« Tu es mort, Timothée.

Quand je l’écris, ça me lance.

Comme une piqure vive et lancinante. C’est dans mes bras et dans mon crâne. Dans un coin quelque part. Je ne sais plus localiser. »

 

Une urgence. Celle que l’on devine dans la plume de Julien Dufresne-Lamy. Celle qui transpire derrière les mots qu’Étienne adresse à son meilleur ami. Une pulsion de vie, des bribes de souvenirs à entretenir. Petits bouts de rien, éclats de vie et de rires, restes encore fumants d’une amitié brisée par l’absurde et les douloureux hasards…

 

Une petite centaine de pages qui frappent fort. Au plus fort de la tourmente, alors que le déni se le dispute encore à la colère et à l’incompréhension, Étienne déroule l’histoire d’une amitié aussi solaire qu’inattendue. Sur le fil de l’émotion, avec juste ce qu’il faut de pudeur et de lâcher prise, l’auteur prête sa voix à un adolescent au bord du vide rongé par la culpabilité. Impeccable funambule, à la frontière entre réalisme brut et nécessaire lueur d’espoir, il accompagne son jeune héros dans une démarche douloureuse d’abandon et de deuil.

 

Se souvenir des jolies choses. S’emplir de tous ces petits bonheurs au risque de les voir trop vite s’effacer. Faire le portrait de Timothée, l’ami-béquille, le frère inespéré. Rembobiner le film. Fixer le temps lors de quelques arrêts sur image… Nul besoin de prononcer certains mots ni de nommer l’indicible. Tout est là. Dans les silences. Dans ce qui ne se dit pas. Dans tout ce que le lecteur devine… Au rythme des mots d’Étienne, sans jamais gommer le sordide, toujours au plus près de l’émotion sans fard, l’auteur ravive le beau, le doux, le joyeux.

 

J’aime infiniment la façon qu’a Julien Dufresne-Lamy de voir le monde. Si j’avais déjà pu apprécier sa plume tout en nuances dans Mauvais joueurs, Boom m’a laissée KO debout. Rien à jeter. Tout se tient. Tout se « lit », tout résonne, tout fait sens. Cri de douleur et d’amour, Boom est un roman déflagration. Un miroir tendu à un monde qui marche sur la tête… à mettre entre les mains de ceux qui sont en train de le re-construire…

 

Et une pépite évidente que je partage avec Jérôme

 

Éditions Actes Sud junior (Avril 2018)

Collection D’une seule voix

110 p.

 

Prix : 9,80 €

ISBN : 978-2-330-09685-4

 

pepites_jeunesse


10 commentaires

Cajou · 17 avril 2018 à 08h29

Hop ajouté à ma liste pour les élèves. Merci pour la découverte !
Des bisous, Noukette 🙂

Fanny · 17 avril 2018 à 10h39

J’aime tellement cette collection! <3

Autist Reading · 18 avril 2018 à 10h23

Après ça, comment ne pas se précipiter chez son libraire le plus proche ?
J’ai vu que l’auteur avait également publié un roman « adulte » chez Stock.

Framboise · 18 avril 2018 à 11h41

Top et noté pensez-vous les copains !
Des bises des bises des bises

jerome · 18 avril 2018 à 13h09

Un texte dont on ne sort pas indemne, comme avec chaque titre de cette collection d’ailleurs.

Valérie · 18 avril 2018 à 21h03

Ca a l’air très très beau. On n’écrit peut-être pas assez sur l’amitié adolescente masculine.

FondantGrignote · 23 avril 2018 à 14h57

toutes ces lectures réjouissantes que tu déniches !! merci pour le partage!

Amandine Au Fil des Plumes · 23 avril 2018 à 15h32

Tu en parles avec tellement de passion! Comment ne pas noter ce titre!

Moka · 15 mai 2018 à 21h12

Un titre parfait pour une pépite !

Boom de Julien Dufresne- Lamy · 9 décembre 2018 à 15h48

[…] Noukette […]

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