La peur au placard – Perrine Leblan

la peur au placard« Il y avait toujours eu ce truc, ce sentiment lové au creux de mon estomac, qui avait grandi avec moi. Cette impression d’être différente, étrangère, nulle part chez moi. »

 

Au fond d’elle, Elsa l’a toujours su, impossible de s’en défendre, impossible de se mentir. Elle est là, ancrée, cette drôle de sensation qui la hante. Impossible de nier cette évidence qui s’impose doucement, cette révélation de plus en plus difficile à combattre. Alors que faire de ces sentiments contradictoires qui s’entrechoquent ? Le dire… ou se taire…?

 

La fille du premier rang. Celle qui peuple ses rêves et la tient debout… Pourquoi cette attirance ? D’abord le malaise, l’angoisse… Puis la peur, qui colle à la peau. Celle dont on n’arrive pas à se défaire, celle qu’on déteste mais à laquelle on s’est presque habitué, même si elle arrache des crises de larmes qu’on étouffe dans l’oreiller la nuit… Elsa est terrorisée.

 

Court mais néanmoins percutant, le texte de Perrine Leblan frappe fort et marque les esprits…

Ils sont précieux ces romans qui accompagnent les adolescents dans leur difficile quête d’identité. Ils sont précieux parce qu’ils ne donnent pas de leçon, ni de solution d’ailleurs. Ils sont précieux parce qu’ils ne jugent pas, ne mentent pas. Ils apprennent à vivre avec, à mettre des mots sur les peurs, à dédramatiser les angoisses. Ils prennent par la main, l’air de rien… et c’est déjà beaucoup.

 

Alors oui, on va le glisser dans le plus de mains possibles ce petit roman. En voilà un qui mérite bien le label « pépite », n’est-ce pas Jérôme ?

 

 

Premières phrases : « Sur ma fiche de rentrée, dans la liste de mes activités préférées, entre « danse classique » et « jeux vidéo », j’avais terriblement envie de glisser : « Observer en cachette la fille du premier rang. » Mais je me disais que ça n’aurait pas intéressé la prof. Je ne l’aurais jamais écrit de toute façon, j’osais à peine me l’avouer à moi-même. »

 

Au hasard des pages : « Je n’avais jamais su si c’était juste moi ou si tout le monde se sentait comme ça. Si on était, chacun à notre façon, une pièce de puzzle mal placée dans un tableau que personne ne voit en entier. Si ce sentiment faisait partie du fait de grandir, si ça partait après, quand on devenait adulte. Si sa place, on finissait par la trouver, s’il fallait d’abord la chercher. Cette pensée me rassurait un peu, je ne voulais surtout pas être la seule à être différente. » (p. 10)

 

 

Éditions Oskar (Juin 2015)

Collection Court-métrage

77 p.

 

Prix : 7,00 €

ISBN : 979-10-214-0344-4

 

 

pepites_jeunesse

9 commentaires sur “La peur au placard – Perrine Leblan

  1. Les ados d’aujourd’hui ont la chance de pouvoir lire des livres d’auteurs qui se souviennent de leur propre adolescence. À mon époque , on nous faisait lire Madame Bovary qui elle n’a jamais réussi à trouver sa place et moi je me souviens qu’elle m’énervait au plus haut point à rêver sa vie au lieu de la vivre.

  2. Un sujet intéressant pour cette nouvelle « pépite » alors ! 🙂 Un très chouette petit livre pour un billet sympa qui donne envie de le lire. Je connais cette collection via d’autres titres et ya rien à dire ils donnent tous de beaux messages.

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