Le bébé et le hérisson – Mathis

hérissonDans la famille de Jules je demande Manon, la grande sœur discrète, studieuse et corvéable à merci…

 

Dans la famille de Jules, je demande Léo, le tout petit frère qui fait trembler les murs quand il pleure..

 

Dans la famille de Jules, je demande la mère, accro à la clope et aux jeux vidéos. Et le père, vissé à la télévision une bière à la main… Tellement occupés ces deux là qu’ils n’ont pas le « temps » de donner de l’attention et de l’amour à leurs trois enfants, le petit dernier faisant les frais de leur impatience. Alors quand Léo pleure un peu trop fort et empêche ses parents de vivre en paix,  le couffin finit sur le palier. Qu’importe si la vieille voisine y trouve à redire et menace de prévenir les services sociaux…

 

Et qu’importe si c’est à Jules, comme toujours, de prendre les choses en main et de se débrouiller seul… S’il n’a pas pu sauver ce bébé hérisson écrasé sur la route, il arrivera à protéger Léo…

 

La semaine dernière à Montreuil, Jérôme est tombé en arrêt devant cette réédition du titre de Mathis jusqu’à présent indisponible. Ce n’était pas la première fois qu’il me parlait de ce fameux bébé et de ce hérisson, LA pépite par excellence, le livre qui remue tout en insufflant la petite dose d’espoir suffisante pour ne pas le refermer les larmes aux yeux. Et peut-être un de ses livres préférés toutes catégories confondues… Je comprends pourquoi… et je suis d’autant plus touchée qu’il me l’ait offert.

 

Le bébé et le hérisson symbolise à lui tout seul cette collection que j’aime tant. Le sujet est douloureux, presque tabou, et pourtant Mathis s’en empare avec toute la douceur et la délicatesse qui le caractérisent. Simplement, naturellement, sans aucune complaisance, il parle d’amour. De celui qui tient chaud et permet d’avancer. De celui qu’on quémande mais qu’on n’obtient pas. De celui qui manque et qu’on n’espère plus… Ces trois enfants se serrent les coudes, obligés de palier à l’incompétence de leurs parents… Comme quoi, on ne nait pas parent on le devient… 

Alors il faut « survivre ». Survivre sans repères et sans l’amour de parents bien trop immatures et égoïstes pour se préoccuper de quelqu’un d’autre qu’eux… Simple négligence d’adolescents attardés ou irresponsabilité criante, le résultat est le même. C’est soudés et unis que Manon, Jules et Léo pourront grandir droit et se protéger l’un l’autre…

 

Tant de choses en si peu de pages. Tant d’émotion contenue… Court et intense. On ne peut s’empêcher de quitter les trois enfants le cœur serré en leur souhaitant l’avenir le plus serein possible…

 

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Une nouvelle pépite jeunesse que je partage avec Jérôme, comme chaque mardi ou presque… Et puisque Noël approche et que cette pépite, on voudrait vraiment vous la faire découvrir, nous avons décidé de l’offrir à deux d’entre vous. Un concours express afin d’être certain que les gagnants reçoivent leur exemplaire avant le 25. Pour participer, il suffit de laisser un commentaire ici ou chez Jérôme avant jeudi midi. Nous glisserons alors tous les noms dans le même chapeau et les heureux élus n’auront plus qu’à nous donner leur adresse. Les belges, les suisses et les Dom-Tom sont évidemment les bienvenus.

 

 

L’avis de Canel

 

 

Premières phrases : « La soirée est calme. Pas d’éclat de voix et presque pas de bruit de moteur venant de l’extérieur. Il pleut et il fait froid. Chacun reste chez soi. Dans le salon, on attend l’heure du film. Papa et maman regardent la météo en buvant une bière. Manon vérifie pour la troisième fois les résultats de ses devoirs et moi je feuillette mon livre d’histoire. Soudain, Léo se met à pleurer. Il a presque cinq mois et quand il pleure, celui-là, il y va à fond. Ses cris traversent le béton des murs et le bois des portes comme si c’était du papier.

– Va dire à ton gosse de la fermer… dit papa à maman.

– Va lui dire toi-même, c’est toi l’homme ! répond maman.

Papa monte le son. Mais quand Léo pleure, c’est aussi pénible que de regarder la télé avec quelqu’un qui passe l’aspirateur dans la même pièce.

– Manon ! grogne papa.

De mauvaise grâce, ma sœur s’en va bercer Léo. »

 

Au hasard des pages : « Et puis j’atterris lorsque je le vois sur la route, juste à l’entrée du parc. Aplati. Écrabouillé sur l’asphalte. L’imprudent petit hérisson. Je m’approche et un sentiment de tristesse m’envahit;

– Tu pouvais pas faire attention ? je lui dis. Tu savais pas qu’avant de traverser il faut d’abord regarder à gauche, puis à droite ? Pourquoi personne n’apprend aux hérissons à traverser la route ? Tout le monde s’en fout ou quoi ? » (p. 29)

 

 

Éditions Thierry Magnier (Septembre 2015)

Première édition Avril 2008

Collection Petite Poche

46 p.

 

Prix : 3,90 €

ISBN : 978-2-36474-740-1

 

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EDIT du 17/12

Après tirage au sort ce midi, voici le nom du futur heureux propriétaire d’un bébé et d’un hérisson, j’ai nommé ManU

 

tirage_manu

 

Pour connaître le nom de l’heureux(se) élu(e) chez Jérôme, c’est par ici

 

pepites_jeunesse

32 commentaires sur “Le bébé et le hérisson – Mathis

  1. Sur le papier je ne me serais pas attardée sur ce titre mais vu votre enthousiasme à tous les deux, je ne peux pas passer à côté. Comme Stephie je tente ma chance et sinon j’irai me l’acheter, vous m’avez convaincue.

  2. Ouaiiiiiiiiiis un bijou pour Noel à partager avec ses nains ! j’aime, je joue, et pareil que Stéphie, si je gagne pas, ben je l’achèterai, vous donnez bien trop envie !
    bisous copine et merciiiiiiii à tous les 2 <3

  3. Ti m’as émue, Noukette (encore une fois d’ailleurs) Et si, en plus, ce livre est une pépite pour Jérôme ET pour toi, je craque… et je tente ma chance!
    Merci!

  4. Ce n’est pas seulement parce qu’il y a un hérisson que j’ai envie de le lire (surtout qu’il fini mal à priori), mais franchement tous les deux, quand vous mettez en avant des pépites, on ne peut pas s’empêcher de les lire 🙂 Merci de nous le faire gagner en tout cas 🙂

  5. Ca me fait penser à la fratrie des Morlevent dans « Oh, boy ! ». Ou la fratrie des Baudelaire.
    C’est noté Noukette ! même si je dois ressembler à un lapin myxomatosé à la fin du livre.

  6. Quel malheur pour ces enfants d’être mis au monde par des parents de cet acabit! Les mômes se débrouillent comme ils peuvent, supportent leur situation tant bien que mal, mais ils risquent d’en pâtir plus tard, quand ils seront adultes.
    L’enthousiasme de Noukette est contagieux, sa présentation donne envie de lire le bouquin en entier. Merci de cette trouvaille.

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