L’enfer au collège – Arthur Ténor

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Gaspard rentre en 6ème dans un nouveau collège suite au divorce de ses parents. Il va falloir se réhabituer à un nouveau rythme, se faire de nouveaux copains, se créer un petit monde…

Parce qu’il a l’air gentil, timide, un peu paumé et qu’il a tout du premier de la classe, Anthony le choisit. Pas pour s’en faire un copain, non, pour en faire son souffre-douleur…

Au départ, Anthony a juste envie de s’amuser mais Gaspard devient vite sa tête de turc. De mauvaises blagues pour commencer, et puis, petit à petit, la vie de Gaspard devient un véritable enfer. Brimades, menaces, moqueries, humiliations, intimidation, violence et méchanceté gratuite… la liste est longue et il semble n’y avoir aucune limite à l’acharnement d’Anthony…

 

Un roman très fort sur un sujet qui sera malheureusement toujours d’actualité. Ici, l’auteur aborde le sujet du harcèlement à l’école d’une manière que j’ai trouvé plutôt originale : d’un côté le point de vue du « bourreau » qui répond aux questions d’un adulte qui l’interroge sur ses actes, de l’autre, le vécu de la victime par le biais d’un narrateur externe… Une construction qui a le mérite de décortiquer tous les mécanismes du harcèlement, de montrer comment une situation tristement banale peut vite tourner au drame. Chapitre après chapitre, le lecteur pénètre à la fois dans l’esprit d’Anthony et dans celui de Gaspard, c’est à la fois édifiant et saisissant… 

Et la fin alors ? Certains lecteurs adultes la jugent trop « happy end », trop convenue… Peut-être… Reste que ce court roman peut facilement être proposé aux plus jeunes et permettre d’ouvrir le débat. Le mot de l’auteur et le témoignage de cette maman en fin d’ouvrage permettent d’ailleurs de contrebalancer ce côté un peu trop « rose » en évoquant une réalité bien plus dure…

Un roman à mettre entre toutes les mains !

 

Les avis de Fantasia, Liyah, Laure, Enna, A l’ombre du grand arbre,

 

Premières phrases : « L’entretien se déroulait dans une pièce dont les rideaux à lamelles étaient baissés, rendant ainsi l’atmosphère plus intimiste. Dehors, il faisait un temps radieux. Dedans, une chaleur à peine supportable. Assis sur une chaise devant le bureau, un adolescent fixait le dos du porte-photos dressé près du poste téléphonique noir. Il avait le visage résolument fermé, et s’il se tordait les doigts, c’était plus sûrement de colère que d’anxiété. »

 

Au hasard des pages : « Gaspard dormait de plus en plus mal. Mais le plus difficile pour lui était de combattre ces nausées qui désormais l’assaillaient systématiquement à l’approche du collège. Sa mère avait remarqué son changement d’attitude, l’avait questionné et lui avait même fait prendre sa température… Il finit par réussir à lui faire croire que ses petites indispositions étaient seulement liées aux horaires du collège, auxquels il avait un peu de mal à s’habituer. Et il lui avait juré qu’il était super content et que ça passerait vite. » (p. 39)

 

Éditions Milan (Septembre 2012)

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12 commentaires sur “L’enfer au collège – Arthur Ténor

  1. L’happy end est importante je crois pour le jeune lecteur, finir le roman sur une note dramatique aurait été pour beaucoup insupportable il me semble.

    Je vais le proposer demain au comité de lecture du prix des jeunes lecteurs de l’Oise. Avoir dans la sélection l’année prochaine Le Yark et L’enfer au collège, c’est un grand un écart comme je les aime. Et puis ça aurait de la gueule, non ? 

    • Si tu l’accompagnes dans cette lecture pourquoi pas…? La discussion qui s’en suivra risque d’être interessante…

  2. Bonjour,

    Pardon de m’immiscer dans la conversation. C’est juste pour indiquer, qu’à mon avis, il n’y a pas à craindre qu’un jeune lecteur de 6ème soit trop durement ébranlé par cette lecture. D’après le recul dont je dispose (je rencontre des classes régulièrement et nous parlons souvent de ce livre) il suscite davantage la réflexion, et le dialogue, que la peur. Et il a même permi d’engager des échanges très positifs, voire davantage, notamment entre parents et enfants qui connaissent de près ou de loin ce type de situation. Bien sûr, étant l’auteur, je suis sans doute suspect de subjectivité, mais c’est avec sincérité que je crois pouvoir rassurer sur  » l’effet  » de ce récit, même sur des enfants sensibles (et heureusement ! Il me peinerait qui en soit autrement).

    Et merci pour la proposition au prix de l’Oise. Croisons les doigts !

    Arthur Ténor

    • Tout d’abord un grand merci de votre passage ici ! Je suis bien d’accord avec vous, cette lecture ne doit pas effrayer, elle doit au contraire permettre la reflexion et le dialogue… Un roman édifiant et très juste que je me réjouis de mettre sur la route de mes collégiens très bientôt…

    • Personnellement, le « happy end » ne m’a pas du tout gênée…! J’avoue avoir même été soulagée…! Merci pour le lien…!

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