EbenEben vit en Namibie. La peau sombre, les yeux très bleus. Des yeux qui portent en eux les stigmates d’un passé qui hante le jeune garçon, dépositaire, bien malgré lui, d’une Histoire qui le dépasse…

 

La Namibie. Un peuple entier décimé au début du XXe siècle par le général von Trotha, à la tête d’une armée allemande avide et conquérante. Un génocide sans nom, méconnu et honteux, que l’on cache aux yeux de la planète entière. Une plaie béante et suintante dont on se garde bien de parler. Des milliers de morts, des tribus anéanties, hommes, femmes, enfants. Une répétition sanglante qui préfigure l’horreur de la purification ethnique nazie… 

 

Eben sait. Eben a peut-être toujours su. Dans ses yeux si bleus, une blessure secrète qui dit l’horreur des massacres. Le sceau de la honte, l’impossible oubli.

 

J’ignorais tout du massacre des Hereros par l’armée allemande. Je ne savais rien de cette page sanglante de l’histoire, considérée comme le premier génocide du XXe siècle. Un génocide de grande ampleur, planifié et organisé, visant à la complète éradication d’une ethnie : extermination sans distinction d’âge et de sexe, camps de concentration, expérimentations médicales à visée eugéniste… Ça fait froid dans le dos…

 

Il n’est guère aisé d’aborder un tel thème en littérature de jeunesse. Pourtant, comme l’auteure le fait si bien dire à Eben, « … bien sûr le passé fait mal, mais il faut parler quand même ; écrire raconter, transmettre, pour que tout le monde sache… » Indispensable devoir de mémoire, ce petit roman lève un pan du voile de silence qui occulte encore cet évènement méconnu. Effarant, écœurant, édifiant…

Elise Fontenaille-N’Diaye nous offre un récit très documenté et néanmoins empreint d’une subtile poésie. Un récit fort, écrit en une nuit, comme une urgence.

 

Une nouvelle pépite jeunesse que je partage avec Jérôme, comme chaque mardi ou presque..!

 

L’avis de Mirontaine

 

 

Premières pages : « Je m’appelle Eben. Ebenzebe en vérité -mais tout le monde m’appelle Eben. Mon nom tout entier veut dire « Pierre de mémoire », mais c’est un peu lourd à porter.

Alors Eben, je préfère, c’est plus léger.

Ebenzebe, c’est juste pour les grands jours. »

 

 

Au hasard des pages : « C’est à ça que sert l’écriture , m’a dit Isaac, ça laisse des traces. Ceux qui n’écrivent pas , après leur mort, il ne reste rien d’eux sur cette terre. Et quand on les tue : le silence des bourreaux. » (p. 30)

 

 

Éditions du Rouergue (Janvier 2015)

Collection DoAdo

57 p.

 

Prix : 8,30 €

ISBN : 978-2-8126-0742-4

 

 

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16 commentaires

cristie · 10 février 2015 à 07h25

Je vais le noter mais je ne le lirai pas tout de suite (besoin de choses un peu plus légères).
Belle journée Noukette !

    Noukette · 18 février 2015 à 22h38

    Ce n’est pas léger c’est sûr… mais c’est une pépite à lire…!

Stephie · 10 février 2015 à 07h29

Celui-ci il faudra que je te l’emprunte, tu sais pourquoi 😉

Sandrine · 10 février 2015 à 08h21

Partie de l’histoire que je ne connais pas. Terrible !

franfran · 10 février 2015 à 08h37

oh la vache … ne sais rien de cette histoire …
ton billet et les citations me donnent très envie d’aller voir de plus près ….
merci ma belle <3

luocine · 10 février 2015 à 12h30

moi non plus , je n’avais pas entendu parler de ce massacre génocidaire, pas sûre que je le fasse lire à des enfants , mais moi j’aimerais bien le lire.

    Noukette · 18 février 2015 à 22h35

    J’ai été effarée par ce que j’y ai découvert…

jerome · 10 février 2015 à 12h39

Un vrai travail de devoir de mémoire, je suis bien d’accord. J’adore cette auteure parce qu’elle parvient à mélanger fiction et éléments documentaires comme personne.

    Noukette · 18 février 2015 à 22h35

    J’adore aussi, elle m’étonne à chaque fois…!

Moka · 10 février 2015 à 22h24

Un titre très fort que je lirai sans aucun doute.

    Noukette · 18 février 2015 à 22h33

    J’espère que tu le liras, j’imagine déjà le billet que tu pourrais en faire…

ohoceane · 11 février 2015 à 20h53

Bon, je me fie à ton avis et je note ce livre dans une liste des bouquins que je réserve à mon fiston, pour découvrir la vie, le monde, ses bons et ses mauvais côtés.

    Noukette · 18 février 2015 à 22h15

    Un très bon titre de cette littérature jeunesse que j’aime… celle qui claque et fait réfléchir…

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