Concours Kokeshi

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Kawaï !!!!

 

Un p’tit concours Kokeshi ça vous dit ?

Précipitez-vous chez ma copine Stephie qui a la brillante idée

de faire gagner des lots Kokeshi très « cute » et très « girly » !

Des petites merveilles de chez Milan Jeunesse,

de beaux albums à offrir ou à s’offrir d’ailleurs !

 

Kokeshi1.jpg  Kokeshi2.gif

 

Pour ça, rien de plus facile, rendez-vous ICI

3 petites questions super simples,

un jeu d’enfant !

 

Et puisque Stéphie a de nombreux fans,

hop, un petit tour sur sa page Facebook,

ben oui, faut bien assumer sa célébrité ! 😉

 

J’en profite pour dire à Stéphie que je suis jalouse de son porte-clés Kokeshi…

En plus, j’ai vu que Petite Noisette en avait un aussi…

Bref, je tenais juste à rappeler que c’est bientôt Noël…

A bon entendeur ! 😉

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Les Demeurées – Jeanne Benameur

DemeuréesDécidément, j’aime beaucoup Jeanne Benameur et je pense que je vais poursuivre ma découverte de cette auteure en me procurant au plus vite ses autres titres ! Après Laver les ombres qui m’avait charmé, j’ai donc décidé de lire ce tout petit livre qui fait grand bruit sur la blogosphère : un titre percutant, une très belle couverture qui donnent envie d’en savoir plus…

 

Dans ce petit village dont on ne connaît pas le nom vivent une mère et sa fille, seules, isolées, recluses volontaires. Loin des gens, du bruit et de la fureur du monde. Tout le monde les connaît pourtant, La Varienne, c’est un peu l’idiote du village, la « demeurée » dont tout le monde se moque. Elle vit dans son monde, où chaque chose a sa place, où elle refait tous les jours les gestes du quotidien, sans y penser.. Une vie de silence avec pour seuls repères les murs de sa maison et Luce, sa fille. Luce entend les mots qu’on jette à sa mère, « abrutie », et quelque chose s’est brisé en elle. Unies comme jamais, rien ne les relie pourtant au monde qui les entoure, elles se comprennent sans se parler, dorment dans le même lit. Luce tous les jours guette le regard de sa mère, traque l’étincelle, en vain. Pourtant, il y en a de l’amour entre ces deux là, un amour qu’on ne peut dire, qu’on ne peut détruire non plus.

Mais le monde extérieur est une menace quotidienne, et La Varienne va devoir laisser Luce partir tous les jours pour l’école, ce petit monde où on apprend, où on parle, où on grandit, ce monde si différent de celui qu’elles se sont bâti à deux. Le jour de la première rentrée scolaire de Luce est une déchirure, vécu comme un arrachement par La Varienne, seule et démunie. Mademoiselle Solange, l’institutrice, pétrie de bonne volonté et de désir de sortir l’enfant de ce monde d’ignorance dans lequel elle vit, est le grain de sable qui vient se loger dans les rouages fragiles et délicats de la relation exclusive et fusionnelle de la mère et de sa fille. La petite fille refuse les mots, refuse d’apprendre. D »instinct, elle comprend la douleur et la peur de sa mère, ne veut pas s’éloigner d’elle. Mademoiselle Solange cherche à comprendre, refuse d’abandonner Luce à ce monde de silence et d’ignorance dans lequel elle semble avoir choisi de vivre elle aussi…

 

Quel beau livre ! Ce texte très court est un condensé d’émotions, les mots y on une force incroyable, c’est magnifique ! Jeanne Benameur nous livre une histoire poignante, les mots coulent, les phrases claquent, quatre-vingt pages de poésie pure, tout en pudeur, un subtil mélange d’intensité et de douceur. On est ébahis devant la force de cet amour qui se passe de mots, la puissance de ces échanges sans paroles, tout est ressenti, presque primaire, instinctif. La Varienne est un personnage fascinant, elle ne parle pas, elle ressent dans sa chair, elle s’affole, elle protège sa petite comme le ferait un animal avec son petit. De son côté, Luce évolue malgré tout, tiraillée entre l’amour pour sa mère, la peine qu’elle veut lui épargner, et sa soif d’apprendre qu’on devine malgré tout. Les mots lui font peur mais ont un certain attrait sur elle. Et il y a l’institutrice, complètement passionnée par son métier pour qui Luce est un défi. Mais peut-on instruire quelqu’un contre son gré ? Solange est bousculée dans ses principes mais va réussir à dépasser ses a-priori. Et pour couronner le tout, une fin belle et triste, comme je les aime, avec juste ce qu’il faut d’espoir et de portes ouvertes… J’ai refermé le livre bouleversée et pourtant j’en redemande !

 

Les avis unanimes de Stéphie, Lancellau, Leiloona, Sylvie, A propos des livres, Moka, Clara, Malice

 

Premières phrases : « Des mots charriés dans les veines. Les sons se hissent, trébuchent, tombent derrière la lèvre. Abrutie. Les eaux usées glissent du seau, éclaboussent. La conscience est pauvre. La main s’essuie au tablier de toile grossière. Abrutie. Les mots n’ont pas lieu d’être. Ils sont. »

 

Au hasard des pages : « A nouveau, sa mère est là. Elle chasse très loin l’image de sa bouche marmonnante qui ne sait pas répondre haut et clair aux paroles de la maîtresse. Elle chasse toute la journée. Elle n’apprendra rien. Rien et rien. Elle restera toujours avec sa Varienne.Toujours. Et des larmes coulent qu’elle n’essuie pas pour ne pas la réveiller, elle qui semble endormie sitôt couchée. Aucune ne dort. Cette nuit-là l’obscurité les gagne. Il y a dans le monde des amours qui ne reflètent rien, des amours opaques. Jamais l’abandon ne trouverait de mot pour guider leur coeur. Derrières leurs paupières closes, leurs yeux sont grands ouverts, ne cherchent rien. Ni route ni chemin ne parviennent jusqu’à elles. Elles sont égarées dans le présent du grand lit, immobiles. Aucune image, aucune pensée, ne les mènent jusqu’à demain. Toutes entières présentes, comme tombées de si haut que leur poids s’est multiplié jusqu’au vertige. Trop lourdes pour la vie. Abruties, demeurées dans la nuit. » (p. 24-25)

 

Editions Gallimard (Juin 2002)

Collection Folio

80 p.

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La guerre des livres – Alain Grousset

La guerre des livresVoilà longtemps que ce petit livre fait partie de mes envies de lecture. D’abord parce que j’adore cet auteur jeunesse, ensuite parce que c’est de la science-fiction et aussi parce son titre m’intrigue… Mais ce qui a surtout motivé ma lecture ce sont les citations distillées tous les jeudis pour l’opération de Chiffonnette par miss Hérisson… Pas un jeudi sans une phrase tirée de ce livre, et forcément, des citations qui parlent de l’amour des livres ! Nous avons donc décidé d’en faire une lecture commune.

 

La galaxie est en guerre. Shadi a 17 ans et il est pilote de la Sécession. A la suite d’un combat, il est forcé de se poser en catastrophe sur la planète Libel qui fait partie de la Confédération impériale. Il n’a pas d’autre alternative : pour échapper à ses poursuivants, il va devoir s’y cacher. Mais Libel n’est pas une planète comme les autres : à l’heure du tout numérique, elle est devenue la dernière bibliothèque de l’univers, elle regroupe tous les documents, tous les manuscrits, tous les ouvrages  dont on ne sait que faire, en tout plus de 200 milliards de documents en provenance de toutes les planètes de la Confédération. Shadi est recueilli par Angus, le maître-conservateur des lieux qui le fait passer pour son neveu alors qu’il n’a jamais eu aucun doute sur son identité. Le jeune homme découvre alors un univers qui lui était totalement inconnu, celui du livre : sa texture particulière, le bruit des pages qu’on tourne, son odeur aussi…  Il en oublierait presque qu’il est activement recherché. Sur Libel, il fera la connaissance de Basilio, le bouquiniste mais aussi de Thaïs, la fille d’Orfel, le maître-conservateur de la bibliothèque personnelle de l’empereur. Un évènement inattendu va alors changer le cours des choses : l’empereur en personne débarque sur Libel. Sa fille est en danger de mort et seule une plante très rare, l’Emerantia, peut la sauver. Pour retrouver cette plante, il faut à tout prix mettre la main sur le texte ancien qui en fait mention…

 

Ce roman remplit parfaitement son contrat : l’intrigue est bien menée, sans temps mort et parfaitement accessible aux lecteurs les plus jeunes qui s’identifieront sans mal aux héros de l’histoire, Shadi et Thaïs. En somme, c’est un roman idéal pour découvrir le genre : quelques combats aériens (heureusement pour moi il n’y en a pas trop !) des gadgets technologiques, un complot, un brin de romance, une quête qui est aussi une course contre la montre, tous les ingrédients sont réunis pour faire passer un bon moment de lecture. Et qui ne rêverait pas de se promener dans des allées interminables de la Bibliothèque des Mondes ? J’ai particulièrement apprécié le personnage d’Angus, mais aussi celui du bouquiniste, un doux rêveur qui voue une passion sans bornes aux livres, collectionneur amoureux dont la boutique est un vrai fouillis.

Voilà donc un livre à mettre entre les mains de tous nos accros à l’écran : un véritable éloge à la lecture, à l’objet-livre, accentué par la mise en exergue au début de chaque chapitre de citations d’auteurs célèbres (pas sûr que les ados s’y attardent mais moi j’ai adoré !).

 

Je file voir l’avis de Hérisson ! A lire également les avis de Emmyne, Clarabel, Petite Noisette, Faelys.

 

Premières phrases : « D’un mouvement d’épaules, Shadi cala, une fois de plus, son corps élancé dans le siège baquet de son vaisseau-chasseur. »

 

Au hasard des pages : « Les yeux du bouquiniste pétillaient de malice. Shadi sourit. Il adorait cet homme qui semblait avoir trouvé la méthode consistant à mettre un maximum de livres dans un minimum de place. Dans sa boutique, il ne subsistait que le strict espace nécessaire pour se déplacer. Et encore, il ne fallait pas être trop gros ! Dans ce fouillis, ces piles de livres, Shadi s’était aperçu que Basilio connaissait parfaitement l’endroit où se trouvait chacun des ouvrages qui composaient son magasin. Lorsqu’un client demandait une oeuvre précise, Basilio mettait la main dessus en un temps record. (…) Les collectionneurs souhaitent rassembler, posséder autre chose que des données numériques. Ils veulent caresser leurs trouvailles, les contempler, les palper, les soupeser, les classer. Certes, il y a plusieurs sortes de collectionneurs. Ceux qui entassent les livres sans les lire mais qui les sauvent ainsi de la destruction, car tous les livres ne sont pas sur Libel et, chaque jour, des millions sont détruits à travers les mondes de la Confédération impériale. Il y a ceux qui ne désirent que des livres impeccables, sans éraflure, sans corne. Ils considèrent les livres comme des reliques et n’y touchent qu’avec des gants blancs. D’autres moins méticuleux se fichent complètement de l’état du livre ; ils ne recherchent que le contenu, toujours avec l’espoir d’y découvrir une rareté, une information oubliée. J’ai même connu, il ya fort longtemps, un écrivain qui rachetait ses livres, ne supportant plus que ceux-ci traînent sur des étagères poussiéreuses des marchands, ricana à s’étouffer le vieux libraire. » (p. 44-45)

 

Éditions Gallimard Jeunesse (Janvier 2009)

Collection Hors-Piste

141 pages

Illustrations de Manchu

 

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Le jeudi, c’est citation ! (13)

Jeudi citation

 

« Fils aînés de l’antiquité, les Français, Romains par le génie, sont Grecs par le caractère. Inquiets et volages dans le bonheur, constants et invincibles dans l’adversité ; formés pour les arts, civilisés jusqu’à l’excès durant le calme de l’Etat ; grossiers et sauvages dans les troubles politiques, flottant comme des vaisseaux sans lest au gré des passions (…) ; vains, railleurs, ambitieux, à la fois routiniers, et novateurs, méprisant tout ce qui n’est pas eux ; individuellement les plus aimables des hommes, en corps les plus désagréables de tous ; charmants dans leur propre pays, insupportables chez l’étranger… »

 

Si c’est Chateaubriand qui le dit…!

 

Sur une idée de Chiffonnette !

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Tag auteurs

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Un tag qu’on croise partout en ce moment sur les blogs et qui est arrivé chez moi grâce à HérissonDounzzz et Val

Le principe me direz-vous ? Lister en moins de 15 minutes les 15 auteurs qui nous ont marqué, ceux qui nous viennent à l’esprit spontanément, ceux qu’on aime, tout simplement !

Alors, top chrono, c’est parti ! En vrac et dans le désordre… :

 

1- Albert Cohen

(Pour Belle du Seigneur, évidemment, une claque…!)

 

2- Jane Austen

(Je crois que j’ai tout lu, en VO dans le texte bien sûr.. J’aime son humour, par dessus tout !)

 

3- Toni Morrison

(Une femme qui me touche énormément, une plume magnifique et émouvante, des romans incontournables comme Beloved, Sula ou encore The bluest eye…)

 

4- Christian Bobin

(Un écrivain qui m’a accompagné pendant presque toute mon adolescence et que je chéris tout particulièrement… J’ai du couvrir un carnet entier de citations provenants de ses livres…)

 

5- J.D Salinger

(Son roman L’attrape-coeurs (The catcher in the rye) m’avait bouleversé… J’ai aussi adoré ses Nouvelles)

 

6- Charles Baudelaire

(Parce que je l’aime d’amour !)

 

7- Paul Eluard

(Capitale de la douleur, un titre superbe, des poèmes qu’on ne peut pas oublier) 


8- Laurent Gaudé

(Mon chouchou parmi les nouveaux auteurs, j’admire son écriture, son univers, un auteur qui arrive à me faire pleurer !)

 

9- Vladimir Nabokov

(Que ceux qui n’ont pas lu Lolita réparent cette erreur au plus vite !) 


10- Roald Dahl

(Parce que j’ai eu énormément de plaisir à le découvrir enfant et que j’en ai tout autant à le faire découvrir à mes élèves maintenant… Incontournable !)


11- Marie-Aude Murail

(Je ne m’en lasse pas !)

 

12- Hans Christian Andersen

(Pour La reine des neiges, La petite sirène, La petite fille aux allumettes…, entre autres ! Des contes qui ne se démodent pas) 


13- Edgar Allan Poe

(Pour ses Histoires fantastiques, un de mes premiers chocs de lecture qui me donne encore des sueurs froides…)

 

14- René Barjavel

(Mes premiers pas dans l’univers de la science-fiction, La nuit des temps, Le grand secret, Ravage, lus sous la couette à l’adolescence) 


15- J.K Rowling

(Pour Harry bien sûr, who else ?)

 

Ouf ! Et selon le principe, je tague en retour 15 autres personnes, à vous de jouer !

 

Blueverbena, Sara, Stephie, Fanny, Faelys, Lancellau, Leiloona, Irrégulière, Lael, Hathaway, Dolly, La dame du CDI, Kalistina, Mirontaine, Chiffonnette, Pimprenelle

 

Rhooooo, zut, un tag de trop ! Tant pis, dans le lot y’en a sûrement qui l’ont déjà fait ! 😉

 

EDIT du 11 novembre : bon, je copie…, et je rajoute quelques explications !

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Je suis morte (apprendre) – Nicolas Nemiri / Jean-David Morvan

Je-suis-morte.jpgParue en 2003, j’ai eu envie de me replonger dans cette BD qui à l’époque m’avait fait grande impression. Une histoire à laquelle on s’attache très vite et qui nous fait pénétrer un univers très proche du nôtre, une héroïne qu’on ne peut pas oublier et qui nous hante encore même l’album refermé…

 

Aster est une petite fille comme les autres, du moins en apparence. Elle ignore tout des circonstances de sa naissance, pourtant, à l’époque, des milliards de personnes y ont assisté en direct… Lors de sa première rentrée scolaire, la directrice a été prévenue de sa « particularité », très vite, elle est mise à l’écart, rejetée par ses camarades de classe.  Elle inspire la peur, le rejet, mais elle attire aussi. Les années passent, Aster grandit. Son père réfrène toujours toute marque de tendresse envers sa fille, Aster ne comprends pas cette absence d’amour, cette distance entre eux : « Maman, pourquoi papa il m’aime pas ? » Un jour où elle s’isole dans la cour de récréation, elle est prise en photo par une horde de journalistes. Suite à cet évènement, la directrice de l’école annonce à la mère d’Aster qu’ils ne peuvent pas la garder. Quel est donc ce secret qui entoure Aster ? Que lui cache t-on ? De quoi veut-on la protéger ?

 

« Ca y est, je suis née. Mais… dans le temps d’un de vos battements de paupières… je suis morte. »

 

Difficile de résumer cette histoire sans en dévoiler l’essentiel. « Je suis morte » se passe dans un monde très proche du nôtre, le décor nous est familier mais très vite le lecteur devine que l’univers dans lequel évolue Aster est peut-être notre futur. Science-fiction, anticipation, c’est bel et bien de ce genre qu’il s’agit mais ici point d’effets spéciaux ou de gadgets sophistiqués, tout est savamment distillé, le lecteur apprend et comprend en même temps qu’Aster ce qui fait d’elle une exception. Aster est en effet l’une des dernières mortelles dans une humanité devenue immortelle grâce aux progrès de la science. Petit à petit, elle découvre que tous ceux qui l’entourent sont immortels, et qu’elle, elle va mourir !

L’histoire nous est racontée par Aster elle-même, procédé qui permet très vite de s’identifier à cette petite fille, à se poser les mêmes questions qu’elle. Elle assiste aux disputes de ses parents, capte certains regards empreints de pitié. J’ai été très touchée par le personnage du père qui n’arrive pas à assumer la situation, bien trop douloureuse à vivre : comment « avouer l’horreur à une petite fille ? » Loin d’être indifférent à sa fille comme on pourrait le penser, son père est profondément bouleversé par sa condition : « Je n’arrive pas à me dire que je lui ai donné la vie en l’engendrant, tu comprends. J’ai au contraire l’impression de l’avoir tuée. » Est-elle le fruit d’une expérience ? Le fait est que dans le monde d’Aster, plus aucun enfant n’est conçu « à l’ancienne »…

A la fin de ce premier tome, Aster est devenue une adolescente remplie de révolte. Même si à mon sens ce premier tome se suffit à lui-même, j’ai hâte de lire la suite pour voir comment va évoluer le personnage d’Aster. Une très bonne surprise, un dessin entêtant et lumineux plutôt original pour un scénario qui l’est tout autant !

 

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Éditions Glénat (Septembre2003)

Collection La loge noire

48 p.

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Tome 2 paru en janvier 2008

Je suis morte (Comprendre)

 

C’était ma BD du mercredi!

Chez Mango et chez plein d’autres…!

 

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Cette BD participe au challenge « Pal sèches » organisé par Mo’ la fée

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La carte et le territoire – Michel Houellebecq

La-carte-et-le-territoire-copie-1.jpgLes romans de Michel Houellebecq sont toujours parmi les plus attendus de la rentrée littéraire. Personnellement, ma première et seule rencontre avec l’écrivain remonte aux Particules élémentaires et j’avais gardé en mémoire l’image d’un écrivain sulfureux et scandaleux, image largement reprise dans les médias…  Quand Priceminister a proposé ce match ludique entre Houellebecq et Despentes, ma curiosité m’a poussé à retenter l’expérience.

 

Jed Martin est un artiste quelque peu solitaire, renfrogné, passant tous ses Noëls avec son père vieillissant, un rituel immuable. Vie vide, vide d’évènements, vide de sens, malgré quelques rencontre amoureuses marquantes mais qui ne dureront pas. De simple photographe, Jed Martin est propulsé artiste planétaire grâce à une idée révolutionnaire ou jugée comme telle : photographier la carte plutôt que le territoire, faire de simples cartes Michelin des oeuvres d’art, les représentations du réel devenant plus belles que le réel lui-même. Cette notoriété est aussi soudaine qu’incroyable mais l’artiste arrête néanmoins cette série de photographies et se retire du devant de la scène pendant plusieurs années, années qu’il met à profit pour renouer avec ses premières amours, la peinture. Sept ans plus tard, il fait son « come-back » avec une série de tableaux représentant quarante-deux professions-type complétée par une autre série de tableaux basés sur le fonctionnement de l’économie d’entreprise… Le catalogue de cette exposition est réalisé par Michel Houellebecq lui-même que Jed Martin rencontre à plusieurs reprises. Pour le remercier de son travail, il lui propose de réaliser son portrait, cette oeuvre deviendra la pièce maîtresse de l’exposition, atteignant des cotes astronomiques sur le marché de l’art.

 

Il me sera bien difficile de juger de la qualité littéraire d’un tel roman. Je dois avouer qu’à plusieurs reprises je n’étais pas loin d’abandonner ma lecture. Tout d’abord, en dépeignant le monde de l’art, Houellebecq a bien souvent perdu la néophyte que je suis. Passé cette première réticence, je n’ai pas réussi à rentrer dans l’histoire, incapable de ressentir une quelconque sympathie pour le personnage de Jed Martin. Autre source d’agacement : la mise en scène en tant que personnages de « personnalités » telles que Frédéric Beigbeder ou encore Jean-Pierre Pernault… On croisera aussi Patrick Le Lay, Julien Lepers, Claire Chazal ou encore Pierre Bellemare… Le summum est bien sûr atteint quand Jed Martin, qui est déjà en soi un genre d’avatar de l’auteur, rencontre Houellebecq lui-même…: là je frôlais l’overdose. Alors oui, on peut parler de recul de l’auteur sur lui-même, de second degré, d’auto-dérision, d’ironie. On peut aussi penser que Houellebecq joue le jeu des médias en se dépeignant tel que ceux ci ont tendance à le représenter, tels que nous autres lecteurs l’imaginons peut-être : ermite solitaire, maniaco-dépressif, alcoolique, fuyant ses pairs et les gens en général. Si pour certains critiques, Michel Houellebecq fait preuve d’une certaine modestie en se mettant en scène de la sorte, je n’ai pour ma part pas pu m’empêcher de penser exactement le contraire…

A se demander ce qui m’a poussé à poursuivre ma lecture. Car malgré tout, je ne peux pas nier que La carte et le territoire est un roman ambitieux et complexe et en soi digne d’intérêt. Le style en lui-même ne m’a pas déplu, l’écriture est d’ailleurs assez plaisante. Pourtant, je me suis ennuyée les deux tiers du roman, je ne me suis réveillée qu’au moment où Houellebecq met en scène son propre assassinat, son propre enterrement… Mégalomanie ou incroyable génie, roman magistral ou savante imposture, je vous laisse le soin de vous faire votre propre opinion. Personnellement, la mienne est faite…

 

EDIT 13h00 : Le Prix Goncourt 2010 vient d’être attribué à Michel Houellebecq pour La carte et le territoire par 7 voix contre 2 à Virginie Despentes qui à elle reçu le Prix Renaudot pour Apocalypse bébé…! Grand favori, Michel Houellebecq n’avait encore jamais reçu ce prix, pour lequel il était régulièrement cité depuis 10 ans.

 

Les avis de Stéphie, Yspaddaden, George, Hérisson, Neph, Leiloona, Emeraude… et sûrement plein d’autres…

 

Premières phrases : « Jeff Koons venait de se lever de son siège, les bras lancés en avant dans un élan d’enthousiasme. »

 

Au hasard des pages : « Repensant aux exhortations de Franz il rédigea un mail de relance à Houellebecq, puis se prépara un café. Quelques minutes plus tard, il se relut avec écoeurement. « En cette période de fêtes, que je suppose vous passez avec votre famille… » Qu’est-ce qui lui prenait d’écrire des conneries pareilles ? De notoriété publique Houellebecq était un solitaire à fortes tendances misanthropiques, c’est à peine s’il adressait la parole à son chien. « Je sais que vous êtes très sollicité, c’est donc en vous priant d’accepter mes excuses que je me permets d’insister à nouveau sur l’importance qu’aurait, à mes yeux comme à ceux de mon galeriste, votre participation au catalogue de ma future exposition. » Oui, ça c’était mieux, une dose de flagornerie ne nuit jamais. « Je vous joins quelques photographies de mes tableaux les plus récents, et me tiens à votre entière disposition pour vous présenter mon travail de manière plus complète, où et quand vous le souhaiterez. Je crois savoir que vous vivez en Irlande ; je peux parfaitement m’y rendre si cela vous est plus commode. » Bon, ça ira comme ça, se dit-il, et il cliqua sur la touche envoyer. »  

(p. 127-128)

 

Éditions Flammarion (septembre 2010)

428 p.

 

1pourcent

7/7

Challenge réussi…! En route pour les 2% ?

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Le jeudi, c’est citation ! (12)

Jeudi citation

Chez Chiffonnette

 

Bon, en ce moment je « lis » le dernier Houellebecq, péniblement je dois dire…

Je n’irai pas jusqu’à dire que cette lecture a inspiré

mon choix de citation du jour…, quoique…!

 

« Il y a des écrivains ravalés, dangereux loustics, farceurs au quarteron, sombres mystificateurs, véritables aliénés, qui mériteraient de peupler Bicêtre. Leurs têtes crétinisantes, d’où une tuile a été enlevée, créent des fantômes gigantesques, qui descendent au lieu de monter. »

 

Extrait des Poésies de Lautréamont


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(1846-1870)

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Murena 1. La pourpre et l’or – Jean Dufaux / Philippe Delaby

Murena1.jpgVoilà une série que j’avais hâte de débuter, et dont je possède pourtant depuis longtemps les quatre premiers tomes ! Il va très vite falloir que je me procure les tomes suivants, d’autant plus que le tout dernier doit paraître dans les jours prochains. Une série au succès incontestable dont je viens grossir le rang des fans ! Un premier tome de qualité à la couverture superbe qui nous plonge en pleine antiquité romaine.

 

Rome, mai 54. Claude, à la tête de l’empire depuis l’assassinat de son neveu Caligula, assiste impassible à des combats de gladiateurs. Les gradins sont presque vides, Lucius Murena, un patricien proche de la cour, regarde la scène d’un oeil distrait. A la fin du combat, seul un esclave est encore en vie, un Nibien, dont Claude fera cadeau à son fils sous la pression de ce dernier pour lui accorder sa grâce : Claude se rend compte qu’il a quelque peu négligé Britannicus, fils d’un premier lit, au profit de son fils adoptif, Néron. Ce dernier est poussé vers le trône par la vénale et ambitieuse Agrippine, quatrième épouse de Claude. Avide de pouvoir, elle a réussi à convaincre son mari de le faire passer avant son fils naturel dans l’ordre de succession. Informé par Pallas l’affranchi que celui ci est peut-être en train de changer d’avis, elle met tout en oeuvre pour que Néron devienne le prochain successeur au titre de César…

 

Voilà une série qui démarre sur les chapeaux de roues ! Complots, trahisons, conspiration, ambition, violence, luxure, voilà le lecteur au coeur d’une époque sans pitié où on règle ses comptes à coups de poignard ou à grand renfort de poison…! La lutte pour le pouvoir est bien sûr au centre de l’intrigue et la part belle est faite aux femmes dans ce premier opus.

Agrippine est absolument fascinante, froide, calculatrice, presque inhumaine dans sa quête impitoyable du pouvoir : prête à tout pour propulser son fils sur le trône, elle semble dénuée de tout sentiment, ni même d’amour pour son fils, simple instrument pour accéder à ses fins.

J’ai beaucoup aimé également le personnage de Lollia, maîtresse de Claude dont il semble très amoureux. Pour elle, il est prêt à répudier Agrippine et à l’épouser enfin. Mère de Lucius Murena, elle fera les frais de la vengeance d’Agrippine. Ce dernier est sans aucun doute un des personnages clés de l’intrigue : ami de Néron, il est au courant de la liaison de sa mère avec l’empereur et craint la colère d’Agrippine à juste titre. Nul doute que son personnage prendra de l’ampleur dans les tomes suivants…

 

Vous l’aurez compris, ce premier tome m’a conquis et justifie les critiques élogieuses qui ont été faites à son sujet ! Les dessins sont beaux, précis, sobres et rendent admirablement bien la cruauté de l’époque. Le tout est envoûtant et réellement captivant ! Une bande dessinée très documentée sur un pan de l’Histoire que j’avoue connaître peu, une très belle réussite !

 

Les avis d’Anne-Sophie, Faelys, Sentinelle.

 

Éditions Dargaud (Juin 2001)

48 p.

 

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C’était ma BD du mercredi !

Tous les billets du jour chez Mango !

 

palsechesCette BD participe également au challenge « Pal Sèches »

organisé par Mo’ la fée !

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Grandir – Sophie Fontanel

GrandirVoilà un livre qui me tardait énormément de lire ! Tant de jolis articles, tant de critiques enthousiastes, Grandir a trouvé son public et ne cesse de séduire. Bien sûr, comme beaucoup, je connaissais le nom de Sophie Fontanel qui pour moi rimait surtout avec humour. C’est donc avec une grande curiosité que j’ai commencé ma lecture de ce texte qui s’apparente plus à un témoignage qu’à un roman.

 

La narratrice est une femme active, moderne. Souvent pressée, elle vit à cent à l’heure. Sa mère est âgée, fatiguée, vulnérable et fragile mais refuse de s’apitoyer sur son sort, par coquetterie sans doute, par peur de gêner sûrement aussi, d’être un poids, un fardeau… Pourtant cette maman a besoin d’aide, au quotidien, pour des broutilles parfois, pour l’essentiel souvent. Bien sûr, vieillesse rime avec petits tracas, gros soucis, angoisses : elle tombe, elle se fait mal, elle oublie, elle change, inexorablement. Que faire devant l’inéluctable ? Il faut « grandir, » accepter cette chose incroyable qu’un jour ses parents re-deviennent des enfants, être là pour eux sans être envahissants, répondre à des coups de fil paniqués, rassurer, s’oublier…

 

J’ai été très touchée par ce texte d’une grande sensibilité et d’une grande pudeur. Bien plus qu’une déclaration, c’est un véritable cri d’amour d’une fille pour sa mère. Ce texte est plein de vie, plein d’espoir et surtout plein de tendresse. Contrairement à l’idée que je m’en faisais, j’ai trouvé que ce livre n’avait rien de larmoyant : il est juste, les anecdotes se suivent, les petites histoires du quotidien se succèdent et on ne peut s’empêcher de sourire. Le lien qui unit les deux femmes est fort, il ne cesse de se renforcer au fur et à mesure que les rôles s’inversent : s’il est difficile pour la mère d’accepter de devenir « dépendante », il est tout aussi difficile pour la narratrice d’accepter de « grandir »…

Cette lecture a été un vrai cadeau, une très jolie découverte ! L’écriture de Sophie Fontanel vient du coeur, elle est limpide, sobre et pudique. Je ne peux que vous conseiller, si ce n’est pas déjà fait, de lire ce très joli texte !

 

Un grand merci à Stéphie pour le prêt, son avis m’avait vraiment donné envie de faire cette première rencontre avec l’auteure !

Les avis de Papillon, Keisha, Cathulu, Antigone, Karine

 

Premières phrases : « Ces temps-ci, quand je pense à ce que j’essaie de sauver, je ressens un tel besoin d’aide que ça me fait trembler. Aider quelqu’un, je le sais maintenant, c’est avoir aussitôt soi-même besoin de secours. »

 

Au hasard des pages : « Maintenant qu’elle oublie tant de choses, elle peut savourer les joies de l’improviste. Je dis que je viens, et puis je viens, mais elle, elle avait oublié que je venais, et pour un peu elle m’applaudirait. Chaque visite est un coup de foudre. Chaque personne, une rencontre nouvelle. Chaque biscuit salé, un mets à tester. La manière dont une fleur s’ouvre : du jamais vu. La manière dont le soleil lui lèche les pieds : un miracle. « Tu trouves pas quand même absolument fabuleux d’en connaître un peu moins ? » elle me dit. Mais qui est ce génie qui m’enseigne la vie ? J’en arrive à penser que seule l’immobilité donne des ailes aux humains. A voir les autres tant s’agiter et ne rien comprendre. » (p. 35)

 

Éditions Robert Laffont (Août 2010)

144 p.

 

1pourcent6/7

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