Frères d’exil – Kochka

kochka

« – Où allons-nous ? demande Youmi.

– Qu’importe, lui répond Janek. N’importe où sur le continent, là où la terre se tient et où on voudra bien de nous ; nous n’avons pas vraiment le choix. »

 

Il faut toute la sensibilité et la justesse de Kochka pour arriver à s’emparer d’un thème aussi délicat que celui abordé dans Frères d’exil

 

Les adultes sont inquiets, l’eau ne cesse de monter et l’île et leurs habitants sont menacés. Cette île du Pacifique qui est en train de disparaître, Nani y est née, elle y a grandi, entourée de l’amour de ses parents et de ses grands-parents. Son père a eu beau tenter de reculer l’échéance, il est obligé de se rendre à l’évidence. Ils vont devoir quitter l’île, laisser derrière eux leurs souvenirs et les jours heureux et avancer vers un avenir incertain… Les sacs à dos sont prêts mais les adieux sont douloureux, Ipa est trop vieux et ses jambes ne le portent plus, Moo restera à ses côtés…

 

Avant le grand départ, le grand-père de Nani lui fait un cadeau précieux. Des lettres qu’il a écrites rien que pour elle. Des lettres pour ne pas oublier, savoir d’où l’on vient, savoir où l’on va. Des lettres béquilles pour aider à combler les vides et comprendre son histoire. Des lettres pour faire le chemin et comprendre les lois du monde…

 

« Ça, ce sont des lettres de moi pour toi, commente Ipa. Des lettres que je t’ai écrites en avance pour quand tu en auras besoin. Des lettres à lire et à relire. Des lettres pour toute ta vie, Nani !

 

L’exode et le déracinement. Nani et sa famille n’ont d’autre choix que celui de l’exil, même si partir veut dire laisser derrière soi sa maison et des gens qu’on aime. L’avenir est entre parenthèses mais on y croit, là-bas, il y a forcément un ailleurs où construire une nouvelle vie. Un ailleurs où on saura les accueillir…

 

Une relation forte entre une petite fille et son grand-père, des lettres qui disent et rappellent l’essentiel, un chemin où les obstacles inévitables seront compensés par des belles et lumineuses rencontres, comme autant de promesses d’une autre vie. Ce petit texte est un bijou. Les lettres du grand-père à sa petite fille sont comme des phares dans la nuit, et le récit, jamais plombant, offre au contraire une belle lueur d’espoir. Un texte qui ne manquera pas de faire écho tant les problématiques qu’il aborde avec tant d’intelligence sont universelles et terriblement d’actualité…

 

Une pépite jeunesse à mettre entre toutes les mains que je partage avec Jérôme, comme chaque mardi ou presque.

 

L’avis de Mirontaine

 

« Et, une dernière chose, précise Janek : si les gens du continent peinent à nous accueillir parce qu’ils craignent nos différences ou qu’ils ont peur de partager leur espace ou leur nourriture, montrons-leur que nous avons autant à leur apporter qu’à recevoir d’eux. Montrons-leur que nous leur ressemblons. Nous arrivons démunis parce que le ciel nous a tout pris, mais nous ne sommes pas des mendiants. Nous arrivons en frères libres et dignes, riches de tout ce que nous avons vécu jusqu’ici et riches d’être encore vivants. Est-ce que nous sommes d’accord ? »

 

Éditions Flammarion jeunesse (Septembre 2016)

153 p.

Illustré par Tom Haugomat

 

Prix : 12,00 €

ISBN : 978-2-08-138953-3

 

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18 commentaires sur “Frères d’exil – Kochka

  1. La sensibilité de Kochka est parfaite pour traiter un thème comme celui-là. Et la relation entre une petite fille et son grand-père est un sujet récurrent chez cette auteure que j’adore (je me rappelle du très beau « Le grand Joseph »). Encore une jolie pépite que nous avons déniché là, chère collègue 😉

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