Petites lectures en pagaille (1)

Aujourd’hui, trois petites lectures jeunesse qui m’ont fait passer un très bon moment ! Destinés aux plus jeunes ou aux lecteurs les plus frileux, voici trois romans courts qui se dégustent et se savourent, des petites lectures en pagaille à mettre entre toutes les mains !

 

Tu veux être ma copineLe moins que l’on puisse dire, c’est que la petite Edwige n’apprécie pas du tout d’avoir déménagé ! Cette maison isolée en pleine campagne a beau ravir ses parents, elle regrette d’avoir quitté Paris et toutes ses copines. C’est avec « une meute de sauterelles dans le ventre, des serpents dans le sang et des grenouilles dans la tête » qu’Edwige fait sa rentrée dans sa nouvelle école. Personne ne s’intéresse à elle, personne ne lui adresse la parole, et elle, de son côté, n’ose aborder personne. C’est insupportable…. Mais Edwige ne se laisse pas abattre si facilement ! Ses parents lui ayant parlé de leur entretien d’embauche, elle décide de mettre au point un questionnaire pour recruter de nouveaux amis, c’est qu’il ne faudrait pas se tromper ou être déçue ! Motivée comme jamais, elle installe deux confortables cousins dans un coin de la cour de récréation et se métamorphose en directrice des ressources humaines ! En vingt questions aussi drôles que sincères, Edwige part à la recherche de l’amie idéale…

Un petit texte très drôle mais aussi très tendre et très juste sur l’amitié et la solitude. Susie Morgenstern cerne à merveille les peurs des plus jeunes dans un récit court et émouvant. En prime, les très jolies illustrations de Claude K. Dubois.

 

Tu veux être ma copine ?, Susie Morgenstern

Mouche de l’École des Loisirs (mars 2010) 67 p.

 

Cauchemar pianisteDans la famille de Groguimar, on est cauchemar de père en fils. Groguimar appartient à la lignée des cauchemars Epouvantabilibus, les plus terrifiants, et même s’il ressemble à n’importe quel petit garçon, il sait qu’à 7 ans il devra commencer à exercer son « métier » de cauchemar et hanter le sommeil des humains. Mais voilà, Groguimar n’a aucune envie de se glisser tous les soirs dans la tête des enfants pour les effrayer. Alors que sa grande soeur Tamar excelle et arrive à faire pleurer n’importe qui, Groguimar lui se demande qui sont ces gens à qui il va devoir faire peur. Il s’échappe de chez lui pour explorer le monde des humains et rencontre la petite Elodie. Sa mère l’oblige à étudier le piano car dans sa famille on est pianiste de père en fils et de mère en fille… Groguimar est sous le charme de la musique, c’est la révélation : il sera pianiste !

Très chouette petit roman qui se lit avec le sourire. Le personnage de Groguimar est attachant et a un rêve, ce qui est quand même un comble pour un cauchemar ! Elodie déteste le piano et refuse d’apprendre à Groguimar à en jouer… Il décide alors de se venger mais tout ne se passera pas comme prévu bien sûr, pour le plus grand plaisir du lecteur !

 

 Le cauchemar qui voulait devenir pianiste, Nathalie Kuperman

Mouche de L’École des Loisirs (mars 2007) 68 p.

 

 

Koala-dans-la-tete.jpgCharlotte l’avoue : elle n’aime pas le collège, s’ennuie et n’y a pas d’amis. Son seul but est de devenir invisible, alors elle fait le caillou, yeux mi-clos, dos arrondi pour avoir l’impression d’être ailleurs. Le problème, c’est que les professeurs ne l’entendent pas de cette oreille, de même que le CPE, monsieur Leonetti chez qui elle finit souvent les cours… Charlotte ne voit pas à quoi lui sert tout ce qu’on lui apprend, surtout depuis qu’elle est tombée par hasard dans les affaires de son père sur cette photo représentant un homme jeune et souriant fumant la pipe avec un koala sur la tête. Une simple photo qui bouleverse la vie de Charlotte qui se découvre un grand-père mystérieusement disparu dans les eaux du Pacifique. A partir de ce jour, Charlotte se passionne pour l’Australie, la vie des aborigènes, les koalas, elle se documente sur les « chemins du rêve », ces dessins en pointillés sur la terre rouge formant de magnifiques arabesques et autres symboles. Quand madame Ségur, son professeur de géographie, lui impose de préparer un exposé sur le sujet de son choix, elle choisit naturellement de parler de ces fameux chemins de rêves et des aborigènes d’Australie, elle qu’on traite de rêveuse…

Très beau roman fait voyager ! Charlotte est une jeune fille sans cesse partie dans ses rêves, intelligente, sensible, passionnée, elle s’évade par le dessin et les livres. Elle vit une relation forte avec son père qu’elle voit une semaine sur deux, cette complicité s’accentue d’ailleurs avec le récit fait par le père de l’histoire d’Antoine, ce grand-père dont Charlotte ignorait l’existence. Un roman optimiste très documenté qui se lit d’une traite !

 

Un koala dans la tête, Elise Fontenaille

DacODac, éditions du Rouergue (août 2009), 44 p.

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Le jeudi, c’est citation ! (15)

Jeudi citation

 

« C’est alors qu’apparut le renard.le-petit-prince--illustration-asteroB612.jpg

– Bonjour, dit le renard.

– Bonjour, répondit poliment le petit prince, qui se retourna mais ne vit rien.

– Je suis là, dit la voix, sous le pommier…

– Qui es-tu ? dit le petit prince. Tu es bien joli…

– Je suis un renard, dit le renard.

– Viens jouer avec moi, lui proposa le petit prince. Je suis tellement triste…

– Je ne puis pas jouer avec toi, dit le renard. Je ne suis pas apprivoisé.

 – Ah ! pardon, fit le petit prince.

Mais, après réflexion, il ajouta :

– Qu’est-ce que signifie « apprivoiser » ?

– Tu n’es pas d’ici, dit le renard, que cherches-tu ?

– Je cherche les hommes, dit le petit prince. Qu’est-ce que signifie « apprivoiser » ?

– Les hommes, dit le renard, ils ont des fusils et ils chassent. C’est bien gênant ! Ils élèvent aussi des poules. C’est leur seul intérêt. Tu cherches des poules ?

– Non, dit le petit prince. Je cherche des amis. Qu’est-ce que signifie « apprivoiser » ?

– C’est une chose trop oubliée, dit le renard. Ça signifie « créer des liens… »

– Créer des liens ?

– Bien sûr, dit le renard. Tu n’es encore pour moi qu’un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. Et je n’ai pas besoin de toi. Et tu n’as pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu’un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m’apprivoises, nous aurons besoin l’un de l’autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde… »

renard-petit-prince-st-exupery

Certains textes vous marquent à jamais, Le Petit Prince en fait partie.

Cette rencontre avec le renard est un de mes moments préférés, parmi tant d’autres, difficile de choisir en fait !

A savourer sans modération !

 

Le Petit Prince, Antoine de Saint-Exupéry

Éditions Gallimard

(première parution 1943)

 

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L’Homme Bonsaï – Fred Bernard / Delphine Chédru

L'homme bonsaï

Le nom de Fred Bernard ne m’était pas inconnu, mais j’ignorais qu’il avait adapté  son album jeunesse « L’Homme Bonsaï » paru en 2003 dans une version adulte.  D’abord illustré par François Roca, l’auteur se réapproprie ici son propre texte pour lui donner une autre dimension, plus sombre, plus sensuelle, plus libre aussi. Quand je suis tombée sur cette bande dessinée dans la bibliothèque personnelle d’une voisine bédéphile, j’ai été séduite par l’étrangeté qui s’en dégageait et la force de cet homme-arbre. Autant dire que je n’ai pas été déçue du voyage, cet album fait sans nul doute partie de mes coups de coeur !

 

Tout commence dans le taverne du « Homard manchot ». Le capitaine O’Murphy raconte à un auditoire pendu à ses lèvres son incroyable rencontre avec Amédée le potier le 24 avril 1874…

Embarqué de force sur un bateau de commerce qui se fait par la suite attaquer par des pirates, Amédée se retrouve prisonnier du terrible capitaine Stroke. A bord, il devient vite le souffre-douleur de l’équipage, subit les pires brimades avant d’être abandonné sur une île déserte. Perdu en mer de Chine, il survit tant bien que mal, persuadé qu’on finira bien par le retrouver. Un jour, alors qu’il passe sous l’arbre géant qui surplombe l’île, une graine lui tombe sur la tête et s’y incruste. Cette graine se met à germer et bientôt un petit arbre commence à pousser sur son crâne. Plus l’arbre grandit, plus Amédée s’affaiblit… Recueilli par des pirates chinois à bord de leur jonque, il reprend petit à petit des forces grâce aux soins prodigués par un vieux Chinois qui chaque jour s’occupe de son arbre, l’effeuille et l’élague. A la fois admiré et craint par l’équipage, Amédée est en effet un formidable atout : doté d’une force colossale, il sera amené à participer aux abordages et sera initié aux arts martiaux. En échange, il continue de recevoir les soins du vieux Chinois qui entretient la taille de son arbre, sa vie en dépend… Amédée devient vite une légende et sa réputation n’est plus à faire sur les mers. Jusqu’au jour où il rencontre la belle Changaï Li dont il tombe immédiatement amoureux…

Homme bonsaï planche

J’ai littéralement été happée par ce conte hors du commun, à la fois fantastique et poétique, et ce malgré les nombreuses scènes de violence qui jalonnent le récit. Le destin d’Amédée est fascinant, d’abord marin, puis prisonnier, il devient malgré lui un mythe. Son histoire d’amour avec Changaï Li est belle et tragique, sensuelle et émouvante. L’histoire n’en est pas moins cruelle et on n’échappe pas à des combats sanglants car c’est aussi, ne l’oublions pas, une histoire de pirates. Tout ceci crée une atmosphère très particulière à ce récit empreint de tristesse. Cet album est une belle réussite, nous voilà plongés dans un univers mystérieux et fabuleux qui intrigue et qui séduit d’emblée, le tout porté par un dessin à la fois brut et soigné qui confère à cette bande dessinée ce petit côté onirique qui n’est pas pour me déplaire !

 

Interview de Fred Bernard sur L’Homme Bonsaï

Bonus : Sur le site de l’éditeur, vous pouvez feuilleter les 20 premières planches de la BD

homme bonsai 2

Éditions Delcourt (Août 2009)

Collection Mirages

119 p.

 

C’était ma BD du mercredi

Chez Mango et chez les autres !

 

palseches

Participation au challenge « Pal sèches »

organisé par Mo’ la fée

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La Ronde des Livres – 2 albums (1)

Après deux rendez-vous manqués, je rejoins donc en cours de route

Hérisson et Liyah pour cette Ronde des Livres.

Toutes les deux semaines, nous vous présenterons donc

des albums coups de coeur, des belles trouvailles pour petits et grands !

 

Aujourd’hui, je vous propose de découvrir ou de re-découvrir deux très beaux albums parus chez Milan Jeunesse, personnellement, ils font partie de mon « panthéon » albums, rien que ça !

 

L'histoiredetoutesleshistoiresCoup de coeur pour ce très bel album aux couleurs chaudes, un conte magnifique dont le titre vaut à lui seul tous les résumés !

Le Roi des Rois et très vieux et il sent bien que sa fin est proche. Sa seule envie avant de mourir, son seul véritable désir est de « posséder le plus grand livre qu’on ait jamais vu, le livre qui raconterait toutes les histoires des hommes. » Il demande alors à tous les chercheurs de contes, chasseurs d’épopées et autres pêcheurs de légendes de parcourir le monde pour en ramener tous les récits, tous les rêves des hommes. Cent ans de travail seront nécessaires aux historiens et aux scribouilleurs pour rédiger ce livre de pierre, haut comme une tour de Babel… Mais cela ne convient pas au Roi, c’est beaucoup trop long. et il lui reste si peu de temps. Interviennent les tailleurs de phrases, les résumeurs, les ciseleurs de mots, puis finalement le Grand Résumailleur… Le Roi se meurt, il se désespère de connaître un jour l’histoire de toutes les histoires jusqu’à ce qu’un enfant se faufile jusqu’à lui et lui chuchote quelque mots à l’oreille…

 

Très bel album, poétique et inventif, qui met les mots et les histoires à l’honneur. Une histoire à lire, à relire et à partager à voix haute pour en apprécier pleinement le charme !

 

L’histoire de toutes les histoires. Jean-Pierre Kerloc’h / Bruno Pilorget

Éditions Milan Jeunesse (2005)

 

Collectionneur d'instants

Autre grand coup de coeur pour cet album qui laisse la part belle à l’imagination et qui nous entraîne dans un univers  pictural totalement onirique.

Max est peintre mais il préfère dire « collectionneur d’instants« . Un jour il décide de s’installer sur l’île pour peindre les images qu’il a collectionnées dans sa tête. Dans le même immeuble habite un jeune garçon qui souvent vient lui rendre visite : il aime voir l’artiste au travail, l’ambiance particulière de cet atelier, même si Max ne lui montre jamais les tableaux qu’il peint. Un jour, Max annonce à l’enfant qu’il part en voyage, et qu’il risque d’être absent longtemps. Il lui confie les clés de son atelier pour qu’il s’occupe de son appartement en l’autorisant à s’y installer aussi souvent qu’il le désire. A sa première visite, il remarque tout de suite que quelque chose a changé : les tableaux sont tournés vers lui, il peut les regarder, il a enfin le droit de les regarder. Max lui a préparé une exposition rien que pour lui, chaque tableau étant accompagné de quelques lignes. En tout treize tableaux, d’étranges images représentant des éléphants de neige ou une roulotte de cirque volante, chaque tableau contenant un secret…

Quel plaisir pour le lecteur de découvrir cette extraordinaire exposition ! Chaque « spectateur » peut y déceler des choses différentes selon son ressenti. Un album très poétique traduit en français par Bernard Friot, les images et les textes y sont de toute beauté ! A découvrir d’urgence !

 

Le Collectionneur d’instants. Quint Buchholz. Éditions Milan Jeunesse (1998)

 

Je file voir les découvertes de Hérisson et Liyah !

 

Rendez-vous dans 15 jours pour une nouvelle Ronde de Livres…

 

ChallengeAlbums8/24

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Le jeudi, c’est citation ! (14)

 

Jeudi citation Chez Chiffonnette

 

Aujourd’hui, deux citations extraites de l’incontournable Comme un roman de Daniel Pennac. Ce livre est un recueil de citations à lui tout seul sur la lecture et le livre ! Bien sûr, il y a les fameux « droits imprescriptibles du lecteur », comme celui de ne pas lire, de sauter des pages, de ne pas finir un livre ou encore de lire n’importe quoi et n’importe où…, choses que je fais bien souvent comme la plupart d’entre vous !

 

AA

(Affiche illustrée par Quentin Blake)

 

Deux phrases donc, dans lesquelles je suis sûre vous vous reconnaîtrez !

 

« Dès qu’un livre finit entre nos mains, il est à nous,

exactement comme disent les enfants :

« C’est mon livre » … partie intégrante de moi-même.

C’est sans doute la raison pour laquelle nous rendons si difficilement les livres qu’on nous prête. »

 

« Ce que nous avons lu de plus beau, c’est à un être cher que nous le devons.

Et c’est à un être cher que nous en parlerons d’abord. »

 

9782070388905.jpgComme un roman, Daniel Pennac

Gallimard (1995) Collection Folio

Première parution en 1992


 


 


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Seuls 1. La disparition – Bruno Gazzotti/Fabien Vehlmann/Cerise

Seuls-La-disparition.jpgDifficile pour moi de mettre la main sur cette série en ce moment : les élèves se l’arrachent ! Le premier cycle s’est achevé en juin 2010 avec la sortie du cinquième tome et l’intégrale paraîtra le 26 novembre, parfaite idée de cadeau de Noël pour les petits et les grands ! Alors, qu’est-ce qui plaît autant à « mes » ados dans cette série ? J’avais un peu peur j’avoue de lire quelque chose de trop enfantin cette BD étant annoncée pour les enfants à partir de 8 ans…

Disons que je suis restée très jeune dans ma tête alors car je trouve ce premier tome plutôt réussi et très prometteur !

 

Au départ, cinq enfants qui ne se connaissent pas. Yvan, 9 ans, rentre chez lui après l’école où il est accueilli par la femme de ménage. Ses parents n’étant pas encore rentrés, il passe le temps en jouant à des jeux vidéos. Leïla a 12 ans, un brin garçon manqué, elle bricole des objets improbables. Camille a 8 ans, sérieuse et très première de la classe, elle a décidé de réviser tard ce soir. Terry a 5 ans et demi et refuse d’interrompre le film qu’il est en train de regarder pour aller se coucher. Et puis il y a Dodji, 10 ans, au passé que l’on devine douloureux, qui vit dans un foyer où il est le « petit nouveau » qu’on cherche à racketter.

L’ambiance à Fortville est particulière ce soir : le ciel est « bizarre », les oiseaux ont l’air nerveux, comme si quelque chose les effrayait. Quand la ville se réveille le lendemain matin, pas un bruit… La ville est vide, comme morte, et tous les habitants ont disparu ! Presque tous : Dodji erre dans les rues désertes en pleurant, armé d’un bâton. Il rencontre Leïla et Terry, tous aussi perdus que lui. Eux aussi n’ont vu personne à leur réveil. Télévision et radio ne diffusent plus, Internet ne fonctionne pas non plus, mais où ont bien pu passer tous ces gens ? Par la suite, ils rencontreront Camille et Yvan, qui viendront grossir les rangs de la bande. La ville est vide, ils sont bel et bien seuls… Réfugiés dans le bureau du père d’Yvan au 64e étage d’une tour, les enfants s’organisent pour survivre mais le danger rode…

 

« Les adultes reviendront pas ! On peut pas compter sur eux !

On peut jamais compter sur eux ! « 

 

Voilà un premier tome qui tient toutes se promesses. Le jeune lecteur est tenu en haleine et le suspense est bien entretenu : où sont donc passés les parents et amis de nos jeunes héros ? Les hypothèses vont bon train, certaines farfelues et improbables, mais les questions restent sans réponses… Les héros forment une petite bande bien sympathique, genre de « Club des Cinq » revisité, où tous les caractères sont représentés : Yvan, qui n’a rien d’un aventurier, a tendance à réfléchir beaucoup avant de passer à l’action. Leïla apparaît un peu comme la maman du groupe, elle n’a pas froid aux yeux et a la tête sur les épaules. Camille a tout de l’intello timide, naïve et pas trés dégourdie. Terry est le petit frère attachant et tête à claques qu’il faut protéger. Dodji est donc tout naturellement le meneur de la bande, il est courageux et n’a pas peur d’affronter l’inconnu.

Un premier tome plein d’action et de mystère, bien rythmé et facile à lire. L’histoire s’annonce riche en rebondissements et on a hâte de découvrir la suite des aventures de cette petite bande. Les enfants ne pourront qu’apprécier ces héros courageux capables de fabriquer des armes pour se défendre des bêtes sauvages qui errent dans la ville ou de transformer un 4×4 en char d’assaut…! Le dessin est simple et somme toute assez classique mais correspond bien au public visé. Les couleurs sont vives et les scènes sont bien découpées ce qui crée une certaine fluidité dans la lecture. Une série distrayante qui plaira beaucoup aux plus jeunes !

 

L’avis enthousiaste de Marylène

 

Seuls planche1

Seuls-planche.jpg

 

Éditions Dupuis (Janvier 2006)

48 pages

Série en cours (5 tomes parus)

 

C’était ma BD du mercredi

Chez Mango et chez les autres !

 

palsechesCette BD participe au challenge « Pal sèches »

organisé par Mo’ la fée

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PAL, le retour de la vengeance, acte II : littérature jeunesse

pile livres

 

Et voilà, j’ai à peine mis en ligne ma PAL perso que je récidive… Quand on aime, on ne compte pas, c’est bien connu ! J’ai la chance de pouvoir lire de la littérature de jeunesse autant que je le désire et jusqu’à plus soif grâce à mon métier : quand je fais une commande pour le CDI du collège où je suis documentaliste, c’est un peu la fête ! Je ne vous dis même pas quand les colis arrivent : là, c’est véritablement Noël !!

 

Que de tentations, que de nouveautés alléchantes, que de beaux livres qui me font de l’oeil ! Mais c’est mon métier de les lire hein, alors j’ai le droit !

 

Bon, bien sûr, on ne peut pas tout lire, il faut faire des choix, et à l’heure actuelle j’en ai encore un certain nombre qui attendent d’être lus. En gros, une énorme PAL annexe de ma PAL perso, quelle angoisse !

 

matilda

    73 livres !

 

J’ai donc décidé de lister ces livres de littérature jeunesse que je n’ai pas encore eu le temps de lire et qui me font envie, je suis sûre qu’il s’y cache des petites pépites !

 

Cette liste est non exhaustive et évoluera au gré des nouveautés reçues, mais en attendant, vous pouvez déjà voir les lectures qui m’attendent. Si des lectures communes vous tentent, n’hésitez-pas !

 

Ma PAL jeunesse, c’est par là !

Vous pouvez aussi y accéder via l’onglet en haut du blog

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Damned ! J’ai une PAL…

Eh oui, j’ai une PAL, une monstrueuse PAL, qui ne fait qu’enfler, qui ne diminue jamais, mais c’est le propre des PAL non ?

Petite précision pour Tata Simone ou Oncle Marcel qui passerait par là… Une PAL, c’est une Pile A Lire, en d’autres termes, ce sont tous les livres qui attendent que je les lise dans ma bibliothèque. Certains prennent la poussière depuis des temps immémoriaux, d’autres n’y feront pas long feu…

Le tout s’élève tout de même à :

 

Pilelivres

134 livres !

 

Aïe ! Bon, certains y dormiront sûrement encore longtemps, le plus difficile étant de choisir le prochain, sachant qu’entre deux lectures se rajoutent de nouvelles envies : un petit tour en librairie, bing, dix livres achetés, un petit tour sur les blogs des copines, hop, dix titres de plus de notés, c’est ce qu’on appelle un cercle vicieux…

Le fait est qu’avant de me lancer dans ce blog je ne savais même pas que j’avais une PAL, je ne compte pas le nombre de livres achetés ou empruntés depuis sur vos conseils avisés… ! J’ai donc listé tous ces livres armée de mon calepin et de mon crayon, il me reste maintenant à mettre noir sur blanc ma LAL, ma Liste A Lire, mes envies, nombreuses elles aussi…

Bref, si vous désirez vous lancer dans une lecture commune, faites le moi savoir. Tous les conseils sont également les bienvenus : livres à lire en priorité, livres à éviter à tout prix…

Ah, j’oubliais, pas de BD dans cette PAL : j’en possède beaucoup, aussitôt achetées, aussitôt lues, c’est déjà ça ! Par contre, je n’ai pas comptabilisé dans ma PAL tous les livres de littérature jeunesse que j’achète pour mes élèves et que je dois et/ou veux lire…

Je n’ose imaginer quelle hauteur atteindrait ma PAL s’ils en faisaient partie !

 

Allez zou, ma PAL, c’est par là !

Vous pouvez également y accéder via l’onglet en haut de ce blog.

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Concours Kokeshi

Kokeshi-poupees.jpg

Kawaï !!!!

 

Un p’tit concours Kokeshi ça vous dit ?

Précipitez-vous chez ma copine Stephie qui a la brillante idée

de faire gagner des lots Kokeshi très « cute » et très « girly » !

Des petites merveilles de chez Milan Jeunesse,

de beaux albums à offrir ou à s’offrir d’ailleurs !

 

Kokeshi1.jpg  Kokeshi2.gif

 

Pour ça, rien de plus facile, rendez-vous ICI

3 petites questions super simples,

un jeu d’enfant !

 

Et puisque Stéphie a de nombreux fans,

hop, un petit tour sur sa page Facebook,

ben oui, faut bien assumer sa célébrité ! 😉

 

J’en profite pour dire à Stéphie que je suis jalouse de son porte-clés Kokeshi…

En plus, j’ai vu que Petite Noisette en avait un aussi…

Bref, je tenais juste à rappeler que c’est bientôt Noël…

A bon entendeur ! 😉

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Les Demeurées – Jeanne Benameur

DemeuréesDécidément, j’aime beaucoup Jeanne Benameur et je pense que je vais poursuivre ma découverte de cette auteure en me procurant au plus vite ses autres titres ! Après Laver les ombres qui m’avait charmé, j’ai donc décidé de lire ce tout petit livre qui fait grand bruit sur la blogosphère : un titre percutant, une très belle couverture qui donnent envie d’en savoir plus…

 

Dans ce petit village dont on ne connaît pas le nom vivent une mère et sa fille, seules, isolées, recluses volontaires. Loin des gens, du bruit et de la fureur du monde. Tout le monde les connaît pourtant, La Varienne, c’est un peu l’idiote du village, la « demeurée » dont tout le monde se moque. Elle vit dans son monde, où chaque chose a sa place, où elle refait tous les jours les gestes du quotidien, sans y penser.. Une vie de silence avec pour seuls repères les murs de sa maison et Luce, sa fille. Luce entend les mots qu’on jette à sa mère, « abrutie », et quelque chose s’est brisé en elle. Unies comme jamais, rien ne les relie pourtant au monde qui les entoure, elles se comprennent sans se parler, dorment dans le même lit. Luce tous les jours guette le regard de sa mère, traque l’étincelle, en vain. Pourtant, il y en a de l’amour entre ces deux là, un amour qu’on ne peut dire, qu’on ne peut détruire non plus.

Mais le monde extérieur est une menace quotidienne, et La Varienne va devoir laisser Luce partir tous les jours pour l’école, ce petit monde où on apprend, où on parle, où on grandit, ce monde si différent de celui qu’elles se sont bâti à deux. Le jour de la première rentrée scolaire de Luce est une déchirure, vécu comme un arrachement par La Varienne, seule et démunie. Mademoiselle Solange, l’institutrice, pétrie de bonne volonté et de désir de sortir l’enfant de ce monde d’ignorance dans lequel elle vit, est le grain de sable qui vient se loger dans les rouages fragiles et délicats de la relation exclusive et fusionnelle de la mère et de sa fille. La petite fille refuse les mots, refuse d’apprendre. D »instinct, elle comprend la douleur et la peur de sa mère, ne veut pas s’éloigner d’elle. Mademoiselle Solange cherche à comprendre, refuse d’abandonner Luce à ce monde de silence et d’ignorance dans lequel elle semble avoir choisi de vivre elle aussi…

 

Quel beau livre ! Ce texte très court est un condensé d’émotions, les mots y on une force incroyable, c’est magnifique ! Jeanne Benameur nous livre une histoire poignante, les mots coulent, les phrases claquent, quatre-vingt pages de poésie pure, tout en pudeur, un subtil mélange d’intensité et de douceur. On est ébahis devant la force de cet amour qui se passe de mots, la puissance de ces échanges sans paroles, tout est ressenti, presque primaire, instinctif. La Varienne est un personnage fascinant, elle ne parle pas, elle ressent dans sa chair, elle s’affole, elle protège sa petite comme le ferait un animal avec son petit. De son côté, Luce évolue malgré tout, tiraillée entre l’amour pour sa mère, la peine qu’elle veut lui épargner, et sa soif d’apprendre qu’on devine malgré tout. Les mots lui font peur mais ont un certain attrait sur elle. Et il y a l’institutrice, complètement passionnée par son métier pour qui Luce est un défi. Mais peut-on instruire quelqu’un contre son gré ? Solange est bousculée dans ses principes mais va réussir à dépasser ses a-priori. Et pour couronner le tout, une fin belle et triste, comme je les aime, avec juste ce qu’il faut d’espoir et de portes ouvertes… J’ai refermé le livre bouleversée et pourtant j’en redemande !

 

Les avis unanimes de Stéphie, Lancellau, Leiloona, Sylvie, A propos des livres, Moka, Clara, Malice

 

Premières phrases : « Des mots charriés dans les veines. Les sons se hissent, trébuchent, tombent derrière la lèvre. Abrutie. Les eaux usées glissent du seau, éclaboussent. La conscience est pauvre. La main s’essuie au tablier de toile grossière. Abrutie. Les mots n’ont pas lieu d’être. Ils sont. »

 

Au hasard des pages : « A nouveau, sa mère est là. Elle chasse très loin l’image de sa bouche marmonnante qui ne sait pas répondre haut et clair aux paroles de la maîtresse. Elle chasse toute la journée. Elle n’apprendra rien. Rien et rien. Elle restera toujours avec sa Varienne.Toujours. Et des larmes coulent qu’elle n’essuie pas pour ne pas la réveiller, elle qui semble endormie sitôt couchée. Aucune ne dort. Cette nuit-là l’obscurité les gagne. Il y a dans le monde des amours qui ne reflètent rien, des amours opaques. Jamais l’abandon ne trouverait de mot pour guider leur coeur. Derrières leurs paupières closes, leurs yeux sont grands ouverts, ne cherchent rien. Ni route ni chemin ne parviennent jusqu’à elles. Elles sont égarées dans le présent du grand lit, immobiles. Aucune image, aucune pensée, ne les mènent jusqu’à demain. Toutes entières présentes, comme tombées de si haut que leur poids s’est multiplié jusqu’au vertige. Trop lourdes pour la vie. Abruties, demeurées dans la nuit. » (p. 24-25)

 

Editions Gallimard (Juin 2002)

Collection Folio

80 p.

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