Paul à Québec – Michel Rabagliati

PaulàQuébec

J’ai fait la connaissance de Paul, enfin… Et un petit peu celle de son auteur, finalement, puisque cette série autobiographique raconte tous les petits moments de sa vie, souvenirs d’enfance compris… Lui et moi on se tournait autour depuis un petit moment sans que j’ose sauter le pas. Peut-être justement parce que tout le monde connait Paul. Ou la peur d’un récit trop personnel, trop intimiste…

 

Quelques planches ont suffi pour que mes doutes s’envolent. Le savoureux parler québecois, cet esprit « clan » qui suinte à chaque page, ce joyeux bordel où on ne sait plus qui est qui dans cette grande smala heureuse de se retrouver pour les vacances, les rires, les prises de becs, les ratages inhérents à la promiscuité quand trois générations se retrouvent à cohabiter dans la même demeure, les repas qui s’éternisent, les parties de cartes où on joue plus que sa vie, cette envie de faire plaisir, tout le temps, et cette sensation d’étouffement qui se mêle curieusement au bien-être d’être ensemble. Ça fait écho un peu, forcément, malgré cette langue si chantante et si peu familière, et cette sensation de ne pas avoir sa place dans ces souvenirs qui ne sont pas les nôtres…

 

Et puis, petit à petit, Paul, que j’imaginais être le personnage principal, s’efface pour laisser la place à son beau-père, Roland. Et c’est clairement la partie que j’ai préférée… Même si elle est plus triste, même si elle fait remonter nos plus grandes peurs, même si elle tire les larmes, parfois… Paul raconte Roland et c’est beau. Sa vie d’avant, sa rencontre avec Lisette, ses trois filles. Sa rencontre avec lui, cette interdiction de le tutoyer, ce côté bourru dont on n’est pas vraiment dupe. Et puis l’annonce de ce cancer qui lui ronge le pancréas avant de se généraliser, le couperet, plus que trois mois à vivre… Ça aurait pu être larmoyant et jouer à outrance sur la corde sensible, ça ne l’est pas. Il y a cette farouche volonté de vivre, ce combat qu’on mène ensemble, soudés comme jamais, malgré cette tentation de baisser les bras devant la difficulté du chemin qu’il reste à parcourir…

 

Cet album raconte la vie, tout simplement. Avec ces jolis moments de complicité, ces coups durs qui vous tombent dessus sans crier gare, ces sentiments qui s’exacerbent, ces moments qu’on continue de partager, parce qu’il le faut, parce que ça fait du bien… Avec des thèmes aussi douloureux que ceux de la maladie, de la fin de vie et de la mort d’un proche, je redoutais le pire. C’était sans compter l’art de conteur de Michel Rabagliani qui distille à merveille les petits instants de grâce, les instantanés joyeux et les traits d’humour salvateurs. Beaucoup de pudeur, de tendresse et de dignité, une sensibilité infinie… et une certitude… Je relirai Paul… ♥

 

Un grand merci à Jérôme de m’avoir (encore une fois…) glissé un de ses coups de cœur entre les mains. Et un grand merci à Mo’ d’avoir bien voulu m’accompagner dans cette lecture, il va sans dire qu’elle aussi a été touchée en plein cœur par cette magnifique pépite…

 

Les avis de Jérôme, Luocine, Violette

 

Le blog de l’auteur

 

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Éditions La Pastèque (Mars 2010)

187 p.

 

 

Prix : 23,00 €

ISBN : 978-2-922585-70-4

 

 

BD de la semaine saumon

C’était ma BD de la semaine…

…aujourd’hui chez Yaneck

28 commentaires sur “Paul à Québec – Michel Rabagliati

  1. C’est grâce à ce petit personnage aux gros sourcils que je lis des BD maintenant. Je suis heureuse que tu l’aies apprécié aussi. Paul à Québec est un de mes albums préférés de Rabagliati.

  2. Merci Noukette pour m’avoir accompagnée. Il y a des livres qui attendent patiemment sur nos étagères malgré l’envie de les dévorer, et puis une opportunité, celle de voir que toi aussi, tu détenais ce titre… saisir la moindre occasion d’échanger encore ensemble (comme si on manquait de sujets de conversation hu hu) et voilà. On passe le pas, et tu découvres Paul, et je continue à apprécier cet univers.
    Voilà 🙂
    Bizzz Madame la sportive 😀

    • Un bien joli concours de circonstances… Un album offert par chouchou, lu avec toi… Tout ce que j’aime… ♥ On recommence quand tu veux MoChéwie ! ♥

  3. Je n’ai pas lu celui-ci, mais j’ai lu « Paul dans le Nord » qui raconte une partie de son adolescence et ça m’a beaucoup plu ! J’adore « l’accent » Québecois qu’on entend dans cette bd…

  4. je n’étais pas du tout lectrice de BD (avant la blogosphère) mais celle-là m’a beaucoup plu , je crois bien que c’est Jérôme qui l’avait vantée sur son blog.

  5. Uh il est beau ton billet et il est beau ce Paul !
    Bref il va donc falloir que je m’y mette toutafé :-p
    bisous ma copine <3

  6. Je ne connais pas, enfin pas encore mais avec tous ces coups de cœur sur les blogs je vais me plonger dans cette bd. J’espère bien avoir autant de plaisir que toi à la lecture.

  7. Tu sais à quel point je suis ravi de voir enfin Paul dans mon blog préféré au monde !
    Et je suis encore plus ravi que le courant soit passé entre vous. Comme tu le dis si bien il y a tellement de pudeur, de tendresse, de dignité et de sensibilité dans cet album, il ne pouvait que te plaire.
    Et je me devais de te l’offrir <3

  8. Tu vois, dans ma vie pleine de bulles, il y a Abélard. Mais il y a aussi ce titre-là.
    J’ai souri et pleuré en lisant cette BD. Un grand et beau souvenir de lecture.

  9. Tu n’avais jamais lu de Paul avant ? Contente de savoir que tu as réparé cet oubli, car c’est vraiment une super série ! J’ai l’impression d’entendre l’accent québécois à travers chaque bulle de cette série !

  10. Ha ce Paul!
    je suis triste car mon réseau biblio ne le connaît pas ici, contrairement à dans mon ancienne ville
    je vais me motiver pour leur mettre un coup de pression!!

  11. Ah ben avec « Paul » c’est déjà une grande histoire d’amour même si je ne relate pas tout ça sur le blog (mais ça le mériterait amplement). J’ai rencontré Michel Rabagliati à la Foire du livre de Bruxelles de l’an passé et ai été ravie de repartir avec la superbe édition anniversaire de « Paul à la campagne ». Je pense que cette série peut vraiment se transmettre en famille à la manière d’un « Tintin ». Et en plus ça a le charme du québécois alors, pourquoi se priver ?

  12. Lu en début d’année aussi, et adoré… Depuis que j’ai découvert Michel Rabagliati je suis carrément sous le charme. Mais ce qui est le mieux, c’est encore de savoir qu’il m’en reste toute une ribambelle à lire !!

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