La Reine des lectrices – Alan Bennett

Reine des lectricesNon, vous ne rêvez pas, il existe bel et bien des irréductibles n’ayant pas encore lu ce petit bouquin qui a pourtant fait le tour de la blogosphère ! Beaucoup de chroniques enthousiastes, quelques rares déceptions ici ou là mais dans l’ensemble La Reine des lectrices a trouvé son public parmi les insatiables lecteurs compulsifs que nous sommes ! Et c’est vrai que ce livre a de quoi nous réjouir puisqu’il met à l’honneur une passion que nous avons tous en commun… C’est parti pour 121 pages de pur bonheur avec la complicité d’Hathaway et de Stéphie mes partenaires pour cette lecture commune.

 

La reine Elizabeth est quelqu’un de très occupé cela va sans dire… Entre les obligations dues à son rang, les innombrables réunions avec son secrétaire particulier ou son premier ministre, le protocole laisse peu de place à la pratique d’une passion quelle qu’elle soit. La reine est quelqu’un de consciencieux : elle respecte le planning qu’on fait pour elle et honore ses divers engagements, qu’elle en ait le désir ou non… Alors quand le hasard (la destinée ?) met sur son chemin un bibliobus, ce n’est pas seulement sa vie qui est chamboulée mais toute la bonne marche de la maison Windsor. Si c’est effectivement par politesse que la reine emprunte son premier livre dans le bibliobus de Mr Hutchings, c’est aussi le début d’une spirale infernale qui la conduira à négliger de plus en plus ses engagements royaux. Prenant ses premiers conseils de lecture auprès de Norman Seakins, « un rouquin efflanqué en salopette blanche » qui travaille aux cuisines, elle en fera son page personnel puis son « tabellion particulier », sorte d’assistant littéraire ayant pour mission principale de lui conseiller des livres voire même tout simplement de lire pour Sa Majesté. C’est que la reine lit de plus en plus, au grand désespoir de son entourage, et sa passion envahissante va engendrer des situations fort embarrassantes…

 

Voilà une lecture qui fait du bien, une lecture bonne mine qui réchauffe en ces temps hivernaux ! J’ai pris un grand plaisir à suivre la reine dans sa découverte tardive de la lecture ! Les répliques font mouche, les dialogues « so british » sont purement jouissifs et les personnages secondaires sont loin d’être des faire valoir. On sourit beaucoup, on glousse bêtement, on rit franchement et c’est par moments désopilant ! C’est que ce livre est truffé de bons mots, décidément, j’aime l’humour anglais !

Un roman réjouissant qui vous fera certainement passer un très bon moment si vous ne l’avez pas encore lu, un vrai régal ! L’inconvénient bien sûr, c’est que ce livre est rempli d’allusions littéraires, je ne compte plus les divers titres disséminés ici et là qui ont titillé mes envies de lectures !

 

Un nombre incalculable de billets sur la toile dont ceux de Manu, Yspaddaden, Keisha, Choco, Clara, Cuné, Cathulu, Clarabel, Cynthia

 

J’ai hâte de savoir si Hathaway et Stéphie ont autant apprécié leur lecture que moi !

 

Premières phrases : « Windsor accueillait ce soir-là un banquet d’apparat : le président de la République française s’était placé aux côtés de Sa Majesté tandis que la famille royale se regroupait derrière eux ; la procession se mit lentement en marche et rejoignit le salon Waterloo. »

 

Au hasard des pages : « Cet attrait pour la lecture, songeait-elle, tenait au caractère altier et presque indifférent de la littérature. Les livres ne se souciaient pas de leurs lecteurs, ni même de savoir s’ils étaient lus. Tout le monde était égal devant eux, y compris elle. La littérature est une communauté, les lettres sont une république. Elle avait déjà entendu cette formule, lors de remises de médailles et de cérémonies diverses, sans savoir au juste ce qu’elle signifiait. A cette époque, elle considérait que la moindre allusion à quelque république que ce soit avait en sa présence quelque chose de déplacé et de vaguement insultant, pour ne pas dire plus. Aujourd’hui seulement elle en comprenait le sens. Les livres ne varient pas. Tous les lecteurs sont égaux. » (p. 36)

 

Éditions Gallimard (mai 2010)

Collection Folio

Traduction de Pierre Ménard

121 p.

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Le jeudi, c’est citation ! (17)

Jeudi citationChez Chiffonnette

 

Aujourd’hui, petit morceau choisi d’une lecture très récente, un petit livre vu et revu sur les blogs qu’il me tardait de lire tant les avis étaient enthousiastes ! Un vrai régal !

 

« – Lire n’est pas un crime en soi, Madame.

– Je suis heureuse de vous l’entendre dire.

– Ce qui est dangereux, c’est de le faire de manière intensive. »

 

Reine des lectrices

La Reine des lectrices, Alan Bennett

 

Petit avant-goût d’un billet à venir demain pour une lecture commune avec Hathaway et Stéphie…

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Petite nouvelle – Vlou

Petite-Nouvelle.jpgC’est complètement par hasard que je suis tombée sur cet album au Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil… Au stand des éditions Quiquandquoi, Vlou dédicaçait son premier livre. J’ai été irrésistiblement attirée par cette couverture énigmatique, ce dessin aux traits forts et doux à la fois, l’attitude de cette jeune femme, ses mains entrouvertes, ses yeux… Que pouvait-elle bien regarder, cacher, protéger ? Une chose est sûre, je ne m’attendais pas à recevoir un tel choc à cette lecture, Petite nouvelle m’est allée droit au coeur…

 

« J’ai rencontré ma fille

ça c’est fait très vite

d’un coup, elle était là,

minuscule, dans ma main. »

 

Petite nouvelle est l’histoire simple et universelle d’une naissance, aussi inattendue qu’irréelle. C’est l’histoire d’une maman qui découvre son enfant, c’est l’histoire d’une enfant qui se découvre maman. Au coeur de ses mains fermées, une petite fille, si fragile, si délicate. D’abord surprise, la mère observe ce petit être qui l’observe en retour. Comment faire pour ne pas lui faire mal, s’occuper d’elle ? On s’apprivoise doucement, en un éclair, le lien se tisse, indestructible et éternel et déjà l’angoisse apparaît, pourvu qu’elle ne grandisse pas, faites qu’elle reste toujours tout contre moi…

 

Difficile de résumer un tel livre, difficile de vous faire part de mon émotion. Vlou m’a raconté que l’idée de cet album lui est venu d’un rêve. Dans ce rêve, elle découvrait au coeur de ses mains un enfant minuscule. De ce point de départ est né Petite nouvelle… Le thème de la maternité est abordé sous un angle extrêmement poétique et tendre, en quelques planches, en quelques phrases, tout y est : la découverte, l’amour qui naît instantanément, la fascination pour ce petit inconnu qui nous impressionne déjà tant, les doutes, la joie, les maladresses, les peurs… Alors oui, mon petit coeur de maman a fondu, comment Vlou qui s’est présentée elle-même comme une « non-maman » a-t-elle pu restituer de façon si précise et si réelle ces sentiments si intimes ? L’émotion est accentuée par le formidable coup de crayon de Vlou : avec du noir, du blanc, du gris, un trait vif et précis, elle crée un univers poétique qui nous enveloppe de douceur. Tout est pur, délicat, à l’image de ces personnages, cette mère et ce père, nus comme aux origines du monde…, la boucle est bouclée.

 

Énorme coup de coeur pour cet album, le premier de Vlou,

un petit bijou qui ne ressemble à rien d’autre…

 

Vlou, si vous passez par là et lisez ces lignes, un grand merci pour ces quelques mots échangés, votre disponibilité, votre gentillesse, votre humilité. Je suis extrêmement touchée d’avoir été votre première dédicace, vos mains avaient beau trembler, il n’y paraissait rien ! J’attends avec impatience vos prochains livres, une chose est sûre, je serai au rendez-vous…

 

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Sur le site de Vlou,

vous pourrez découvrir les premières planches de Petite nouvelle .

 

Éditions Quiquandquoi (Août 2010)

74 p.

 

C’était ma BD du mercredi!

Chez Mango et chez les autres…

 

palseches

Participation au challenge « Pal sèches »

chez Mo’ la fée

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La Ronde des Livres – 2 albums (2)

Entrez dans la danse pour cette nouvelle ronde des livres

avec Hérisson et Liyah !

Aujourd’hui, 2 albums coup de coeur sur le thème du temps.

 

Maitre des horloges

Le roi s’ennuie… Souverain d’un royaume immense, il est triste et désabusé. Un jour, il prend conscience du vide de sa vie et du temps qui passe, la seule pensée de devoir vieillir lui est insupportable. De ce jour, il ordonne qu’on voile tous les miroirs et qu’on arrête les horloges, il refuse même de voir ses enfants car les voir grandir lui est devenu une torture. Désirant coûte que coûte obtenir le secret de l’immortalité, il promet à quiconque le lui révélera son poids en diamants et la réalisation de son souhait le plus cher… La foule se presse pour livrer recettes, potions et autres prétendus secrets au Roi. Mais arrive le dernier jeune homme : il lui révèle que chaque homme sur terre possède sa propre horloge. Seul le Maître des horloges a le pouvoir de les remonter chaque soir pour accorder la grâce d’un jour de plus sur cette terre, s’il en décide autrement, c’est que l’heure de partir a sonné, et l’horloge s’arrête… Le roi en perd le sommeil et tombe peu à peu dans la folie, il faut à tout prix qu’il trouve cet endroit…

Peut-on suspendre la course effrénée du temps ? Le roi se perd à chercher l’impossible, il perd sa vie à essayer d’en différer la fin alors que l’éternité est au coeur même de chaque instant de la vie. Une belle leçon, simple et poétique pour un très bel album que je vous recommande !

 

Le Maître des horloges. Anne Jonas / Arnaud Hug. Milan jeunesse (2003)

 

Le gardien de l'oubliGabriel est très triste d’avoir perdu sa toupie préférée. Quand Anne-Lise, la fille la plus mystérieuse de l’école, lui indique de le suivre à la sortie des cours, Gabriel ne sait pas trop à quoi s’attendre. Elle l’accompagne jusqu’à une maison au fond d’une petite place solitaire gardée par un homme sans âge, élégant et énigmatique : c’est le gardien de l’Oubli. Dans la salle des jouets perdus et oubliés, Gabriel retrouve sa toupie, à son plus grand étonnement. Le gardien de l’Oubli lui apprend qu’il existe également la salle des livres, la salle des horloges et des montres, celle des instruments de musique, celle des vêtements… Il lui ordonne de ne parler à personne de cette visite, ni de ce qu’il a vu à l’intérieur de la maison. Quand Gabriel s’y présente une deuxième fois pour y rechercher la montre de gousset de son grand-père, le gardien de l’Oubli lui fait promettre de ne pas revenir une troisième fois, ce pourrait être dangereux… Mais le lendemain, Anne-Lise ne revient pas à l’école. Quand Gabriel retrouve le petit miroir dont elle ne se séparait jamais, il retourne chez le gardien de l’Oubli pour le placer dans la salle des miroirs avec l’espoir qu’elle viendra l’y chercher…

J’ai un gros faible pour cet album. Le personnage du gardien de l’Oubli est fascinant et énigmatique. Les doubles pages consacrées à la découverte des différentes salles par Gabriel sont saisissantes de détails : tous les objets sont soigneusement rangés selon un ordre mystérieux. La salle des miroirs est très oppressante, le lecteur n’est pas au bout de ses surprises !

 

Le gardien de l’Oubli. Joan Manuel Gisbert / Alfonso Ruano. Syros (1998)

Traduit de l’espagnol

 

Rendez-vous dans 15 jours pour une autre Ronde des Livres !

 

ChallengeAlbums10/24

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Retour au collège – Riad Sattouf

retour_au_college.jpgAttention, BD hautement addictive ! Comme nous avertit l’auteur lui-même, « les noms et les physionomies des personnages ont été modifiés. Par contre, les situations et les propos rapportés sont absolument véridiques« . Et c’est là que c’est hilarant ! Le principe est à la fois simple et diablement efficace : l’auteur, 27 ans, encore traumatisé par ses années collège, décide de retourner en 3e, d’observer cette « faune » et d’en faire une bande dessinée ! Pensant que sa phobie vient du fait qu’il ait été scolarisé en ZEP, il décide de vérifier par lui-même en se rendant « chez les rupins »…

Direction le collège « Charles-Henri » situé dans un des arrondissements les plus chics de Paris, un des trois meilleurs de France, excusez du peu !

 

A l’aide d’un discours volontairement faux-cul, l’auteur arrive à persuader le ministère de l’Education Nationale que son but est de donner une image différente de l’école, loin des clichés et autres stéréotypes. Après quelques tractations de rigueur, il se rend donc au collège Charles-Henri pour y rencontrer le Principal. D’abord sceptique sur l’idée de cette immersion totale dans une classe, celui-ci finit par trouver le concept intéressant, d’autant plus que l’auteur précise que tout ceci sera anonyme… Réflexion faite, il passera donc 15 jours au sein de la 3eC, une classe dissipée mais privilégiée (dixit le Principal) où il y a « de l’action » et un certain De Bouvier…

Le jour J, le dessinateur est plus qu’angoissé : retourner au collège c’est un peu revivre ces années traumatisantes où il faisait partie du « club des pédés », club très ouvert réunissant tous les garçons peu gâtés par la nature, que ce soit physiquement, intellectuellement ou les deux… Si l’accueil des enseignants est quelque peu froid, celui des élèves est tout autre : ils lui font vite confiance et ne se font pas prier pour se confier, pour notre plus grand plaisir ! La galerie de personnages est criante de vérité : on retrouve le cancre obsédé sexuel, la bimbo-allumeuse, le beau gosse-star qui joue au mannequin pour se faire de l’argent de poche, l’intello boutonneux, l’exclu de service que tout le monde ignore… Et si ces élèves proviennent tous de milieux sociaux privilégiés (fils et filles d’avocats, de présidents d’entreprises, de scientifiques, de journalistes et j’en passe) et préfèrent manger au resto branché du coin plutôt qu’à la cantine, les scènes dont le lecteur est témoin sont très représentatives du milieu élève en général, qu’on soit en banlieue difficile ou dans les beaux quartiers. On se jauge, on se juge, l’apparence et l’argent engendrent la popularité, tout est codifié et le regard de l’autre est impitoyable. Celui qui ne possède pas un Ipod ou ne s’habille pas avec des marques est exclu du groupe. En bref, les ados apparaissent cruels, obsédés, hypocrites, superficiels et égoïstes…!

Parmi les grands moments de cette BD, les scènes qui se déroulent en classe où on retrouve bien cette « ambiance » caractéristique, ces remarques incongrues et/ou déplacées, ces rapports profs/élèves qui font le sel (ou pas…) de notre beau métier : le professeur de techno sort de ses gonds face au cancre De Bouvier, le professeur d’histoire doit rappeler à une élève que les résistants n’avaient pas de « carte de résistant » pendant la seconde guerre mondiale (!!), un cours de français sur Paroles de poilus dérive à cause d’un string qui dépasse, et que dire du cours d’EPS, prétexte à observer les dessous des filles pas farouches…

 

Je me suis régalée ! Finalement, ces élèves ne sont pas si différents que ceux que je côtoie tous les jours dans mon collège de ZEP, de là à dire que c’est rassurant ou déprimant, j’hésite encore !

Le fait est que j’ai passé un très bon moment, c’est drôle, c’est corrosif et c’est surtout très réaliste. Le parallèle avec les propres années collège de l’auteur est à ce titre très bien vu, finalement, rien ne change… Le dessin en noir et blanc, sans case, aux lignes épurées et caricaturales colle à merveille au propos de l’auteur.

Une vraie réussite à découvrir d’urgence !

 

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Éditions Hachette Littératures (Août 2005)

Collection La Fouine illustrée

95 p.

 

C’était ma BD du mercredi!

Chez Mango et chez les autres !

 

palseches

Participation au challenge « Pal sèches »

organisé par Mo’ la fée

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Petites lectures en pagaille (1)

Aujourd’hui, trois petites lectures jeunesse qui m’ont fait passer un très bon moment ! Destinés aux plus jeunes ou aux lecteurs les plus frileux, voici trois romans courts qui se dégustent et se savourent, des petites lectures en pagaille à mettre entre toutes les mains !

 

Tu veux être ma copineLe moins que l’on puisse dire, c’est que la petite Edwige n’apprécie pas du tout d’avoir déménagé ! Cette maison isolée en pleine campagne a beau ravir ses parents, elle regrette d’avoir quitté Paris et toutes ses copines. C’est avec « une meute de sauterelles dans le ventre, des serpents dans le sang et des grenouilles dans la tête » qu’Edwige fait sa rentrée dans sa nouvelle école. Personne ne s’intéresse à elle, personne ne lui adresse la parole, et elle, de son côté, n’ose aborder personne. C’est insupportable…. Mais Edwige ne se laisse pas abattre si facilement ! Ses parents lui ayant parlé de leur entretien d’embauche, elle décide de mettre au point un questionnaire pour recruter de nouveaux amis, c’est qu’il ne faudrait pas se tromper ou être déçue ! Motivée comme jamais, elle installe deux confortables cousins dans un coin de la cour de récréation et se métamorphose en directrice des ressources humaines ! En vingt questions aussi drôles que sincères, Edwige part à la recherche de l’amie idéale…

Un petit texte très drôle mais aussi très tendre et très juste sur l’amitié et la solitude. Susie Morgenstern cerne à merveille les peurs des plus jeunes dans un récit court et émouvant. En prime, les très jolies illustrations de Claude K. Dubois.

 

Tu veux être ma copine ?, Susie Morgenstern

Mouche de l’École des Loisirs (mars 2010) 67 p.

 

Cauchemar pianisteDans la famille de Groguimar, on est cauchemar de père en fils. Groguimar appartient à la lignée des cauchemars Epouvantabilibus, les plus terrifiants, et même s’il ressemble à n’importe quel petit garçon, il sait qu’à 7 ans il devra commencer à exercer son « métier » de cauchemar et hanter le sommeil des humains. Mais voilà, Groguimar n’a aucune envie de se glisser tous les soirs dans la tête des enfants pour les effrayer. Alors que sa grande soeur Tamar excelle et arrive à faire pleurer n’importe qui, Groguimar lui se demande qui sont ces gens à qui il va devoir faire peur. Il s’échappe de chez lui pour explorer le monde des humains et rencontre la petite Elodie. Sa mère l’oblige à étudier le piano car dans sa famille on est pianiste de père en fils et de mère en fille… Groguimar est sous le charme de la musique, c’est la révélation : il sera pianiste !

Très chouette petit roman qui se lit avec le sourire. Le personnage de Groguimar est attachant et a un rêve, ce qui est quand même un comble pour un cauchemar ! Elodie déteste le piano et refuse d’apprendre à Groguimar à en jouer… Il décide alors de se venger mais tout ne se passera pas comme prévu bien sûr, pour le plus grand plaisir du lecteur !

 

 Le cauchemar qui voulait devenir pianiste, Nathalie Kuperman

Mouche de L’École des Loisirs (mars 2007) 68 p.

 

 

Koala-dans-la-tete.jpgCharlotte l’avoue : elle n’aime pas le collège, s’ennuie et n’y a pas d’amis. Son seul but est de devenir invisible, alors elle fait le caillou, yeux mi-clos, dos arrondi pour avoir l’impression d’être ailleurs. Le problème, c’est que les professeurs ne l’entendent pas de cette oreille, de même que le CPE, monsieur Leonetti chez qui elle finit souvent les cours… Charlotte ne voit pas à quoi lui sert tout ce qu’on lui apprend, surtout depuis qu’elle est tombée par hasard dans les affaires de son père sur cette photo représentant un homme jeune et souriant fumant la pipe avec un koala sur la tête. Une simple photo qui bouleverse la vie de Charlotte qui se découvre un grand-père mystérieusement disparu dans les eaux du Pacifique. A partir de ce jour, Charlotte se passionne pour l’Australie, la vie des aborigènes, les koalas, elle se documente sur les « chemins du rêve », ces dessins en pointillés sur la terre rouge formant de magnifiques arabesques et autres symboles. Quand madame Ségur, son professeur de géographie, lui impose de préparer un exposé sur le sujet de son choix, elle choisit naturellement de parler de ces fameux chemins de rêves et des aborigènes d’Australie, elle qu’on traite de rêveuse…

Très beau roman fait voyager ! Charlotte est une jeune fille sans cesse partie dans ses rêves, intelligente, sensible, passionnée, elle s’évade par le dessin et les livres. Elle vit une relation forte avec son père qu’elle voit une semaine sur deux, cette complicité s’accentue d’ailleurs avec le récit fait par le père de l’histoire d’Antoine, ce grand-père dont Charlotte ignorait l’existence. Un roman optimiste très documenté qui se lit d’une traite !

 

Un koala dans la tête, Elise Fontenaille

DacODac, éditions du Rouergue (août 2009), 44 p.

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Le jeudi, c’est citation ! (15)

Jeudi citation

 

« C’est alors qu’apparut le renard.le-petit-prince--illustration-asteroB612.jpg

– Bonjour, dit le renard.

– Bonjour, répondit poliment le petit prince, qui se retourna mais ne vit rien.

– Je suis là, dit la voix, sous le pommier…

– Qui es-tu ? dit le petit prince. Tu es bien joli…

– Je suis un renard, dit le renard.

– Viens jouer avec moi, lui proposa le petit prince. Je suis tellement triste…

– Je ne puis pas jouer avec toi, dit le renard. Je ne suis pas apprivoisé.

 – Ah ! pardon, fit le petit prince.

Mais, après réflexion, il ajouta :

– Qu’est-ce que signifie « apprivoiser » ?

– Tu n’es pas d’ici, dit le renard, que cherches-tu ?

– Je cherche les hommes, dit le petit prince. Qu’est-ce que signifie « apprivoiser » ?

– Les hommes, dit le renard, ils ont des fusils et ils chassent. C’est bien gênant ! Ils élèvent aussi des poules. C’est leur seul intérêt. Tu cherches des poules ?

– Non, dit le petit prince. Je cherche des amis. Qu’est-ce que signifie « apprivoiser » ?

– C’est une chose trop oubliée, dit le renard. Ça signifie « créer des liens… »

– Créer des liens ?

– Bien sûr, dit le renard. Tu n’es encore pour moi qu’un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. Et je n’ai pas besoin de toi. Et tu n’as pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu’un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m’apprivoises, nous aurons besoin l’un de l’autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde… »

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Certains textes vous marquent à jamais, Le Petit Prince en fait partie.

Cette rencontre avec le renard est un de mes moments préférés, parmi tant d’autres, difficile de choisir en fait !

A savourer sans modération !

 

Le Petit Prince, Antoine de Saint-Exupéry

Éditions Gallimard

(première parution 1943)

 

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L’Homme Bonsaï – Fred Bernard / Delphine Chédru

L'homme bonsaï

Le nom de Fred Bernard ne m’était pas inconnu, mais j’ignorais qu’il avait adapté  son album jeunesse « L’Homme Bonsaï » paru en 2003 dans une version adulte.  D’abord illustré par François Roca, l’auteur se réapproprie ici son propre texte pour lui donner une autre dimension, plus sombre, plus sensuelle, plus libre aussi. Quand je suis tombée sur cette bande dessinée dans la bibliothèque personnelle d’une voisine bédéphile, j’ai été séduite par l’étrangeté qui s’en dégageait et la force de cet homme-arbre. Autant dire que je n’ai pas été déçue du voyage, cet album fait sans nul doute partie de mes coups de coeur !

 

Tout commence dans le taverne du « Homard manchot ». Le capitaine O’Murphy raconte à un auditoire pendu à ses lèvres son incroyable rencontre avec Amédée le potier le 24 avril 1874…

Embarqué de force sur un bateau de commerce qui se fait par la suite attaquer par des pirates, Amédée se retrouve prisonnier du terrible capitaine Stroke. A bord, il devient vite le souffre-douleur de l’équipage, subit les pires brimades avant d’être abandonné sur une île déserte. Perdu en mer de Chine, il survit tant bien que mal, persuadé qu’on finira bien par le retrouver. Un jour, alors qu’il passe sous l’arbre géant qui surplombe l’île, une graine lui tombe sur la tête et s’y incruste. Cette graine se met à germer et bientôt un petit arbre commence à pousser sur son crâne. Plus l’arbre grandit, plus Amédée s’affaiblit… Recueilli par des pirates chinois à bord de leur jonque, il reprend petit à petit des forces grâce aux soins prodigués par un vieux Chinois qui chaque jour s’occupe de son arbre, l’effeuille et l’élague. A la fois admiré et craint par l’équipage, Amédée est en effet un formidable atout : doté d’une force colossale, il sera amené à participer aux abordages et sera initié aux arts martiaux. En échange, il continue de recevoir les soins du vieux Chinois qui entretient la taille de son arbre, sa vie en dépend… Amédée devient vite une légende et sa réputation n’est plus à faire sur les mers. Jusqu’au jour où il rencontre la belle Changaï Li dont il tombe immédiatement amoureux…

Homme bonsaï planche

J’ai littéralement été happée par ce conte hors du commun, à la fois fantastique et poétique, et ce malgré les nombreuses scènes de violence qui jalonnent le récit. Le destin d’Amédée est fascinant, d’abord marin, puis prisonnier, il devient malgré lui un mythe. Son histoire d’amour avec Changaï Li est belle et tragique, sensuelle et émouvante. L’histoire n’en est pas moins cruelle et on n’échappe pas à des combats sanglants car c’est aussi, ne l’oublions pas, une histoire de pirates. Tout ceci crée une atmosphère très particulière à ce récit empreint de tristesse. Cet album est une belle réussite, nous voilà plongés dans un univers mystérieux et fabuleux qui intrigue et qui séduit d’emblée, le tout porté par un dessin à la fois brut et soigné qui confère à cette bande dessinée ce petit côté onirique qui n’est pas pour me déplaire !

 

Interview de Fred Bernard sur L’Homme Bonsaï

Bonus : Sur le site de l’éditeur, vous pouvez feuilleter les 20 premières planches de la BD

homme bonsai 2

Éditions Delcourt (Août 2009)

Collection Mirages

119 p.

 

C’était ma BD du mercredi

Chez Mango et chez les autres !

 

palseches

Participation au challenge « Pal sèches »

organisé par Mo’ la fée

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La Ronde des Livres – 2 albums (1)

Après deux rendez-vous manqués, je rejoins donc en cours de route

Hérisson et Liyah pour cette Ronde des Livres.

Toutes les deux semaines, nous vous présenterons donc

des albums coups de coeur, des belles trouvailles pour petits et grands !

 

Aujourd’hui, je vous propose de découvrir ou de re-découvrir deux très beaux albums parus chez Milan Jeunesse, personnellement, ils font partie de mon « panthéon » albums, rien que ça !

 

L'histoiredetoutesleshistoiresCoup de coeur pour ce très bel album aux couleurs chaudes, un conte magnifique dont le titre vaut à lui seul tous les résumés !

Le Roi des Rois et très vieux et il sent bien que sa fin est proche. Sa seule envie avant de mourir, son seul véritable désir est de « posséder le plus grand livre qu’on ait jamais vu, le livre qui raconterait toutes les histoires des hommes. » Il demande alors à tous les chercheurs de contes, chasseurs d’épopées et autres pêcheurs de légendes de parcourir le monde pour en ramener tous les récits, tous les rêves des hommes. Cent ans de travail seront nécessaires aux historiens et aux scribouilleurs pour rédiger ce livre de pierre, haut comme une tour de Babel… Mais cela ne convient pas au Roi, c’est beaucoup trop long. et il lui reste si peu de temps. Interviennent les tailleurs de phrases, les résumeurs, les ciseleurs de mots, puis finalement le Grand Résumailleur… Le Roi se meurt, il se désespère de connaître un jour l’histoire de toutes les histoires jusqu’à ce qu’un enfant se faufile jusqu’à lui et lui chuchote quelque mots à l’oreille…

 

Très bel album, poétique et inventif, qui met les mots et les histoires à l’honneur. Une histoire à lire, à relire et à partager à voix haute pour en apprécier pleinement le charme !

 

L’histoire de toutes les histoires. Jean-Pierre Kerloc’h / Bruno Pilorget

Éditions Milan Jeunesse (2005)

 

Collectionneur d'instants

Autre grand coup de coeur pour cet album qui laisse la part belle à l’imagination et qui nous entraîne dans un univers  pictural totalement onirique.

Max est peintre mais il préfère dire « collectionneur d’instants« . Un jour il décide de s’installer sur l’île pour peindre les images qu’il a collectionnées dans sa tête. Dans le même immeuble habite un jeune garçon qui souvent vient lui rendre visite : il aime voir l’artiste au travail, l’ambiance particulière de cet atelier, même si Max ne lui montre jamais les tableaux qu’il peint. Un jour, Max annonce à l’enfant qu’il part en voyage, et qu’il risque d’être absent longtemps. Il lui confie les clés de son atelier pour qu’il s’occupe de son appartement en l’autorisant à s’y installer aussi souvent qu’il le désire. A sa première visite, il remarque tout de suite que quelque chose a changé : les tableaux sont tournés vers lui, il peut les regarder, il a enfin le droit de les regarder. Max lui a préparé une exposition rien que pour lui, chaque tableau étant accompagné de quelques lignes. En tout treize tableaux, d’étranges images représentant des éléphants de neige ou une roulotte de cirque volante, chaque tableau contenant un secret…

Quel plaisir pour le lecteur de découvrir cette extraordinaire exposition ! Chaque « spectateur » peut y déceler des choses différentes selon son ressenti. Un album très poétique traduit en français par Bernard Friot, les images et les textes y sont de toute beauté ! A découvrir d’urgence !

 

Le Collectionneur d’instants. Quint Buchholz. Éditions Milan Jeunesse (1998)

 

Je file voir les découvertes de Hérisson et Liyah !

 

Rendez-vous dans 15 jours pour une nouvelle Ronde de Livres…

 

ChallengeAlbums8/24

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