La Grande Ourse – Elsa Bordier / Sanoë

« La grande ourse a toujours été ma confidente. Celle à qui je raconte mes malheurs d’un simple regard, et qui m’apaise.

Petits, on nous dit que les morts vont au ciel. J’ai toujours eu du mal à y croire… A moins que mes proches ne souffrent d’un gros problème d’orientation, parce que mes fantômes ne sont jamais montés nulle part…

Ils vivent avec moi… et il ne se passe pas un seul jour sans que leur présence silencieuse ne se manifeste. »

 

La vie de Louise est rythmée par l’apparition de ses fantômes… Pas une seule minute sans qu’ils ne s’assoient auprès d’elle ou l’accompagnent de leur présence bienveillante. Pas une seule seconde sans qu’elle ne pense à ses proches disparus. Un son, un mot, une odeur suffisent à les réveiller. Hantée par les souvenirs, rongée par la peine, Louise s’empêche de vivre et d’être heureuse. Ceux qui tentent de l’approcher ou de l’aimer ne trouvent pas leur place et finissent par s’éloigner, la rendant à cette solitude dans laquelle elle s’enfonce par peur de perdre ceux à qui elle pourrait s’attacher…

 

Depuis son plus jeune âge Louise observe la Grande Ourse. Une présence rassurante, lointaine, capable d’apaiser ses doutes et de panser ses blessures. Et c’est une de ses étoiles, Phekda, qu’elle trouve un jour assise sur le rebord de son balcon. Sous les traits d’une petite fille joyeuse et mutine, celle ci est descendue sur terre avec une mission bien précise : l’aider à reprendre confiance en elle et lui redonner le sourire qu’elle a perdu. La réponse est en elle…

 

La collection Métamorphose est de toute beauté, c’est indéniable. Mêlant la magie du conte ou de l’album pour enfants aux possibilités graphiques offertes par la bande dessinée, ses titres proposent des voyages souvent envoutants et poétiques dans des univers à la frontière du réel. Nouvelle venue dans le monde de la bande dessinée, Sanoë y trouve assurément un écrin à sa mesure. Graphisme soigné et travaillé proche du monde du manga, on y retrouve certains codes atténués par une jolie rondeur dans le trait et une colorisation très marquée. Association parfaite donc avec le scénario de Elsa Bordier qui joue au funambule entre rêve éveillé et réalité…

 

Plein d’atouts donc. Et de mon côté, encéphalogramme plat… Aucune émotion, zéro palpitation, pas même un petit tressaillement… Est-ce dû à l’histoire et au cheminement intérieur de l’héroïne finalement assez convenus ? Est-ce lié au dessin que j’ai trouvé sans aspérités et bien trop lisse à mon goût ? Le fait est que je suis restée en dehors de cette histoire, tournant les pages en sachant pertinemment que je n’y trouverais pas ce que je cherchais : une certaine profondeur et une réflexion plus aboutie et moins attendue sur la mort et le deuil, quelques libertés ou fantaisies avec le schéma très classique du parcours initiatique de la jeune héroïne qui l’amène enfin à l’apaisement… Un avis que ne partageront sûrement pas les jeunes lecteurs à qui cet album ne peut que plaire… et c’est tant mieux !

 

Éditions Soleil (Septembre 2017)

Collection Métamorphose

92 p.

 

Prix : 17,95 €

ISBN : 978-2-302-06392-1

 

BD de la semaine saumonD’autres bulles à découvrir chez…

 

                 

                       Maël                             Saxaoul                        Blandine                        Mylène

 

 

                 

                     Jacques                        Jérôme                           Nathalie                      Amandine

 

 

                 

                     Azi Lis                                Sab                              Caro                           Soukee

 

 

                  

                  Sandrine                       Stephie                           Natiora                        Pativore

 

 

         

                               Khadie

 

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

21 commentaires sur “La Grande Ourse – Elsa Bordier / Sanoë

  1. dommage ça partait bien! pas envie de tenter l’encéphalogramme plat, alors je te fais confiance, je passe!!
    j’ai fini mes p’tites visites par ci, par là, je repasserai ce soir voir s’il y avait des retardataires
    merci pour l’accueil aujourd’hui!

  2. Je te trouve vraiment dur quand tu dis encéphalogramme. Je pense après lecture et relecture de la Grande ours, que moi ça à été le contraire on y retrouve un onirisme certain qui nous porte. Ok le scénario est bien loin d’être parfait mais cette Sanoë a un talent certain c’est indéniable, j’ai adoré ces gammes chromatique changeantes (mais quand même très bleutée) et que dire du design, justement j’ai trouvé des aspérités qui a mon sens ajoute une plus value, comme si ces aspérités reflétaient l’état d’esprit des personnages. Ça m’a fait penser à un film qui commence à dater (je me sens vieille XD) « Au delà de nos rêves » avec Robin William qui traite de thèmes similaires et que je te conseil de regarder.
    Pour résumer :
    – Une histoire cohérente qui m’a fait verser la larmichette (mais j’ai connu mieux de la part d’Elsa Bordier).
    – Des illustrations qui sont pleines d’émotions et d’une grande qualité. Je dis que cette Sanoë on a pas fini d’en entendre parler

  3. Franchement je vois trouve dur et un chouilla désabusés mais chacun a le droit à son point de vue. Malgré bien sure un thème pas des plus jovial, je trouve que l’auteur essaie d’emmener le deuil avec un traitement poétique qui ne prends pas nos petites tête blonde par la main sans forcément les prendre pour des abrutis. Quant aux illustrations, je trouve le traitement léchés et nous invitant à un voyage empreinte d’onirisme avec des personnages d’une grande diversité. Les couleurs s’adaptent fort bien au propos et le style aquarelle nous maintiens bien dans le monde fantastique doux amer. Bref je regrette pas d’en avoir fait l’acquisition.

  4. Message à tout ceux qui se fient à un avis « subjectif » (que soit dit en passant je respecte, même si mon avis diverge), montrez que votre encéphalogramme n’est pas plat, faites vous votre propre avis ^^.
    Ps: j’aime bien ton blog

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *