Obsession – Catherine Kalengula

ObsessionUne chose est sûre, vous ne pourrez pas passer à côté du phénomène qui s’annonce avec la sortie dès demain dans toutes les librairies du dernier titre de la collection Black Moon chez Hachette Jeunesse… Merci à Stéphie de m’en avoir confié les épreuves en avant-première ! Je pense pouvoir dire sans trop me tromper que les adolescentes vont adorer !

 

New York. Gisèle Portier, jeune française de 19 ans, a tout quitté pour tenter sa chance en tant que danseuse dans un des mythiques théâtres de Broadway. Passionnée, déterminée, elle a toutefois conscience que ce ne sera pas une mince affaire. Après avoir attendu en vain qu’un célèbre agent la reçoive, elle tente le tout pour le tout en se rendant à une audition pour une nouvelle version de Roméo et Juliette. Non préparée, ne sachant pas qu’il faut se présenter en couple, c’est sans surprise qu’elle échoue à son audition. Néanmoins, son audace paye : elle est remarquée par le directeur du théâtre, le jeune et très séduisant Bevan MacLeen qui lui propose un petit boulot de femme de ménage. Certes, tout cela est bien éloigné des rêves de la jeune fille mais cette proposition lui ouvre tout de même les portes du théâtre : munie d’une clé, elle va pouvoir s’entraîner seule aux heures de fermeture et assister aux répétitions des danseurs. Une aubaine ! Alors Gisèle danse, seule, ou du moins le croit-elle… Quel est ce souffle chaud qu’elle sent dans son cou, quelle est cette présence qu’elle perçoit autour d’elle, d’où vient cette enivrante odeur de fleurs ? Non, Gisèle ne rêve pas, il y a bien quelqu’un qui danse avec elle sur la scène du Fairhall !

 

Nul doute que nous avons ici réunis tous les ingrédients du succès pour ce titre qui vise clairement le public adolescent. Des phénomènes étranges et inexpliqués, une jeune héroïne naïve, des personnages masculins attirants…, et de l’amour bien sûr ! Pressentant que les phénomènes dont elle est témoin ne sont pas le fruit de son imagination, Gisèle apprendra assez rapidement qu’elle a affaire au « fantôme du théâtre », celui d’un jeune danseur à la carrière prometteuse, Chance, qui s’est donné la mort plus de quarante ans auparavant… la veille d’une première. Même mort, Chance n’a donc pu se résoudre à quitter ce théâtre et semble absolument fasciné par Gisèle, obsédé même. A tel point qu’il choisit de se matérialiser devant elle. Chance est un héros peu commun : énigmatique, sensuel, attirant, il se révèle aussi machiavélique, jaloux voire franchement violent ! Pourtant, Gisèle est irrémédiablement attirée par lui. Mais, car il y a un mais, tout n’est bien sûr pas si simple : non seulement Chance est un fantôme mais il y a aussi Bevan… Cruel dilemme !

 

Passée la mise en route assez longue à mon goût, et après avoir eu quelque peu de mal à rentrer dans le roman, j’avoue avoir été littéralement embarquée par l’histoire ! J’assume donc sans honte mon côté midinette ! Les incorrigibles romantiques ne seront pas déçues et auront même droit en prime à leur petite dose d’adrénaline ! Car oui, on frissonne aussi, Chance peut être réellement effrayant…!

Un bon roman ado, romantique mais pas mièvre, qui nous changera des omniprésents buveurs de sang !

 

Les avis enthousiastes de Stéphie, Pimprenelle et Celsmoon.

 

Premières phrases : « Quand mon réveil s’est animé à cinq heures du matin, j’ai résisté à l’envie impérieuse de laisser retomber ma tête sur l’oreiller. Pourquoi m’infliger ça ? M’extirper de la couette, à cette heure indécente, alors que la plus grosse tempête de la saison sévissait sur New York ? »

 

Au hasard des pages : « Ma folie me transportait au-delà de ce que j’avais pu imaginer. Les yeux écarquillés, je fixais l’hallucination que mon cerveau dérangé était en train d’inventer. Posées sur le sol, deux mains se sont d’abord dessinées, fines et blanches, tandis qu’à l’arrière des pieds sont apparus à leur tour. Lentement, comme si un peintre esquissait le croquis grandeur nature d’un jeune homme agenouillé devant moi, des membres se sont matérialisés : des jambes, des cuisses, des bras, puis, remontant progressivement, un torse et un cou. Avec une lenteur de plus en plus prononcée sont apparus le menton, les joues, le nez, très droit, et enfin des yeux pénétrants qui me scrutaient et des cheveux noirs comme le charbon. J’étais épouvantée. » (p. 73)

 

Éditions Hachette Jeunesse (15 septembre 2010)

Collection Black Moon

256 p.

 

1pourcent

3/7


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Je vous aime tant – Alain Serres / Olivier Tallec

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Cet album est une bouffée d’émotions, un condensé de bonheur ! Une histoire d’amour toute simple, émouvante et sensible, joliement écrite par Alain Serres et magnifiquement mise en images par Olivier Tallec chez un éditeur que j’apprécie tout particulièrement. Un scénario original, une très belle découverte !

 

Gaétan passe beaucoup de temps à la fenêtre de son appartement à regarder la vie qui s’écoule et les gens qui se pressent. Mais ce qu’il regarde surtout c’est la fenêtre bleue d’en face où habite Laura Beaujour : d’elle il ne connaît que le nom, écrit sur sa boite aux lettres. Leurs regards s’évitent timidement, aucun signe, aucune parole échangés. Un jour, Gaétan prend son courage à deux mains et se décide à écrire une lettre, juste quelques mots, à celle qu’il aime en secret. Quand il dépose son message dans la boîte aux lettres de la ruelle des Hirondelles, il ne se doute pas un seul instant du long parcours qu’accomplira celui ci pour parvenir jusqu’à sa destinaire…

 

Cet album est tout simplement magnifique ! En suivant le voyage de cette lettre, le lecteur traverse les océans et découvre tour à tour la misère et la richesse du monde, la pauvreté et la guerre, l’Afrique sous le soleil de Koulango… Quand la lettre parvient enfin à destination, Laura est une vieille dame qui regarde toujours le ciel depuis sa fenêtre bleue. D’une main hésitante, elle répond  enfin à celui qui des années auparavant lui avait avoué : « Je vous aime tant« …

 

Un album à lire, à relire et à offrir sans compter !

 

Premières phrases : « Gaétan est grand maintenant. Il est capable de regarder des films effrayants. Et de sa fenêtre au 6e étage, il peut voir la fenêtre bleue, juste en face, de l’autre côté de la rue. »

 

Au hasard des pages : « Un samedi, il saisit le morceau de papier cadeau qu’il conservait depuis le Noël précédent parce que c’était le plus beau. Il le retourne et écrit un message, qu’il signe, en grand : Gaétan de la fenêtre juste en face. Il le glisse dans une enveloppe, colle un timbre rouge sang et écrit l’adresse de Mademoiselle Laura Beaujour. Puis il enfile ses chaussures en leur demandant : « C’est beau l’amour, non ? «  (p. 18)

 

Editions Rue du Monde (Septembre 2006)

63 p.

 

ChallengeAlbums5/24

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Laver les ombres – Jeanne Benameur

Laver les ombresAussi curieux que cela puisse paraître, je ne connaissais Jeanne Benameur que par ses écrits pour la jeunesse, que je trouve d’ailleurs excellents (Samira des Quatre-Routes, Quitte ta mère, Si même les arbres meurent, Le Ramadan de la parole…). J’ai donc profité de la réédition en poche de Laver les ombres pour découvrir un roman « adulte » de cet auteur. Je suis sous le charme et encore sous le choc de cette lecture !

 

Dans son appartement, Léa a laissé une pièce entièrement vide : c’est là qu’elle danse, chaque matin, c’est là que son corps se libère, s’exprime. Dans la vie, Léa est « chorégraphe par nécessité« , son corps, elle veut le maîtriser à la perfection, le dompter, tout comme elle aimerait réussir à s’abandonner dans sa vie de femme. Car Léa n’arrive pas à aimer sans barrières. Pourtant il y a Bruno, Bruno le peintre qui aimerait tant que Léa pose pour lui, qu’elle se mette enfin à nu. D’où vient cette peur d’aimer ? Un soir de tempête, Léa rejoint sa mère, sa mère qui a des choses à lui dire, elle qui d’ordinaire ne parle jamais. Quand Romilda parle, le monde de Léa s’écroule, entre rejet et tristesse, honte et répulsion… En 1940, au coeur de la guerre, à Naples, Romilda est Suzanne. Dans cette « grande maison« , et pour l’homme qu’elle aime, elle tente tous les jours de disparaître, d’oublier ces voix et ces corps d’hommes. Pour « Jean-Baptiste le français », elle apprend à n’être plus personne…

 

Jeanne Benameur nous offre ici un roman poignant, sensible, pudique et profondément intime. En onze tableaux qui alternent entre le présent de Léa et le passé de Romilda, les fils se tissent, les liens se nouent entre cette mère et cette fille qui se découvrent et se révèlent enfin dans la parole partagée. La vérité peut-elle sauver ? Les mots peuvent-ils libérer du poids du passé, des non-dits et des secrets…? Face à face, mère et fille vont « laver les ombres », Romilda va dire l’indicible, Léa va entendre l’inacceptable.

Un roman lu d’une traite, tant la plume de Jeanne Benameur arrive à retranscrire à merveille les blessures et les maux de ses deux femmes. Si en photographie, « laver les ombres » veut dire « mettre en lumière un visage pour en faire le portrait », nul doute que ceux de Léa et de Romilda resteront longtemps gravés dans mes souvenirs… Un vrai coup de coeur de lecture !

 

Les avis de Stéphie, Clarabel, Lily, Sylire, Leiloona, Malice, entres autres…

 

Premières phrases : « Quand Léa ne travaille pas dès le lever, juste après le premier café, ça ne lui vaut rien. Il lui faut saisir la façon dont son corps va s’articuler au monde avant que la journée avec les autres ne commence. Seule, dans le jour qui vient, par des exercices répétés, elle tisse ses liens avec l’air. Une grammaire sensible, improbable, à réexpérimenter chaque matin. Elle s’oriente. »

 

Au hasard des pages : « Danser, c’est attirer le vide. Un péril intime. Ce péril-là, c’est elle qui le choisit. On n’échappe pas à la seule forme de liberté qu’on s’est donnée soi-même. » (p. 22)

« Léa entend et les paroles de sa mère résonnent tout au fond d’elle. Elle reconnaît ce qui a toujours bercé sa tristesse sans nom. Familière. Immense. Son désert. Cette nuit, elle apprend. C’est devant l’histoire de ceux qui l’ont conçue qu’elle voit que tout lien a été balayé. On ne questionne pas le vide. On avance. Avec la peur à chaque pas. » (p. 131)

 

Éditions Actes Sud, collection Babel (Août 2010)

156 p.

Première parution en août 2008 dans la collection Romans.

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Le jeudi, c’est citation ! (4)

Jeudi citation

 

Pour cette nouvelle participation à l’opération de Chiffonnette, je me suis encore une fois replongée dans mes livres fêtiches. J’ai une tendresse particulière pour Christian Bobin, notre histoire commune a débuté aux alentours de l’adolescence si mes souvenirs sont bons… Ses écrits occupent à eux seuls toute une étagère de ma bibliothèque, c’est dire ! Difficile de parler de cet auteur si discret, encore moins de son oeuvre : entre prose et poésie, petits moments de grâce, morceaux de vies et réflexions très justes, elle ne ressemble à aucune autre… 

 

« Au sortir d’un grand livre vous connaissez toujours ce fin malaise, ce temps de gêne. Comme si l’on pouvait lire en vous. Comme si le livre aimé vous donnait un visage transparent -indécent : on ne va pas dans la rue avec un visage aussi nu, avec ce visage dénudé du bonheur. Il faut attendre un peu. Il faut attendre que la poussière des mots s’éparpille dans le jour. De vos lectures vous ne retenez rien, ou bien juste une phrase. Vous êtes comme un enfant à qui on montrerait un château et qui n’en verrait qu’un détail, une herbe entre deux pierres, comme si le château tenait sa vraie puissance du tremblement d’une herbe folle. Les livres aimés se mêlent au pain que vous mangez. Ils connaissent le même sort que les visages entrevus, que les journées limpides d’automne et que toute beauté dans la vie : ils ignorent la porte de la conscience, se glissent en vous par la fenêtre du songe et se faufilent jusqu’à une pièce où vous n’allez jamais, la plus profonde, la plus retirée. Des heures et des heures de lecture pour cette légère teinture de l’âme, pour cette infime variation de l’invisible en vous, dans votre voix, dans vos yeux, dans vos façons d’aller et de faire. A quoi ça sert de lire. A rien ou presque. C’est comme aimer, comme jouer. C’est comme prier. Les livres sont des chapelets d’encre noire, chaque grain roulant entre les doigts, mot après mot. » (p.54-55)

 

Je ne m’en lasse pas…

 

Extrait de Terre promise dans : 

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Une petite robe de fête de Christian Bobin

Editions Gallimard, collection Folio (avril 1993)

90 p.

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Le petit grumeau illustré, chroniques d’une apprentie maman – Nathalie Jomard

Grumeau-illustre.gifImpossible de garder son sérieux en lisant « Le petit grumeau illustré » ! Impossible pour les jeunes (ou moins jeunes) mamans de ne pas s’y reconnaître ! Et impossible pour les futures mamans voire même pour celles qui n’en sont même pas au stade du « projet-bébé » de ne pas se projeter dans ces situations du quotidien ! Nathalie Jomard, illustratrice et jeune maman, est avant tout une blogueuse : si vous ne connaissez pas encore son blog , cliquez là :

 

                      petit-grumeau-illustre-L-1

 

Tout d’abord, une petite précision lexicale s’impose : qu’est ce qu’un grumeau ? Au départ, le grumeau est l’affectueux surnom donné par l’auteur à sa très remuante mais néanmoins a-do-ra-ble bébé-fille. Par extension donc, un grumeau est donc un enfant, fille ou garçon, aussi communément appelé (au choix, rayez la mention inutile) : gnome, nain, loustic, mini-moi, boutchou etc…

Tout y passe : la grossesse et ses inévitables questions qui trouvent bien sûr des réponses (ou pas) dans « Le bon guide de la maman bien » ou encore « Bébé, guide de l’outillage » ! Puis, c’est le « débarquement » du grumeau, livré sans mode d’emploi…, et sans boules Quies ! Mais un grumeau, ça ne fait pas que dormir et manger, ça finit toujours par grandir, et là, c’est le « grumeau-chaos » et il devient difficile de protéger le pauvre Chat-Bouboule des assauts dévastateurs du grumeau qui fait des expériences plus ou moins appréciées par l’intéressé !

Dur dur l’apprentissage de la « grumeau-parentalité« , Tonton Fulbert le résume bien :  » Être parent, c’est un peu comme manger de la soupe avec les doigts, c’est pas facile. » Car bien sûr, tout le monde a son petit conseil (foireux) à donner, de Tata Fernande à la cousine Paulette, sans oublier Tata Nath qui excelle dans l’art de trouver des solutions incongrues à chaque problème posé par le grumeau !

 

Voilà une lecture drôlissime à mettre entre toutes les mains, le cadeau parfait pour les futures mamans ! C’est hilarant, les dessins sont croqués avec beaucoup d »humour et les heureux propriétaires de grumeaux à couettes ou à zizi ne pourront que reconnaître leur progéniture adorée dans ces situations souvent coquasses mais très justes du quotidien ! J’ai une tendresse particulière pour ce pauvre Chat-Bouboule, sa vie est un enfer, mais qu’est-ce qu’on rit !

 

Bref, une BD coup de coeur qui donne le sourire, à lire et à offrir !

 

Éditions Michel Lafon (mai 2009)

192 p.

Petit précis de grumeautique (blog illustré)

 

BD du mercredi

 

La BD du mercredi…, c’est chez Mango, et plein d’autres encore !

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L’école de Léon – Serge Bloch

L-ecole-de-Leon.gifCet album est un petit bijou ! En cette période de rentrée, voici le livre idéal pour dédramatiser l’entrée à l’école et pour franchir tout en douceur cette étape fondamentale dans la vie des tout petits ! Un bel album, magnifiquement illustré par Serge Bloch, aux textes plein d’humour.

 

C’est un grand jour pour Léon, aujourd’hui il entre à l’école MA-TER-NELLE, parce que maintenant, Léon est grand ! A la fois excité et angoissé, accompagné da sa maman et de son papa, Léon découvre sa classe, sa maîtresse Karine, et ses futurs copains… « Et là, c’était l’horreur ! Il y avait plein d’enfants qui pleuraient, des vraies sirènes de police, et plein de parents qui essayaient de les consoler. » Léon découvre tous les adultes de l’école, il se fait des copains, César, le copain de bagarre, Antonin, le roi des bêtises, madame Lucie-je-sais-tout ou Elodie qui est toujours amoureuse. Il apprend qu’il y a des choses « qu’on a le droit de ne pas faire« , découvre le plaisir de la récré où « on crie, on crie, on crie« , la cantine, le moment de la sieste, et surtout, Léon travaille et apprend « la vie en société« . Karine leur apprend des comptines, des chansons, raconte des histoires… Et « enfin, c’est l’heure des mamans. Ça veut dire que les mamans arrivent pour nous chercher mais parfois ce sont les papas, les mamies ou Sabrina. En tous cas, l’école est finie… »

 

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Les enfants adorent…, et les parents aussi ! Un bel album qui retranscrit très fidèlement une journée à l’école maternelle mais aussi les différents sentiments expérimentés par les petits… Un livre indispensable pour les enfants qui entrent pour la première fois à l’école, mais aussi pour les plus grands qui redécouvriront avec plaisir toutes ces petites choses qui font leur quotidien d’élèves !

Un album que Loupinou, qui vient pourtant de faire sa rentrée chez « les grands », relit régulièrement avec plaisir, et ce depuis le jour où il lui a été offert par Isa, la copine-maîtresse de maman !

leon-granditPremières phrases : « Oui, je sais !… On ne dit pas l’école à Léon mais l’école de Léon. C’est Karine qui me l’a dit et Karine, c’est ma maîtresse. Elle est très belle parce qu’elle a des cheveux très longs de princesse. »

 

Au hasard des pages : « C’était ça l’école !… J’ai serré la main de maman et j’ai senti comme si je pleurais à l’intérieur pour pas que ça se voit. »

 

Éditions Albin Michel Jeunesse (Septembre 2000)

46 p.

 

ChallengeAlbums

4/24

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La vie lente des hommes – Sylvie Aymard

La vie lente des hommesLa vie lente des hommes fait partie de ces romans que l’on lit d’une traite, avec le sentiment de vivre un moment hors du temps. Je ne connaissais pas Sylvie Aymard mais cette lecture m’a donné envie de découvrir ses deux précédents romans… Une écriture sensible, émouvante et pudique à la fois, une belle histoire, une très jolie découverte !

 

Nous sommes en 1939, la guerre est bien là, c’est la mobilisation générale. Bussy a treize ans et déjà, sa beauté est une offense. « Elle n’y peut rien, ses yeux armés de cils trop longs lui donnent un air espiègle et pervers. » Matteo est bien conscient du regard des hommes sur sa petite fille, elle est très belle, trop belle, « d’une beauté à cacher dans une tour », comme sa mère Lisa, morte en lui donnant naissance. Pour la soustraire à la guerre, il l’emmène en Province chez une amie d’enfance de Lisa, Annette. Là, elle rencontrera Daniel, un jeune résistant, un premier amour qui bouleversera sa vie à jamais…

Tristan a lui aussi fui Paris pour y revenir très vite aider son père à la mercerie. La vie dans une ferme auvergnate, l’exode, très peu pour lui. A la Libération, au plus fort de la liesse de la victoire, au milieu de la foule, Tristan aperçoit Bussy. Inaccessible, elle lui échappe, le laissant hébété et vide. Le hasard les réunira et Tristan ne quittera plus jamais Bussy. Les années passent, Bussy a un secret qui la ronge… Esther, adulte, raconte la vie de sa mère, ce qu’elle en sait, ce qu’elle devine, ce qu’elle redoute, son errance, son désir de liberté.

 

Quel roman magnifique ! J’ai tout aimé dans ce roman, la plume de l’auteur m’a transportée, c’est poétique et envoûtant, c’est beau, tout simplement.

Le lecteur écoute cette histoire, celle de Bussy et de Tristan. Il écoute cette même histoire de la bouche d’Esther, Esther au physique banal, subjuguée par la beauté de sa mère. Esther tient un chenil. A elle seule elle est un refuge, pour les animaux, et pour les hommes aussi. Ils viennent à elle, souvent… Confusément, elle cherche dans chacun de ces hommes, qui est sa mère, qui est Bussy.

Sylvie Aymard nous offre deux très beaux portraits de femmes, chacun de ces portraits éclairant l’autre. Dans un entretien réalisé par son éditeur, elle dit : « Mes héroïnes courent après leur liberté, les hommes montent la garde. » Et elles sont belles ses héroïnes, les hommes ne peuvent que les contempler, les aimer, les protéger. Tristan et son amour « jamais consumé » pour Bussy, Matteo, père ébloui, père attentif : deux très beaux portraits d’hommes aussi…

Vous l’aurez compris, ce livre est un coup de coeur ! Merci à ma libraire pour ce très bon conseil de lecture ! Et merci madame Aymard pour ce roman lumineux, vous m’avez séduite !

 

Premières phrases : « Elle porte un châle en laine, croisé fort dans le dos, contre la primo-infection. Même en ce début septembre presque torride. L’après-midi est roux, teigneux, crépitant de soleil. »

 

Au hasard des pages : « Matteo tire la robe de la jeune fille pour cacher ses cuisses. Il ne dit rien, préfère ignorer ce qu’il désapprouve. Il reconnaît dans les yeux de Lucien cette lueur qui s’écrase toujours sur elle, avec une légère brisure découragée. Elle est d’une beauté à cacher dans une tour. On la soupçonne disponible, facile à dilapider. L’envie des autres l’embellit sans cesse. » (p. 20)

 

« Un jour, il faudra bien qu’elle me raconte dans l’ordre. Mon enfance est une succession de scènes, d’images courtes, de plans coupés, de marionnettes à gourdin qui s’assomment entre elles avec entrain et imprévu. » (p. 87-88)

 

Éditions Maurice Nadeau (Juin 2010)

137 p.

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Le jeudi, c’est citation ! (3)

Jeudi citation

 

Grâce à Chiffonnette, je continue d’explorer les recoins de ma bibliothèque à la recherche des ces livres qui m’ont marqué, de ces petits bijoux que je garde précieusement. Ces livres qui n’ont plus l’odeur du neuf et que je retrouve parfois abondamment annotés, surlignés, triturés… C’est le cas de L’insoutenable légèreté de l’être de Milan Kundera, dont j’avais à l’époque acheté toute la bibliographie ! Quel titre magnifique ! Difficile là encore de choisir un passage parmi les nombreuses phrases cultes de ce roman…, alors j’en ai choisi plusieurs !

 

« Ne pouvoir vivre qu’une vie, c’est comme ne pas vivre du tout. » (p. 20)

 

« L’amour ne se manifeste pas par le désir de faire l’amour (ce désir s’applique à une innombrable multitude de femmes) mais par le désir du sommeil partagé (ce désir-là ne concerne qu’une seule femme). (p. 29)

 

« Aimer quelqu’un par compassion, ce n’est pas l’aimer vraiment. » (p. 36)

 

« Ce qui distingue l’autodidacte de celui qui a fait des études, ce n’est pas l’ampleur des connaissances, mais des degrés différents de vitalité et de confiance en soi. » (p. 86)

 

« Celui qui veut continuellement « s’élever » doit s’attendre à avoir un jour le vertige. Qu’est ce que le vertige ? La peur de tomber ? Mais pourquoi avons-nous le vertige sur un belvédère pourvu d’un solide garde-fou ? Le vertige, c’est autre chose que la peur de tomber. C’est la voix du vide au-dessous de nous qui nous attire et nous envoûte, le désir de chute dont nous nous défendons ensuite avec effroi. » (p. 93)

 

(…) Je m’arrête là, il y en a encore des dizaines d’autres de soulignées dans mon vieil exemplaire !

 

Insoutenable légèreté

L’insoutenable légèreté de l’être, Milan Kundera (1984)

Disponible aux éditions Gallimard, collection Folio (1990)

476 p.

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D. Tome 1. Lord Faureston – Ayroles/Maïorana/Leprévost

D.jpgVoici le premier tome d’une série qui s’annonce jubilatoire… Tous les ingrédients du succès y sont réunis : un titre qui soulève quelques interrogations, un dessin lumineux et précis, des personnages que l’on a envie de suivre et une intrigue alléchante ! Avouez que la seule couverture est une invitation à ouvrir cet album.

 

XIXe siècle, Londres. Toute la haute société victorienne se retrouve à la réception donnée ce soir par le général Stanford. C’est précisément l’endroit qu’a choisi Richard Drake pour faire son grand retour : mi explorateur, mi aventurier, il lui faut à tout prix trouver un généreux donateur pour financer sa prochaine expédition. Quand son regard croise celui de miss Catherine Lacombe, il est immédiatement séduit, et pas seulement par sa beauté : elle a du répondant et n’hésite pas à lui dire ce qu’elle pense de certains de ses écrits. C’est le moment que choisit Lord Faureston pour faire son entrée et inviter la belle à valser… Le concurrent est de taille : dandy, sexy et énigmatique… Son comportement est plus qu’intriguant et a le don d’agacer le rustre Richard. Plus tard dans la soirée, intervient un nouveau personnage, Mister Jones, petit homme timide, dans des circonstance que je ne détaillerai pas ici… Il n’a de cesse de répéter que miss Lacombe est en danger, et il sait de quoi il parle : il est chasseur de vampires !

 

Cette relecture du mythe de Dracula est admirablement bien ficelée et ce premier tome donne le ton. Même si nous ne sommes pas encore dans le « vif » du sujet, toutes les bases de l’intrigue sont posées. L’atmosphère de l’époque est très bien retranscrite : bals somptueux, boudoirs enfumés, soirées mondaines, tout le faste de la haute société victorienne est rendu dans des planches que j’ai souvent trouvées sublimes. La rivalité entre Richard Drake et Lord Faureston est savoureuse et on se met aisément dans la peau de Catherine : comment choisir entre l’aventurier un peu bourru et le séduisant Lord Faureston ? Si l’un lui fait une cour assidue, l’autre lui fait livrer des roses rouges chaque jour…, cruel dilemme ! Le personnage de Lord Faureston est on ne peut plus énigmatique, sublime, blond, sensuel et cruel, un parfait vampire ! Même si ce premier tome est plutôt centré sur Richard Drake, Lord Faureston ne restera pas longtemps dans l’ombre !

Par les auteurs de Garulfo (Ayroles est aussi le dialoguiste de De cape et de crocs, doit-on le rappeler…), voici une belle entrée en matière pour une série qui devrait compter trois ou quatre tomes tout au plus. Le décor est planté, les personnages présentés… Mention spéciale aux dialogues impeccables et à l’humour, toujours subtil. A quand la suite ?

D planche début

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Éditions Delcourt (Janvier 2009)

Collection Conquistador

62 planches

 

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La BD du mercredi, c’est chez Mango…, et chez plein d’autres !

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Corps – Fabienne Jacob

CorpsEncore un livre qui figure en bonne place sur les tables des libraires en cette rentrée littéraire. J’ai été attirée, une fois n’est pas coutume, par la sobre couverture en noir et blanc et le titre surtout : un seul mot, lourd de sens… Je me suis lancée dans cette lecture avide d’en savoir plus.

 

Monika est esthéticienne. Tous les jours elle voit défiler dans le salon de beauté ou elle travaille des dizaines de femmes, toutes plus différentes les unes que les autres. Des femmes soucieuses de leur apparence, des femmes résignées du temps qui passe, des femmes qui ne veulent pas vieillir, des femmes dont la beauté coupe le souffle et d’autres dont le corps est vécu comme un poids. Des femmes qui se taisent, d’autres qui, au contraire, dévoilent en plus de leur intimité le plus profond de leur âme : en confiance, elles racontent, et Monika écoute. Le récit alterne entre ces portraits de femmes (la femme du boucher, si blanche et si frêle, Alix, maigre et sans odeur, Adèle, vieille dame coquette que personne n’a plus touchée depuis la mort de son mari, Grâce, tellement belle qu’elle irradie, Ludmilla qui refuse la vieillesse) et les souvenirs d’enfance de la narratrice.

 

Je ne m’attendais pas du tout à ce type de roman quand j’en ai commencé la lecture… Je ne m’attendais pas non plus à ce type d’écriture : point de dialogues, ou si peu, et uniquement en relation avec les souvenirs d’enfance de la narratrice. Point d’échange verbal entre la narratrice et ses clientes, ces femmes qui font à mon avis tout le sel du roman. Le lecteur est face à un long monologue intérieur, elle parle, on écoute… et on se perd parfois entre les histoires de ces femmes et les anecdotes du passé. Et c’est là que le bât blesse : ce style parlé, souvent ennuyeux, parfois indigeste… Impossible de m’attacher à Monika : seuls les portraits de femmes ont trouvé grâce à mes yeux, certains émouvants, d’autres très justes. Il manque quelque chose à ce roman, et je ne saurais dire quoi. Pourtant, on y trouve de belles réflexions sur les femmes, de jolies phrases. A vous de juger, en ce qui me concerne, cette lecture m’a laissée de marbre…

 

Le livre est tombé des mains de Theoma …, Le livraire est mitigé… Cathulu a aimé.

 

Premières phrases : « Quand tout aura disparu, il restera cela. Pouvoir éteindre une lampe. Le pouvoir de faire le noir. »

 

Au hasard des pages : « Je sais moi quand elles sont belles. Les femmes, c’est mon métier, elles sont belles quand elles sont dans leur vérité. Exactement dans la coïncidence de leurs corps et des années, cela s’appelle la vérité. Personne leur a jamais dit ça. Un truc aussi simple que ça, la vérité. Elles sont prêtes à gober tout le reste mais pas ça. » (p. 33)

 

Éditions Buchet/Chastel (août 2010)

156 p.

 

1pourcent

2/7

importorigin:http://aliasnoukette.over-blog.com/article-corps-fabienne-jacob-56207608.html