Les enfants du Titanic – Elisabeth Navratil

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Vous n’avez pas pu passer à côté…

A l’occasion du centenaire du naufrage du célèbre paquebot jugé insubmersible, on reparle en ce moment beaucoup du Titanic : notre beau Léo au visage poupin revient se noyer en 3D, des documentaires fleurissent sur vos chaînes télé et des livres font leur apparition sur les tables de vos libraires préférés… Soit dit en passant, les documentaires destinés aux plus jeunes que j’ai pu feuilleter sont extrêmement bien fichus, on s’y croirait !

Les enfants du Titanic est un peu à part dans toute cette production. Le livre a en effet été publié pour la première fois en 1982, j’en possède d’ailleurs un exemplaire complètement défraîchi parce que beaucoup lu sur les étagères de mon CDI…

Cette édition revue et augmentée tombe à point nommé, le petit cahier photos constitué d’images d’archives que l’on trouve au centre de l’ouvrage est un vrai plus. Pour la plupart, ce sont en effet des photos personnelles appartenant à l’auteure, qui n’est autre que la fille d’un des rescapés de cette tragédie… 

 

« Alors, c’est vrai que le bateau peut couler ? »

murmure une petite voix près de son oreille

C’est Lolo qui s’est glissé contre lui.

« Oui, Lolo, répond Stead.

Un bateau qui ne peut pas couler, ça n’existe que dans les contes de fées »

 

 

Le 10 avril 1912, Michel Navratil embarque à bord du Titanic accompagné de ses deux jeunes enfants, Michel, surnommé Lolo, 4 ans, et le jeune Edmond, dit Monmon, 2 ans. Tous deux sont ébahis bien qu’un peu effrayés à la vue de ce gigantesque paquebot. Le père lui, n’est pas vraiment rassuré… Non pas qu’il pense réellement à la possibilité d’un accident, non… mais il a enlevé ses enfants à leur mère Marcelle dont il est séparé et c’est sous une fausse identité qu’il monte à bord. Muni d’un passeport « emprunté », Michel est bien décidé à refaire sa vie en Amérique en emmenant ses enfants loin de leur mère et de son influence néfaste… Adieu Nice, bonjour l’Amérique !

Très vite, les enfants font du paquebot un gigantesque terrain de jeu et c’est au travers de leurs yeux que le lecteur va partir à la découverte de ce monstre des mers… On apprendra par exemple qu’il y avait une bibliothèque luxueuse sur le paquebot, remplie de canapés moelleux, de chaises et de fauteuils tapissés de cuir, de tables de correspondance… où l’on pouvait lire le quotidien imprimé par la White Star Line, l’Atlantic Daily Bulletin. On apprendra également qu’il y avait à bord une Renault 1911, un des modèles les plus récents et les plus luxueux de l’époque. On ira faire un tour au bord de la piscine, on ira flâner au coeur du jardin de Palmes, transpirer à la salle de sport, papoter dans le boudoir réservé aux femmes et espionner dans le fumoir pour les hommes… On ira même au coeur de la salle des machines explorer les entrailles de la bête… Une bien agréable et instructive promenade… jusqu’à l’impensable…

 

Évidemment, pas de suspense dans ce « docu-fiction » très bien construit ce qui n’empêche pas Elisabeth Navratil de réussir à merveille à plonger le lecteur en plein coeur de la tragédie. Dans la première partie, elle s’attache à présenter les différents protagonistes de l’histoire, tous ayant bien sûr existé. Les notes en bas de page sont à ce titre extrêmement précieuses puisqu’elles apportent des compléments d’informations très détaillés sur les différents voyageurs, la construction du paquebot, ainsi que divers chiffres souvent très étonnants. L’auteure s’est incroyablement bien documenté, elle a bien sûr puisé dans les souvenirs de son père rescapé du drame ainsi que dans les témoignages d’autres passagers chanceux, mais elle a également réunit une documentation conséquente pour se rapprocher au mieux de la réalité de la nuit du naufrage. Pari réussi ! Le récit même habilement réalité et fiction, on s’y croirait ! On tremble pour ces enfants montés à bord sous une fausse identité qui vont perdre leur père dans la tragédie et devenir « les enfants du Titanic« , personnellement, je n’ai pu m’empêcher de me mettre dans la peau de leur mère qui ignorait leur présence sur le paquebot…

 

Un grand merci à Cécile et aux éditions Hachette pour l’envoi !

 

Les avis de Emma et d’Ori

 

Premières phrases : « Dans la rue fourmillante d’agitation qui conduit, parmi les entrepôts du port de Southampton, au quai d’embarquement sur le Titanic, un homme de trente et un ans, mine grave, nez droit, teint pâle, les yeux cernés, grandes moustaches frisées au fer, élégant, se fraie un chemin. C’est Michel Navratil. Il porte un petit garçon sur les épaules et tient par la main un gamin minuscule. Il vient de débarquer du premier train spécial en provenance de Londres et fixe avec une attention passionnée l’horizon proche, barré de noir, de blanc et de beige. »

 

Au hasard des pages : « Michel Navratil reste quelques instants silencieux. Stead, paisiblement, tire de grandes bouffées de sa pipe dont le tabac de Virginie embaume. Michel s’étonne de le voir envisager aussi paisiblement une catastrophe imminente. Mais s’il dit vrai, il faut se préparer à une telle éventualité, prévoir comment se sauver, lui-même et les enfants. Les images défilent en quelques secondes dans l’esprit de Michel : la foule se battant pour accéder au nombre insuffisant de canots, la panique qu en résulte. Non, pourquoi penser à cela ? Stead exagère les risques de naufrage, on ne met pas en jeu la vie de deux mille deux cent vingt-deux personnes pour arriver quelques heures plus tôt ! » (p. 132 p.)

 

Éditions Hachette Jeunesse (Février 2012)

352 p.

importorigin:http://aliasnoukette.over-blog.com/article-les-enfants-du-titanic-elisabeth-navratil-103304287.html

6 commentaires sur “Les enfants du Titanic – Elisabeth Navratil

    • Ce genre de catastrophe, tous les drames humaisn qui en découlent, c’est un formidable matériau pour de la fiction…

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