Lancelot a l’habitude qu’on lui fasse des remarques sur son prénom peu banal. De là à dire qu’il est aussi valeureux que le chevalier, rien n’est moins sûr. De toute façon, Lancelot est pour l’instant bien plus préoccupé par sa rentrée au collège et par la belle Jennifer, même si à ses yeux son prénom n’est pas à la hauteur de sa beauté. Bien trop timide pour l’aborder et lui adresser la parole, Lancelot se contente de l’admirer de loin et d’éviter de traîner dans l’entourage d’Arthur, petit caïd de la cour de récré.

Lancelot aimerait bien être courageux et digne de son prénom de chevalier mais, du haut de ses 1,35 mètre, force est de constater qu’il ne ferait guère le poids face à un dragon en colère ou un château en flammes. Il aimerait tant ressembler aux héros de ses romans de chevalerie ! Jennifer serait sa Guenièvre et il l’aimerait d’un amour pur et absolu. Reste à le lui prouver et à la sauver du danger quand il se présentera…

Et voilà donc notre jeune Lancelot Dulac embarqué dans une quête parsemée d’épreuves pour faire face au terrible Arthur et retrouver la trace de sa Guenièvre mystérieusement volatiliséee. Tournoi de football épique dans la cour de récréation, traversée de la jungle du métro parisien, étonnante rencontre au jardin d’acclimatation, j’avoue que l’idée de transposer avec humour l’histoire du chevalier Lancelot à notre époque me semblait plutôt sympathique et ludique.

Pourtant, si j’ai apprécié le côté décalé de ce personnage un brin naïf ainsi que les illustrations de Patrice Killoffer, originales et vraiment dans le ton de l’histoire, de nombreuses choses m’ont chiffonnée tout au long de ma lecture…

Même si Lancelot vit dans son monde, la plupart des scènes du roman se passent dans un collège et là, côté vraisemblance, il ne faut pas être très regardant. Souvent réfugié au CDI de son collège pour y lire des romans de chevalerie, il y est accueilli par l’inexistante madame Valogne, la « responsable ». Ne cherchez pas la prof doc, il n’y en a pas. De même qu’il n’y a pas d’élèves non plus dans ce CDI, à part un certain Merlin (évidemment) et sa capuche qui y squatte le seul ordinateur pour y jouer à l’envi à d’obscurs jeux vidéos et en profiter au passage pour hacker le serveur de l’établissement. Soit. Et je ne relèverai pas les autres incohérences du roman.

Alors certes, c’est un détail et peut-être faut-il prendre tout cela au second degré mais j’invite dès qu’il le souhaite monsieur Victor Pouchet à visiter mon CDI pour qu’il constate de visu à quel point il est loin du compte. En attendant je boude.

Une lecture en demi-teinte en ce qui me concerne donc. Jérôme, lui, est bien plus enthousiaste que moi.

L’avis de Bidib

Éditions École des loisirs (Août 2020)

Collection Neuf

Illustrations de Patrice Killoffer

112 p.

 

Prix : 11,00 €

ISBN : 978-2-211-31059-8

pepites_jeunesse

 


4 commentaires

Blandine · 1 avril 2021 à 10h29

Je me souviens de l’avis enthousiaste de Bidib, le tien le refroidit nettement.

Bidib · 3 avril 2021 à 20h20

côté vraisemblance, je trouve que rien n’est vraiment vraisemblable dans ce roman, à commencer par le héros qui n’a vraiment pas l’air d’un ado des nos jours. Aucun gamin de son âge se montrerait aussi naïf et ne croirait à sa propre imagination comme le fait Lancelot. A partir de là, que le décor ne soit pas vraisemblable ne m’a pas trop gêné. J’ai aimé l’humour décalé de ce roman, mais je suis pas sûr que ça parle vraiment aux ados. En tout cas je ne l’ai pas conseillé à ma fille (pile l’âge cible) parce que je ne pense pas que ça lui parle.
Pour ce qui est du CDI… moi aussi je me refugiait au CDI très souvent et je ne crois pas avoir échangé plus de 2 mots avec la « responsable », ni d’avoir su l’intitulé de son poste (je n’ai aucun souvenir de sa tête non plus) mais bon je suis pas une référence, je ne me souvient d’aucun nom de prof non plus XD

Moka · 3 avril 2021 à 20h43

Déjà peu tentée, tes bémols m’éloignent encore plus de ce titre.

Jérôme · 6 avril 2021 à 15h02

Le pire c’est que j’en connais une vraie de Madame Valogne, toujours en poste malgré son incompétence au CDI. Je te la présenterai à l’occasion 🙂

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