Le travailleur de la nuit – Matz / Chemineau

J’ai toujours aimé qu’on me raconte des histoires et je dois avouer que j’ai été servie avec celle d’Alexandre Jacob dont j’ignorais totalement l’existence. Impossible de ne pas plonger dans le récit de sa vie mouvementée qui dessine en creux le portrait d’un homme atypique, charismatique, révolté et engagé. Un homme au destin fascinant qui aurait fortement inspiré Maurice Leblanc pour son Arsène Lupin, gentleman cambrioleur au grand cœur. Possible oui.

 

Le verbe haut, les idées claires, un profond désir de liberté et des valeurs humanistes chevillées au corps, Alexandre Jacob n’entend pas entrer dans un cadre ou se conformer à des règles édictées par un monde de nantis qui n’a rien à lui offrir. Symbole malgré lui d’une société qui peine et récolte difficilement le fruit de ses efforts, il se fait le porte drapeau de tous ceux qu’on n’écoute pas face aux « ennemis du peuple ». Une lutte silencieuse qui s’exprimera dans une carrière criminelle qui défrayera la chronique au début du XXe siècle. Expert en cambriolage, il créera le gang de Travailleurs de la nuit et prendra soin de signer tous ses méfaits d’une carte manuscrite à l’attention de ses victimes qu’il dépouille de leurs biens pour en redistribuer une partie aux plus démunis. Un engagement et une voie de traverse qui lui vaudra la prison et même le bagne…

 

Passionnant et romanesque comme j’aime ! Alexandre Jacob a l’aisance, le culot et l’effronterie des idéalistes tout en gardant ses pieds solidement ancrés dans le sol. Intéressant de voir son engagement et ses convictions se forger au fil des années depuis son plus jeune âge. Fascinante cette envie d’ailleurs et de meilleur qui finira par forger sa conviction d’un monde presque aussi laid que ceux qui le dirigent. Compréhensible aussi sa décision de s’engager dans une voie de traverse, plus dangereuse certes, mais sûrement plus enthousiasmante.

Insoumis, fidèle à ses principes et à ses idéaux, Alexandre Jacob est à lui seul le symbole de toute une époque, de l’or en barre pour un scénariste comme Matz qui s’en donne à cœur joie. Quant au dessin de Léonard Chemineau, il est impeccable. Réaliste et coloré, il fait merveille pour rendre l’ambiance de l’époque. Le tout est porté par une narration à la première personne qui nous rend le personnage on ne peut plus attachant.

 

Une biographie romancée qui offre forcément une vision subjective et parcellaire du destin hors-normes de ce bandit qui l’est tout autant. Un destin dont se sont également emparés Vincent et Gaël Henry dans cet autre album sur la vie d’Alexandre Jacob paru chez Sarbacane, Alexandre Jacob, journal d’un anarchiste cambrioleur. Curieuse je suis…!

 

Les avis de Jérôme, Mylène, Soukee, Mo’, Stephie, Yv

 

Éditions Rue de Sèvres (Avril 2017)

124 p.

 

Prix : 18,00 €

ISBN : 978-2-36981-273-9

 

BD de la semaine saumon

… chez Stephie

 

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18 commentaires sur “Le travailleur de la nuit – Matz / Chemineau

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