Quatorze personnes entassées dans un bateau gonflable prévu pour six. Il fait nuit noire, le froid s’insinue sous les vêtements, et Ebo et son grand frère Kwame tentent de garder espoir. Ebo, lui, n’aurait pas dû être là…

 

Dix-neuf mois plus tôt, il vivait encore dans son village au Niger. Sa sœur, Sisi, était déjà partie depuis plusieurs mois tenter sa chance à Londres. Depuis, elle n’avait plus donné de ses nouvelles. Et voilà que son frère disparaissait à son tour. A 12 ans, Ebo n’avait pas tardé à prendre sa décision… Il partirait à leur recherche. Seul mais déterminé, prêt à prendre tous les risques pour un voyage dont l’issue était plus qu’incertaine…

 

Et la route sera longue… Le Sahara et ses pièges, l’inhospitalité des rues de Tripoli, la traversée à hauts risques de la mer Méditerranée à bord d’une embarcation de fortune, l’arrivée dans un centre de réfugiés en Italie… Un seul espoir guide les pas d’Ebo, retrouver les siens et démarrer enfin une nouvelle vie.

 

Un roman graphique d’une grande sensibilité pour dire l’exode et le déracinement. L’histoire tragique de tous ceux qui font le douloureux choix de l’exil pour échapper à l’arbitraire, fuir la pauvreté, la guerre, la torture ou la barbarie. Quitte à mettre son avenir entre parenthèses. Dans les yeux d’Ebo, une furieuse rage de vivre, une détermination inébranlable et l’incompréhension aussi, face à ces actes qui n’ont souvent rien d’humain…  Dans les chants d’Ebo, la promesse d’un Ailleurs meilleur, l’espoir des retrouvailles et ce réflexe de survie, chevillé au corps…

 

Si le lecteur sait plus ou moins à quoi s’attendre en suivant les pas d’Ebo, il faut reconnaitre que le procédé narratif choisi par les deux scénaristes est intelligent. Deux récits alternent et se font écho. Au « présent », la traversée de l’océan des deux frères enfin réunis, au « passé », la traversée du désert du jeune Ebo parti rejoindre Kwame. Dix-neuf mois séparent ces deux époques. Dix-neuf mois que le lecteur va revivre grâce aux souvenirs d’Ebo.

 

Pour pouvoir imaginer le destin d’Ebo, les deux auteurs se sont inspirés d’un ensemble de faits réels, de témoignages, de faits d’actualité. Un récit grave et terriblement d’actualité sublimé par le dessin et la mise en couleurs de Giovanni Rigano. Un trait doux, rond et d’une grande lisibilité qui accompagne les jeunes lecteurs de manière intelligente sans jamais édulcorer le propos.

 

Vous l’aurez compris, Migrant est un très beau roman graphique à mettre d’urgence entre toutes les mains…

Éditions Hachette Comics (Octobre 2017)

144 p.

 

Traduit de l’anglais par Pascal Bataillard

Prix : 17,95 €

ISBN : 978-2-01-290553-5

 

 

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28 commentaires

Mo · 13 décembre 2017 à 05h08

Voilà un album qui semble nécessaire…
Au niveau du lectorat, à partir de quel âge à ton avis peut-on lire « Migrant » ?

    framboise · 13 décembre 2017 à 10h12

    Pareil que Mo 😉 Est ce pour les minots aussi cette BD ?
    (évidemment g noté hein ?!
    Bisous mes copines <3)

      Saxaoul · 13 décembre 2017 à 19h50

      Moi aussi, même question. Je travaille sur le sujet en 4ème. Est-ce que cette BD est abordable à ce niveau là?

Fanny · 13 décembre 2017 à 06h20

Typiquement le thème qui me plait!

Sandrine · 13 décembre 2017 à 07h22

Je reviens au rendez vous BD avec http://promenadesetmeditations.blogspot.fr/2017/12/le-loup-en-slip-se-les-gele-mechamment.html
Je viens vous lire cet après-midi.

Blandine · 13 décembre 2017 à 07h36

Ce thème m’attriste beaucoup mais cette lecture me semble nécessaire.

Mylene · 13 décembre 2017 à 08h14

je suis hyper tentée (et puis le sujet est important) ! merci pour la découverte 🙂

keisha · 13 décembre 2017 à 09h07

Je ne connaissais pas cette BD, mais elle m’intéresse (le sujet)

Khadie · 13 décembre 2017 à 11h16

Magnifique. Je me la note pour ma prochaine commande CDI ! Merci !

Mes échappées livresques · 13 décembre 2017 à 12h16

Très tentée par le thème! merci pour la découverte!

syl. · 13 décembre 2017 à 12h41

La planche que tu présentes est très belle.
C’est noté.

Jerome · 13 décembre 2017 à 13h19

Colfer est un auteur jeunesse que j’aime beaucoup. Me reste plus qu’à découvrir ses talents de scénariste de BD. Un jour peut-être…

Laeti · 13 décembre 2017 à 13h36

Difficile de passer son chemin avec un sujet pareil! Je note!

L'étagère imaginaire · 13 décembre 2017 à 15h16

Merci pour la découverte. Ca me tente bien si je mets la main dessus. Illustrer sur des pages le concret dont on n’apprend souvent que des bribes ou la fin à la radio est une action nécessaire. J’espère que l’album marchera bien.

Faelys · 13 décembre 2017 à 16h18

Pareil que Jérôme, j’aime beaucoup l’auteur, et ça suffisait déjà pour me convaincre. Ton billet est très contagieux aussi. Mais en plus le sujet me semble important (on va travailler avec mes zélèves sur la thématique réfugiés et migrants du point de vue du déracinement et du français comme langue étrangère). pour tout ça je note, en rouge !!

sabine · 13 décembre 2017 à 17h23

Tout à fait le type de roman graphique que j’aime! Il me lefaut absolument ! Merci pour ce beau billet.

Antigone · 13 décembre 2017 à 18h09

Un thème pas évident du tout… Je feuilleterai 😉

gambadou · 13 décembre 2017 à 20h47

J’attends ta réponse sur l’âge du lectorat

Alex-Mot-à-Mots · 15 décembre 2017 à 12h03

Une lecture qui m’a l’air essentielle.

Natiora · 15 décembre 2017 à 14h53

Comment ne pas avoir envie de lire cet album ? Je le note, c’est évident.

Sandrion · 15 décembre 2017 à 22h00

Oui je l’ai lu ! il fait partie d’une sélection de 7 BD et romans pour un prix inter établissements par chez moi, 3e/ Seconde. Mes élèves de seconde ont bcp aimé. A mon avis, en 4e on peut le lire. Mon fils de 11 ans l’a lu et aimé aussi 🙂

Nathalie · 17 décembre 2017 à 19h08

C’est l’auteur d’Artemis Fowl ? Je note pour ma collègue qui s’occupe des bd jeunesse, le thème est intéressant et toujours tristement d’actualité.

Folavril · 19 décembre 2017 à 12h46

Un roman graphique qui me plairait beaucoup ! Merci pour la découverte. Une bonne idée d’achat pour un CDI de collège…

Yve · 19 décembre 2017 à 13h25

C’est bien que la BD s’empare aussi de ce thème difficile. revoir aussi le film La pirogue, excellent

Violette · 20 décembre 2017 à 20h39

je vais la distribuer autour de moi alors… des migrants sont arrivés dans mon village et, j’ose à peine l’écrire, certains habitants parlent d’installer des clôtures électrifiées autour de leur maison!!!

Moka · 29 décembre 2017 à 15h22

Un thème qui me parle vraiment… Je note, évidemment !

Géraldine · 30 décembre 2017 à 11h32

Le genre d’album dont je suis friande. Je note !

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