Elle ne passe pas inaperçue dans le quartier. Posée là un peu par hasard au milieu des immeubles anonymes, comme échouée ou parachutée par une main facétieuse, la construction biscornue attire tous les regards. Pas vraiment un pavillon, pas tout à fait un immeuble non plus, difficile de savoir ce que l’architecte avait à l’esprit quand il l’a imaginée. Pour tous, elle fait désormais partie du paysage. Ils l’ont surnommée « la maison ».

Fenêtres de guingois, ouvertures et fenêtres aux formes peu académiques, escaliers tarabiscotés qui semblent ne mener nulle part, décorations disposées au petit bonheur la chance sur la façade, ici, rien de conventionnel, rien de droit, rien d’ordinaire. Mais la maison n’est pas qu’une coquille vide. Une fois la porte d’entrée passée, un petit essaim d’habitants s’y éparpille du soir au matin et semble ne plus s’étonner des bizarreries qui font leur quotidien. Une porte au plafond, des couloirs cul-de-sac, des éclairages au ras du sol, on finit par s’habituer à tout.

Sauf Judith Pinson et Anne-Marie Fauvette. Les retraitées se croisent régulièrement dans les escaliers et, en bonnes voisines pipelettes, elles partagent les désagréments qu’elles semblent les seules à ressentir. Les malheureuses enchainent les heures d’insomnie. Températures glaciales ou brusquement caniculaires, bruits mystérieux et cris d’animaux sauvages, leurs nuits ne sont guère reposantes. Car pendant ces longues heures sans sommeil, la maison, elle, s’endort, rêve et embarque ses locataires avec elle…

Quelle jolie découverte que cet album là ! Il y règne une atmosphère un peu magique, à mi-chemin entre le conte merveilleux et la fable poétique. Une maison qui rêve, quelle belle idée ! Mais pourquoi me direz-vous ? Il sera question de ces chemins qu’on nous impose, de ceux qu’on choisit et de cette part d’enfance qui fait croire en ses rêves. Des rêves qu’incarne cette maison baroudeuse dont on suit l’histoire depuis sa création. Un voyage original à la découverte de cette maison qui parade dans une multitude de costumes, le véritable clou du spectacle. Un bel album pour petits et grands !

L’avis de Mo’

Éditions Delcourt (Février 2021)

53 p.

 

Prix : 13,50 €

ISBN : 978-2-413-02678-5

BD de la semaine saumon

Chez Stephie  


13 commentaires

Cristie · 24 mars 2021 à 09h20

Je note pour mes têtes blondes !

Soukee · 24 mars 2021 à 10h45

Oh, j’aime beaucoup ce que tu en dis, je note aussi ! 😉

Natiora · 24 mars 2021 à 14h11

La planche que tu présentes donne très envie de découvrir le reste de l’album, même si à priori je n’étais pas plus tentée que ça à vrai dire.

Fanny · 24 mars 2021 à 16h19

Mais c’est que tu donnes sacrément envie! Les planches sont très belles.

Antigone · 24 mars 2021 à 16h45

J’adore les planches que tu montres !

PatiVore · 24 mars 2021 à 18h22

Dessins et thème me plaisent, je note !

Enna · 24 mars 2021 à 22h31

Je la feuilletterai si je la croise ça a l’air sympa!

mamabookine · 25 mars 2021 à 09h00

Pas hyper tentée au premier abord mais la planche que tu montres fait hyper envie alors pourquoi pas 🙂

Mylene · 28 mars 2021 à 08h00

j’adooooooooooooore la couv’ et ce que tu en dis, je vais me laisser tenter je pense !!

Stéphie · 31 mars 2021 à 09h43

Voilà qui a l’air très chouette, je note !

Blandine · 1 avril 2021 à 10h32

Tu donnes envie de l’approcher cette Maison !

Caro · 5 avril 2021 à 17h06

Ton enthousiasme est communicatif, comment passer à côté de cet album ?!?

Jérôme · 6 avril 2021 à 14h32

Graphiquement ça invite à l’évasion et ça fait du bien par les temps qui courent !

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