en 9 ans, c’est celui que Fleur de Courgette veut changer. Le troisième prénom est le nom social que l’on reçoit entre 16 et 25 ans.

 

Encore un très bel album aux illustrations soignées. Une belle initiation à la tradition des prénoms chinois. Par le biais de l’histoire que lui raconte son grand-père, Fleur de Courgette rencontre des noms qui lui serviront pour se choisir un nouveau prénom. A la fin de l’ouvrage, un lexique reprend tous les idéogrammes des prénoms de l’histoire, leur signification et leur prononciation.

 

Le secret d’un prénom, Lisa Bresner, Frédérick Mansot (illustrations), Fan Yifu (calligraphies)

Actes Sud Junior, 2003

 

ChallengeAlbums

Rendez-vous dans 15 jours pour une nouvelle Ronde des Livres

avec Hérisson et Liyah !

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Le jeudi, c’est citation ! (25)

Jeudi citation

Chez Chiffonnette

 

Il y a quelques jours j’ai refermé à regrets le dernier roman de Jeanne Benameur. Cet auteur me fascine et me bouleverse, avec Les insurrections singulières elle a de nouveau réussi à m’embarquer là où je n’aurais jamais cru aller…

 

Insurrections singulières« J’apprenais à le connaître. A travers sa maison. Mais ce qui la faisait vraiment sienne c’est qu’elle était envahie de livres. De sa chambre au grenier. Même dans la cuisine où on passait le plus clair de notre temps, des piles de livres voisinaient avec les épices sur le buffet, sur les chaises, partout.

Les livres, chez lui, c’était une présence tranquille, pas comme chez Karima où les étagères bien rangées me narguaient. Chez Marcel, on aurait dit que les livres attendaient avec nonchalance qu’on les ouvre. Ils étaient là, disponibles, sans exigence. En même temps, par leur présence, ils me disaient que j’avais encore des milliers de choses à découvrir. Ça ne me bousculait pas. Ça me convenait.

L’impression que rien n’était fini, que quelque chose pouvait s’allumer et brûler haut et fort. En moi. C’était dans les livres, dans les pages. Ça m’attendait.

Et j’ai lu. J’ai passé des journées entières à lire. Je piochais ce qui me tombait sous la main et ce que Marcel me préparait, au pied du canapé. Petites piles précieuses qui m’attendaient. »

 

Billet à venir très bientôt…

 

Lu dans le cadre des Chronique_de_la_rentree_litteraire.jpg

où vous pouvez déjà retrouver mon avis sur ce livre…

importorigin:http://aliasnoukette.over-blog.com/article-le-jeudi-c-est-citation-25-66342905.html

Pico love – Dominique Roques / Alexis Dormal

Pico-love.jpgAprès la bande dessinée de la semaine dernière, j’ai eu envie d’un peu de légèreté, de rire, d’insouciance… et je suis tombée sur Pico ! Pico j’adore, ce petit gamin craquant a la même tignasse que mon fiston et ses réparties me font mourir de rire !

 

Pico a une dizaine d’années, il vit avec ses parents et sa petite soeur Ana Ana, mi pot de colle mi chipie, et voit le plus souvent possible « Papic » et « Mamite ». Pico n’a pas la langue dans sa poche et a un avis sur tout, et bien sûr, il a réponse à tout. En famille, à l’école ou avec ses copains Barnabé et Charlie, Pico fait preuve d’un sacré sens de la répartie mais ses réflexions d’enfant sont loin d’être aussi naïves qu’il n’y parait. Mine de rien, Pico réfléchit, un vrai petit philosophe ! Bien sûr, le quotidien de Pico c’est l’école, et l’école Pico, c’est pas son truc…, sauf peut-être pour la belle Lucie qui l’ignore royalement. Il faut dire qu’à l’école, Pico enchaîne les mauvaises notes, au grand dam de sa maîtresse :

 

« – Pico, je t’ai posé une question !

– Madame, j’ai l’impression que vous êtes une étoile lointaine et que vous m’avez envoyé une question qui prend des milliaaaaaaaards d’années pour arriver jusqu’à moi…

et peut-être que vous serez déjà éteinte quand je répondrai. »


Avec ses parents, c’est le même topo, Pico a réponse à tout, et j’avoue qu’en tant que maman j’aurais beaucoup de mal à garder mon sérieux devant certaines réflexions hilarantes de ce gosse. Petit dialogue à table :

 

« Tu crois qu’autrefois on colonisait des pays pour leur faire du bien ?

– Non. Plutôt pour exploiter leurs richesses.

– C’est comme moi. L’école me colonise pour que le pays exploite mes richesses.

Ils en ont pas encore trouvé. »

 

Et puis n’oublions pas Ana Ana, la petite soeur qui suit les traces de son frère, désarmante de naïveté, drôle et touchante. J’ai adoré sa lubie de collectionner les « mots très beaux ». Imaginez la tête des parents quand elle en énumère quelques uns : « perfide, sordide, vandale… et surtout toxique », qu’elle trouve « trop mignon » ! A quoi bon connaître leur sens, elle est « tombée amoureuse parce qu’ils sont beaux ». Et puis j’adore quand Ana Ana, nez à nez avec une grenouille écrasée sur la route, la prend pour un décalcomanie !

 

Si vous ne connaissez pas encore Pico, c’est le moment de le découvrir, les quatre tomes parus sont un vrai régal ! Petits moments de vie drôles et touchants, on en redemande ! Les dessins collent parfaitement au propos : vifs, colorés et naïfs, ils sont plein de tendresse. Une série bonne mine que je vous recommande chaudement !

 

Pico love1

 

Pico-love2.jpg

© Roques / Dormal / Dargaud

 

Pico-Bogue1.jpgPico Bogue2 Pico Bogue3

Tome 1 : La vie et moi

Tome 2 : Situations critiques

Tome 3 : Question d’équilibre

 

Éditions Dargaud (Novembre 2010)

48 p.

 

C’était ma BD du mercredi!

Chez Mango et chez les autres !

 

palsechesParticipation au challenge Pal sèches

organisé par Mo’ la fée

 

WOMEN BDParticipation au challenge BD au féminin

organisé par Théoma

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