LES CHIENS DE PRIPYAT

Pripyat, en plein cœur de la zone interdite. Une zone sous haute garde, régulièrement dévalisée par les pillards. Un no-man’s land qui s’étend sur des kilomètres de terre desséchée, des squelettes fantomatiques de bâtiments laissés à l’abandon comme autant de vestiges de la vie d’avant. Avant les lueurs dans la nuit. Avant la catastrophe. Avant l’explosion…

Le 26 avril 1986, une série d’explosions ravage la centrale nucléaire de Tchernobyl. Tout est contaminé dans un rayon de plus de 200 km. Au moins…  A trois kilomètres de la centrale, la ville de Pripyat abrite 50 000 personnes qui en grande partie y travaillent. Une population jeune, des familles, beaucoup d’enfants. Il faut évacuer, tout laisser derrière soi, emporter le strict nécessaire. Tous pensent revenir très vite dans leurs foyers. Ils n’y reviendront jamais…

Quelques mois après la catastrophe, des groupes de chasseurs sont formés. Contre quelques roubles, ils ont pour mission d’abattre les animaux sauvages et domestiques qui vivent encore en liberté dans la zone infestée. Des chiens errant dans des paysages de désolation, peut-être capables de propager une épidémie ou de se réunir en meutes dangereuses. Pour quelques roubles donc, quelques hommes sont prêts à pénétrer dans la zone.  A leur tête, le bien nommé Sanglier, une brute épaisse que la violence n’effraie pas. A ses côtés, son fils Kolia, timide et sensible, qui ne paraît pas ses 16 ans. Tuer des animaux le répugne. Parfois, il lui arrive de prier Saint Christophe, sa médaille autour du cou comme un talisman… Mais dans la ville désolée, « des cœurs battent encore »

Le premier tome de ce diptyque a quelque chose de profondément angoissant et fascinant. Sous les yeux du lecteur, une zone fantomatique où petit à petit la vie reprend le dessus. Des immeubles laissés à l’abandon, une fête foraine où trônent encore des autos-tamponneuses rouillées et une grand roue qui domine le désastre alentours… Des images surréalistes que nous connaissons tous et que le dessin de Christophe Alliel fait renaître avec grand talent. Souci du détail, trait réaliste et une attention toute particulière aux expressions des personnages, on se coule doucement dans cette ambiance de fin du monde tour à tour ultra violente et terriblement anxiogène.

Très efficace, Aurélien Ducoudray nous offre un scénario qui n’a pas encore livré toutes ses subtilités. Il avance ses pions doucement, ménage le suspense, accorde une importance toute particulière aux dialogues, bichonne sa galerie de personnages secondaires et laisse planer une ambiance des plus étranges jusqu’à la dernière planche, annonciatrice d’un vrai tournant dans l’intrigue. Espérons juste que la suite et fin de ce diptyque ne se fasse pas trop attendre !

Les avis de Un amour de BD et Yaneck

 

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Éditions Bamboo (Janvier 2017)

Collection Grand Angle

56 p.

Prix : 13,90 €

ISBN : 978-2-8189-4075-4

BD de la semaine saumon

C’était ma BD de la semaine…

…aujourd’hui chez Stephie


12 commentaires

framboise · 17 mai 2017 à 00h15

Bisous de la nuit copine :-p voilà qui devrait me faire faire qques cauchemars héhé ! Vais attendre que le 2ème tome sorte avant de me les avaler tout cru !

Blandine · 17 mai 2017 à 07h15

Rien que pour Aurelien Ducoudray, j’ai envie de lire cet album! Mais en plus, l’histoire me tente, même si c’est plus pour le lieu que pour l’angle, il est vrai.

Soukee · 17 mai 2017 à 09h37

Je suis bien tentée aussi, j’avais fait quelques lectures autour de Tchernobyl l’an dernier lors des 30 ans de la catastrophe et celle-ci pourrait les compléter…

lasardine · 17 mai 2017 à 11h04

j’attendrai certainement la suite, mais je note c’est sûr!

Mylene · 17 mai 2017 à 11h25

A l’occasion si je le croise en librairie 🙂 🙂

Marie-Claude · 17 mai 2017 à 15h23

Vivement intriguée. J’attends la suite pour les lire ensemble.
Merci pour la découverte!

Saxaoul · 17 mai 2017 à 19h00

Avec Aurélien Ducoudray au scénario, et en plus sur un tel sujet, j’ai forcément envie de lire ce diptyque. Mais j’attendrai qu’il soit terminé !

Géraldine · 17 mai 2017 à 19h21

Je ne connaissais pas cette BD, mais elle pourrait bien m’intéresser !

Cristie · 17 mai 2017 à 20h23

Résister à Ducoudray et à une histoire sur Tchernobyl impossible !

Karine · 18 mai 2017 à 03h35

Super intriguée je suis… je risqueu d’attendre que tout soit sorti par contre!

Hélène · 18 mai 2017 à 08h38

Si c’est angoissant, tu me connais;..

Jerome · 23 mai 2017 à 12h35

Un thème qui m’intéresse particulièrement. Et puis un bon diptyque ne se refuse jamais 😉

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