L’Apothicaire – Maile Meloy

apothicaire

 

« Jane, qui a grandi à Los Angeles, vient de s’installer à Londres avec ses parents. Dans son nouveau collège, elle rencontre un garçon rebelle et fascinant, Benjamin Burrows. Elle fait aussi la connaissance du père de Benjamin, un apothicaire qui tient une échoppe près de chez elle.

Poursuivi par de redoutables espions, M. Burrows confie un grimoire à Jane et Benjamin avant de disparaître. Les deux amis deviennent à leur tour la cible de ces hommes prêts à tout pour s’emparer du mystérieux livre. Cependant, ils disposent désormais d’une arme précieuse car le grimoire recense des formules magiques qui permettent de devenir invisible, de se transformer en oiseau, ou encore de ralentir le cours du temps… »

 

Alors, je vous l’annonce tout de suite, ce roman est un gros coup de cœur pour mon lardon et pour moi. Mon nain de 11 ans a même dit « C’est le plus beau roman que j’ai jamais lu ! » (Les livres de B. Santini ne rentrant pas dans cette catégorie, parce qu’ils sont hors catégories tellement ils sont pffffiouuuu …. Mais là je m’égare !)

 

(Autre digression : vous avez vu, comme sitôt installée chez Noukette, j’incruste déjà quelqu’un d’autre, un enfant qui plus est ! Pouah !)

 

Alors un petit pitch sur cet ouvrage s’impose pour vous donner l’envie de vous plonger dans 450 pages et des brouettes !

 

1952, Janie a 14 ans. Elle vit en Californie « avec les parents les plus intelligents et les plus drôles du monde ». Ils sont scénaristes pour la télévision. La vie de Janie a un divin gout de paradis américain 😀 . Oui mais voilà en 1952, le monde, déjà bien malmené par une 2ème guerre mondiale, « est en train de changer ». Début de la chasse aux sorcières aux États-Unis, le gouvernement américain bascule dans la paranoïa… Et les parents de Janie qui croient à une vision du monde plus juste, se retrouvent dans le collimateur du gouvernement et sont soupçonnés d’avoir des liens directs avec le parti communiste. Toute la famille doit quitter d’urgence Los Angeles pour Londres.  Exil forcé qui n’emballe pas du tout notre héroïne ! D’autant que Londres en plein de mois de février, « avec ses rues grises, défoncées par les bombardements », et encore en pleine pénurie de tout, offre à Janie un vrai « spectacle de désolation », surtout  après une vie dorée en Californie ….

 

Le décor est planté ! Alors ça vous plait ? Attendez, je continue un peu ….

 

Ce changement radical ne plaît guère à la jeune fille : l’appartement minuscule, vétuste et glacial, le quartier, le collège… « Quitter Los Angeles pour Londres en 1952, c’était comme de sortir d’une superproduction en technicolor pour se retrouver dans un film en noir et blanc. » Janie souffre du mal du pays …

Dans son nouveau collège St Beden, elle doit porter un uniforme, apprendre le latin, se confronter aux autres élèves, dont certains ont un comportement pour le moins étrange…. et l’intégration dans sa nouvelle vie se fait douloureusement….

Oui, mais c’était sans compter sa rencontre avec le séduisant Benjamin Burrows, fils de l’apothicaire….

 

Bon, à partir de là,  motus et bouche cousue, croix de bois, croix de fer, je ne dis plus rien ! Si ce n’est que ce délicieux roman (à partir de 12 ans qu’ils disent mais si vos petits sont de bons lecteurs qu’ils foncent !) est absolument captivant ! Un suspense incroyable, des aventures, de la magie, une quête, des mystères, des révélations, des morts (oui, même n’ayons pas peur des mots, des meurtres !), un vieux grimoire, des espions (très, trèèèèès méchants !), de la bombe atomique,  de l’apprentissage,  des premiers émois d’adolescents, … et tout ça sous fond de guerre froide ….  Avec de très jolies illustrations en prime !

Un livre intelligent qui fait penser l’Histoire autrement, à hauteur d’enfants…

A découvrir absolument et sans modération, pour petits et grands !

 

 

Premières phrases :  » J’avais sept ans et je vivais à Los Angeles quand le Japon capitula, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, et je garde un souvenir très vif de l’explosion de joie qui s’en suivit. Mes parents m’emmenèrent voir le défilé dans Fairfax avenue, où mon père me hissa sur ses épaules tandis que des marins embrassaient des filles dans les rues. A l’école, on nous fit fabriquer de petits drapeaux américains en papier pour fêter la victoire, en nous expliquant que les forces du mal (il y en avait deux) avaient été vaincues, et qu’il n’y aurait plus jamais de guerre. »

 

 

Au hasard des pages : «  Nous n’étions décidément pas des as de la discrétion. On avait interrogé notre allié dans une maison truffée de micros, on s’était transformé en oiseau devant tous les pensionnaires de Turnbull Hall, et maintenant, en cinq minutes, on avait réussi à semer la pagaille dans le club d’échec de St Beden. […] A l’avenir, si on voulait passer inaperçus, on allait avoir besoin d’aide. »

 

 

Éditions Bayard Jeunesse – 16.90 €

Dès 12 ans

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Martine Desoille

23 commentaires sur “L’Apothicaire – Maile Meloy

    • Après réflexion, je pense qu’il faut attendre un peu, mais ça dépend je crois aussi, des références (notamment en histoire) et des facilités de lecture (c’est tout de même un sacré pavé !)

    • C’est vrai qu’il faut des références, je pense, en histoire et aussi une facilité de lecture… 12 ans, c’est le collège… Le mien est en CM2, je pense en effet, que c’est la limite … (et il marche très bien pour les adultes 😉 )

    • Et pourtant c’est une héroïne, et mon grand préfère les histoires avec du garçon comme héros, mais là, tellement bien, une fois qu’il s’est accroché (bon il lui a fallu tout de même une soixantaine de pages) il ne l’a plus lâché !

    • Ai vraiment beaucoup aimé ce livre, proposé par ma libraire pour le chroniquer et quelle découverte 😉 Ai y pris un plaisir fou et mon lardon aussi !Tu me diras …

  1. Beaucoup trop de pages pour Noukette dans ce roman mais pour moi, ce n’est pas un problème 😉
    Et ton enthousiasme est si communicatif !

    • C’est un bien chouette roman, engagé et intelligent, comme je les aime ! Je crois bien qu’il devrait te plaire 😉

  2. Encore une bien belle chronique, Framboise ! Je vais me procurer cet ouvrage en attendant que le mien soit parfaitement mûr (de lardon j’entends) !
    Merci Noukette d’héberger Framboise sur ton blog ;))

  3. J’ai adoré ce livre, j’adore les histoires d’amour et celle en est une sans l’être!
    La fin m’a beaucoup bouleversé, il est vrai que je m’attendais à quelque chose de plus romantique…
    bravo 18/20

    • pareil 😉 j’aime ces auteurs qui ne prennent pas les enfants pour des quiches et qui n’embellissent pas obligatoirement les histoires !
      merci pour ton joli mot et à bientôt j’espère …

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