Mains tendues…

Deux livres essentiels pour dire l’exode et le déracinement…

Deux mains tendues vers l’autre, cet autre qui nous ressemble, cet autre qui pourrait être « nous »…

Deux livres pour réaffirmer des valeurs fortes d’accueil et de solidarité à l’égard de ceux qu’on surnomme les migrants sans vraiment les connaître…

Parce que partir n’est jamais un choix, parce que fuir est toujours un crève-cœur autant qu’une prise de risque, parce que l’avenir, plus que jamais, se retrouve entre parenthèses…

 

bateau papierUn petit livre de 16 pages à la splendide couverture de Marjorie Béal qui regroupe deux courtes histoires présentées tête bêche… Un livre publié par quatre éditeurs jeunesse indépendants – Ane Bâté Éditions, Balivernes Éditions, Éditions du Jasmin et Philomèle Éditions — associés au sein du collectif Bateau de papier.

Un livre dont tous les bénéfices seront reversés à l’association Singa France venant en aide aux réfugiés. 5 000 premiers exemplaires ont été distribués gratuitement par les libraires depuis fin septembre. Les bénéfices issus de la vente des 5 000 suivants reviendront eux à l’association Singa France.

 

Et les deux histoires frappent fort… Dans « L’enfant qui voulait boire la mer » de Chantal Péninon, une petite fille s’interroge sur une photo entraperçue à la télévision. Celle d’un petit garçon semblant dormir la tête dans l’eau, « la bouche tout près des vagues »… 

 

« Parce que, même quand on est petit,

on peut pas décider de dormir la tête dans l’eau.

C’est pas possible,

on sait bien qu’on va être tout mouillé.

Et dormir tout mouillé c’est pas terrible.

C’est mon papa et ma maman qui m’ont dit qu’il dormait.

Moi je croyais qu’il était mort. »

 

Dans « Mama mam’ba » de Magali Turquin, un jeune Africain mort caché sous l’aile d’un avion adresse un poème posthume poignant à sa mère…

 

« Mama mam’ba,

Ma petite mère triste,

Dans ton boubou coloré

Tu portes la vie qui m’a quitté

Un jour d’été en bout de piste. »

 

♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦

eux-c-est-nous

 

En écho, la voix unique de Daniel Pennac, argumentée, poétique, intelligente…  conjuguée aux dessins expressifs de Serge Bloch.

Et les explications simples et parlantes de Jessie Magana et Carole Saturno qui proposent 8 textes courts à partir des lettres du mot R.É.F.U.G.I.É.S.

 

R comme Réfugié, É comme Étranger, F comme Frontière, U comme Urgence, G comme Guerre, I comme Immigration, É comme Économie, S comme Solidarité…

 

Plus de 40 éditeurs jeunesse pour un message de bienvenue et des revenus intégralement reversés à la Cimade

 

 

Deux initiatives à soutenir et à relayer le plus possible. Peut-être une goutte d’eau dans la mer mais qu’importe… Ce sont des textes qui résonnent longtemps, qui interrogent. Simplement humains. Résolument indispensables. Parce qu’il ne faudrait pas oublier l’essentiel… Parce que derrière les mots de la peur se cache une réalité, celle de la vie des réfugiés, la vraie, loin des idées reçues et des amalgames si faciles à ingérer…

 

♦ A lire, en résonance, Bienvenue ! 34 auteurs pour les réfugiés, publié chez Points, dont les bénéfices seront reversés au Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR)

♦ Et encore et toujoursLes échoués de Pascal Manoukian…

 

 

L’enfant qui voulait boire la mer – Chantal Péninon / Mama mam’ba / Magali Turquin

Collectif Bateau de papier (Septembre 2015), 1,50 €

 

Eux, c’est nous – Daniel Pennac / Jessie Magana / Carole Saturno / Serge Bloch

Les éditeurs jeunesse avec les réfugiés (Novembre 2015), 3,00 €

13 commentaires sur “Mains tendues…

  1. Je comprends le drame des migrants, d’autant mieux que je suis moi-même un ancien migrant, qui a accosté dans ces rivages, fuyant une dictature, après un périple long et dangereux.
    J’admire et félicite chaleureusement les auteurs qui reversent leurs droits pour venir en aide aux hommes, femmes et enfants qui bravent le danger à la recherche d’une terre d’accueil où ils espèrent vivre en paix.

  2. je crois que c’est la première fois que je pleure en lisant une chronique livre… Beaucoup d’émotion, et de douceur pourtant, dans ces petits livres. Je crois qu’ils pourraient tout autant s’adresser à des adultes en ce moment.
    merci pour cette découverte, éprouvante et émouvante.

  3. J’aime l’idée que le monde littéraire se mobilise ! Je viens d’ailleurs d’acheter « bienvenue ! 34 auteurs pour les réfugiés ». Des livres à mettre entre toutes les mains pour faire reculer les discours de haine…

  4. Rho punaise …rien que les 2 extraits ça pique les yeux (l’enfant qui dort dans l’eau punaise….)!! Ce sont deux très belles initiatives , et un peu de solidarité en ce moment, c’est limite punk.
    C’est noté évidemment

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