Un été très livre…!

Des pavés, des livres attendus, des nouveautés, des classiques qu’il faut avoir lu… l’été on a le choix, on prend son temps…. et c’est bon ! Je m’étais fixé des objectifs raisonnables, à quinze jours de la fin des vacances ils sont presque atteints. Reste le deuxième tome de Silo dans lequel je n’ai pas encore mis le nez mais je n’ai pas dit mon dernier mot. Mais j’ai eu ma dose de romanesque, d’émotion, de suspense et de bonnes surprises. De très bonnes surprises même que j’ai dévorées avec gourmandise en alternance avec ces nouveautés de la rentrée dont je vous parlerai bientôt…! En attendant, avis flashs d’une blogueuse encore en mode farniente sur ces romans qui ont fait mon été…!

 

 

Repéré depuis quelques temps, ce roman est devenu une priorité après l’avis de Violette. Bonne pioche !! A 43 ans, Jeff Winston meurt d’une crise cardiaque… et se réveille dans sa petite chambre d’étudiant à l’âge de 18 ans. En ayant pleinement conscience des années écoulées. Pouvoir revivre sa vie, prendre de nouvelles routes, faire d’autres choix… tout en connaissant les grandes lignes d’un futur qu’il a le pouvoir de redessiner. Effrayant, vertigineux, déroutant mais tellement grisant. Mais il y aura bien d’autres résurrections et bien des chemins à tracer. L’immortalité n’a peut-être pas que du bon…

De l’excellente SF, une intrigue diablement bien ficelée et un coup de cœur inattendu. Foncez !

 

Replay de Ken Grimwood, Points, 1997, 7,95 €, 344 p.

ISBN : 2-02-032126-2

 

 

L’homme qui s’envola m’avait bluffée mais alors là, chapeau…! S’il y a une trilogie dont je vais m’empresser de dévorer la suite c’est bien celle là ! On m’avait prévenue… j’étais bien loin du compte. Antoine Bello a l’art de l’intrigue, déploie ses filets de façon brillante, ferre sa proie son lecteur et ne le lâche pas. Et le pire c’est qu’on en redemande. Une organisation secrète qui falsifie la réalité mais dont les propres acteurs ignorent la véritable raison d’être, d’innombrables ramifications historiques, un savant mélange du vrai et du faux, des supercheries à grande échelle… c’est inventif, totalement fou et complètement addictif.

Monsieur Bello, je crois que nous sommes faits pour nous entendre… Vite, la suite !!

 

Les falsificateurs d’Antoine Bello, Folio, 2008, 9,80 €, 588 p.

ISBN : 978-2-07-035527-3

 

 

Après mon coup de foudre pour Les filles au lion, je ne pouvais pas ne pas me précipiter sur le premier roman de Jessie Burton. Et là encore, j’ai tout aimé ! Foisonnant, romanesque, original, Miniaturiste nous happe dès les premières lignes pour ne plus nous lâcher. Et on suit Petronella dans sa nouvelle vie d’épouse dans l’Amsterdam vibrante et changeante du XVIIe siècle. Atmosphère intimiste, désirs de femme, secrets bien enfouis, puritanisme bien pensant, amours interdites, une certaine aura de mystère… les pans du voile se relèvent peu à peu comme s’entrouvrent les rideaux de cette étrange maison de poupées qui renferme peut-être la clé du mystère. J’ai adoré !

 

Miniaturiste de Jessie Burton, Folio, 2017, 8,20 €, 528 p.

ISBN : 978-2-07-271428-3

 

 

Quelle émotion de retrouver Fedrik sur son île du bout du monde… Les Bottes suédoises est la suite que je n’attendais pas tant Les chaussures italiennes ont marquées ma vie de lectrice. Des images encore intactes, et cette crainte, peut-être, de ne pas retrouver cette lumière et cette simplicité. Elles y sont, mais peut-être avec moins de force… Mais quelle douceur… Il y est question de reconstruction, de résilience, de pardon et de lâcher prise. On y lit les années qui passent, la solitude qui tenaille, les désirs qui fissurent et les regrets d’une vie. On s’y installe doucement, sans faire de bruit et on finit par se poser des questions sur ce qui fait le bonheur et tisse les souvenirs. Et dire qu’on ne lira plus Mankell…

 

Les bottes suédoises de Henning Mankell, Seuil, 2016, 21,00 €, 368 p.

ISBN : 978-2-02-130389-6

 

 

J’étais ressorti franchement mitigée du premier tome de cette sage à succès. Un roman lu rapidement, sans déplaisir mais sans enthousiasme non plus, une sensation de déjà vu, de longues pages d’ennui. Aucune attente particulière donc pour cette suite qu’on m’annonçait pourtant bien meilleure, même si j’ai entamé les plus de 600 pages de ce roman avec une certaine appréhension. Je l’ai refermé deux jours plus tard à 3h du matin complètement conquise. Dans la foulée, je téléchargeais le tome 3 sur ma liseuse… Et dire que je n’avais rien vu venir…. Ok, mea culpa, Elena Ferrante m’a eue en beauté. J’aime. J’adore. Je suis totalement accro… Pitié, dites moi que la suite est aussi bonne !!

 

Le nouveau nom (L’amie prodigieuse tome 2) de Elena Ferrante, Folio, 2017, 8,80 €, 640 p.

ISBN : 978-2-07-269314-4

 

7 ans !

 

7 ans déjà… bébé-blog a bien grandi !

 

Après avoir subi des attaques malveillantes de la part des grand méchants de la cour de récré,

le grand garçon a su faire face et en ressort blindé à bloc !

C’est qu’il s’en est passé des choses en 7 ans…

 

7 ans de lectures, 7 ans de partage, 7 ans de rencontres rares et précieuses…

7 ans de blablas, 7 ans de pépites, 7 ans de rendez-vous incontournables…

7 ans de visites et de fidélité, 7 ans de belles amitiés, 7 ans de connivence…

7 ans de passion, 7 ans de douce folie, 7 ans de coups de ♥

 

Et on continue…!

 

A tous qui avaient rendu ce bel espace si précieux…

L’année dernière, Cajou et Violette recevaient un p’tit colis surprise « made by Noukette ». Cette année encore, je serais ravie de gâter deux d’entre vous après tirage au sort parmi les commentaires de ce billet… Deux personnes qui trouveront un petit quelque chose dans leur boite aux lettres dès que j’aurais fini de cogiter sur le contenu du dit colis (patience, patience…!) Une BD coup de cœur, un roman de la rentrée littéraire, un album bijou, une pépite ado… tout est possible… mais chhuuuutttt…. 😉

 

En attendant, je retourne profiter du soleil et des couleurs de mon île… ♥

Petit programme de lectures estivales…

Prendre le large…

 

Buller, décompresser, s’évader, découvrir, s’enthousiasmer, se perdre…

Et encore de belles pages à venir.

Petit aperçu du programme estival, déjà bien entamé…

 

Depuis le moment où cette photo a été prise, je me suis régalée avec Replay, Les falsificateurs et Miniaturiste…!

Quelques belles découvertes aussi de la rentrée littéraire à venir mais chuutt… Billets à venir courant août.

Et quelques bougies à souffler dans quelques jours…

 

D’ici là, bel été à vous…!

Petit inventaire de chroniques oubliées…

Le temps file, bientôt la trêve estivale… et comme à chaque fin d’année scolaire, des lectures qui s’accumulent et dont je n’ai malheureusement pas eu le temps de parler ici. Juin et son cortège d’obligations-spectacles-kermesses-concerts-réinscriptions et autres réjouissances ont grandement empiété sur mon espace vital, à la trappe donc les billets sur ces romans lus pourtant avec envie voire même avec boulimie. Impossible pour autant de ne pas parler de ces romans qui m’ont transportée dans de bien agréables parenthèses. Zoom donc sur ces quelques titres oubliés qui méritent plus qu’un petit coup de projecteur…!

 

 

le meilleur des amis

Une histoire d’amitié, de temps qui passe et de regrets. Une amitié quasi fusionnelle et Camille… le premier amour, celui qu’on ne peut pas partager. J’ai aimé ces réminiscences d’un temps enfoui, cette langueur et cette atmosphère qui imprègne chaque page. L’écriture précise de Sean Rose est d’une rare élégance. Elle comble les vides, dit à merveille le lien fraternel, la trahison et l’amour passion, épouse la mémoire et les souvenirs. Une jolie parenthèse de lecture que l’on referme en ayant envie de revoir Jules et Jim…

 

Le meilleur des amis de Sean Rose, Actes Sud, 2016, 16,90 €

ISBN : 978-2-330-07271-1

 

 

voyage d'hiverVoyage d’hiver ou ces retrouvailles tant attendues avec l’auteur du sublime et inégalable Confiteor. Un recueil de nouvelles écrites avant ce chef d’œuvre de l’auteur enfin traduites en France. Et déjà, entre les lignes, ces thèmes qui lui sont chers : le temps qui passe, la mémoire et l’oubli, les racines du mal, l’art et la musique.  Quatorze nouvelles de toute beauté et un gros coup de cœur. De vraies fulgurances d’écriture, des liens qui se tissent comme par magie, une poésie et une érudition qui forcent le respect… et au final, un voyage que je ne suis pas prête d’oublier…

 

Voyage d’hiver de Jaume Cabré, Actes Sud, 2017, 22,50 €

ISBN : 978-2-330-07317-6

 

 

Nature exposée

Autres retrouvailles espérées, celles avec l’univers de Erri de Luca, un auteur que j’apprécie de plus en plus à mesure que j’apprends à le connaître. Toujours cette petite musique bien particulière, toujours cette économie de moyens, cette retenue, cette poésie de l’ellipse. Une plume et une vraie voix. Le sujet de La nature exposée n’est pas banal. Il y est question de religion, de sacré, d’art, de sexualité, de nature et de choix de vie. Il y est question de solidarité et de cette aptitude de l’homme à la compassion. Un texte intelligent et universel qui m’a laissée baba d’admiration…

 

La nature exposée de Erri de Luca, Gallimard, 2017, 16,50 €

ISBN : 978-2-07-269791-3

 

marx-et-la-poupée

 

Un Goncourt du premier roman plus que mérité pour ce texte intelligent bourré d’humour et de tendresse sur ces racines qui nous construisent, ces terres qui nous voient grandir, ces abandons qui nous façonnent. La révolution iranienne, un exil à Paris et une petite fille qui pousse entre deux rives, rejette progressivement le pays qui l’a vu naître, en adopte un autre pour finir par réunir, à sa façon, ces deux cultures indissociables dans ce qu’elle est devenue. Un texte profondément attachant, une construction brillante et une voix originale qui fait un bien fou…!

 

Marx et la poupée de Maryam Madjidi, Le Nouvel Attila, 2017, 18,00 €

ISBN : 978-2-37100-043-8

 

tomas kusar

 

Antoine Choplin, un autre de mes incontournables. C’est à se demander ce que je peux encore en dire. Choplin ne ment pas. Il raconte des histoires et n’a que faire des fioritures inutiles. Son écriture fait parler les silences… et elle me va comme un gant. J’ai aimé cette rencontre avec Tomas Kusar, garde-barrière dans la Tchécholovaquie communiste, entré malgré lui dans l’Histoire quand sa route croise celle du futur président du pays. Il y est question d’amitié, d’engagement, de révolution silencieuse et d’espoirs. Et comme à son habitude, Antoine Choplin est impérial. Un texte magnifique et profondément humain.

 

 

Quelques jours dans la vie de Tomas Kusar de Antoine Choplin, La fosse aux ours, 2017, 18,00 €

                                                  ISBN : 978-2-35707-095-0

 

 

la-fiancee-du-facteurL’année dernière j’avais fait connaissance avec Le facteur émotif. Bilobo, le facteur qui « voyage » par procuration en subtilisant les rares courriers personnels dénichés dans sa tournée et qui les décachette à la vapeur le soir venu dans la solitude de son appartement. Un facteur qui par amour se mettra à écrire des haïkus en usurpant l’identité du véritable expéditeur… Cette suite est tout aussi poétique, décalée et réjouissante. Et au lecteur de s’attacher à la jeune Tania, amoureuse éperdue de ce facteur pas banal dont le cœur penche ailleurs. L’auteur surprend encore avec une fin inattendue qui donne le sourire et boucle la boucle d’une admirable façon. Le facteur émotif vient de sortir en poche, ne vous privez pas de ce joli moment… et foncez lire cette suite !

 

La fiancée du facteur de Denis Thériault, Anne Carrière, 2017, 16,00 €

ISBN : 978-2-84337-855-3

 

 

blackmail bluesCe roman là a une place à part dans mes récentes lectures. Enola game, le premier roman de l’auteure, avait été une déflagration et un énorme coup de coeur. Plusieurs années de silence et Chris Diehl revient dans un tout autre registre, quitte à désarçonner son lectorat fidèle et brûlant d’impatience de la retrouver. Et je crois qu’elle a bien fait… Blackmail blues est un polar d’apparence classique qui a su me prendre dans ses filets dès les premières lignes. Un duo d’enquêteurs attachant, une intrigue bien ficelée, une écriture pleine d’allant, un univers très actuel qui m’a fait penser aux enquêtes de ce cher Cormoran Strike. Espérons qu’elle poursuive les aventures de ce binôme « à l’ancienne » qui ravira les amateurs de polars d’ambiance..!

 

Blackmail blues de Chris Diehl, éditions du Toucan, 2017, 18,00 €

ISBN : 978-2-8100-0761-5

 

 

L-homme-qui-s-envolaL’homme qui s’envola ou ce roman-piège qui m’a rendue complètement associable l’espace de quelques jours. Et ma rencontre, enfin, avec Antoine Bello. Les aficionados de l’auteur vous diront peut-être que ce n’est pas son meilleur. Qu’il faut à tout prix lire sa trilogie des Falsificateurs ou encore Ada. Ils m’attendent et je promets d’ailleurs de leur faire un sort. Alors oui, je n’ai pas fait les choses dans l’ordre mais ce roman là m’a bluffée. Le pot de confiture, quand vous mettez le doigt dedans, vous voyez…? Un homme qui fuit sa vie, un autre qui tente d’arrêter sa course, une réflexion pas si anodine sur le bonheur, le couple, la famille et ses carcans qui nous musellent. Intelligent, haletant, inventif, surprenant… je n’ai pas marché, j’ai couru ! !

 

L’homme qui s’envola de Antoine Bello, Gallimard, 2017, 20,00 €

ISBN : 978-2-07-019738-5

 

Fin de l’inventaire des chroniques oubliées avant de passer aux lectures estivales…! Il va d’ailleurs falloir que je me penche sur la question cruciale du choix des livres à glisser dans la valise. Une sélection toute personnelle que je peaufine encore et que je vous montrerai peut-être dans quelques jours…!

Louis parmi les spectres – Fanny Britt / Isabelle Arsenault

louisInvasion de beau… ♥

 

Louis parmi les spectres ou cet album bijou qu’on referme les yeux embués et le sourire aux lèvres. Oui, tout ça. Sûrement parce qu’il est un peu magique cet album. Il parle à notre âme d’enfant, à nos peurs bien ancrées, à ce besoin de cocon rassurant, à cette envie de grandir pas trop penché, les pieds bien ancrés dans le sol et la tête dans les étoiles.  Il touche ces petits points sensibles, effleure et caresse, insuffle la beauté dans ces instants de rien qui font les plus beaux souvenirs. 

 

L’enfance et ses grandes douleurs. L’enfance et ses petites victoires, ces Everest à grimper à mains nues, ces spectres qui nous entourent et recouvrent de gris les rêves et les espoirs. Louis a onze ans. Une mère qui s’inquiète de tout, un père qui noie son chagrin dans l’alcool et un petit frère Truffe qui vit musique à longueur de journée. Louis a aussi Billie, « une sirène à lunettes, une tempête de pluie, une fontaine à chocolat, une reine muette »… Il l’a tatouée sous la peau, au plus près du cœur. Billie n’a rien à faire, elle irradie de sa seule présence. Elle parle peu, s’enfouit profondément dans ses livres, vit des mots. Elle est Billie et pour Louis elle est tout. Une promesse, un rêve inaccessible qu’on caresse des yeux…

 

« Je ne savais pas que l’amour c’est comme une roche qui nous explose le cœur, qui fait mal autant qu’il fait vivre, et qu’il donne envie de fuir en même temps qu’il nous empêche de le faire. Ce que je savais, c’est que la plupart du temps, ça finit mal. »

 

Il est beau le deuxième album en duo des auteures talentueuses de Jane, le renard et moi. Il est beau et il fait du bien. Il pique un peu les yeux, il chatouille les souvenirs de cours de récré, dit la douleur d’une séparation et la naissance de l’amour. Il dit les peurs et les espoirs, le manque de courage aussi, celui qui tétanise et fait s’envoler ces belles occasions de se trouver enfin…

 

Allez Louis, viens… Oublie ces “spectres” qui te hantent. Elle est jolie la vie tu verras. Parfois elle écorche un peu, parfois elle cogne, mais elle ouvre aussi grand les yeux sur le beau…

 

Renversant et sublime… Un coup de foudre que je partage avec Sabine, elle aussi tombée en amour pour Louis… Mille mercis MoChéwie pour ce précieux cadeau… ♥

 

Antigone, Enna, Mo’… sous le charme

 

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Éditions de la Pastèque (Octobre 2016)

153 p.

 

Prix : 28,00 €

ISBN : 978-2-89777-000-6

 

BD de la semaine saumon

Chez Mo’

Quart de frère, quart de soeur – Sophie Adriansen

quart-frere1Attention ! Série jeunesse attachante en diable à l’horizon ! Drôle, pétillante, moderne et rythmée, Quart de frère, quart de sœur est typiquement le genre de série que je n’aurai aucun mal à « vendre » à de mes collégiens, lecteurs frileux compris. Prenez les illustrations colorées et pleines de pep’s de la talentueuse Maurèen Poignonec, ajoutez-y le don sans pareil de Sophie Adriansen pour raconter des histoires, saupoudrez le tout de rires et d’une bonne dose d’amour… vous obtiendrez une série au gros capital sympathie qui fait la part belle aux relations familiales et s’ancre en douceur dans le quotidien des plus jeunes.

 

C’est bien connu, les frères et sœurs, c’est la plaie. On ne les as pas choisis et ils nous pourrissent la vie… Mais il y a pire. Parfois les parents redevenus célibataires ont la mauvaise idée de retomber amoureux. Et ça change tout…

 

Arthur, auréolé de son titre d’élève le plus cool de l’école, voit d’un très mauvais œil l’arrivée de Viviane dans sa classe. Avec ses dizaines de couettes sur la tête, son sourire contagieux, ses robes bariolées et ses idées nouvelles, elle ne passe pas inaperçue, au grand dam d’Arthur qui ne peut que constater cette soudaine et bien encombrante popularité… Pas demain la veille qu’il fera ami-amie avec cette rivale arrivée tout droit des Antilles pour piétiner ses plate-bandes ! Mais le destin est facétieux. Il suffira d’un seul regard pour que la mère d’Arthur et le père de Viviane, jeunes divorcés, tombent sous le charme l’un de l’autre. Et de quelques mois seulement pour que ces deux là envisagent de s’installer sous le même toit…!

 

Mon-pire-anniversaire

Vraiment craquante cette nouvelle série ! Personnages attachants et plus vrais que nature, thématiques actuelles abordées avec douceur et humour, regard juste et tendre sur les préoccupations des jeunes adolescents et le monde dans lequel ils évoluent, impossible de ne pas tomber sous le charme de Quart de frère, quart de sœur ! On prend plaisir à voir évoluer les relations entre Arthur et Viviane, deux enfants qu’à priori tout oppose, deux voix que l’on entend alternativement dans le récit. Obligés de cohabiter, les deux ennemis finissent par se rapprocher… et même par s’apprécier. Pas question pourtant d’étaler cette nouvelle amitié aux yeux de leurs camarades qui se délectent de leur petite guéguerre, leur réputation d’ennemis jurés en prendrait un sacré coup… Il faudra donc ruser… et continuer de faire croire qu’ils se détestent. Pas simple, d’autant que l’anniversaire d’Arthur approche et que ses invités risquent de se rendre compte de la supercherie !

 

Une lecture bonbon que je partage avec Jérôme, vivement le tome 3 !

 

D’autres romans de Sophie Adriansen sur le blog : Max et les poissons –  Les grandes jambes 

Le blog de l’auteure

 

Quart de frère

Éditions Slalom

Illustrations de Maurèen Poignonec

Prix : 9,90 €

 

Tome 1 : Une rivale inattendue (Février 2017)

91 p.

ISBN : 978-2-37554-060-2

 

Tome 2 : Mon pire anniversaire (Juin 2017)

112 p.

ISBN : 978-2-37554-061-9

 

pepites_jeunesse

Flora Banks – Emily Barr

flora banksJe lis beaucoup de littérature jeunesse. Parce que c’est une grande partie de mon métier et surtout parce que j’aime ça. Mais en tant qu’adulte, je me tourne beaucoup plus naturellement vers des textes forts, vers des plumes affirmées, vers de thématiques susceptibles de déclencher la parole et de bousculer. Ce sont ces textes là que l’on retrouve principalement dans le rendez-vous des « pépites jeunesse » que je partage chaque mardi (ou presque) avec Jérôme. Ce sont ces textes que j’aime partager, que j’aime défendre et que je propose avec enthousiasme à mes collégiens qui (ouf…!) suivent bien souvent mes avis.

 

Et puis il y a cette « autre » littérature jeunesse. Plutôt « young adult », qui surfe souvent sur la vague actuelle de la dystopie ou du roman de vie. Ces « chroniques » adolescentes plaisent beaucoup. J’en commande donc beaucoup pour mes élèves, principalement des filles, boulimiques de lecture. Mais moi, j’avoue, je ne les lis pas. Ou très peu. Sûrement parce que je m’y retrouve moins, et sûrement aussi parce que ces romans là n’ont pas besoin de moi pour vivre et trouver leurs lecteurs.

 

Mais sur les conseils d’une de mes élèves, j’ai lu Flora Banks. Typiquement le genre de roman que j’aurais adoré lire à l’adolescence. Prenant, surprenant, addictif. L’auteure nous plonge dans le cerveau d’une adolescente atteinte d’amnésie rétrograde. Depuis ses dix ans et une opération du cerveau lui ayant laissé des séquelles irréversibles, la mémoire de Flora est incapable de fixer un souvenir plus de deux heures. Toutes les deux heures, Flora a tout oublié de ce qui lui est arrivé depuis ses dix ans. Toutes les deux heures, tout un puzzle à reconstruire. Sur sa peau, au stylo, des messages tatoués : « Flora, sois forte ». Dans un carnet, son histoire. Sur tous les murs de chez elle, des post-it pour lui rappeler l’essentiel. Et autour d’elle, une famille surprotectrice qui ne lui laisse que peu de liberté d’être elle-même.

 

Jusqu’à ce baiser, inattendu. Ce baiser-là, elle s’en souvient. Le premier souvenir qui ne s’évapore pas. Un baiser qui l’emmènera au Spitzberg, dans l’Arctique, à la recherche de celui qui a peut-être tout changé sans le savoir. Un baiser qui l’emmènera bien plus loin, dans une quête identitaire qui bouleversera ses seules certitudes…

 

Il y a un côté thriller indéniable dans ce roman. Quelque chose qui fait qu’il est difficile de reposer ce roman sans le reprendre presque immédiatement. Le tour de force de l’auteure est de nous plonger dans la tête de Flora. Sa prison. Et la narration se calque sur ce que vit Flora. Tout se répète, presque en boucle. On tâtonne avec Flora. Mais on avance… et on s’enfuit comme Flora vers cet ailleurs qui va peut-être tout changer. Et là encore, l’auteure arrive à surprendre, faisant prendre à ce roman des allures de véritable thriller psychologique qui dévoile progressivement ses subtilités. Vraiment bien joué. Le lecteur adulte que je suis a peut-être tiqué sur un certain nombre d’invraisemblances mais qu’importe. Flora Banks est un bon roman qui se lit d’une traite. En voilà un qui va passer de mains en mains chez mes ados en quête de sensations fortes ! 

 

L’avis de Laure

 

Éditions Casterman (Mars 2017)

370 p.

Traduit (Anglais) par Julie Sibony

 

Prix : 16,00 €

ISBN : 978-2-203-12220-8

Les beaux étés 3. Mam’zelle Estérel – Zidrou / Lafebre

CV_BEAUXETES_03_FR.inddDans la famille Faldérault, je demande le père. Pierre, auteur de bande dessinée, fâché avec les deadlines et sur des charbons ardents quand il s’agit de prendre la route des vacances.

 

Dans la famille Faldérault, je demande la mère. Mado, épouse femme et maman parfaite affublée d’une gamine délurée et d’une jeune vorace toujours collée à son sein, amoureuse de son homme comme au premier jour et impatiente de prendre le large pour se changer les idées.

 

Dans la famille Faldérault, je demande le grand-père. Henri, surnommé « Gros-papy » par sa petite fille, qui ne dit jamais non à une bonne portion de frites et à un verre de vin.

 

Dans la famille Faldérault, je demande la grand-mère. « Yvette-la-parfaite », gendarme qui s’ignore, dont l’occupation principale est de régenter son petit monde. Et mamie Yvette a décidé. Cette année, les vacances ça sera Saint-Étienne. Exit le chemin des écoliers, les pique-niques sauvages et le camping improvisé… bonjour les hôtels et restaurants recommandés par les précieuses étoiles Michelin, les menus contrôlés et les visites dans toutes les églises du coin !

 

Dans la famille Faldérault, je demande mam’zelle Estérel, la 4L rouge offerte par les parents de Mado. Pour plaire à beau-papa et belle-maman, pas de côte d’Azur au programme. Mais qu’importe, c’est les vacances… tous sur la banquette arrière !!

 

Que vous dire ? Le BONHEUR ! Tout est délicieusement régressif, joyeux, frais et terriblement juste, impossible de ne pas tomber en amour pour cette famille qui pourrait être la nôtre. Imparfaite, insupportable… indispensable. Flashback. Nous retrouvons la belle équipe en 1962, mam’zelle Esterel fait une entrée remarquée dans la tribu qui ne compte alors que deux enfants. Elle en verra de belles croyez-moi, il s’en passe des choses sur les chemins de traverse…!

 

Les beaux étés ou la série-chouchou-doudou par excellence…! Le duo complice Zidrou / Lafebre est au top de sa forme et nous régale… Dialogues ciselés, situations drolatiques, personnages inoubliables, dessin à tomber… Je suis totalement fan !! Vous hésitez encore…? Vu que deux avis valent mieux qu’un, voici les mots de Framboise complètement tourneboulée par cette jolie série ♥

 

« C’est un fameux trois-mâts, fin comme un oiseau.

Hissez haut, Santi-a-a-no ! …. »

 

Troisième été auprès de la famille Faldérault, les troisèmes vacances tout contre eux ! 1962. Nos-amis-les-Belges qui ne sont alors dotés que de 2 enfants, partent, à la bourre (enfin com’ d’hab !), pour un nouveau périple à bord de leur nouveau carrosse baptisé Manz’elle Esterel.  De nouveaux personnages (et non des moindres): Yvette-la-parfaite et Gros-papy, les accompagnent pour des vacances …. A la mer ? Pensez-vous ! A Saint-Etienne !

 

Comment vous dire à quel point cette saga des vacances me secoue sévère l’intérieur ! C’est doux, c’est tendre, c’est beau, c’est simple, c’est fragile, c’est léger, c’est lumineux, c’est juste, c’est savoureux (mhuuuum les dialogues de Zidroumonamour sont d’un délice fou), c’est faussement désinvolte… Un récit en bande dessinée sur le fil, comme en équilibre entre une réalité un brin cruelle et des petits plaisirs infinis… C’est tout com’ la vie koa ! Et puis ça gratte juste comme il faut (c’est Zidrou tout de même !) pour nous offrir un peu de saveur, de piquant et de nostalgie… dans ce temps-hors-du-temps des congés d’été… Larmichette (com’ dirait Sabine !) garantie ! Fous rire aussi  😛 ) Et le dessin de Jordi, superbe, joyeux et un poil désuet illustre avec bonheur et générosité ce scénario de vacances qui parlera, j’en suis certaine, à toutes et tous ♥

 

A lire ABSOLUMENT !

 

(merci ma copine Noukette de partager cette lecture et ce billet avec moa ♥ )

 

Framboisémue

 

Une lecture que nous avons pris un plaisir fou-fou-fou à partager avec Sabine (boum boum boum !) et Mo’ ! ♥

 

L’avis de Jacques

 

Mes avis sur le tome 1 et le tome 2

 

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Éditions Dargaud (Juin 2017)

56 p.

 

Prix : 13,99 €

ISBN : 978-2-505-06776-4

 

BD de la semaine saumon

 

D’autres bulles à découvrir chez…

 

          main d'oeuvre   baker street   petit vampire   gurmet

                     Karine                            Enna                             Mylène                       Amandine

 

 

          lili pirouli   adoption  CV_BEAUXETES_03_FR.inddCV_BEAUXETES_03_FR.indd 

                   Blandine                  Sophie/Nathalie                   Sabine                                Mo’

 

 

          marshallBassT1   lulus1   edelweiss   Yin dragon 2

                     Jérôme                        Natiora                             Faelys                           Bouma

 

 

          où le regard

                     Soukee

Dans les dents ! Une vie d’ogre – Denis Baronnet / Gaëtan Doremus

dans les dents

« Petit Georges commença sa carrière d’ogre assez tôt, vers neuf ans, en mangeant sa petite soeur, Clotilde, âgée de quelques mois. Avant cet incident fondateur, Petit Georges était considéré comme un enfant joyeux, sympathique et sans problème. Il était extrêmement gourmand mais personne n’y voyait à redire et, même, sa gourmandise faisait la joie de son entourage, de sa mère en particulier. Rien ne réjouissait plus Plectrude, la maman de Petit Georges, que de voir son fils dévorer et celui-ci n’en mangeait qu’avec plus d’appétit. »

 

Bébé joufflu, enfant bien portant, Petit Georges grandit en ayant un appétit d’ogre, jusqu’à ce que, fidèle à son image, il se mette à boulotter sa petite sœur dans son berceau. Après tout, elle ne servait pas à grand chose Clotilde et elle fondait dans la bouche… Parents traumatisés, villageois en rage contre le monstre, Petit Georges est forcé de prendre ses jambes à son cou et de se réfugier dans une grotte au cœur de la forêt profonde. Triste et seul. Et affamé. Quand on a gouté à la chair rosée des bébés, difficile de s’en passer… Pour combler sa faim, Petit Georges est forcé de se réapprovisionner le long d’une route en contrebas où quelques promeneurs égarés et autres passants lui apportent les protéines nécessaires à son régime d’ogre. Jusqu’à ce que le puissant sortilège du sorcier Malagure – sachez que celui qui terrasse un ogre et lui prend ses dents acquiert d’immenses pouvoirs – le plonge bien malgré lui dans un très long sommeil. Cinq siècles plus tard (oui, le sorcier avait mis la dose…!), Petit Georges se réveille hébété, la chevelure et la barbe hirsutes, les ongles démesurément longs et la faim au ventre. Autour de lui, le monde a l’air d’avoir bien changé…

 

« Petit Georges commença sa carrière d’ogre assez tôt, vers neuf ans, en mangeant sa petite sœur, Clotilde, âgée de quelques mois ». Lisez la première phrase de ce roman graphique à des enfants et observez bien leurs réactions. D’abord incrédules, puis un brin dégoûtés… puis très vite hilares et avides de découvrir la suite de cette histoire pas banale qui débute par un crime hautement répréhensible. Manger les bébés, ça ne se fait pas. Manger sa petite sœur, ça se fait encore moins ! Et voilà le petit lecteur qui écoute fasciné les débuts rocambolesques d’un ogre, un vrai, dont le rêve ultime est de monter un « humainailler » où il irait chercher chaque matin un bébé tout frais pour son petit-déjeuner. Un ogre avec des grandes dents qui croque tout ce qui passe à sa portée sans distinction aucune, un ogre avec une préférence marquée pour la chair tendre des bébés mais, c’est bien connu, faute de grives, on mange des merles, même si on peut facilement tomber sur un os (oui, je sais, elle était facile…^^)

 

On se régale avec ce petit roman fantaisiste aussi drôle que cruel qui fait souffler un vent anticonformiste bien agréable. Personnages hauts en couleurs, situations ubuesques, sorcellerie et dents qui parlent, on jubile de voir l’ogre Georges se dépatouiller dans une époque dont il n’a pas les codes, à la manière d’un Jacquouille la fripouille catapulté en pleine modernité. Les illustrations férocement drôles de Gaëtan Dorémus épousent à merveille le texte ô combien loufoque de Denis Baronnet dont les dialogues enjoués et le vrai talent de conteur font merveille. A croquer !!

 

Une pépite jeunesse que je partage comme chaque mardi avec Jérôme

 

L’avis de Cuné

Éditions Actes Sud junior (Mai 2017)

70 p.

 

Prix : 15,00 €

ISBN : 978-2-330-07846-1

 

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Le dernier des nôtres – Adélaïde de Clermont-Tonnerre

hermine

 

« Manhattan, 1969.

La première chose que je vis d’elle fut sa cheville, délicate, nerveuse, qu’enserrait la bride d’une sandale bleue. Je n’avais jamais été fétichiste avant ce jour de mai et si j’avais dû me concentrer sur une partie de l’anatomie féminine, j’aurai spontanément choisi les fesses, l’entrejambe, la gorge ou peut-être le visage, certainement pas les pieds… »

 

 

Deux hommes déjeunent dans une trattoria de soHo. Deux amis et associés. Marcus et Werner Zilch. Et une femme mystérieuse : Rebecca. Entre elle et Werner va naître une passion folle qui va les entrainer tous deux, dans des contrées insoupçonnées…

 

« Saxe, Allemagne, 1945.

C’était une nuit de février, une nouvelle nuit de disgrâce pour l’humanité. Des hectares de ruines brûlaient sous une pluie âcre et cendrée. Des heures durant, Dresde n’avait été qu’un infini brasier annihilant les corps, les espoirs et les vies. Aussi loin que portait le regard, la ville était, en cette période de désolation mondiale, l’incarnation du chaos. »

 

Au milieu de cette obscurité, un enfant naît : « Il s’appelle Werner. Werner Zilch. Ne changez pas son nom. Il est le dernier des nôtres. »

Et dans cette Allemagne dévastée, deux frères ennemis vont s’affronter… Peut être jusqu’à en mourir…

 

Plusieurs histoires sont entremêlées. Plusieurs voix résonnent tour à tour. Deux époques et non des moindres. Une, le début des années 70, où tout semble possible, où la liberté prime, l’audace, la folie, le désir, la soif de réussir et le rêve américain !  L’autre, celle de la fin de la deuxième guerre mondiale. Une époque terrible. Tragique. Affreusement sombre. Et pourtant, des femmes et des hommes continuent de croire, d’espérer. Tentent de survivre. Et de sauver les leurs.

 

C’est un beau roman. Un roman d’aventure. Un roman qui mêle l’histoire avec un grand H et la vie, celle des petites gens… Un roman effervescent, un peu fou, toutafé tumultueux. Un roman « populaire » bien écrit. Certains passages sont d’ailleurs d’une saveur sans égal !

 

Tout de même, j’ai trouvé cette histoire un peu longue à certains moments. Parfois un peu trop emmêlée. Trop foutraque comme dirait ma copine Noukette ! Le foisonnement d’intrigues et de rebondissements a fini par m’agacer, avant de m’entrainer encore et encore (je dois bien l’avouer, je ne l’ai pas lâché !).  Et puis les personnages qui peuplent ce livre m’ont semblé parfois trop caricaturaux, m’ont énervée, dans leurs hésitations, leurs tourments, erf ! Et la fin, punaise, fleure bon le mélodrame !

Ce n’est donc pas un coup de cœur mais j’ai aimé parcourir différentes époques, différentes histoires tout contre Marthe, Wern, Marcus, Rebecca… J’ai aimé surtout je crois cette sombre période de fin de guerre en Allemagne. Et ce combat de femme mené par Marthe. Oh oui, Marthe je l’ai aimé si vous saviez !

 

Je crois qu’il vous faut, malgré quelques bémols, le découvrir. Il vaut le coup d’œil !

 

Le dernier des nôtres, Adélaïde de Clermont-Tonnerre, Grasset, 2016.

 

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