La seule façon de te parler – Cathy Ytak

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« J’ai beau me dire qu’il ne faut pas y penser, la pensée revient toujours. Je descends du car et c’est à ce moment-là que je lève la tête. Tous les matins au même endroit. Un haut-le-cœur. L’estomac qui se retourne comme une chaussette. Dès que je l’aperçois. Le collège. »

 

Tous les matins c’est la même histoire. La boule au ventre. L’envie de disparaître et de se faire oublier… Nine n’aime pas l’école. Elle n’y trouve pas sa place. En 5e avec une année de retard, elle a l’impression que personne ne comprend et n’entend son mal-être, un mal-être qu’elle même peine à expliquer… Mais il y a Ulysse, le nouvel assistant d’éducation dont elle est secrètement amoureuse. Lui, il est différent. Il l’écoute…

 

Pour se rapprocher d’Ulysse, elle tente de nouer le contact avec son jeune frère scolarisé dans le même établissement. Mais Noah est sourd. Et pour communiquer avec lui, elle va devoir apprendre la langue des signes…

 

Le nouveau roman de Cathy Ytak mérite le label « pépite »… J’ai été amenée à lire un grand nombre de romans abordant le malaise adolescent. J’aime les glisser entre les mains de mes élèves, sachant qu’ils vont s’y retrouver, un peu, beaucoup. Si certains sont anecdotiques, d’autres sortent du lot. La seule façon de te parler en fait partie… Parce que Cathy Ytak sait parler de ces gamins là. Elle sait leur parler. Avec une grande justesse et une infinie délicatesse, elle pose des mots-pansements sur les douleurs adolescentes qu’on peine bien trop souvent à cerner. Ils sont précieux ces romans-là, pour eux, pour nous, adultes « passeurs »…

 

Et puis il y a l’histoire peu commune de Nine et de Noah. Une jolie histoire qui va faire grandir l’héroïne, lui donner envie de se dépasser et de se confronter enfin à ses problèmes. En apprenant le langage des signes, Nine va découvrir un autre monde, s’ouvrir aux autres… et se révéler, enfin.

 

Une pépite jeunesse aux multiples facettes que je vais m’empresser de mettre entre toutes « mes » petites mains… et que je partage avec Jérôme comme chaque mardi ou presque…!

 

 

Premières phrases : 6h10. Le réveil sonne. J’ai mal au ventre.

Pour le petit-déjeuner, ma mère a tout essayé. Sucré, salé, sucré-salé. Ça ne change rien : c’est bloqué au niveau des mâchoires, bloqué au niveau de l’estomac. « Mais pas question que ma fille Nine quitte la maison sans avoir pris quelque chose de chaud », comme elle dit toujours.

Mal au ventre plein, top chrono pour le collège. Montée jusqu’à la mairie, attendre le car de ramassage. Déjà la moitié des calories brûlées, et toujours rien de changé. »

 

Au hasard des pages : « Un jour, il m’a demandé si j’avais toujours mal au ventre à cause du collège. Je lui ai dit que oui, mais moins qu’avant. Et lui, il m’a répondu que pour lui c’était pareil. On n’a rien ajouté, parce qu’il n’y avait rien à ajouter. Il y était pour quelque chose, et j’y étais pour quelque chose. Au collège, quand on se voit, c’est comme une bulle d’air. On s’évade, on oublie tout le reste. On est bien ensemble. »  (p. 115)

 

 

Éditions Nathan (Juillet 2015)

Collection Mes années Collège

130 p.

 

Prix : 5,50 €

ISBN : 978-2-09-255664-1

 

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6 commentaires sur “La seule façon de te parler – Cathy Ytak

  1. Du coup j’ai hâte que mes enfants soient au collège pour qu’ils le lisent. Bon et puis tu me donneras l’adresse de ton collège pour que j’y inscrive les miens parce qu’ils ont une chance folle tes collégiens d’avoir une doc’ comme toi !!!

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