Je n’écrirai jamais comme un homme. Je veux écrire comme une femme. Écrire les choses indicibles, les intuitions, les frissons. Je veux faire de ma vie une œuvre d’art et inventer le langage pour la raconter. 

Une mer démontée. Des nuages sombres et menaçants. Une fragile embarcation malmenée par des vagues hautes comme des murailles… C’est la tempête sous le crâne d’Anaïs Nin. Autour d’elle, éparpillés sur le sol, les journaux et les cahiers dans lesquels elle se livre depuis l’enfance. Ces mots qui lui ressemblent.

La Anaïs charmante, timide et rougissante n’est qu’une façade. Celle qu’il faut montrer aux yeux des hommes pour se conformer à ce qu’ils attendent d’une femme. Celle qui écrit mais n’ose le dire. Celle qui ne se pense pas encore écrivain… Mais en elle, mille femmes se débattent. La téméraire. La créatrice. La sensuelle. La passionnée. L’excessive. L’indomptable. En elle, ce furieux besoin de se dire, d’écrire et de donner corps aux désirs qui la tenaillent.

Mes mensonges et mes costumes sont ma liberté.

Son journal est son ami le plus intime, sa force vive, son oxygène. Il est son double en sommeil, celui qui la pousse dans ses retranchements. Celui qui veille sur elle, qui la réveille. Celui qui la rassemble. Cette Anaïs là est libre à l’excès. Cette Anaïs là veut bouger les lignes. Inventer son propre langage. Trouver cette sensualité qu’elle pressent en elle sans l’avoir encore trouvée.

Écrire ! Mais il faut VIVRE !

Je vis, Henry… Je vis même doublement, triplement, car, quand j’écris et réécris, je vis plus intensément encore. Du journal à la fiction, de la fiction au journal, l’écriture est ce qui me permet de vivre.

Je suis tombée en arrêt devant cette couverture en miroir. Anaïs et son « double ». Femme plurielle. Amoureuse impudique. Amante solaire. Son histoire d’amour avec Henry Miller contribue à faire éclore une nouvelle femme, plus libre, vibrante, vivante. Un accomplissement charnel et intellectuel qui l’aide à trouver sa voix. Le crayonné virtuose de Leonie Bischoff raconte Anaïs Nin et rend palpable toute cette richesse et cette ambivalence. Visuellement, c’est une explosion. Coloré, sensuel, le dessin épouse l’imaginaire sans fin et la psychologie complexe de l’autrice. Un roman graphique de toute beauté à découvrir d’urgence !

Une magnifique lecture partagée avec Fanny…!

Le site de Léonie Bischoff

Éditions Casterman (Août 2020)

192 p.

 

Prix : 23,50 €

ISBN : 978-2-203-16191-7

 

BD de la semaine saumon

… chez Moka  


17 commentaires

Soukee · 9 septembre 2020 à 05h50

Oh oui, il a l’air somptueux cet album. Dire que je n’ai toujours pas découvert son journal…

Fanny · 9 septembre 2020 à 06h34

Nous avons choisi les mêmes citations 😍
Quelle puissance!

Nathalie · 9 septembre 2020 à 08h00

Déjà noté la semaine dernière, tu confirmes qu’il faut le lire !

Géraldine · 9 septembre 2020 à 12h44

rien que pour la beauté des dessins crayonnés, je note ! Et l’histoire devrait aussi me parler !

Moka · 9 septembre 2020 à 15h32

Je n’ai jamais lu l’autrice mais il suffit d’un coup d’oeil aux planches pour avoir très envie de me lancer.

krol · 9 septembre 2020 à 17h41

Les citations sont marquantes. Quant aux dessins… j’aime la planche sur les vagues, moins celles du personnage.

Karine · 10 septembre 2020 à 02h52

Cet album a l’air fantabuleux. Il me le faut!

    Natiora · 13 septembre 2020 à 21h41

    Les dessins sont sublimes. Et ce sera l’occasion pour moi d’aller à la rencontre de cette femme que je confesse ne connaître que de nom.

eimelle · 10 septembre 2020 à 07h12

elle a vraiment l’air très tentante!

Mylene · 10 septembre 2020 à 07h31

j’aimerai la feuilleter avant de me décider définitivement 😀

L'Irrégulière · 10 septembre 2020 à 10h02

Il me le fauttttt !!!!!!

Stephie · 13 septembre 2020 à 08h41

Pas impossible que je te l’emprunte la prochaine fois qu’on se verra 🙂

Jérôme · 13 septembre 2020 à 11h16

ça va être ton grand coup de coeur BD de la rentrée on dirait 😉

Cristie · 13 septembre 2020 à 12h08

Noté ! Je la veux !

Alice · 13 septembre 2020 à 19h20

Je veux la lire ! Déjà Anaïs Nin… ♥ mais ce graphisme en plus ! Je bave !

Blandine · 19 septembre 2020 à 09h40

Ce que tu montres et ce que tu en dis est magnifique ! Je note je note!!

Salinger – Avant l’Attrape-coeurs Valentina Grande & Eva Rossetti – Moka – Au milieu des livres · 9 septembre 2020 à 06h31

[…] Noukette             Blandine            Karine             Azi lis    […]

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *