Victoria rêve – Timothée de Fombelle / François Place

victoria-reve.gifVictoria vit au milieu des livres et des histoires. Elle en lit, plein… Elle en invente, tout le temps…

L’imaginaire est sa soupape, elle voudrait tellement être une des héroïnes de ses romans qui tapissent le mur de sa chambre, elle aimerait tellement vivre des aventures folles…

C’est que le quotidien de Victoria est bien plus banal. Elle habite rue de la Patinoire à Chaise-sur-le Pont, sûrement la ville la plus tranquille et la plus désespérément calme de toute la planète. Son père est chef de produit à la Manupadec où il travaille sur le lancement de pâtés en tube. Sa mère reste à la maison. Et sa grande soeur, « déjà vieille à dix-sept ans », trouve le moyen de s’ennuyer pendant son voyage scolaire en Italie…

 

Alors pour fuir ce quotidien insipide, Victoria rêve. Et lit. Fait des razzias à la bibliothèque municipale sous le regard bienveillant de madame Duparc. C’est d’ailleurs en revenant de la bibliothèque son sac plein de livres que Victoria tombe sur Jo, Jo qui lui demande si c’est elle qui a emporté les trois cheyennes… Quelle drôle de question… Et voilà qu’au même moment elle aperçoit arrêtée au feu rouge la voiture de ses parents. Avec, au volant, son père habillé en cow-boy… De plus en plus étrange… Et ses livres qui disparaissent tous les jours de ses étagères…

 

« Peut-être qu’enfin il se passait quelque chose dans sa vie. »

 

Un livre qui parle des livres et de ceux qui les aiment. Un livre qui fait la part belle aux rêves et à l’imaginaire, celui qui rend le quotidien moins insipide et le monde plus vivable, celui qui évite qu’on se cogne de plein fouet au réel parfois bien moins gai. Comme Victoria, le lecteur balance sans cesse entre rêve et réalité sans jamais s’y perdre. Et il s’y sent bien.

Un bien joli texte, tout en finesse. Une ode à la lecture, mais pas seulement… Il faut parfois quitter le monde des rêves pour se confronter à la réalité, quitte à s’y replonger après, bien plus fort.

 

Un livre offert par Radicale que je remercie ! Les avis de Faelys, Fantasia, Mathilde, Lire pour le plaisir, Nadael

 

Premières phrases : « Victoria se retourna vers celui qui la suivait dans l’ombre. Elle colla la pointe d’un crayon sur la gorge de l’inconnu. Il faisait nuit.

– Ne bouge pas, charogne, murmura-t-elle.

Essoufflée, elle le fit reculer contre le mur. Un grand espoir l’envahit. Le jour qu’elle attendait était enfin venu… Depuis longtemps, Victoria rêvait de dangers, de poursuivants armés, d’amis qui se battraient pour elle à l’épée, de rivières à traverser à la nage traquée par des ours. Oui, des ours. Elle voulait une maison sur pilotis, un bonnet en fourrure, des chevaux sauvages, des missions en Sibérie ou dans l’espace. Elle voulait des parents otages des Pygmées qu’il serait impossible de libérer. Elle rêvait d’un chien qui lui arriverait au menton et la protégerait des lions venus boire dans le lac où elle se laverait une fois par mois, maximum. Victoria voulait une vie d’aventures, une vie folle, une vie plus grande qu’elle. »

 

Au hasard des pages : « Victoria s’engouffra dans la nuit. Depuis quelque temps, un monde imaginaire débarquait dans son existence. Elle avait l’impression d’une foule de personnages qui descendaient de sa bibliothèque en rappel pour venir semer leur pagaille. Victoria voulait savoir ce qui lui arrivait. Y avait-il un lien avec les livres qui disparaissaient de sa chambre ? Toutes ces pages étaient-elles en train de se glisser à l’intérieur de sa vie ? Cela devenait sérieux, étourdissant, comme une invasion. » (p. 53)

 

Éditions Gallimard Jeunesse (Novembre 2012)

112 p.

 

Une nouvelle lecture

pour le challenge 1% rentrée littéraire !

Challenge 1% littéraire 20129/14

 

Challenge-petit-bac-2013.jpgEt une ouvelle participation au challenge Petit Bac

chez Enna !

Catégorie Prénom… 

 


importorigin:http://aliasnoukette.over-blog.com/article-victoria-reve-timothee-de-fombelle-fran-ois-place-115437112.html

12 commentaires sur “Victoria rêve – Timothée de Fombelle / François Place

    • Je me souvenais de ce que tu m’avais dit, sur le fait que tu le trouvais triste… Finalement je l’ai trouvé plein d’espoir… J’ai beaucoup aimé en tous cas !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *