Depuis qu’on a déménagé – Ingrid Thobois

Depuis qu'on a dménagé

 

Avant, tout était différent. Il y avait de la vie dans la maison. Les rires de maman, les blagues de papa, les discussions à table sur tout et sur rien. Et puis il y avait Sandra.

 

Maintenant, maman est triste. Tout le temps. Elle a toujours la migraine, passe son temps à dormir, ou à faire semblant. Mais ça ne trompe personne… C’est que maman n’a plus de larmes, la douleur est trop vive…

 

Alors à la maison, il n’y a aucun bruit, sauf celui du générique du journal télévisé le soir. La seule chose qu’on ait le droit de regarder. Peut-être parce que ces douleurs là, lointaines, étrangères, ne font pas aussi mal…

 

Tout petit livre, énorme déflagration. La narratrice a 10 ans et elle a perdu sa sœur. Avec elle, tous les rires et tous les cris de joie qui résonnaient et rebondissaient sur les murs de la maison s’en sont allés. Alors ils sont partis. Dans une maison toute blanche et sans âme. Seule maman a l’air de ne jamais avoir déménagé, elle est restée là-bas, avec elle… Et les autres, ceux qui sont toujours là, tentent en vain d’exister… 

 

« Depuis qu’on a déménagé, on dirait qu’on n’a plus le droit d’être heureux. »

 

Un tout petit roman sur le deuil et la douloureuse reconstruction. Un petit roman pour dire que malgré tout la vie doit continuer. Un petit roman pour hurler qu’on est là même si ça fait mal… Poignant. Triste. Mais d’une infinie justesse. Et une jolie fin, en forme d’arc-en-ciel… Il y a décidément de beaux textes dans la littérature de jeunesse…

 

 

Une lecture que j’ai une nouvelle fois le plaisir de partager avec mon complice Jérôme…  (c’est qu’on ne se quitte plus !)

 

L’avis de Liyah

 

 

Premières phrases : « Depuis qu’on a déménagé, tout ce que j’ai le droit de regarder à la télé, c’est le journal de 20 heures avec mes parents, juste après manger. Depuis qu’on a déménagé, on dîne comme des poules, et sans trop se parler. Dans la famille, maintenant, c’est un peu comme si on avait coupé le son, alors qu’avant, papa parlait tout le temps à maman et vice versa. Et moi, je mettais mon grain de sel dans leurs conversations : une histoire d’école par-ci, une blague par-là, et des questions à la pelle. Sandra nous regardait en babillant dans sa langue à elle. Maman s’interrompait souvent pour lui dire de petits mots tout doux, la gronder ou bien lui retirer quelque chose des mains histoire d’éviter que la journée finisse mal. Ça agaçait papa parce que du coup c’était impossible d’avoir une conversation avec maman — mais ça, c’était les soirs où il était trop fatigué par le boulot. Sinon, lui non plus n’hésitait pas à laisser tomber sa discussion de grand pour parler « aux p’tites ». Et les p’tites, c’était nous. Et la plus p’tite des deux, c’était Sandra. »

 

 

Éditions Oskar (Septembre 2013)

Collection Court Métrage

38 p.

11 commentaires sur “Depuis qu’on a déménagé – Ingrid Thobois

  1. décidément, c’est une collection qui contient bien des pépites! je suis en train de lire « l’étendard collégien est levé » et j’aime beaucoup. celui dont tu parles semble plus sensible encore, mais aussi intéressant, je note! merci 😉

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