Le miroir brisé – Jonathan Coe / Chiara Coccorese

C_Le-miroir-brise_633Les vacances se terminent, c’est le retour à la réalité pour Claire. Un quotidien morose et monotone, des parents accaparés par des soucis qui la dépassent qui lui accordent peu de temps. La jeune file a l’habitude d’être seule et un peu livrée à elle-même. Un petit tour dans le jardin, un trou dans la clôture et là voilà tout près de la décharge, un endroit jonché de détritus et d’objets en tous genres.

 

Et un jour, au beau milieu de ce tas d’immondices… un éclat. Celui produit par un morceau de miroir brisé, un miroir aux bords acérés à la forme d’une étoile. Un simple coup d’œil suffit à Claire pour se rendre compte qu’elle vient de faire une découverte exceptionnelle. Au lieu de refléter la réalité, le miroir lui renvoie une réalité déformée, embellie, rêvée. Dans le ciel grisâtre tourbillonnent des oiseaux fabuleux, sa maison devient un château somptueux tout droit sorti d’un conte de fées et dans sa chambre ravissante avec vue sur la mer son doudou fétiche s’est changé en tigre majestueux…

 

Je n’avais encore jamais lu Jonathan Coe. Et c’est par son tout premier roman à destination des plus jeunes que je pars à sa découverte. Un roman aux allures de conte moderne qui sort du lot, un roman au charme rétro qui relie de bien belle façon le monde des rêves et la triste réalité. Le miroir « magique », prisme déformant, permet à Claire de voir le monde tel qu’elle aimerait qu’il soit. Un monde rempli de couleurs, de joie, de féerie. Puis Claire grandit. Si son miroir continue de la suivre partout, il lui propose une réalité plus « probable », moins fantasmée : un physique moins ingrat, des parents qui continuent de s’aimer, un amoureux qui la voit enfin…

 

Le miroir brisé est un bien joli roman qui se dévoile petit à petit. Un conte aux multiples facettes qui parle de la difficulté de grandir, de la facilité à se réfugier dans ses rêves pour échapper à une réalité peu satisfaisante… quitte à s’y perdre parfois. Mais les rêves font du bien, ils aident à grandir, quoi qu’on en dise, à accepter un monde peut-être injuste et laid mais qu’on peut faire évoluer, peut-être, à condition de le vouloir très fort… Et finalement, ce miroir montre peut-être le monde tel qu’il devrait être, tout simplement.

 

En bonus, les superbes illustrations complètement fantasmagoriques de l’italienne Chiara Coccorese qui collent à merveille à ce monde à la frontière du rêve imaginé par l’auteur.

 

Un roman inattendu aux faux airs de conte de fées que Jonathan Coe considère comme « l’un de (ses) livres les plus politiques ». Et une très belle découverte que je partage avec Jérôme dans le cadre de notre petit rendez-vous « pépites jeunesse »…

 

 

Les avis de Anne et Fantasia

 

 

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Premières phrases : « Claire avait huit ans quand elle découvrit le miroir. Il pleuvait, ce jour-là. Pas une pluie battante, non, mais une pluie d’été, tiède, avec de grosses gouttes par-ci par-là, qui tombaient d’un ciel terne, gris ardoise. C’étaient les derniers jours des grandes vacances, et le temps venait tout juste de changer. Ils avaient eu de la chance, cette année ; le soleil avait brillé presque sans interruption pendant les deux semaines où ils étaient partis. Comme d’habitude, les parents de Claire avaient pris leurs vacances au pays de Galles, dans une petite maison qu’ils louaient, à quelques kilomètres de la mer. Ils étaient allés à la plage tous les jours et, pendant une courte période, Claire avait oublié la solitude qui l’habitait en permanence. »

 

Au hasard des pages : « Comment était-il possible que ce qu’elle voyait si nettement ne soit pas réel ? Comment se faisait-il que le miroir reflète des choses deux fois plus passionnantes et cent fois plus magiques que le quotidien prosaïque qui l’entourait de toutes pars ? Elle n’y comprenait rien. Tout ce qu’elle savait, c’est que le hasard venait de lui offrir un cadeau hors du commun, qui allait sûrement changer sa vie. » (p. 33)

 

Éditions Gallimard jeunesse (Février 2014)

112 p.

23 commentaires sur “Le miroir brisé – Jonathan Coe / Chiara Coccorese

  1. Oh bah ça alors !!! Je ne savais pas que Jonathan Coe avait écrit pour la jeunesse… Les illustrations font vieillottes… Si le texte en est le reflet (ou l’inverse), ça ne me tente guère.

  2. L’illustratrice a l’air de s’être beaucoup amusée! Jérôme m’a déjà convaincue… Je vais encore être dans l’obligation de faire une suggestion à ma médiathèque! 😉

  3. Tiens donc, voilà que Jonathan Coe s’intéresse à la jeunesse.
    J’en étais resté à son « testament » (le titre exact m’échappe mais il y déroule une vision assez sévère et engagée de son pays dans les années 90).
    Bon à savoir en tout cas !

  4. Je n’ai pas encore lu Jonathan Coe non plus, ce n’est pourtant pas faute d’en avoir dans ma bibli ^_^

    Déjà noté suite à l’avis de Jérôme, les illustrations sont tops – convaincue je suis 🙂

  5. Encore ne jolie découverte qui change un peu de nos lectures habituelles je trouve. Et puis je ne pouvais pas ne pas découvrir le 1er roman jeunesse de cet auteur.

  6. me le commande fissa fissa ! te raconterai …
    merci merci pour cette joie découverte …
    t’embrasse fort ma copine et à vite

  7. Haaaaaa je l’avais vu il y a quelques semaines sur Amazon, j’ai cru que c’était un vieux titre que j’avais loupé, il me tente beaucoup je crois savoir ce que je vais faire de mon chèque cadeau.

  8. Je l’ai noté chez Jérôme et je le remote chez toi…je plussoie Violette, Jérôme disait une dizaine d’années, mais le langage me paraît très soutenu non ? (le terme de « prosaïque » me fait dire cela)

    • Non, je pense que c’est un roman qu’on peut lire en fin d’élémentaire début de collège. Mon fils est un peu trop jeune mais je le met de côté pour lui ! 😉

  9. Un auteur sur lequel je devrais aussi me pencher. Par contre, j’ai vraiment du mal à me diriger vers les romans destinés aux plus jeunes. Il me faut donc trouver le titre idéal !

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