L’odeur des garçons affamés – Frederik Peeters / Loo Hui Phang

L.10EBBN002384.N001_LodGarAff_C_FR1872, au lendemain de la guerre de Sécession.  L’Ouest et ses grands espaces. Des terres sauvages à perte de vue. Des terres inexploitées que l’homme blanc compte bien conquérir et s’approprier au plus vite tant les richesses qu’elles recèlent sont inestimables…

 

Au cœur de cet eldorado inespéré, une petite expédition venue en éclaireur étudier ce nouvel espace et les peuples autochtones qui l’occupent. Du moins pour l’instant… Bientôt, une nouvelle civilisation naîtra sur les restes des peuples indiens voués à rapidement être décimés par les colonisateurs…

 

Première étape, cartographier, photographier les lieux et faire l’inventaire des natifs. C’est l’objectif de l’ingénieur Stingley bien décidé à trouver le lieu idéal pour réaliser son rêve de civilisation parfaite. Financé par une mystérieuse organisation privée, il arpente la région carnet de notes et de croquis en mains. A ses côtés, le photographe Irlandais Oscar Forrest, dandy au passé trouble, et le jeune Milton, corvéable à merci. Des motivations variées pour ces trois hommes qui n’ont rien en commun si ce n’est quelques secrets inavouables qu’ils préfèrent garder enterrés. Ils devront pourtant faire face à des esprits insaisissables, des Comanches déterminés à défendre leurs terres, un chasseur de primes tenace et des désirs difficiles à étouffer…

 

Un titre volontairement provocateur pour un western étonnant qui surfe sur les codes du genre tout en les triturant dans tous les sens, tout pour me plaire ! D’emblée, les différents personnages interpellent. A première vue caricaturaux, ils apparaissent très vite dans toute leur ambiguïté, leur mesquinerie et leurs failles. Profondément égoïstes, lâches, astucieux et malins, ils se révèlent très vite gouvernés par leurs envies et leurs désirs irrépressibles. Humains, trop humains… 

 

Troublant, L’odeur des garçons affamés met à nue les relations humaines dans toute leur complexité. Au dessin, Frederik Peeters se surpasse, magnifiant les grands espaces tout en arrivant à souligner les zones d’ombres de personnages des plus ambivalents. Des images fortes, une incursion aussi fascinante que déroutante dans un fantastique échevelé, une nature sublimée, une magnifique histoire d’amour, le western dépoussiéré par Peeters et Hui Phang a un petit côté dépravé et extrêmement actuel qui me réjouit. Du très bon !

 

 

Jacques en parle aussi aujourd’hui

 

A découvrir : Le blog de Loo Hui Phang – Le tumblr de Frederik Peeters

 

 

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Éditions Casterman (Mars 2016)

112 p.

 

Prix : 18,95 €

ISBN : 978-2-203-09717-9

 

 

BD de la semaine saumon

C’était ma BD de la semaine…

…aujourd’hui chez Stephie

20 commentaires sur “L’odeur des garçons affamés – Frederik Peeters / Loo Hui Phang

  1. Un de mes titres préférés de ma chronique vidéo spécial westerns… Cool que tu aimes autant, tu en parles très bien 🙂 Original, sensuel et plaisir des yeux, cet album !

  2. Je n’aime pas les westerns et peu de BD dans cet esprit trouvent grâce à mes yeux. Ton enthousiasme pourrait me faire changer d’avis… ^^

  3. Mazette, ta chronique donne envie ! J’aime beaucoup Frederick Peeters, et suis curieuse de le voir illustrer un western. Le titre est accrocheur, énigmatique. J’irai bien à ce rendez-vous avec l’étrange…

  4. Hou Hou, bon je reviens pas sur la BD tu l’as super bien portée, je veux te féliciter pour ton idée de visionneuse qui conclue intelligemment ta chronique, GENIAL… @ Bientôt, Grybouille.

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