Mauvais genre – Chloé Cruchaudet

mauvais-genre

 

1911. Quand Louise Landy et Paul Grappe se rencontrent, c’est le coup de foudre. Très amoureux, ils se marient dans la précipitation avant le départ de Paul pour son service militaire. La jeune recrue se fait remarquer et est vite nommée caporal.

 

Quand la première guerre mondiale éclate, Paul se retrouve donc en première ligne. Pour échapper à l’enfer des tranchées et retrouver sa belle, il est prêt à tout, y compris à s’automutiler. Pourtant, après 6 mois passés à l’infirmerie, il va falloir retourner au front…

 

Impensable. Paul a bien l’intention de décider seul de la suite de sa vie. Et sa vie, il ne la voit pas finir au fond d’une tranchée. Paul déserte…

 

Planqué par Louise dans un petit hôtel miteux, Paul s’ennuie, passe ses journées au lit et ressasse des idées noires. Un soir, pour prendre l’air et aller se chercher lui même la bouteille de vin que sa femme lui refuse, il enfile une robe, rase sa moustache et sort. La liberté, enfin…! La voilà l’idée pour passer incognito, se travestir en femme. Avec l’aide de Louise, Paul devient donc Suzanne…

 

 

Bluffant !! Le matériau de base sur lequel Chloé Cruchaudet a travaillé est déjà en soi exceptionnel. Car l’incroyable histoire de Paul et Louise est basée sur un fait divers qui avait à l’époque défrayé la chronique. Histoire à la fin tragique, évidemment…

Étonnant fait divers. Celui d’un homme qui, pendant dix ans, va se travestir en femme pour échapper à la police. Dix ans à attendre que les déserteurs soient amnistiés. Dix ans, c’est énorme quand on y réfléchit, impensable même. Et pourtant. Paul va devenir Suzanne, d’abord par défi et par rage de vivre. Mais très vite, la machine va s’emballer. Paul/Suzanne devient la coqueluche de tous ceux qui l’approchent, à commencer par ses petites collègues de l’atelier de couture dans lequel Louise le fait engager. Suzanne fascine, elle est drôle, séductrice, elle ose tout, quitte à faire de l’ombre à une Louise qui a bien du mal à accepter la soudaine popularité de son mari…

Très vite, Paul se prend au jeu… et ne joue plus du tout. Il ne devient pas Suzanne, il EST Suzanne. De jour comme de nuit. Aux yeux de tous… et dans l’intimité de la chambre où il garde la nuisette pour se coucher auprès de Louise. Des nuits qu’il va finir par passer au bois de Boulogne où il fera des rencontres qui bouleverseront profondément sa vie et mettront en péril son couple…

 

 

Mauvais genre est une totale réussite ! D’un point de vue graphique, la maitrise de Chloé Cruchaudet est impressionnante. Si j’avais déjà pu apprécier le talent de l’auteure avec son premier album Groenland Manhattan, je dois avouer qu’avec Mauvais genre elle m’épate totalement ! Tout est splendide, la mise en couleurs, les ambiances choisies, la précision et l’élégance du trait. Élégance du trait qu’on retrouve dans la façon qu’a l’auteure de représenter la féminité de ses personnages, y compris celle de Paul. Coupes à la garçonne, looks androgynes, tenues vestimentaires, tout y est.

Que vous dire…? J’ai tout aimé dans cet album, tout ! En un mot, indispensable ! Fascinante, sensuelle, tragique, Mauvais genre risque bien de devenir très vite un incontournable de la BD, c’est en tous cas tout le mal que je lui souhaite !

 

Un coup de coeur que j’ai l’immense joie de partager avec Jérôme, Mo’, Moka, Marion et Lunch, que du beau monde !

 

Le blog de l’auteure

 

Mauvais genre-1

© Cruchaudet / Delcourt

 

 

Éditions Delcourt (Septembre 2013)

Collection Mirages

160 p.

 

C’était ma logo BD Mango rouge !

Chez Mango et chez les autres !

 

topbd_2013.jpg

 

by Yaneck

19,5/20

42 commentaires sur “Mauvais genre – Chloé Cruchaudet

  1. Une totale réussite, c’est ça. J’ai adoré et puis quelques explications de texte de ta part m’ont permis de mieux appréhender l’histoire, merci^^

  2. réservée ce matin à la biblio (elle est sortie une heure avant que j’arrive et la dame a pas voulu me dire qui l’avait empruntée de peur que j’aille moi même la chercher !lol!!)

  3. Ouah, je suis tentée ! Et en plus, je l’ai feuilleté hier à la librairie ! J’attends juste un peu que mon portefeuille me donne son OK et je file le chercher

  4. « Groenland Manhattan » m’a déjà bien plu. Je suis sûre que celui-ci me plaira tout autant, si ce n’est plus car la période m’intéresse beaucoup. Cette histoire est tout simplement incroyable, on n’oserait pas l’imaginer en fiction de crainte de ne pas être crédible. Il existe un documentaire sur cette histoire, dont l’auteur s’est inspirée, je pense.

    • Tu verras, on est vraiment très loin du style de Groenland Manhattan…, je le trouve pour ma part bien plus abouti !
      Sinon, tu as raison, l’auteure s’est bien inspiré d’un livre sur l’histoire de ce couple atypique… Et la réalité dépasse vraiment la fiction !

  5. Pingback: Mauvais genre |

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>