J’aime ces moments où le temps se suspend, où les minutes s’étirent à l’infini et se figent comme si elles ne devaient jamais finir. Je ressens alors un bien-être, du bonheur aussi. Comme si j’étais, à cet instant précis, en accord avec moi-même. J’aime Robin, je ne sais pas si notre relation durera longtemps, et si ensuite j’aimerai d’autres hommes ou des femmes, mais jamais je ne regretterai de l’avoir connu. Il a révélé en moi ne sensibilité et une douceur que je ne soupçonnais pas. Aujourd’hui, je comprends.

Aujourd’hui, je suis un autre – un garçon amoureux.

Les choses ne devaient pas se passer comme ça. Pourtant, ce soir-là, Léo avait tout planifié dans les moindres détails. Ses parents et sa sœur partis, la maison à sa disposition, cette fête organisée pour ses 15 ans promettait d’être mémorable. Aujourd’hui, il était temps de sauter le pas. Ce premier baiser, il en rêvait, et il espérait que la belle Léonore aussi…

Mais lors de la soirée, les yeux de Léo croisent ceux de Robin. Ils ne se sont jamais vus, ne se connaissent pas, ne s’adressent que quelques mots. Sans qu’il puisse se l’expliquer, Léo succombe à ce garçon alors même qu’il était persuadé d’être amoureux et d’être attiré par les filles. Comme une évidence. Mais s’était-il vraiment posé la question ? Cette sensation, ce sentiment de ne plus toucher terre et d’être enfin à sa place… et si c’était ça le coup de foudre, le vrai ?

Sur un banc, je regarde des amoureux se prendre par la main, s’embrasser. Pourquoi n’ai-je pas droit au même bonheur ? Pourquoi dois-je me cacher ? Me sentir obligé de me dissimuler des autres ? Si Robin était une fille, je vivrais mon amour au grand jour.

Comment accepter cet amour qui le dépasse et le submerge ? Comment accepter qu’il vous rende vivant et de devoir le cacher aux yeux de sa famille et de ses amis ? Pourquoi est-ce que cet amour fait-il si mal ? Pourquoi est-ce si dur à accepter…? Tiraillé entre son envie de crier son amour au grand jour comme le pousse à le faire Robin et sa volonté de taire la vérité pour endormir les éventuels soupçons, Léo peine à savoir comment agir.

Un roman très fort qui réussit en peu de pages à mettre des mots sur les sentiments ambivalents d’un adolescent qui se découvre. Avec une grande justesse de ton et une vraie intelligence, Florence Cadier ne se contente pas de parler d’homosexualité et d’homophobie. Subtilement, elle dessine les contours d’une histoire d’amour qui aurait pu être belle et simple si le monde n’était pas tel qu’il est. A 15 ans, Léo ne sait pas s’il est homosexuel ou non. Mais ce qu’il sait, c’est qu’il aime Robin. Et ça devrait suffire…

Un très bon roman, intense et percutant, à l’image de sa scène d’ouverture qui marque profondément les esprits. A lire, à faire lire, et à partager au plus grand nombre.

 

Une nouvelle pépite jeunesse que je partage avec Jérôme, comme (presque) chaque mardi.

Les avis de Fanny, Marion, Thalie

 

Éditions Le Muscadier (Octobre 2018)

Collection Rester Vivant

90 p.

 

Prix : 9,50 €

ISBN : 979-10-96935-13-0 

 

pepites_jeunesse


5 commentaires

Stephie · 12 novembre 2019 à 07h46

Lu cet été, il faudrait vraiment que je chronique cette belle découverte

Alex-Mot-à-Mots · 12 novembre 2019 à 13h08

Vous êtes trois à l’avoir aimé, alors je le note pour mes ados.

Nathalie · 12 novembre 2019 à 15h56

Il est dans ma pal depuis un moment… Du coup, tu m’as donné envie de le lire !! Il est donc repassé sur le dessus de la montagne qui me sert de Pal.

krol · 12 novembre 2019 à 19h56

Très tentant !

Jerome · 13 novembre 2019 à 14h13

Je suis d’accord avec toi, c’est avant tout une histoire d’amour dans toute sa dimension complexe et douloureuse.

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