l-enfer-au-college-tenor.jpg

Gaspard rentre en 6ème dans un nouveau collège suite au divorce de ses parents. Il va falloir se réhabituer à un nouveau rythme, se faire de nouveaux copains, se créer un petit monde…

Parce qu’il a l’air gentil, timide, un peu paumé et qu’il a tout du premier de la classe, Anthony le choisit. Pas pour s’en faire un copain, non, pour en faire son souffre-douleur…

Au départ, Anthony a juste envie de s’amuser mais Gaspard devient vite sa tête de turc. De mauvaises blagues pour commencer, et puis, petit à petit, la vie de Gaspard devient un véritable enfer. Brimades, menaces, moqueries, humiliations, intimidation, violence et méchanceté gratuite… la liste est longue et il semble n’y avoir aucune limite à l’acharnement d’Anthony…

 

Un roman très fort sur un sujet qui sera malheureusement toujours d’actualité. Ici, l’auteur aborde le sujet du harcèlement à l’école d’une manière que j’ai trouvé plutôt originale : d’un côté le point de vue du « bourreau » qui répond aux questions d’un adulte qui l’interroge sur ses actes, de l’autre, le vécu de la victime par le biais d’un narrateur externe… Une construction qui a le mérite de décortiquer tous les mécanismes du harcèlement, de montrer comment une situation tristement banale peut vite tourner au drame. Chapitre après chapitre, le lecteur pénètre à la fois dans l’esprit d’Anthony et dans celui de Gaspard, c’est à la fois édifiant et saisissant… 

Et la fin alors ? Certains lecteurs adultes la jugent trop « happy end », trop convenue… Peut-être… Reste que ce court roman peut facilement être proposé aux plus jeunes et permettre d’ouvrir le débat. Le mot de l’auteur et le témoignage de cette maman en fin d’ouvrage permettent d’ailleurs de contrebalancer ce côté un peu trop « rose » en évoquant une réalité bien plus dure…

Un roman à mettre entre toutes les mains !

 

Les avis de Fantasia, Liyah, Laure, Enna, A l’ombre du grand arbre,

 

Premières phrases : « L’entretien se déroulait dans une pièce dont les rideaux à lamelles étaient baissés, rendant ainsi l’atmosphère plus intimiste. Dehors, il faisait un temps radieux. Dedans, une chaleur à peine supportable. Assis sur une chaise devant le bureau, un adolescent fixait le dos du porte-photos dressé près du poste téléphonique noir. Il avait le visage résolument fermé, et s’il se tordait les doigts, c’était plus sûrement de colère que d’anxiété. »

 

Au hasard des pages : « Gaspard dormait de plus en plus mal. Mais le plus difficile pour lui était de combattre ces nausées qui désormais l’assaillaient systématiquement à l’approche du collège. Sa mère avait remarqué son changement d’attitude, l’avait questionné et lui avait même fait prendre sa température… Il finit par réussir à lui faire croire que ses petites indispositions étaient seulement liées aux horaires du collège, auxquels il avait un peu de mal à s’habituer. Et il lui avait juré qu’il était super content et que ça passerait vite. » (p. 39)

 

Éditions Milan (Septembre 2012)

importorigin:http://aliasnoukette.over-blog.com/article-l-enfer-au-college-arthur-tenor-116900199.html

Catégories : Littérature jeunesse

23 commentaires

Commentaire n°1 posté par jerome · 9 avril 2013 à 07h23

L’happy end est importante je crois pour le jeune lecteur, finir le roman sur une note dramatique aurait été pour beaucoup insupportable il me semble.

Je vais le proposer demain au comité de lecture du prix des jeunes lecteurs de l’Oise. Avoir dans la sélection l’année prochaine Le Yark et L’enfer au collège, c’est un grand un écart comme je les aime. Et puis ça aurait de la gueule, non ? 

    Noukette · 10 avril 2013 à 23h44

    Oui, une bien belle sélection que tu nous as concocté là…! 😉

Commentaire n°2 posté par Jazz13 · 9 avril 2013 à 08h55

Un livre fort, que j’ai beaucoup aimé également !

    Noukette · 10 avril 2013 à 23h44

    Un excellent titre, Tenor est très fort !

Commentaire n°3 posté par Isa tout simplement ... · 9 avril 2013 à 09h37

un livre qui devrait m’intéresser et en même temps probablement exacerber mes inquiétudes de maman … 

    Noukette · 10 avril 2013 à 23h45

    C’est vrai qu’on ne peut qu’avoir des sueurs froides en tant que maman… Moi même je dois dire…

Commentaire n°4 posté par L'Irrégulière · 9 avril 2013 à 12h31

Pas pour moi… j’évite ce genre de thèmes…

    Noukette · 10 avril 2013 à 23h48

    Je peux comprendre… C’est pourtant une lecture electrochoc nécessaire…!

Commentaire n°5 posté par lasardine · 9 avril 2013 à 13h56

j’ai aimé ma première expérience avec Arthur Ténor (enfin, on se comprend!!), et je voulais poursuivre, justement… je pense que ce titre me plairait!!

tu penses que je peux le faire lire à ma future sixième?

    Noukette · 10 avril 2013 à 23h49

    Si tu l’accompagnes dans cette lecture pourquoi pas…? La discussion qui s’en suivra risque d’être interessante…

Commentaire n°6 posté par Arthur Ténor · 9 avril 2013 à 22h26

Bonjour,

Pardon de m’immiscer dans la conversation. C’est juste pour indiquer, qu’à mon avis, il n’y a pas à craindre qu’un jeune lecteur de 6ème soit trop durement ébranlé par cette lecture. D’après le recul dont je dispose (je rencontre des classes régulièrement et nous parlons souvent de ce livre) il suscite davantage la réflexion, et le dialogue, que la peur. Et il a même permi d’engager des échanges très positifs, voire davantage, notamment entre parents et enfants qui connaissent de près ou de loin ce type de situation. Bien sûr, étant l’auteur, je suis sans doute suspect de subjectivité, mais c’est avec sincérité que je crois pouvoir rassurer sur  » l’effet  » de ce récit, même sur des enfants sensibles (et heureusement ! Il me peinerait qui en soit autrement).

Et merci pour la proposition au prix de l’Oise. Croisons les doigts !

Arthur Ténor

    Noukette · 10 avril 2013 à 23h53

    Tout d’abord un grand merci de votre passage ici ! Je suis bien d’accord avec vous, cette lecture ne doit pas effrayer, elle doit au contraire permettre la reflexion et le dialogue… Un roman édifiant et très juste que je me réjouis de mettre sur la route de mes collégiens très bientôt…

Commentaire n°7 posté par Arthur Ténor · 9 avril 2013 à 22h30

A propos du happy end, je vous invite à lire l’échange auquel j’ai participé et où j’explique mon intention dans ce roman. C’est à cette adresse : http://jeunesse.lille3.free.fr/article.php3?id_article=1854

    Noukette · 10 avril 2013 à 23h54

    Personnellement, le « happy end » ne m’a pas du tout gênée…! J’avoue avoir même été soulagée…! Merci pour le lien…!

Commentaire n°8 posté par Margotte · 10 avril 2013 à 17h09

Je note ce titre !

    Noukette · 10 avril 2013 à 23h58

    Très bonne initiative ! 😉

Commentaire n°9 posté par clara · 15 avril 2013 à 15h36

Un livre qui devrait être présent dans les biblios des écoles…

    Noukette · 15 avril 2013 à 23h56

    … et que je vais m’empresser de faire lire à mes petits collégiens…

Commentaire n°10 posté par Philippe D · 23 avril 2013 à 21h31

Un auteur jeunesse que je dois encore découvrir. Je crois qu’il a un certain succès.

Bonne fin de soirée. 

    Noukette · 7 mai 2013 à 23h51

    Arthur Tenor est un très bon auteur jeunesse, qui excelle dans des genres très différents en plus !

Commentaire n°11 posté par louise · 24 avril 2013 à 10h28

Merci pour cette critique de livre. Je vais l’acheter ou attendre qu’il soit en bibliothèque pour l’emprunter !

    Noukette · 7 mai 2013 à 23h56

    Je ne peux que vous encourager ! 😉

L’enfer au collège | Les lectures de Caro · 25 octobre 2013 à 07h09

[…] en parle sur les blogs : Alias Noukette, Les jardins d’Hélène, Rocambolivresque, Les riches heures de Fantasia, Le blog de la […]

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *