Inspirer. Expirer. Allonger les foulées. Sans but. Se vider la tête et ne plus penser à rien… Hanna court et se sent bien. Loin de son quotidien hors des clous, loin des remarques acerbes, loin des regards qui pèsent et jugent.

 

Avancer. Regarder droit devant. Écrire son avenir… Sur le bitume, Hanna existe pour ce qu’elle est et tente d’oublier son histoire qui lui colle à la peau. Hanna est la fille d’Olga, une prostituée Ukrainienne qui n’a pas eu la force de choisir un autre chemin. On a choisi pour elle. Hanna a compris par bribes, a surpris les bleus, a vu ses yeux de nuit qui souvent regardent ailleurs. Elle a imaginé, a tenté de comprendre. Et malgré tout, l’amour, une « presque » famille, un vrai cocon pour grandir. Mais la réalité est plus douloureuse, plus banale aussi. Et cette histoire, c’est aussi la sienne. L’entendre est peut-être la seule solution pour courir enfin vers son propre destin…

 

« Un instinct. Ma sauvagerie à moi. Courir pour gagner ma dignité. Courir pour me sentir unique sur terre. Courir pour exister. Me forger un moral de championne, un corps solide, musclé, entraîné. Un corps qu’on ne piétine pas. Qu’on n’avilit pas. Qu’on ne dompte pas. Courir pour que mon corps n’appartienne qu’à moi. Que mes désirs n’appartiennent qu’à moi. Courir pour marcher librement sans me soucier du regard des autres, sans dépendre du regard des autres, et surtout pas de celui des hommes. J’avais trouvé ma parade : courir, cacher ma vie privée, et étudier le plus possible sans me faire remarquer. Tel était mon salut. »

 

Des textes d’un seul souffle, courts et percutants. La collection D’une seule voix est l’écrin parfait pour qu’éclate tout le talent de Jo Witek. Comme à son habitude, l’auteure ne triche pas. Elle dit la honte qui paralyse, l’amour inconditionnel, les blessures invisibles, celles qui ne se voient pas, celles qu’on tente de cacher. Elle dit l’horreur d’une société qui ferme les yeux sur la condition de ces femmes marchandises. Elle dit ces hommes qui détruisent, ceux qui payent, et fait enfin exister autrement ces femmes qui derrière leur métier restent des femmes et des mères. Elle dit la parole qui libère et le temps de la reconstruction, celui où l’on panse ses plaies d’enfant quand on finit par comprendre que l’on n’échappe pas à son histoire…

 

Impeccable de justesse, la voix de Jo Witek épouse à merveille celle d’Hanna, forte et courageuse. Un texte confession, brutal et bouleversant, qui ébranle et laisse sa marque…

 

Une pépite jeunesse choc partagée avec Jérôme, comme chaque mardi.

 

Éditions Actes Sud junior (Août 2017)

Collection D’une seule voix

93 p.

 

Prix : 9,00 €

ISBN : 978-2-330-08142-3

 

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19 commentaires

enna · 26 septembre 2017 à 06h30

Je n’ai lu que deux titres de Jo Witek à ce jour (Le récit intégral ou presque de mon premier baiser et Mauvaise connexion) et je les ai trouvé tous les deux très justes, l’auteur sachant vraiment se mettre à la place des ados et je pense que je lirai aussi celui-ci après avoir vu ton avis!

Cajou · 26 septembre 2017 à 07h01

Tu donnes très envie de le lire, et de découvrir l’histoire de cette petite Hanna.
Gros bisous Noukette <3

eimelle · 26 septembre 2017 à 07h06

je crois que je vais aller faire un tout au rayon jeunesse moi!

Petite Noisette · 26 septembre 2017 à 07h51

Je l’avais repéré celui-là et ton avis ne me donne qu’envie d’aller y faire un tour ! 🙂

Fanny · 26 septembre 2017 à 08h08

J’aime tellement cette collection, elle aborde des thèmes non conventionnel et c’est tant mieux!

LesbilletsdeFanny · 26 septembre 2017 à 08h09

Il y a pas mal de livres jeunesse qui font courir leurs personnages… c’est vrai que c’est une très bonne façon de se vider la tête et d’avoir une sensation de liberté.
J’ai hâte de le découvrir en tout cas !

Gwenaelle · 26 septembre 2017 à 09h37

Une auteure déjà lue, mais je compte bien poursuivre mon exploration de son univers. Jérôme et toi savez donner envie! 🙂

Saxaoul · 26 septembre 2017 à 11h36

Jo Witek a encore frappé fort à ce que je vois !

Galéa · 26 septembre 2017 à 11h48

Wow, c’est en jeunesse ? Dur comme thème non ? A partir de quel âge?

Jerome · 26 septembre 2017 à 12h37

Une énorme claque ! Quel texte, mais quel texte !

Alex-Mot-à-Mots · 26 septembre 2017 à 13h04

Un texte pour les grands lecteurs, alors.

framboise · 26 septembre 2017 à 14h05

C’est un régal. Lu dans un souffle….
Bisous ma copine

Laeti · 26 septembre 2017 à 16h10

Pour avoir adoré Jo Witek dans le très fort « Mauvaise connexion », je pense que celui-ci a tout pour me plaire!

manU · 26 septembre 2017 à 16h10

Encore un que je note !

gambadou · 26 septembre 2017 à 21h22

Non seulement le thème est peu courant mais en plus il est traité de manière originale. Un e belle lecture

Cristie · 26 septembre 2017 à 21h41

Je le veux, je le veux !

zazy · 26 septembre 2017 à 23h28

N’est-ce pas un peu trop lourd pour des ados de 13 ans ?

krol · 27 septembre 2017 à 18h36

C’est promis je lirai un jour prochain Jo Witek…

Moka · 7 octobre 2017 à 09h09

Alors pour lui, aucune hésitation, je vais essayer de le découvrir au plus vite !

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