Si tu me possèdes, tu posséderas tout et ta vie m’appartiendra. Tous tes désirs seront accomplis mais, pour chaque vœu réalisé, je décroîtrai en même temps que ta vie. Me veux-tu ? Prends-moi.

Irina ne connait de sa grand-mère que ce que sa propre mère a bien voulu lui en dire. C’est donc dans le plus grand secret qu’elle a accepté de la rencontrer quand la vieille dame a cherché à entrer en contact avec elle. D’abord méfiante face à cette femme excentrique, Irina finit par la voir régulièrement. Quand celle ci décède, elle est convoquée pour la lecture du testament. Vivotant avec sa mère dans un HLM de banlieue, recalée au concours d’entrée de Sciences-Po contrairement à sa meilleure amie Halima, Irina espère secrètement qu’elle ressortira du cabinet du notaire avec de quoi envisager sereinement l’avenir…

Étrange héritage. Une lettre au message sibyllin, une clé… et un coffre contenant une peau, épaisse, tannée, bien mystérieuse. Sur ce cuir, une inscription en arabe lui promettant d’exaucer le moindre de ses désirs.  Semblant avoir traversé les âges, la peau a l’air animée d’une vie propre… Sceptique, Irina se rend pourtant vite à l’évidence : accepter ce talisman transformera sa vie… mais elle en paiera le prix…

Le pacte est scellé. Personne ne peut me la prendre. Elle s’y opposerait. Elle protège ma vie, dont elle se nourrit.

J’ai un faible pour les réécritures, encore plus quand ce sont des revisites de textes « classiques » à destination des adolescents. Quelle riche idée a eu Gaël Aymon d’écrire sa version de la célèbre Peau de chagrin de Balzac…! Moderne, intelligent, romanesque et extrêmement bien construit, Et ta vie m’appartiendra plonge la jeune Irina dans des tourments et cas de conscience semblables à ceux vécus par Raphaël de Valentin. Acceptant le pacte diabolique sans bien mesurer les conséquences de ses actes, Irina réalise ses rêves mais prend conscience trop tard des funestes contreparties.

Le roman original de Bazac et Balzac lui même jouent un rôle important dans le roman de Gaël Aymon puisqu’ils y figurent comme des pièces importantes du puzzle. C’est malin. Ça rajoute une petite touche de réalisme à l’histoire qui flirte avec le roman à suspense de façon très habile et s’éloigne finalement de la simple réécriture. Faut-il chercher à satisfaire tous ses désirs pour vivre heureux ? L’argent fait-il toujours le bonheur ? Succomber ou résister ? Un thriller littéraire addictif qui offre une belle porte d’entrée vers le chef-d’œuvre de Balzac.

Un roman qui lance enfin la nouvelle saison des « pépites jeunesse » partagées avec Jérôme…! La reprise fut rude mais nous sommes bien décidés à faire vivre encore et encore ce rendez-vous 🙂

Les avis de Laël et Pépita

Éditions Nathan (Mars 2020)

352 p.

 

Prix : 15,95 €

ISBN : 978-2-09-259145-1 


5 commentaires

eimelle · 14 octobre 2020 à 10h15

très original cette entrée dans Balzac! De quoi plaire aux ados (et pas que!)

gambadou · 14 octobre 2020 à 12h01

Vive le retour des pépites jeunesse !

Jerome · 14 octobre 2020 à 13h02

La construction est vraiment bluffante, c’est diabolique !

krol · 14 octobre 2020 à 17h39

Ah bah quand même ! Il était temps… Revenir avec un titre qui m’intéresse bien, je vous pardonne. 😉

Didi · 18 octobre 2020 à 11h41

Oui vive le retour des Pépites jeunesse !
Bonnes vacances
Bisous

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