Redécouvrons la Comtesse de Ségur…

Comme Pimprennelle a toujours de bonnes idées, j’ai sauté sur l’occasion de redécouvrir la Comtesse de Ségur ! Je n’irais pas jusqu’à dire que je connais son oeuvre par coeur et que ses romans ont bercé mon enfance, mais ce nom m’évoque immanquablement les premiers livres que je lisais à l’époque dans la fameuse bibliothèque rose… Direction la bibliothèque municipale donc, vu que je ne sais absolument pas où ont atterri mes exemplaires de l’époque. J’avoue avoir été assez surprise du nombre de titres disponibles…, les enfants d’aujourd’hui lisent-ils encore la Comtesse de Ségur ?

Dans mon panier, Un bon petit diable et L’auberge de l’ange gardien dont j’avais gardé un bon souvenir, c’est que le choix était difficile ! Pourtant, je dois l’avouer, cette plongée dans l’univers de la Comtesse de Ségur ne s’est pas fait sans mal…

 

Un bon petit diableCharles a 12 ans. Il vit chez sa cousine la veuve Mac’Miche et le moins que l’on puisse dire c’est qu’elle n’est pas tendre avec lui. Dure, avare, elle est la tutrice du jeune orphelin qu’elle maltraite régulièrement : coups, isolement, elle le prive même de nourriture. Mais Charles ne se laisse pas faire et il va tout mettre en peuvre pour se venger de sa méchante cousine avec l’aide de Betty la servante et de Juliette, sa cousine aveugle…

 

J’ai essayé, j’ai vraiment essayé, mais Charles a eu raison de moi au bout de 30 pages à peine ! Je n’ai absolument pas été séduite par cette histoire dont j’avais pourtant gardé un souvenir assez précis. J’ai vieilli, d’accord, mais le livre aussi. Les mauvais traitements, les sévices corporels, le côté extrêmement manichéen et moralisateur de l’histoire… tout m’est passé au dessus.  Je n’ai pas ri, je me suis même ennuyée.

 

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Mais j’ai persisté et j’ai donc entamé la lecture du deuxième roman emprunté… Deuxième échec, non, décidément, la Comtesse de Ségur ce n’est vraiment plus de mon âge ! Jacques et Paul sont deux enfants abandonnés recueillis par Moutier, un militaire. Ils les confie aux bons soins de Madame Blidot et de sa soeur Elfy qui tiennent l’auberge de l’Ange gardien. Lui doit rentrer mais la guerre de Crimée éclate…

 

Bon, là encore je me suis ennuyée et je n’ai pas pu terminer le livre. Trop de bons sentiments, de gentillesse mielleuse, de bonté désintéressée…

 

Je vais sûrement passer pour le vilain petit canard aujourd’hui mais la machine à remonter le temps n’a pas fonctionné ce coup ci ! J’ai vraiment hâte de lire les avis des uns et des autres, déception ou vraie petite madeleine de Proust ?

 

logo-segurUn clic sur le logo et hop…!

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Le retour de l’aube – Malorie Blackman

Le retour de l'aubeDes mois que je me promets de lire enfin la suite (et fin ?) de la génialissime saga de Malorie Blackman. La lecture du premier tome, Entre chiens et loups, avait été une véritable révélation, un gros coup de coeur, une grande claque. La suite avait tenu ses promesses, le tout formait un ensemble cohérent, fort, une très belle trilogie. Alors quand est paru ce quatrième tome que personne n’attendait, j’avoue avoir été à la fois curieuse et sceptique, ravie de retrouver des personnages familiers auxquels je m’étais attachée et inquiète de ne pas y retrouver la magie des premiers tomes… Et comme je n’étais pas la seule à me poser ces questions, ceci est une lecture commune avec Anne et Stéphie.

 

 

Avertissement : ce résumé dévoile des moments clés des épisodes précédents !

Dans le premier tome nous faisions la connaissance de Callum et Sephy, d’abord enfants, amis, puis ados et amoureux. Mais dans le monde dans lequel ils vivent, leur amour est impossible. Sephy est une Prima, Callum est un Nihil. Sephy est fille de ministre, Callum est fils d’un rebelle clandestin. Sephy est noire, Callum est blanc… Dans le monde de Callum et Sephy, ce sont les Noirs, les Primas, qui méprisent et dominent les Blancs, surnommés Nihils ou pire « Néants ». Dans ce monde où règne la ségrégation et la discrimination raciale, les Nihils s’organisent et tentent de résister. Preuve que l’amour est parfois plus fort que tout, Callie Rose naîtra des amours de Callum et Sephy. Callum mort, c’est seule que Sephy affrontera le mépris et la haine car le danger est partout. Et puis il y a l’Oncle Jude, le frère de Callum qui rend Sephy responsable de sa mort et qui réussira à rallier Callie Rose à la cause de la Milice de Libération.

Le troisième tome se terminait sur l’attentat à la bombe qui coûte la vie à la grand-mère de Callie, Jasmine et à Jude, son oncle. Six mois plus tard, Callie Rose surmonte tant bien que mal la perte de sa grand-mère malgré le poids de la culpabilité. Heureusement, il y a Tobey, l’ami de tous les instants, le confident, celui sur qui on peut compter. Tobey est un Nihil, il a de plus en plus de mal à cacher ses sentiments réels à Callie Rose même s’il ne sait pas comment lui avouer son amour. Pour son anniversaire, il souhaite lui offrir un cadeau qui soit digne d’elle. Mais Tobey n’est pas riche alors quand son copain Dan lui propose de l’aider à faire quelques « livraisons » de temps à autres, Tobey y voit un moyen simple et rapide de gagner un peu d’argent. Mais ces livraisons sont pour le compte de McAuley, à la tête d’un gang puissant qui tente de régner sur le quartier de la Prairie face à une autre famille puissante, les Dowd. En acceptant de faire ses livraisons, Tobey mettra malgré lui les doigts dans un engrenage infernal…

 

Autant le dire, ce nouvel opus m’a beaucoup moins séduit que les précédents. Ce qui faisait le sel de la « trilogie » a presque disparu : ce monde qu’avait créé Malorie Blackman n’apparaît qu’en toile de fond, le monde a « évolué », et même si les tensions existent toujours entre Primas et Nihils, elles prennent forcément beaucoup moins de place. Moins d’originalité donc, et j’avoue avoir eu beaucoup de mal à m’attacher à Tobey sur qui ce tome est entièrement focalisé. Même si l’auteur a conservé l’alternance des points de vue dans l’écriture des chapitres, se centrant alternativement sur Callie Rose et Tobey, toute l’intrigue tourne autour de Tobey et de ses choix. Pris dans une spirale infernale, Tobey mettra tout en oeuvre pour venger Callie Rose, victime malheureuse d’une fusillade entre gangs. Mea culpa, je n’ai pas réussi à m’attacher à Tobey, et je ne sais toujours pas pourquoi ! Rien à faire, les histoires de trafics de drogue, les jeux de pouvoir, les guerres de gangs…, tout ça me semble bien éloigné du principe de base de la saga qui m’avait tant emballé. N’allez pas croire que ce tome ne vaut pas le détour, seulement je pense sincèrement que l’histoire aurait pu s’arrêter à la fin du troisième tome…

 

Déception donc pour ce dernier tome même si j’ai retrouvé avec plaisir le style de l’auteur et son univers. Peut-être en attendais-je trop, il faut dire que j’avais tellement aimé la « trilogie » que j’avais placé la barre très haut ! Je ne sais pas ce qu’en auront pensé Anne et Stéphie et j’avoue que j’ai hâte de connaître leurs avis ! En bonus, je vous conseille de filer chez Blueverbena qui a découvert tout récemment le premier tome de la saga !

 

Les premières phrases : « Le Glock 23 était lourd dans ma main. Bien calé. La crosse nacrée, blottie dans la chaleur de ma paume. Cette fois, c’est moi qui tenais le semi-automatique de McAuley. Un vrai flingue. Dans ma main. Une machine à tuer. »

 

Au hasard des pages : « Tous les mots que j’avais envie de lui dire ont tourné dans ma tête. Je voulais qu’elle sache qu’avec elle, j’étais en même temps moi et un autre. Que mon esprit était plein de crevasses, de recoins, de fissures et qu’elle occupait chacun de ces espaces. Je voulais lui dire à quoi elle ressemblait quand elle était en colère contre moi. Lui décrire la manière qu’elle avait de baisser la tête avant de me jeter un regard noir. La manière qu’elle avait de redresser le menton avant d’éclater de rire. Une vie entière de souvenirs et une éternité d’avenir à remplir. J’ai ouvert la bouche, mais Callie a posé son doigt sur mes lèvres. » (p. 144)

 

Editions Milan (octobre 2009)

Collection Macadam

436 p.

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La Ronde des Livres – Spécial Loup (5)

Ronde des LivresPour cette nouvelle Ronde des Livres avec Hérisson et Liyah, voici deux albums que je lis en boucle à mon fils en ce moment, et j’avoue encore une fois que je ne m’en lasse pas !

Deux albums hilarants qui mettent à l’honneur un personnage incontournable de la littérature enfantine, le loup. Mais attention, pas n’importe quel loup, celui imaginé par Mario Ramos, auteur qu’on ne présente plus et dont j’avais déjà adoré la variation autour de la célèbre comptine Le roi, sa femme et le petit prince.

 

 

C'est moi le plus fort

Le loup a bien mangé et ça le met plutôt de bonne humeur. Il décide donc de partir faire un petit tour dans les bois histoire de digérer et vérifier ce qu’on pense de lui : qui c’est le plus fort, hein ? En chemin, il croise un lapin de garenne, mais aussi le petit chaperon rouge, les trois petits cochons et les sept nains ! Tous ont peur de lui et lui répondent ce qu’il veut entendre : évidemment que c’est lui le plus fort ! Le moins que l’on puisse dire, c’est que le loup ne se lasse pas d’entendre tous ces compliments, il est fier, très fier, c’est si bon d’être craint de tous ! Il tombe ensuite nez à nez avec « une espèce de petit crapaud », tout petit, tout vert. Contre toute attente, cette immonde petite chose n’a pas peur de lui, et pour cause, c’est sa maman qui est la plus forte ! Et quand on voit la maman…, on comprend pourquoi !

 

On se régale avec cet album ! C’est très drôle, et le vocabulaire employé par le loup y est sûrement pour quelque chose. Imbu de lui même, il rabaisse tous ceux qu’il croise, les trois petits cochons deviennent « les petits dodus » et les sept nains sont aimablement surnommés « les zinzins du boulot » !

 

C-est-moi-le-plus-beau.jpg

Dans C’est moi le plus beau, on retrouve avec plaisir notre cher loup, toujours aussi fier de lui, et cette fois ci très soucieux de son apparence. Après avoir englouti un bon petit déjeuner, le loup se fait beau et enfile une simple cravate : quelle classe, quelle allure ! Il faut absolument que tout le monde puisse l’admirer, un petit tour en forêt s’impose ! Encore une fois, le petit chaperon rouge, les trois petits cochons, les sept nains et même Blanche-Neige lui assurent que c’est lui le plus beau. Le loup jubile, c’est lui la star de ces bois ! Il retombe alors sur le fameux petit crapaud… qui n’en est pas un bien sûr. Un peu inquiet, il s’assure que la maman du petit n’est pas dans les parages, c’est que sa dernière rencontre avec elle l’a quelque peu échaudé ! Rassuré de constater son absence, le loup lui demande donc qui est le plus beau…, et là encore, la réponse ne sera pas celle qu’il attend !

 

Mario Ramos a longtemps hésité avant de faire revenir son loup prétentieux dans une nouvelle histoire, et vraiment, il aurait eu tort de ne pas le faire ! Quel plaisir à nouveau, on rit beaucoup, la langue est toujours aussi truculente et on attend avec impatience la chute qu’on devine savoureuse ! Un album qui fait écho au précédent mais qu’on peut tout à fait lire de façon indépendante.

 

Mario Ramos est un auteur que j’apprécie vraiment beaucoup, j’aime son ton, j’aime son humour, j’aime son univers, ses dessins et surtout sa façon de raconter des histoires ! Succès garanti auprès des petits !

 

Le Site officiel de Mario Ramos

 

Éditions École des Loisirs

Collection Pastel

 

ChallengeAlbums

Retrouvez la Ronde des Livres dans 15 jours,

toujours avec Hérisson et Liyah !

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Le jeudi, c’est citation ! (23)

Jeudi citation

Chez Chiffonnette

 

Prudence

 

« Son père lui avait dit : « Un des livres de la bibliothèque est creux. En réalité, c’est une boite déguisée. Elle contient une importante somme d’argent. En cas de besoin. »

Par pure curiosité, elle décida de chercher le livre factice. La bibliothèque était immense. Elle ouvrit les livres un à un, en commençant par les dictionnaires.

En ouvrant un vieux missel, elle trouva une image pieuse. Une feuille de laurier était coincée dans un livre de cuisine. Un morceau de tissu dépassait d’un manuel de couture.

Des fleurs séchées tombèrent d’un roman d’amour. Une fourmi rouge sortit d’un guide sur les insectes. Juste à côté, il y avait une encyclopédie musicale. Un son étrange s’échappa quand elle en souleva la couverture.

Sur une étagère du haut, elle trouva un roman policier. Elle lut le titre : L’assassin dans la bibliothèque. Elle ne l’ouvrit pas. »

 

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Histoires pressées, Bernard Friot

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Eco 1. La malédiction des Shackelbott – Guillaume Bianco / Jérémie Almanza

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« Approchez braves gens, pour entendre l’histoire,

Cette sombre litanie, qui vogue dans ma mémoire.

 

Soyez donc attentifs, prêtez-moi une oreille,

Vous entendrez un conte, à nul autre pareil.

 

Eco n’a pas dix ans, son visage est bien blême,

Mais c’est la vie pourtant, qui coule entre ses veines.

 

Une triste circonstance, par une nuit de démence,

Changera à jamais sa paisible existence.

 

La fable est déplaisante, faites à votre guise,

Sachez que toutefois, pleurer n’est pas de mise… »

 

 

Il y a deux semaines, Sara présentait cette petite merveille et mon coeur a fait « boum »… Elle a eu la gentillesse de me la prêter et je la remercie de cette belle découverte ! La couverture d’Eco est tout simplement sublime, elle est à elle seule une invitation à se plonger dans un univers qu’on devine envoûtant. Un bel écrin pour un petit bijou, un album tout en finesse, de toute beauté signé Guillaume Bianco et Jérémie Almanza. De Guillaume Bianco, j’avais adoré et dévoré les aventures de Billy Brouillard, il signe ici le scénario d’Eco, laissant à Jérémie Almanza le soin de l’illustrer. Une association réussie pour un résultat magique.

 

Eco n’est pas une petite fille très heureuse, et pourtant, elle a « tout » pour l’être : une grande et belle maison, une chambre remplie de jouets, elle vit dans l’opulence et est couverte de cadeaux. Pourtant Eco serait prête à abandonner tout ce luxe en échange d’une vraie vie de famille. Ses parents sont des couturiers renommés, tous les notables du pays s’arrachent leurs créations, l’argent coule à flots… Mais il y a un revers à la médaille, les Schakleboot sont débordés, submergés de travail, il ne leur reste guère de temps à consacrer à leur fille unique qui s’ennuie et se morfond au milieu de tous ses jouets qu’elle délaisse. Dans cette maison trop grande, son seul refuge est sa penderie et son joyeux capharnaüm, un cocon rassurant et douillet où le temps semble comme suspendu. Eco a bien essayé d’attirer l’attention de ses parents en cousant ses propres créations, mais elle n’a pas leur talent et n’attire que leur gêne. De façon inattendue, son père lui demande un jour de lui rendre un service de la plus haute importance : apporter au Ministre les trois poupées qu’il a créées pour l’anniversaire de sa fille. Eco tient là sa chance de prouver à ses parents qu’elle vaut quelque chose… Conduite par le chauffeur de la demeure familiale, Eco se dirige vers la ville. Elle aperçoit alors au bord du chemin une vieille gitane berçant un enfant malade : la vision d’une telle misère la chamboule profondément, et elle décide sur un coup de tête d’offrir les trois poupées à la mendiante, d’autant qu’elle est persuadée d’avoir reconnu en elle « la princesse des nuages »… En échange, celle ci lui offre quatre amulettes sacrées censées donner la vie à des poupées inertes. Le beau geste d’Eco aura malheureusement de graves conséquences : chaos, déchéance, violence et désillusions, Eco va devoir quitter brutalement le monde de l’enfance.

 

Eco2

© Almanza/Bianco/Editions Soleil

 

Ce livre est magique, purement et simplement, et pourtant l’histoire est sombre, l’atmosphère pesante et lourde. Eco est une héroïne lumineuse, encore ancrée dans le monde pur et doux de l’enfance, ses rêves sont simples, ses envies sont celles de toutes les petites filles de son âge. Pourtant, elle se retrouve propulsée sans ménagement dans le monde brutal et sans concessions des adultes, un monde qui s’avère violent, où les mots blessent et laissent une empreinte indélébile, un monde de larmes, de colère, de cris, un monde où une mère peut maudire sa propre fille. Pour survivre, Eco se crée un monde à elle, entourée d’étranges créatures qu’elle fabriquera de ses mains et qui l’aideront à grandir.

 

Premier tome d’une trilogie revisitant des contes célèbres, Eco ne peut que vous toucher. L’ambiance si étrange est particulièrement bien rendue par les dessins d’Almanza, à la fois sombres et lumineux, plongeant le lecteur à la frontière du rêve et de la réalité. Ouvrir cet album c’est accepter de s’immerger dans un monde où tout est disproportionné, féerique et inquiétant, un monde où les poupées prennent vies et où les princesses se griment en mendiantes…

Voilà un conte hors du commun, un album à manger des yeux, à contempler… C’est juste sublime !

 

ECO1

© Almanza/Bianco/Editions Soleil


Les avis de Sara, Lael, Jérôme, Lily, Violette, Laure

La description du projet par Guillaume Bianco sur son blog

 

Éditions Soleil (Octobre 2009)

Collection Métamorphose

71 p.

 

C’était ma BD du mercredi!

Chez Mango et chez les autres !

 

palsechesParticipation au challenge Pal sèches

organisé par Mo’ la fée

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Quand la blogosphère s’encanaille…!

La « chose » ne vous aura certainement pas échappée… Depuis hier, le thermomètre explose sur la blogosphère. Avec toute la dévotion qui les caractérise, une rigueur scientifique qui les honore et un souci pédagogique clairement affiché, nos cinq expertes (hmmm…) ont donc lu et relu les livres d’une collection qui passe difficilement inaperçue tant les titres sont évocateurs. Il semblerait même que certains serveurs parisiens ou autres usagers des transports en commun ne s’en soient toujours pas remis, et on peut les comprendre !

Chers habitués, visiteurs de passage ou voyageurs égarés en ces lieux, sachez que je décline toute responsabilité quant à ce qui va suivre, mais je me devais toutefois de relayer l’information !

Chiffonnette, Fashion, Tamara, Stéphanie et l’inénarrable Stéphie, pour ne pas les nommer, ont donc sorti leurs tenues d’expertes et ont décidé doser en nous proposant de gagner plusieurs titres de la collection Osez… des éditions de la Musardine.

 

 Osez1 Osez4 Osez3   

Sympas les copines non ?

 

Pour cela, rien de plus simple… Rendez-vous sur le blog d’une, de plusieurs ou même de toutes nos expertes pour tenter de gagner un titre de la collection, et ce jusqu’au jeudi 20 ! Pour ma part, je vais multiplier mes chances, c’est qu’il ne faut pas mourir idiote !

 

Bonne chance !

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Le jeudi, c’est citation ! (22)

Jeudi citationChez Chiffonnette

 

Eric-Emmanuel Schmitt est un auteur que j’aime beaucoup et que j’ai découvert grâce au très beau et très poignant Oscar et la dame rose, lu il y quelques années déjà mais dont j’ai gardé intact le souvenir. Oscar écrit des lettres à Dieu pour se sentir moins seul, c’est une idée de Mamie-Rose. « La dame rose » travaille à l’hôpital des enfants où vit Oscar, c’est elle qui lui conseille d’écrire à Dieu… Oscar a de gros doutes sur son existence, mais il le fait, une lettre par jour, douze lettres au total. La première lettre d’Oscar est aussi le début du roman. 

 

« Cher Dieu,

Je m’appelle Oscar, j’ai 10 ans, j’ai foutu le feu au chat, au chien, à la maison (je crois même que j’ai grillé les poissons rouges) et c’est la première lettre que je t’envoie parce que jusqu’ici, à cause de mes études, j’avais pas le temps.

Je te préviens tout de suite : j’ai horreur d’écrire. Faut vraiment que je sois obligé. Parce qu’écrire, c’est guirlande, pompon, risette, ruban, etc. Ecrire, c’est rien qu’un mensonge qui enjolive. Un truc d’adultes.

La preuve ? Tiens, prends le début de ma lettre (…), j’aurais pu aussi bien mettre : « On m’appelle Crâne d’oeuf, j’ai l’air d’avoir 7 ans, je vis à l’hôpital à cause de mon cancer et je ne t’ai jamais adressé la parole parce que je ne crois même pas que tu existes. »

Seulement si j’écris ça, ça la fout mal, tu vas moins t’intéresser à moi. Or j’ai besoin que tu t’intéresses. »

 

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Oscar et la dame rose

Albin Michel (Novembre 2002)

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Fables amères, de tout petits riens – Chabouté

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C’est mon premier Chabouté…

et ce ne sera pas le dernier !

 

Sans les avis enthousiastes voire dithyrambiques que j’ai pu lire ici ou la et notamment les plébiscites de Valérie, Choco, Mo’ la fée ou encore Mango, rien auparavant ne m’aurait poussé à lire ce genre de bande dessinée : trop sombre, trop noir, trop pessimiste… et pourtant.

 

En onze nouvelles qui sont autant de photographies de petits instants du quotidien, Chabouté dresse un portrait amer et authentique de la nature humaine. Onze fables amères apparemment sans lien entre elles qui se succèdent, aucun titre, aucune pause, aucun blanc entre chaque histoire… Les histoires se suivent, s’enchaînent et résonnent en nous longtemps après le livre refermé. Une foule d’anonymes, des lieux familiers, des situations déjà vues ou déjà vécues qui nous laissent un goût amer et une impression de malaise qui a du mal à nous quitter.

Un appartement, un supermarché, une rue, une cage d’escalier, un guichet de la poste, un métro bondé, un square… Des scènes ordinaires perturbées par un petit grain de sable, un « petit rien », un incident dérisoire, banal et tristement ordinaire.

 

Une petite fille souriante vient réveiller ses parents un dimanche matin, il est trop tôt, bien trop tôt… Un couple âgé fait ses courses au supermarché, la caissière ne sourit pas, la cliente s’en offusque et se plaint… Lancelot et Emma Peel communiquent par Internet, ils ne se connaissent pas mais se soutiennent, s’ouvrent l’un à l’autre avant de retourner à leur quotidien… Du désert aux trottoirs de la ville, un homme se souvient… Un couple se dispute pour une banale et futile histoire de décoration d’appartement, dehors, la vraie vie suit son cours… Un pianiste d’ambiance fait le constat amer de faire partie du décor du restaurant où il travaille… Un homme vient récupérer un colis à la poste, le colis ne lui est pas destiné… Une discussion entre une mère et sa fille à la caisse d’un supermarché… Un métro bondé et un appel à la vigilance vis à vis des pickpockets… Une vieille dame assise dans un parc qui constate que sa jeunesse s’est enfuie…

 

Des histoires courtes dont on ne peut pas dire grand chose au risque d’en dévoiler la chute, ce qui serait bien dommage. Des chutes souvent poignantes, parfois cyniques, toujours acerbes qui pointent du doigt le racisme ordinaire, les petites mesquineries, les lâchetés et les mensonges qui font notre quotidien à tous… Toutes ces histoires ont un écho en nous, certaines ne nous lâchent pas, comme celle de cette petite fille ravie de prendre l’avion pour la première fois qui engage la conversation avec l’homme qui est assis auprès d’elle. Enthousiaste, bavarde, elle parle de l’école, du métier qu’elle veut faire plus tard, l’homme a un regard triste, ne répond pas à ses questions. A l’arrivée à l’aéroport, l’homme montre les papiers de reconduite à la frontière aux forces de l’ordre. Inconsciente de ce qui se trame, Nahema lui offre son dernier dessin…

 

Chabouté est incontestablement un grand qui l’air de rien appuie là où ça fait mal. Certes, le constat est amer, et à l’image du dessin, tout est noir, très noir. Un dessin qui peut ne pas plaire mais qui ne peut pas laisser indifférent, il est fort, vibrant. Le texte lui est réduit à son minimum. Je ne sais pas si les autres oeuvres de Chabouté sont toutes aussi pessimistes, mais je dois dire que cela ne me dérange pas. Je continuerai cette plongée dans l’univers de cet auteur que je découvre avec bonheur.

 

Lu et conseillé par Choco, Aurore, Antigone, Bellesahi

 

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© Vents d’Ouest / Chabouté

 

Éditions Vents d’Ouest (Mars 2010)

103 p.

 

C’était BD du mercredi!

Chez Mango et chez les autres…

 

palsechesParticipation au challenge « Pal sèches »

organisé par Mo’ la fée

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Crimes et jeans slim – Luc Blanvillain

crimes jeans slimInutile de ménager trop longtemps le suspense, j’ai littéralement a-do-ré Crimes et jeans slim ! Polar destiné à la jeunesse, voilà un roman qui sort réellement des sentiers battus ! Publié chez Quespire, petite maison d’édition qui mérite d’être connue, ce petit livre au format carré à tout pour plaire : une intrigue qu’on ne peut pas lâcher, des personnages bien dans notre époque et bien campés, et cerise sur le gâteau, un style et une écriture profondément jubilatoires !!! J’ai rarement autant ri, à tel point que pas mal de têtes se sont tournées dans le RER et que mes élèves m’ont cru folle !

Trêve de superlatifs, place à l’histoire !

 

Adélaïde préfère qu’on l’appelle Adé. A 15 ans, si on veut se fondre dans la masse et ne pas trop se faire remarquer, mieux vaut ne pas entrer dans la catégorie des intellos et fayots de service. Pourtant, Adé est cultivée, fine, elle aime lire, elle aime apprendre et boit les paroles de son prof de français, bref, la cible idéale de toutes les bimbos du bahut. Mais Adé est intelligente, et plutôt que devenir une victime, elle a choisi de jouer un rôle : la timide Adélaïde change de peau et se rend tous les jours au lycée affublée de la parfaite panoplie « bimbo-pouffe », et ce avec la complicité de sa grand-mère chez qui elle va se changer tous les matins. Exit les petites tenues sages et passe-partout : Adé affûte ses armes, lèvres glossées, petit haut sexy, pantalon moulant et ballerines hyper « hype » sont de sortie ! Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’Adé ne passe pas inaperçue, à tel point qu’elle est devenue une des filles les plus populaires du lycée,  l’une des plus « fashion », présidente de la « Pouffe-Society » qui passe son temps à torturer les has-been…! Évidemment, personne ne se doute du subterfuge, son camouflage est travaillé, alors il lui faut ruser pour suivre les cours tout en faisant croire au reste de la classe et à ses professeurs qu’elle s’ennuie mortellement. Sacré pari ! Et puis il y a Thibaud, intello plutôt beau gosse, difficile de se rapprocher de lui sans avouer qui elle est vraiment !

Mais voilà qu’un tueur fou se met à s’en prendre aux bimbos : un sérial-killer a pris pour cible les lycéennes écervelées aux « moeurs dépravées » et les tue froidement d’une balle entre les deux yeux ! Les cadavres s’amoncellent et la psychose s’installe, et si Adé était la prochaine sur la liste ?

 

Jubilatoire, il n’y a pas d’autre mot pour qualifier ce roman détonant et hilarant ! Sûrement un des meilleurs romans pour la jeunesse toutes catégories confondues que j’ai lu depuis longtemps ! Évidemment, le côté le plus drôle selon moi est la description que fait l’auteur du monde des ados, et même si le trait peut paraître grossi par endroits (quoique…), Luc Blanvillain sait de quoi il parle : professeur de français, la faune lycéenne n’a aucun secret pour lui ! Et le moins que l’on puisse dire c’est que c’est criant de vérité : règne de l’apparence, accoutrements provocants de lolita/garce/pimbêche/prédatrice, mépris des adultes, insolence, persécutions des moches et/ou intellos, bienvenue au zoo ! Le tableau est bien sûr brodé avec beaucoup d’humour et sans méchanceté. On rit franchement et on est embarqués dans une intrigue policière extrêmement bien ficelée, truffée de fausses-pistes et d’indices contradictoires, difficile de deviner le fin mot de l’histoire et l’identité du maniaque misogyne qui éradique les bimbos. A côté de tout cela, une deuxième « intrigue » tout aussi bien fichue qui met Rodrigue, le petit frère d’Adé à l’honneur, et une grand-mère atteinte de la maladie d’alzheimer, drôle malgré elle et terriblement attachante.

Allez, foncez vite lire ce petit OVNI, vraiment, ça fait du bien !

 

 

Les avis enthousiastes de Armande, Val, Saxaoul, Cacahuète, Cuné, Mathilde

 

 

Premières phrases : « Monsieur et madame Manchec avaient eu la mauvaise idée d’appeler leur fille Adélaïde et leur fils Rodrigue. On ne pouvait pas faire tellement pire, à la fin du vingtième siècle. La vie des deux malheureux promettait d’être rude. Pourtant, les parents n’avaient pas voulu se montrer malveillants, ils étaient juste irrémédiablement romantiques. Monsieur Manchec était conservateur dans un musée, spécialiste des paysages du XVIIIe siècle, et son épouse enseignait le violoncelle. Ils  vivaient dans un monde doux, beau, raffiné, qui sentait bon la cire d’abeille et le thé. Adélaïde venait d’atteindre sa quinzième année. Trois ans plus tôt, toutes ses copines étaient devenues des monstres. C’était normal. Vers douze ans, les filles deviennent des monstres. Elles rient avec des yeux terrifiants. Elles essaient d’être exactement comme les autres filles, comme les magazines pour filles de leur âge, comme les émissions pour filles de leur âge, comme les chanteuses de leur âge, elles veulent être exactement de leur âge. Des monstres. Les garçons, me direz-vous, c’est un peu pareil. Oui, mais dans cette histoire, ce sont des filles qui vont mourir. Principalement. »

 

Au hasard des pages : « Thibaud Picard serait sûrement la prochaine victime de la bande des pouffes (oui, elles avaient formé une bande dont Adé avait, honteusement, pris la tête. La « Pouffe-Society », organisation occulte qui communiquait par SMS et par MSN. Chacune de ses membres avaient un avatar sur Myspace et des pseudos dans plusieurs forums. Régulièrement, elles réglaient leur compte aux blaireaux. C’est ainsi qu’elles avaient réussi à exiler complètement dans le fond de la classe le petit Erwan Poitevin, un intello un peu gras, le jour où il avait refusé de les aider en maths). Thibaud Picard avait le mérite d’être plutôt pas moche, et le tort, la tare, de ne tenir aucun compte des membres de la Pouffe-Society. Un mépris souverain, voilà le mot. Il se passionnait pour les cours de M. Arnoux et rendait des rédactions de dix pages, sans compter les romans qu’il écrivait (une saga de fantasy). Adé enrageait de ne pouvoir communiquer avec lui, à qui elle aurait eu tant à dire. Il la prenait pour la pire de toutes, la plus superficielle, la plus racoleuse. Il avait raison, après tout. Elle était peut-être la pire de toutes, à sa façon. » (p. 34-35)

 

Éditions Quespire (Janvier 2010)

239 p.

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La Ronde des Livres – Séquence nostalgie ! (4)

Pour cette première Ronde des Livres de l’année 2011 avec Hérisson et Liyah,

que diriez-vous de retomber un peu en enfance ?

Emilieplanche1jpg

Il est absolument impossible que vous n’ayez jamais croisé cette jolie frimousse toute de rouge vêtue ! L’héroïne de Domitille de Pressensé est née en 1975, autant dire que c’est presque ma soeur jumelle ! Je garde encore en mémoire son petit minois, ses mignonnes petites histoires qui ont bercé mon enfance ! A l’origine, 64 albums ont paru dans la célèbre collection Rouge et Or, la série s’arrête à la fin des années 80… Oui, c’est dommage… Sauf que depuis 2008, la petite Emilie a refait son apparition chez Casterman, avec des rééditions de titres phares mais aussi de nouvelles aventures, pour mon plus grand bonheur… et celui de ma pitchounette qui découvre aujourd’hui les histoires de cette petite fille dont elle porte le prénom ! On complète doucement la collection (14 titres parus pour l’instant) et le père Noël a eu la riche idée de déposer sous le sapin deux des derniers titres parus :

 

Emilie et les feuilles du jardin-copie-1  Emilie-sapin-noel.jpg

Deux titres de saison…!

 

Emilie et son frère aident papa à ramasser les feuilles du jardin. Finalement, ils finissent par se rouler dans le tas de feuilles et les feuilles sont si belles qu’ils ne veulent plus qu’on les brûle… Alors on choisit les plus jolies pour les accrocher au dessus de son lit.

Quand Emilie part à la recherche d’un sapin de Noël, elle tombe en arrêt devant un mignon petit sapin qu’elle préfère ne pas le couper : finalement, pourquoi ne pas le décorer dehors ?

 

Dans ces albums, on retrouve tous les ingrédients qui ont fait le succès de la série : des dessins simples, naïfs et doux, des textes courts, colorés et écrits en gros caractères, idéal pour un apprentissage de la lecture ! Emilie est toujours accompagnée de son grand frère Stéphane, parfois de sa petite soeur Elise et ne quitte jamais son hérisson Arthur. De temps en temps, ses cousins viennent lui rendre visite.

Emilie famille

Que voulez-vous, je craque complètement ! Emilie est comme toutes les petites filles de son âge : elle est parfois de mauvaise humeur, n’a pas sommeil, fait pipi au lit, fait un cauchemar, ne veut pas se laver, elle aime les animaux, la nature, sa famille… Les enfants ne peuvent que se reconnaître, le quotidien d’Emilie c’est le leur, ses peurs et ses joies, ils les vivent aussi. Et les parents adorent !

 

Vous pouvez retrouver Emilie sur son site officiel, elle a même son groupe de fans sur Facebook ! (dont je fais partie bien sûr !)

Pour la petite anecdote, Domitille de Pressensé dédicaçait ses albums d’Emilie au Salon du livre de Montreuil, et j’y étais ! Hélas, je n’étais pas la seule à vouloir repartir avec une jolie dédicace, plus d’une heure de queue pour approcher l’auteur ! A mon grand regret, j’ai du quitter la file, problème de timing… Déception ! C’est que toutes les personnes qui me précédaient racontaient leurs souvenirs liés à Emilie à l’auteur qui se prêtait très bien au jeu et accordait beaucoup de son temps à chacun de ses lecteurs. Les chanceux sont repartis avec de bien belles dédicaces, et oui, je suis jalouse ! L’année prochaine, je serai aux premières loges !

 

Sur le site des Éditions Casterman,

vous pouvez prévisualiser les premières pages des albums d’Emilie.

 

ChallengeAlbums

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