Ici – Robert McGuire

ici

« Personne ne connaît le mode d’emploi de la vie. Tout le monde tâtonne dans le noir. »

 

Je ne pensais pas lire cet album un jour malgré son titre prestigieux obtenu au dernier festival d’Angoulême. Pourtant le passé m’a souvent conforté dans l’idée que je faisais bien parfois de sortir de ma zone de confort. Je savais que j’allais lire un OVNI, un véritable objet littéraire, un roman graphique plus qu’original qui construit et déconstruit le temps. Je savais que j’allais au devant d’une expérience de lecture unique. Ce que je ne savais pas par contre c’est que j’allais lire un album qui ferait date dans mon aventure personnelle…

 

Ici raconte l’histoire d’un lieu. Une pièce. Un salon. Une cheminée, une fenêtre par laquelle passe la lumière du jour, une vision fugitive sur un jardin. Un salon en plan fixe qui raconte l’histoire plurielle et sans cesse en mouvement des êtres qui ont habité cette maison à travers les siècles. Des hommes et des femmes qui se croisent, vivent ensemble, s’aiment et se désaiment. Une succession de scènes quotidiennes, souvent anodines et pourtant ancrées dans une histoire dont les racines s’enfoncent profondément dans cette terre témoin de tant de matins. Dans cet espace limité, les existences se mêlent, s’emmêlent, s’entrechoquent et entrent en résonance, avant d’être éclipsées par de nouvelles vies qui seront à leur tour dissoutes dans l’oubli…

 

Quelle vertigineuse expérience de lecture..! Richard McGuire casse tous les codes de la bande dessinée et réinvente la narration. Son histoire s’étale sur des siècles, que dis-je, sur des milliards d’années, allant de l’apparition de la vie sur Terre jusqu’à un futur plus ou moins lointain. Sur chaque double page, une scène, une date, parfois même d’autres cases représentant d’autres scènes ayant eu lieu ici à une autre époque… Un patchwork étonnant qui étire le temps et lui donne une autre dimension. Les épisodes se font écho au travers des siècles, se réfléchissent, se télescopent et finissent par dessiner une fabuleuse histoire familiale… et mondiale. Et la boucle est bouclée…

 

Un grand merci à Mo’ pour ce cadeau ô combien précieux qui a désormais une place de choix dans ma bibliothèque… ♥

 

Les avis de Laure et Mo’

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Éditions Gallimard (Janvier 2015)

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Isabelle Troin

320 p.

 

Prix : 29,00 €

ISBN : 978-2-07-065244-0

 

 

BD de la semaine saumon

C’était ma BD de la semaine…

…aujourd’hui chez moi !

 

La BD de la semaine c’est aussi chez…

 

ANNIV DE KIM JON IL - C1C4.indd   une vie à écrire   déconfiture   barracuda

           Saxaoul                          Nathalie                           Maël                            Blandine

 

crime qui est le tien   7 générations   brumes de sapa   capes et de crocs

          Jérôme                         Karine                          Sabine                           Jacques

 

magasin général   princesses_aussi_vont_petit_coin_bd   culottées   groenland-manhattan

          Mylène                       Gambadou                       Caro                          Marguerite

17 commentaires sur “Ici – Robert McGuire

  1. Je suis contente d’avoir pris le « risque » (je ne trouve pas d’autres termes) de te l’offrir. Et ravie que tu aies envie de faire le « grand saut » ^^ C’est vrai que quand on feuillète l’album, l’histoire semble nébuleuse, alambiquée. Et puis tu vois, on s’installe vite dans cette maison. Je trouve ces mouvements passé-présent, et ces superpositions d’instants, fascinants.
    Il me semble que tu as lu tout ce que je t’avais offert. Contente d’avoir glissé ces albums-là entre tes mains (parce que « Jane, le renard et moi » tu avais bien aimé aussi). Je prévois une nouvelle sélection… viiite ^^ 😉 <3

  2. Oh comme j’aime le thème! Tu me donnes vraiment très envie de découvrir cette BD.
    Son procédé (me) fait fortement écho à un album de Roberto Innocenti (;-) ) appelé La Maison. Personnage principal de l’histoire, on voit ses changements sur un siècle: http://vivrelivre19.over-blog.com/2016/04/la-maison-j-patrick-lewis-et-roberto-innocenti-des-5-ans.html
    Mais comme Saxaoul, la couverture ne m’attire à présent que parce que j’ai lu ton billet.

  3. waw!! le moins que l’on puisse dire c’est que tu le vends drôlement bien! pourtant, je ne suis pas sûre d’accrocher autant… je le garde tout de même dans un coin de ma tête!

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