In bed – Lydia Frost / Kalonji

In bedManhattan, près de Central Park. Dans une chambre d’hôtel anonyme, deux corps enlacés et fiévreux. Mais les étreintes n’ont qu’un temps, très vite, les deux amants doivent se séparer pour reprendre le cours de leur vie. Fin de la parenthèse enchantée. Timing serré. Obligations familiales. Jusqu’au prochain rendez-vous, jusqu’au prochains mots doux chuchotés au creux de l’oreille.

 

Rachel et Luka vivent sur le fil, une relation en pointillés où chacun voit midi à sa porte, vivant plus ou moins bien la distance et l’interdit. Rachel a la tête sur les épaules, compartimente, fait la part des choses, prend le bon et se soucie peu du reste. Luka se pose plus de questions et culpabilise, peu à l’aise dans sa double vie.

 

L’équilibre est évidemment périlleux… L’adultère une échappatoire qui se révèle la plupart du temps sans issue. Le fait est qu’ici personne n’est jugé. L’homme, la femme, avec leurs sensibilités, leurs histoires personnelles, leurs désirs et les barrières qu’ils érigent sciemment ou non « avancent » à leur rythme. Mais qu’on vive l’histoire comme une passade ou comme une renaissance, le problème reste le même, il faut finalement choisir… et renoncer. Entre temps, la vie continue, se suspend parfois dans des petits moments de grâce bien trop fugaces jusqu’à ce que la réalité refasse surface : une femme qui veut avoir un enfant, un mari qui veut retrouver sa place, enfin.

 

J’ai voulu lire cet album suite aux billets alléchants de Jérôme et Moka. Le récit tout en finesse d’un adultère, je voulais voir ce que ça pouvait donner. Si j’ai apprécié ma lecture, je dois avouer que je suis restée sur ma faim, trouvant le récit quelque peu anecdotique et les réactions des deux amants plutôt prévisibles. Aucune réponse n’est donnée, normal, il n’y en a pas, à chacun de trouver la sienne. Je suis beaucoup plus convaincue par l’image du couple donnée par les auteurs. Rien n’est jamais acquis, tout est toujours à construire, voire même à reconstruire, jour après jour. Rien n’est plus vrai.

 

Dommage que de toutes ces belles idées ne naisse pas l’émotion. Même le graphisme très léché m’a laissée de marbre. Si j’ai aimé les scènes sensuelles sublimant les corps, je suis plus sceptique concernant les visages des personnages, souvent grimaçants ou « cartoonesques » que j’ai eu du mal à trouver beaux. Quant au noir et blanc, très classe oui, je l’ai malgré tout trouvé très froid… 

 

Avis en demi-teinte donc, même si je ne regrette pas la découverte. J’en attendais peut-être trop…

 

 

Une lecture que je partage avec grand plaisir avec ma copine Stephie.

 

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© Frost / Kalonji / Delcourt

 

 

Éditions Delcourt (Octobre 2014)

Collection Mirages

82 p.

 

Prix : 15,95 €

ISBN : 978-2-7560-4159-9

 

 

C’était ma logo BD Mango rouge !

Chez Mango et chez les autres…!

 

 

 

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by Yaneck

14/20

 

 

challengerl2014

 Challenge 5% Rentrée littéraire

chez Hérisson !

28/30

18 commentaires sur “In bed – Lydia Frost / Kalonji

  1. Justement, je pense que c’est la réflexion sur le couple que le sujet veut mettre en avant. Ne pas aller chercher ailleurs une solution que l’on doit trouver dans le couple
    Pour les dessins, moi j’ai adoré, tu le sais 😉

    • Et s’il y avait une seule solution, ça se saurait, c’est certain… Une belle découverte, malgré mon bémol, je suis ravie de l’avoir partagée avec toi ! 😉

    • Je ne m’explique pas réellement cette distance par rapport au dessin, je l’ai trouvé froid, parfois vraiment caricatural, surtout dans les visages… Du coup, j’ai eu du mal à trouver ça beau, malgré quelques belles scènes « in bed »…

  2. Je suis comme Stephie, j’ai adoré le dessin 😉
    Quant à l’histoire, il me semble que le ressenti peut être très différent si l’on est un homme ou une femme.

    • Pour une fois, nous ne somme pas totalement en phase, c’est rassurant non ? 😉
      Je ne regrette pas la découverte cela dit, je m’attendais quand même à plus d’émotion…

  3. Moi j’ai une réponse. L’adultère par essence c’est mal.
    Trahir la confiance, c’est mal.
    Qui ne veut plus de son conjoint doit avoir le courage d’aller chercher ailleurs, une fois libre.

    Mais je suis totalement rigoriste sur ces questions, je dois bien le reconnaître…

    • Tu peux l’être, même si je ne pense pas que l’album se targue de vouloir donner une quelconque leçon de morale… Après tout, toutes les histoires sont différentes, difficile de poser les « règles » dans ce cas…
      Du coup, je serai assez curieuse de lire ton avis sur cet album je dois dire…

  4. Comme Lasardine… tentée par les avis de Moka, Jerome et Stephie mais je dois dire que le tien, qui vient donner la réplique, titille ma curiosité.

  5. Ahh zut, la sauce a moins pris de ton côté.
    Je reste curieuse car les dessins me semblaient quand même sympa.
    Peut-être le lirai-je pour un des mardis c’est permis 😉

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