Comme une envie de voir la mer – Anne Loyer

comme une envie de voir la merIl suffit parfois de presque rien pour que tout bascule. Juste quelques mots pour qu’un monde s’écroule, une simple phrase pour balayer d’un revers de main des certitudes qu’on pensait inébranlables…

 

16 ans que Ludivine vit dans le mensonge. 16 ans qu’elle fait la fierté de ses parents. 16 ans qu’elle ne fait pas de vagues et avance tout droit sur le chemin qu’on a choisi pour elle. Pour eux, plus que pour elle, Ludivine a tout réussi.

 

Et puis ce coup de fil. Une déflagration. Un coup de pied dans le parfait château de sable… D’abord l’incompréhension. Puis la colère… Décidée à reprendre en main cette vie qu’on lui a volée, Ludivine redevient Ludie et cherche à renouer avec l’essentiel. Peut-être que Mat pourra l’écouter. Mat et « ses gestes désordonnés, ses mots encore en enfance, ses colères soudaines, ses sourires désarmants, ses yeux innocents, ses questions lancinantes. » Mat, son grand « petit » frère… Peut-être le seul à pouvoir l’aider à tenir debout. Peut-être le seul qui pourra l’aider à réécrire son histoire…

 

C’est l’histoire d’une fuite vers l’avant pour tenter d’apaiser la colère… C’est l’histoire d’une renaissance faite de renoncements et de désillusions. C’est une histoire d’amour. Et de résilience.

Comment se reconstruire sur les ruines d’un passé qui ne nous appartient pas ? Comment pardonner le mensonge quand il prend en otage ? Avec une grande justesse, Anne Loyer prête sa voix à une héroïne qui s’apprête à écrire « une histoire bien différente de celle déjà écrite. Une histoire bien à elle. Son histoire. » Émouvant et percutant.

 

Une nouvelle pépite jeunesse que je partage avec Jérôme, comme chaque mardi ou presque…

 

L’avis de Pépita

 

Premières phrases : « C’est quand elle s’est fait appeler Ludie que tout a commencé. Ce n’était pas vraiment un prénom, Ludie. Un collage de deux syllabes, tout au plus. Pourtant elle l’aimait, cette sonorité. Elle y tenait. C’est d’ailleurs elle qui l’avait imposée dès qu’elle en avait eu le droit. Non. Ce n’est pas exactement ça. D§s qu’elle avait pris ce droit. A la hussarde. »

 

Au hasard des pages : « Comment pouvaient-ils ignorer ce qui lui arrivait ? Comment pouvaient-ils ne pas se poser la bonne question ? C’était insupportable. Il lui venait l’envie de tout faire péter. De faire voler en éclats cette vie de mensonges, ces sourires trompeurs, ces mots sournois. Elle étouffait sous leurs non-dits. Maintenant c’était fini. Elle savait et elle le montrait. D’accord, elle ne le disait pas, mais ils auraient dû s’en rendre compte : on ne déraille pas sans raison du jour au lendemain. Leur aveuglement lui faisait plus mal encore que leur silence, celui dans lequel ils l’avaient enfermée à son insu pendant seize ans. Une éternité. » (p. 42)

 

Éditions Alice (Mai 2015)

Collection Tertio

109 p.

 

Prix : 11,50 €

ISBN : 978-2-87426-262-3

 

pepites_jeunesse

10 commentaires sur “Comme une envie de voir la mer – Anne Loyer

  1. Cette histoire me semble tellement forte et pleine de sentiments vrais. Les fameuses certitudes qu’on croit inébranlables, jusqu’au jour où… Ton dernier paragraphe m’a convaincue. Une histoire de fuite, de renoncements, de résilience et d’amour. Une belle petite pépite jeunesse…
    Bonne soirée à toi Noukette

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