Jours de collège – Bernard Friot

Jours-de-college.jpgPour être honnête, ce n’est pas le livre que je voulais lire au départ pour honorer le challenge de Calypso. J’avais d’abord pensé à Jours sans faim de Delphine de Vigan ou Les derniers jours de Stefan Sweig de Laurent Seksik. Le problème est que je me suis rappelée de l’échéance bien trop tard, l’avant-veille pour être précise…
Le temps manquant, je me suis donc rabattue sur ce court recueil de nouvelles de Bernard Friot, un auteur jeunesse dont j’apprécie généralement la plume et l’humour. Je l’avais déjà lu à sa sortie et je me rappelais une certaine sensation de malaise qui ne me faisait proposer ce livre qu’aux élèves les plus âges ou du moins les mieux préparés à cette lecture. Par contre, je ne me rappelais pas de la teneur exacte de ces nouvelles…
Relecture donc, pour laquelle j’ai embarquée ma copine Stéphie qui désespérait de participer un jour à ce challenge. Pas sûre que ce soit un très bon choix…

 

Cinq nouvelles dans ce court recueil, toutes se déroulant au sein d’un collège et mettant en scène des professeurs et bien sûr des élèves. J’ai beau travailler tous les jours dans un collège, je ne me suis retrouvée en rien dans ces nouvelles, assez noires il faut bien le dire et très peu optimistes… Bien sûr, certaines dévoilent une certaine réalité de violence ou de souffrances subies bien trop souvent dans l’indifférence générale, mais bon…

 

Dans Fausse note, un professeur de musique martyrise ses élèves les plus faibles psychologiquement : brimades, insultes, intimidations, vexations, violence verbale et même physique… Personne ne semble se rendre compte de la situation, elle est même connue des élèves. Mais un élève plus faible qu’un autre ne supportera pas aussi bien que ces prédécesseurs cette violence abjecte…

Dans Marque, une bande de jeunes se met en tête de créer sa propre marque de vêtements pour se moquer de cette mode idiote qui consiste à ne porter que des fringues de grande marque sous peine d’être mis de côté…

Dans Foulard, l’amitié de Claire et de Samira est mise à mal à cause d’une histoire de foulard. Claire a beau être amie depuis l’enfance avec Samira, elle ne comprend pas la décision subite de cette dernière de porter le foulard. Son insistance a d’ailleurs déclenché son exclusion du collège. Claire se doit de réagir…

Dans Accident, Sébastien, élève de sixième légèrement en surpoids, finit par devenir le souffre douleur des autres enfants. Humilié, insulté, l’issue de cette histoire est violente…

Pour finir, dans Correspondance, la jeune Lise écrit des lettres à son professeur de Français dont elle est secrètement amoureuse. Des lettres qu’elle n’envoie jamais. Parallèlement, nous faisons connaissance avec son professeur…

 

A la relecture, cette sensation de malaise que j’avais ressentie à la première lecture est encore plus vive, à tel point que je me demande si je vais laisser ce recueil sur les étagères de mon CDI… Évidemment, tout n’est pas tout rose dans nos cours de récré, évidemment, les adultes peuvent se révéler de gros salopards… Mais est-la peine de stigmatiser à ce point une profession qui n’en a franchement pas besoin ? Bernard Friot a pourtant été longtemps été professeur lui-même… Je ressors de cette lecture très sceptique et finalement assez déçue, dommage, il y avait une belle matière de départ…

 

L’avis de Stéphie, pas convaincue non plus…

 

Les avis de Canel, Zazimuth

 

Éditions Gallimard (Septembre 2006)

Collection Scripto

125 p.

 

Un-mot-des-titresChallenge Un mot, des titres (session 7)

organisé par Calypso

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10 commentaires sur “Jours de collège – Bernard Friot

  1. J’aime bien Friot mais il est parfois très déstabilisant. Et puis pour moi, il produit trop, ce n’est jamais bon signe (un peu comme Gudule, leurs bibliographies s’allongent chaque année de façon démesurée sans que la qualité suive forcément à tous les coups).

    • Là-dessus, je suis forcée d’être d’accord avec toi… Et là, la qualité n’est pas franchement au rendez-vous !

    • Je n’irais pas jusqu’à dire que je boycotte mais là ce n’est pas l’angle que j’aurais choisi à la place de l’auteur…

    • Tiens, il faut que je jette un oeil au prochain mot ! Cela dit, tu as encore le temps de dégoter quelque chose en bibliothèque…! 😉

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