La tristesse de l’éléphant – Nicolas Antona / Nina Jacqmin

Il y a parfois des petits miracles dans la vie. Des instants comme suspendus. Des purs moments de grâce…

Des belles rencontres…

 

Et il y a La tristesse de l’éléphant

 

« La vie, c’est des étapes…

La plus douce, c’est l’amour.

La plus dure, c’est la séparation.

La plus pénible, c’est les adieux.

La plus belle, c’est les retrouvailles. »

 

Il a le visage rond des rêveurs et le regard un peu perdu de ceux qui ne se pensent pas à leur place. Le corps lourd et malhabile, les gestes empêchés, il avance la tête courbée pour ne pas affronter les quolibets et les insultes de ses compagnons de chambrée. Parfois, des parents en mal d’amour franchissent les grilles de l’orphelinat en espérant y faire la rencontre de leur vie. Las, il a pris l’habitude de voir partir ceux qu’on a envie de chérir. Il grandira ici, seul, c’est écrit…

 

Elle a le corps gracile et la grâce des ballerines. Élevée dans un cirque itinérant au milieu d’une faune colorée et de joyeux saltimbanques, elle irradie d’une joie naturelle que rien ne semble pouvoir altérer. Fluette et légère comme une plume, elle virevolte auprès des éléphants qu’elle dresse avec sa mère. Bercée par les applaudissements qui résonnent sous le chapiteau, sa vie sera faite de lumière et de belles rencontres, c’est écrit…

 

Il s’appelle Louis. Elle s’appelle Clara. Leur rencontre improbable va bousculer les barrières et s’imposer comme une belle évidence. Des regards d’abord. Puis les mots, les rires et les secrets partagés. L’amitié vraie et forte de l’enfance. L’attente, les lettres et les promesses échangées quand le cirque s’éloigne pendant quelques mois. Et la certitude, viscérale, d’avoir trouvé son essentiel…

 

♥ ♥ ♥ ♥ ♥

 

La tristesse de l’éléphant fait partie de ces petits bijoux qu’on voudrait égoïstement garder pour soi. A tel point qu’il est difficile de trouver les mots qui évoqueraient au mieux les montagnes russes d’émotions qu’il provoque… On entre à pas feutrés dans cette bulle de douceur et de finesse. On s’attendrit des balbutiements timides de l’idylle naissante. On admire leur amour solide qui semble pouvoir s’affranchir de tous les obstacles. Oui, c’est ça La tristesse de l’éléphant. Une histoire d’amour belle et simple qui vous attrape et ne vous lâche pas. Vous fait sourire, vous émeut et vous bouleverse pour finir par vous tirer ces larmes que vous seriez bien en peine de retenir… Vous essore le cœur tout en le faisant battre plus fort…

 

Sur ce scénario profondément touchant et d’une magnifique simplicité de Nicolas Antona, le crayonné sensible et élégant de Nina Jacqmin touche au sublime. Une évidence. La palette de gris est impressionnante de contrastes, rehaussée de ci de là par ces touches de couleur qui illuminent les planches. Le plus beau des écrins pour un premier album remarqué et remarquable qui entre directement dans mon petit panthéon personnel…

 

Un beau et grand coup de cœur que j’ai un plaisir fou à partager avec Saxaoul

 

Les avis de Fanny, Géraldine, Laure, Mo’, Moka, le petit carré jaune, Stephie, Yvan

 

Éditions Les Enfants Rouges (Janvier 2016)

80 p.

 

Prix : 17,00 €

ISBN : 978-2-35419-082-8

BD de la semaine saumon

… chez Moka

38 commentaires sur “La tristesse de l’éléphant – Nicolas Antona / Nina Jacqmin

  1. Découvert chez Moka, il est devenu mon incontournable. On l’a commandé au CDI et je le conseille à tour de bras à mes élèves. Coup de coeur à chaque fois !

  2. je viens de craquer pour Les ruines de Tagab et je compte bien découvrir celui-ci ensuite, il a l’air vraiment magnifique!

  3. Depuis le temps que je me suis promis de le lire… La bonne nouvelle c’est qu’il vient d’arriver à la médiathèque, je n’ai donc plus d’excuse !

  4. Ca a l’air attendrissant et j’aime beaucoup le dessin. Avec tes mots, je dois avouer que je n’ai d’autres options que d’aller, à minima, feuilleter cet album.
    Merci.

  5. Ce que j’aime ces lectures « en décalage temporel », moi qui suis vite distancé par l’actualité, elles me servent de piqûre de rappel. Et dans le cas présent, je n’ai plus d’autre choix que de me secouer les puces et courir l’acheter !

  6. Ah mais vous avez fini avec vos louanges, ma pile s’allonge encore 😉 Très très tentée et en plus je pourrais peut être même le proposer dans mon fonds BD 12/15 ans à la médiathèque…

  7. Comme je le disais il y a quelques secondes sur une autre page, le dessin me plaît tellement que je vais tenter le coup, même si au départ, le thème me plaisait juste moyen.

  8. Bonjour à toutes et à tous et un merci gros comme un éléphant pour tous ces merveilleux commentaires.
    Je suis heureux que l’histoire de Clara, Louis et Pégase vous touche!
    Au plaisir de vous rencontrer au détour d’un salon ou d’une dédicace.

    P.S: aucun rapport avec le roman « la tristesse des éléphants » 😉

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