Quand j’ai croisé cet album en librairie je l’ai pris sans réfléchir une seule seconde en pensant être passée à côté d’une nouveauté de Mathieu Bablet. En fait il n’en est rien, La Belle Mort est une réédition de son premier album paru initialement en 2011, une œuvre de jeunesse donc comme il le dit lui même dans la postface en regrettant presque les maladresses ou le trait hésitant de l’époque. Ai-je été déçue ? Pas du tout, bien au contraire…! Le génie est déjà là, c’est une évidence. Le style, la patte, l’univers, l’incroyable foisonnement graphique, la finesse d’analyse et cette vision si lucide de notre monde… tout est là et ne demande qu’à se développer encore.
Le monde tel que nous le connaissons n’existe plus. la Terre est dévastée, envahie par des insectes géants venus d’ailleurs qui règnent sur les ruines et les cendres des villes disparues. Il est le seul survivant, du moins le croit-il. Ses appels radio restent sans réponse, aucune âme qui vive à l’horizon. Il y a de quoi chialer de désespoir. Il n’aura malheureusement pas le temps de voir que d’autres hommes ont survécu à la fin du monde, la bombe qui expose à ses pieds lui ôte définitivement la vie. Un accident. Wayne, Jeremiah et Soham errent depuis si longtemps seuls qu’ils avaient perdu l’espoir de croiser un jour un des leurs. Il faut survivre, une heure après l’autre, un jour après l’autre. Trouver de quoi manger dans les magasins et les distributeurs éventrés, se réfugier dans un endroit sûr pour dormir et éviter les attaques des bestioles géantes extraterrestres, chaque jour reprendre la route dans une fuite pour un avenir plus qu’incertain… A quoi bon ? Ils ne le savent pas mais ils ont un rôle à jouer, un rôle qui a été choisi pour eux pour servir un plan bien plus vaste…
Si le scénario m’a parfois paru obscur notamment sur la fin, j’ai été absolument ébahie par la maitrise graphique de Mathieu Bablet, qui, il faut le rappeler, avait une vingtaine d’année à la parution de ce premier album. Les décors et les paysages urbains sont dingues, c’est ce qui impressionne le plus. Cette nouvelle édition grand format leur donne d’ailleurs toute leur mesure. J’ai toujours un bémol sur les visages des personnages, trop durs, trop découpés mais rien qui diminue le plaisir de lecture. Mathieu Bablet est fait pour ce genre de récits monde, son imaginaire est sans limite et c’est véritablement réjouissant.
A noter que cette réédition comporte un préquel inédit et un cahier graphique, parfait pour compléter une belle collection de cet auteur talentueux !
Du même auteur sur le blog : Shangri-La – Carbone & Silicium



| La Belle Mort de Mathieu Bablet Éditions Ankama – Collection Label 619 (Réédition Septembre 2017) 140 p. / 21,90 € / ISBN : 979-10-335-0456-6 |

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